La suppression des quotas accordés par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis d’Amérique aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) sur le marché sucrier des pays développés marque un tournant déterminant pour l’industrie sucrière du Congo. Les mutations de ce marché à travers l’application effective du Programme Agricole Commun inquiètent les travailleurs de la Société Agricole des Raffineries Industrielles du Sucre du Congo, Saris-Congo.

A ce sujet, il a été mis en place le 16 février dernier à Brazzaville un comité de suivi des recommandations pour la restructuration de la filière sucre au Congo, sous le patronat du ministère en charge de l’industrie.

« Je voudrais que chacun soit l’interprète auprès de sa hiérarchie afin que nous puissions ensemble conjuguer nos efforts pour sauver Saris-Congo et les milliers d’emplois qu’elle draine dans notre pays » avait alerté M.Lambert Bisseyou, directeur de cabinet du ministre du développement industriel et de la promotion du secteur privé dans son discours de clôture du séminaire-atelier sur la filière sucre et la Saris-Congo face aux mutations du marché européen du sucre.

La réforme du régime sucre de l’UE est effective et son calendrier déjà mis en place. Si les mesures d’accompagnement ne sont pas prises dans les pays producteurs du sucre vendu en Europe, cette nouvelle donne pourrait conduire à la déstabilisation, voire à la destruction des industries africaines. La perte simultanée du marché américain devrait entraîner une diminution d’au moins un tiers du chiffre d’affaires de Saris-Congo.

Déjà à Brazzaville, le sucre produit à Nkayi, vendu au kilo plus cher que la même quantité en provenance de Kinshasa, est fortement concurrencé. Selon Nick Fila, directeur de Saris-Congo, une étude menée au Beach de Brazzaville et sur les points clandestins de traversée le long du Pool Malébo a estimé à plus de 20 tonnes par jour la quantité du sucre qui alimente frauduleusement le marché de Brazzaville.

Pour restructurer la filière sucre, une évaluation de plus de 11,5 milliards de FCFA est nécessaire pour Saris-Congo. Cependant l’état financier de cette entreprise ne permet la couverture de ce montant sur fonds propres qu’à hauteur de 3 milliards.

L’UE s’est portée garante pour accompagner les pays signataires du protocole sucre dans le processus de restructuration de leurs industries sucrières. Seulement, le concours de l’UE est assujetti à l’effort que les pays impliqués fourniront pour assurer la sauvegarde de leurs exploitations sucrières.