Affaire Nicolas Normand, l’ambassadeur de France au Congo : sous le sceau du secret

Les enjeux de la présidentielle 2009 ne sont pas que politiques ou sociaux. Sur le terrain diplomatique, la bataille fait rage entre Nicolas Normand, l’ambassadeur de France au Congo – accusé, à tort ou a raison, d’être proche de l’opposition congolaise – et le régime de Brazzaville.

« Au lieu de nous aider, l’ambassadeur de France ne fait que jouer le jeu de l’opposition. Nous ne sommes pas d’accord : la France doit des déterminer… », cet imperium a été martelé par un cacique du RMP qui a requis l’anonymat. Son intervention ne peut qu’être prise au sérieux. Elle marque le dépit amoureux qui caractérise les relations entre Nicolas Normand, l’ambassadeur de France à Brazzaville, et les autorités congolaises. S’il est permis de constater que M’pila n’est pas encore passé à la vitesse supérieure dans ce qu’il est convenu d’appeler la dégradation dans le couple franco-congolais, mais tout porte à croire, selon nos sources, que nous sommes, à quelques exceptions près, face au cas de figure qui prévalait en 1997. En ce moment là, Raymond Césaire, l’ambassadeur de France, était en porte à faux avec l’ancien président de la République Pascal Lissouba. Pomme de discorde : le pouvoir « upadésien » voyait d’un mauvais œil les fréquentations du diplomate français à l’opposition URD-PCT et apparentés.

A présent, de malentendus en quiproquos, de sous-entendus en remontrances, le régime de Denis Sassou Nguesso n’apprécierait guère le manque de neutralité de Nicolas Normand.

Les aur*torités congolaises reprochent au diplomate, à mots à peine voilés, de rouler pour l’opposition congolaise (Athias Dzon, Romain Kinfoussia, ange Edouad Poungui…). Un politologue proche du camp présidentiel nous a déclaré, sous couvert d’anonymat : "Comme en 97, l’ambassadeur de France contribue au pourrissement en cette période préélectorale trop sensible au Congo."

Retrouvailles

Selon nos sources, il se dit à Brazzaville que Nicolas Normand, en sa qualité d’espion officiel de la France au Congo (c’est ce qu’on dit vulgairement d’un diplomate accrédité dans un pays étranger), a souvent été aperçu en compagnie de certains opposants congolais, réputés hostiles au régime de Brazzaville.

Les détracteurs du diplomate français à Brazzaville assurent, à tort ou à raison, que Nicolas Normand s’est même, un jour, donné la liberté d’appeler son hôte d’un jour, Mathias Dzon, alors directeur national de la BEAC à Brazzaville : « Monsieur le président… » . et que certaines rencontres entre l’ambassadeur de France et certains opposants (congolais) donneraient parfois lieu à une convivialité jugée trop "fraternelle". Est-ce parce que le dénominateur commun qui lierait M. Normand à certains opposants serait la solidarité entre frères de lumière de la même obédience maçonnique ? S’interroge-t-on dans certains milieux proches du pouvoir.

Mauvais rapports

En ces temps de reniement et de soupçon généralisé, les autorités de Brazzaville auraient des crises d’urticaire face à ce qu’il est convenu d’appeler "mauvais rapports". Selon certaines indiscrétions, il serait reproché à Nicolas Normand d’épouser les discours de l’opposition congolaise qui accuse le pouvoir de livrer un chèque en blanc aux entreprises chinoises. D’après ce qui se dit, un rapport fumant et meublé de statistiques probantes aurait été conçu à cet effet par les détracteur de Denis Sassou Nguesso. En comme, il y est épinglé la perte de terrain de l’entreprenariat français au Congo – excepté SOCOFRAN [1], CFAO et Total - au bénéfice des dragons asiatiques.

Un sale procès, dit-on, qui aurait coûté au chef de l’Etat une campagne politico-médiatique salée, menée par une presse française aux ordres de certains lobbies hexagonaux. Mal contentes de cette stratégie, les autorités congolaises auraient cédé sous le poids de ces pressions en offrant une "aumône" [2] au groupement Bolloré. Qui a raflé la mise, au grand dam des autres concurrents de taille sur l’appel d’offres du terminal à conteneurs du port autonome de Pointe-Noire.

Comme si ça ne suffisait pas, l’ambassadeur de France au Congo s’est démené comme un beau diable pour arracher l’audience de l’opposition congolaise chez Sarkozy.

Audience de Nicolas Sarkozy

Peu avant l’arrivée dui président français à Brazzaville, l’opposition congolaise est suffisamment informée, au moindre détail sur le programme du séjour de Nicolas Sarkozy. Sur ces entrefaites, elle sait, grâce à l’entregent de Nicolas Normand, que l’hôte de Denis Sassou Ngueqsso ne passera plus – comme prévu – la nuit dans une plate forme de TOTAL, à Pointe-Noire, mais qu’il séjournera dans un palace de cinq étoiles, à Brazzaville. Mieux, les opposants ont la certitude que le président français doit les recevoir le jour même de son arrivée vers 20 heures, dans un hôtel de la place.

