Ce n’est pas un phantasme ou une hallucination, une rumeur ou un cauchemar ou encore une simple angoisse qui serait provoquée par un malaise psychique et physique, née du sentiment de l’imminence d’un danger, caractérisée par une crainte diffuse pouvant aller jusqu’à la panique ; mais, c’est une information.

Les faits sont vrais et vérifiables. Denis Sassou Nguesso prépare lentement et sûrement une guerre. Et, ceci aux yeux de toutes les représentations des institutions internationales et des missions diplomatiques qui sont basées à Brazzaville, et de tous les Congolais, eux-mêmes. Comme d’habitude, la guerre sera faite contre les populations innocentes du département du Pool. Le décor est déjà planté : un puissant arsenal militaire mis en place et un grand nombre de mercenaires étrangers, notamment tchadiens, centrafricains, burundais, rwandais, israéliens, ukrainiens… qui y sont déversés.

Cependant, si la cause principale des guerres précédentes n’est, selon le pouvoir de Brazzaville, qu’une opération visée à anéantir les milices ninjas et nsilulu qui avaient été créées respectivement par Bernard Kolelas dans la guerre de 1997, et par Frédéric Bitsamou alias Ntumi, dans le prolongement de cette même guerre, notamment après le départ en exil du chef des ninjas ; alors qu’elle est une guerre de la conquête d’un pouvoir perdu aux élections, celle de la guerre de 2021 s’ajoute aux différentes guerres de la conservation du pouvoir.

Effacer le Pool sur la carte du Congo

Pourtant, cette guerre est aussi celle de la dévastation ou de la disparition totale du département du Pool de la carte du Congo.

Après la destruction des villages, la coupe des arbres fruitiers, l’empoisonnement des sources d’eau, Sassou Nguesso veut détruire complètement la vie dans ce département. Il s’est doté de beaucoup d’armes chimiques qu’auraient convoyées des soi-disant médecins israéliens, partis au Congo pour tester un produit pouvant guérir le sida mais, qui, malheureusement, aurait fait des morts. Les Congolais, sauf les dignitaires du pouvoir, ne voient pas dans ce département une rébellion en préparation ou un leader qui entretiendrait encore une milice et qui veut conquérir le pouvoir par les armes. Ntumi, le protagoniste dans toutes les guerres du Pool, a signé un accord de paix avec le pouvoir de Brazzaville. Cependant, dans les milieux de la grande diplomatie, on apprend que Sassou Nguesso veut la guerre pour tout simplement instaurer l’état de siège qu’il n’a pas obtenu auprès des deux chambres du parlement.

Alors que le pays était en guerre contre le Coronavirus et sous les rumeurs d’un coup d’état préparé par son propre neveu, Jean Dominique Okemba, ainsi que la panique provoquée par l’annonce du passage d’un ouragan en Afrique centrale, faite par la météo politique française, il veut donc court-circuiter la communauté internationale qui attend toujours le dialogue national et la libération de Jean-Marie Michel Mokoko, avant le mois d’août prochain.

Parait-il que le premier délai était fixé au mois de juin, et c’est le pouvoir qui aurait repoussé cette date, voulant donner à Sassou Nguesso une occasion officielle de faire sa grâce à travers son message à la Nation. Mais, l’échec de son deal avec l’opposition qui avait été mal négocié par son neveu Serge Blanchard Oba, et le refus par les deux chambres du parlement de l’autoriser à décréter l’état de siège, auraient poussé Denis Sassou Nguesso à changer de stratégie. Il veut, cette fois-ci, provoquer une guerre afin de décréter un état de siège qui prendra des années, avant d’ouvrir un dialogue et une période de transition avec un gouvernement d’union nationale. Voilà ce que cache la guerre du Pool.

Que faire ?

Néanmoins, cette énième guerre inutile qui, sans doute, fera plus de dégâts humains et matériels, peut être évitée. Pour ce faire, il faudra impliquer la France dans le coup. Pourquoi la France ? Premièrement, parce que c’est elle qui a ramené Denis Sassou Nguesso au pouvoir, en 1997. La France avait non seulement, par la voix de son Président, Jacques Chirac, fait entrer l’Angola dans cette guerre qui a fait plus de 400.000 morts et des dégâts matériels très importants ; mais aussi parce que des militaires français y avaient participé, et Elf lui avait donné les moyens financiers et l’avait aidé à transporter le matériel militaire. En plus, il y a encore des lobbies français qui continuent à soutenir la dictature du Congo, malgré ses nombreux crimes de sang, de démocratie et de crimes économiques. Et, c’est à la France de déclencher le mécanisme de la chute du pouvoir de Brazzaville auprès des institutions internationales : Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union européenne. C’est une affaire de quelques minutes. Les Congolais ne sont pas comme des Arabes qui sont préparés à la révolution par leur religion, l’Islam.

