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COURSE DE L’EQUATEUR : ET L’IMAGE DU CONGO DANS TOUT CA ?

Effets pervers d’un marketing politique

par Simon Mavoula | jeudi 30 juin 2005
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Au regard de sa faible couverture médiatique, la récente course sur les flots a fait un flop. Mais, paradoxalement, cela semble réjouir le Président congolais venu en personne féliciter les coureurs. Si le ridicule tuait, toutes les épouses des hommes de la Nouvelle Espérance seraient des veuves.

SASSOU MONTRE LA MER AUX PONTÉNÉGRINS

« Je suis prêt à participer à une deuxième édition », a déclaré le vainqueur. » Comme on comprend l’auteur de ces propos, Sébastien Josse ! Vu le magot que ça rapporte il y a de quoi faire "La Route de l’Equateur" une fois par trimestre, voire chaque mois ! Sébastien le niçois a tout de même empoché « un voilier en bois et un chèque bancaire d’une valeur de 55 556 345 Fcfa »

Sassou est un homme heureux. L’un de ses projets de société (La route de l’Equateur) a réussi. On peut même dire que c’est le seul qui ait vu le jour. Pour le reste (peut-être parce que ça demande trop d’ingéniosité), ça pourra attendre. Le projet sportif aquatique initié par son cousin Maurice Nguesso lui tenait tellement à cœur qu’il s’est déplacé personnellement à Pointe-Noire pour remettre le trophée au vainqueur.

"Mais n’avait-il pas d’autres chats à fouetter qu’aller faire le "nguémbo" sur la plage mondaine ?" pourraient se demander les jaloux qui en veulent tant à L’Homme des masses ? Otchombé Lékufé pourra toujours argumenter qu’il a fait d’une pierre deux coups puisqu’il a profité de son séjour dans le Kouilou pour recevoir un prélat de la RDC où, selon tous les pronostics, il risque y avoir du grabuge à la date butoir du 30 juin, demain. D’ailleurs Sassou a récemment fait un séjour à Kinshasa pour, semble-t-il, rassurer son « fils » et homologue Joseph Kabila. Sur ce chapitre, on peut lui faire confiance. L’homme des masses peut se targuer d’avoir une solide expérience pour parer les coups les plus durs. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, on ne peut ne pas lui reconnaître cette capacité de se tirer toujours, comme un chat, des mauvaises situations. C’est un chat, mais un chat d’égout.

Et maintenant ; que va-t-il se passer après la "Route de L’Equateur" ? Le Congo, nous expliquait-on, allait avoir des retombées financières sur le plan touristiques. Vacanciers anglais, allemands, israéliens, canadiens, américains, norvégiens, brésiliens allaient désormais affluer vers notre pays pour y voir probablement Mokilimbémbé, le parc d’Odziba, les chutes de la Loufoulakari, les Gorges de Diosso, l’ïle Mbambou etc. Donc, « Wait and see ».

En attendant, il n’y a que lui, Sassou, qui tire profit de cet évènement maritime, lui, les skippers et la colonies de mouches humaines qui a été impliquée, de près ou de loin, dans l’organisation de cette formidable mascarade sportive. Parmi ces mouches à deux pattes, on peut citer quelques Congolais de Marseille et de Paris, les hommes à tout faire de la mairie de Pointe-Noire, le clan Nguesso, la bande à Isidore Mvouba et bien d’autres opportunistes vivant d’expédients de la Nouvelle Espérance, véritable poule aux œufs d’or pour la survie de laquelle nombre de nos compatriotes sont prêts à tuer père, mère et frères.

Voici ce que l’on lit dans Les Dépêches de Brazzaville de ce 29 juin « En attendant l’arrivée prochaine de Bertrand de Broc à bord de Tokio, prévue pour la nuit de mercredi à jeudi, et de Philippe Monet conduisant La Nouvelle Espérance, probablement samedi, la fête a déjà commencé. En témoigne le champagne ouvert sur le podium devant le couple présidentiel » ! Ca sabre le champagne à la cour royale. Pendant ce temps, dans les chaumières de Pointe-Noire, on continue de tirer le diable par la queue, les cornes et les poils. Combien d’enfants, combien de ménages crèvent la dalle au Congo au moment où Sassou jette nos sous à la mer ?

A noter enfin que Les Dépêches de Pigasse ont été le seul canard à couvrir quotidiennement cette incroyable course sur l’océan athlantique. La presse internationale l’a royalement ignorée. Etant donné ce naufrage médiatique, ceux qui espéraient redorer l’image de notre pays grâce à ce trophée, peuvent se faire désormais du souci.

Quand la planète entière voit comment on flambe notre oseille, il ne faudra pas s’étonner que le G8 n’ait pas été un seul instant dupe quand Sassou a failli se faire passer pour un chef de famille très pauvre.

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