C’est ainsi que vers 19 heures, l’opposition congolaise (Kinfoussia, Ngouélondélé, Miérassa, Bouity, Damase Ngolo…) se met en route pour le lieu de rendez-vous. A mi-chemin, les opposants sont renvoyés manu militari par les éléments de la force publique commis à le sécurité de la résidence du président français. S’ensuit alors un échange de langage discourtois. Obligés de rebrousser chemin, les opposants congolais établissent rapidement un contact téléphonique avec Nicolas Normand. Lequel sans coup férir, les invite à le rejoindre illico presto à la chancellerie. Sans perdre haleine le diplomate français informe par téléphone l’entourage immédiat de Nicolas Sarkozy de l’incident qui venait de se produire. Instruction est donnée au diplomate de conduire lui même la délégation de l’opposition. Pressés par le temps les opposants congolais s’engouffrent dans les véhicules de l’ambassade de France à Brazzaville au devant des quelles flotte un drapeau tricolore. A la seule vue de ces voitures, les éléments de la force publique qui n’ont vraiment rien soupçonné d’anormal, se fendent en salamalecs. A vive allure, les voitures de l’ambassade de France à Brazzaville foncent droit au lieu de rendez-vous. Tant mieux, tout a été réglé comme une horloge suisse par Nicolas Normand [3]. Puis voici les opposants congolais dans le Saint des Saints.

Du côté de M’pila, l’on se serait arraché les cheveux en apprenant que Nicolas Normand a préparé et organisé cette rencontre entre l’opposition congolaise et le président français. Selon certaines indiscrétions, il paraitrait sue le pouvoir aurait préparé une "autre opposition" (Moukouéké, Tamba-Tamba, Munari…) pour rencontrer Sarkozy. Info ou intox ? Toujours est-il que, cette bienveillance du diplomate français à l’égard de l’opposition aurait été mal perçue par Mpila au point de faire, entre autres, l’objet d’une indignation des autorités congolaises, lesquelles n’auraient pas manqué de le signifier au chef de l’Etat français. Est-ce ce qui a valu à l’ambassadeur français d’occuper la table n°2 à l’occasion du dîner offert par le président congolais à son hôte français ? Il paraîtrait qu’il a passé le comble de son temps à grommeler autant que Yama Rade.

Un tour au quai d’Orsay

Juste après le départ de Nicolas Sarkozy pour Niamey au Niger,, le chef de mission diplomatique de la France au Congo à été rappelé par Bernard Kouchner, le ministre français des affaires étrangères. S’il est permis de constater que les remontrances des autorités congolaises à l’endroit de Nicolas Normand, agacent quelque peu le locataire du quai d’Orsay, qui lui-même, est tombé en disgrâce depuis que les révélations de Pierre Péan sur le consulting du docteur Kouchner au Gabon et au Congo l’ont éclaboussé dans l’opinion française, il n’en demeure pas moins vrai que l’ambassadeur se France en poste à Brazzaville arrivera, selon nos sources, et pas des moindres, en fin de séjour dans la capitale congolaise au cours du dernier trimestre de l’année en cours. Tout porte donc à croire que Nicolas Normand accompagnera au nom de son pays, le Congo dans son dernier round électoral.

Campagne médiatique

Il n’en fallait pas plus pour que cette attitude, jugée complaisante, soit relayée par une certaine presse "commerciale". Un confrère d’un hebdo panafricain paraissant à Paris s’est fait l’écho d’une campagne presque calomnieuse. Son directeur de rédaction, reconnu très proche du pouvoir, d’autant que son épouse qui vient d’ouvrir une école à Brazzaville grâce à l’enveloppe que son président – parent – lui aurait accordée, est réputé très proche du propriétaire du palais de Mpila.

Dans ce papier "commandé", Nicolas Normand est taxé d’incompétence, puisque, d’après l’auteur de cette confidence « Nicolas Normand n’est pas diplomate de carrière (il est énarque et ingénieur agronome) ». Pis encore, pour avoir flirté avec des ministres socialistes, l’ambassadeur de France au Congo est, à mots à peine couverts, peint comme socialiste.

Nicolas Normand et Mathias Dzon dans le même avion

A leur retour au Congo, vendredi 17 avril dernier, comme par hasard, Nicolas Normand et Mathias Dzon se sont retrouvés en first class dans l’avion d’une compagnie française qui les ramenait à Brazzaville. Durant les 6 heures de vol, il paraîtrait que Dzon et Normand aient eu à parler à l’abri des vilains regards de Brazzaville.

Gaston Sakamesso

NDLR : Ni lard, ni cochon, ce texte mal ficelé, argumenté sur des bruits de lavabos et de prétendues sources jamais citées, est dangereux. Bien que s’appuyant sur certains faits il peut, dans cette période fiévreuse, entraîner à l’égard de Nicolas Normand et par rebond de la communauté française une agressivité mal venue.
Il est difficile de croire que Normand ait agi de sa propre initiative. Sarkozy ne voulait certainement pas rencontrer une opposition croupion.
Nous ne comprenons pas la phrase : « Pis encore, pour avoir flirté avec des ministres socialistes, l’ambassadeur de France au Congo est, à mots à peine couverts, peint comme socialiste. ». Le fait d’être socialiste serait-il comparable à une maladie honteuse ?

Tous les renvois de bas de page sont de la rédaction de congopage.com

[1Là notre confrère se montre mal renseigné, l’entreprise étant passée sous capitaux brésiliens.

[2S’il s’agit d’une aumône, elle est de taille.

[3Très fort Normand, il improvise avec une précision helvétique. Bravo il fallait le faire.