Bloquer la vie de la France

Mais, c’est à la diaspora congolaise de France de poser des actes à Paris pour interpeler le Président Français, Emmanuel Macron, et l’obliger à poser, lui aussi, des actes qui peuvent empêcher cette guerre. Quant aux Congolais qui sont au pays, ils devront, entre autres, menacer les intérêts de la France. De la même manière que la France attend les actes de Sassou Nguesso sur Jean-Marie Michel Mokoko, les Congolais doivent, eux aussi, attendre les actes du gouvernement français sur Denis Sassou Nguesso. La France a les moyens politiques, diplomatiques, militaires… pour empêcher cette guerre et mettre fin à la dictature du Congo. Sauf que cette option fera des Congolais des redevables de la France et risquera de maintenir le Congo dans la Françafrique.

Actions

Le premier rendez-vous peut être fixé au 15 août prochain, date de l’anniversaire de l’indépendance du Congo, pour avoir une grande visibilité. Au cours de cette journée très particulière, les Congolais doivent gâcher la fête nationale, en posant des actes qui vont attirer l’attention non pas seulement de la presse internationale ; mais aussi celle des autorités françaises qui doivent se sentir choquées et coupables du triste sort du Congo, depuis le retour de Denis Sassou Nguesso au pouvoir. Les actes peuvent aller d’un grand rassemblement devant l’ambassade du Congo en France ou le siège des Parlements français et européen ou encore à l’occupation, même anarchique, d’un site officiel, à Paris. Les Congolais devront, ce jour-là, être capables de bloquer la vie de la France, même pendant quelques minutes pour « faire parler d’eux » dans les grands médias internationaux. Cette première manifestation de grande envergure devra ouvrir une série d’autres manifestations qui auront lieu jusqu’au départ de Sassou Nguesso.

Mais, les Congolais où qu’ils se trouvent doivent aussi manifester devant les ambassades des pays comme le Tchad, l’Ukraine, le Centrafrique, le Burundi, l’Israël, et le Rwanda d’où Denis Sassou Nguesso recrute ses mercenaires.

L’Opération embouteillage

Dans ce genre de manifestation, on n’y va pas avec les couleurs ou les symboles officiels de la Nation. Les Congolais doivent avoir des nouveaux symboles pour se faire remarquer et ne pas créer la confusion avec les partisans du pouvoir afin que leurs manifestations ne soient pas prises pour des manifestations de soutien à la dictature. C’est que le 15 août, toutes les ambassades du Congo et tous les sièges des préfectures et sous-préfectures arboreront, eux aussi, le même drapeau et les mêmes insignes. Il faut donc être différent dans la tenue et le décor. Voilà pourquoi nous avons proposé un nouveau drapeau, hymne et concept, « Kongo Ya Sika », de ce combat pour faire la différence avec les symboles du Congo de Denis Sassou Nguesso. Il faut créer de l’embouteillage et bloquer le fonctionnement du pays. Aux chefs religieux, nous demandons de prier pour que Dieu donne aux Congolais un leader charismatique et non « nkarismatique » qui ne sera pas corruptible.

Paris, la plaque tournante de la révolution congolaise

Le jeu devra se jouer à Paris, parce que la France et son Président, Emmanuel Macron, se trouvent, aujourd’hui, dans une position inconfortable vis-à-vis de l’Afrique et des Africains. Le vaccin contre le Covid 19 prôné par Emmanuel Macron et qu’il veut à tout prix imposer en Afrique et le sabotage du projet de la monnaie Eco de la CEDEAO sont deux grosses pierres que le Président français a soulevées et qui vont lui tomber sur les pieds. Ce sont des déclarations de guerre contre l’Afrique. Mais aussi des grands-rendez-vous pris avec les Africains qui sont en France et en Afrique et qui sont prêts à faire la « guerre » contre la France. Mais, la France doit aussi craindre que les scènes de vandalisme des statuts historiques vécues, ces derniers temps, dans les départements et régions d’outre-mer (DROM) et le crime raciste et odieux de Minneapolis qui a mis à feu et à sang cette grande ville du Minnesota, soient les signes qui annoncent le temps de la libération totale de l’homme noir, et que les Africains vivant dans ce pays, se servent, eux aussi, de la violence pour s’exprimer ou obtenir ce qu’ils n’ont pas pu avoir avec les indépendances et les démocraties imposées par le Sommet de la Baule.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain