Ce n’est qu’un secret de polichinelle que d’affirmer qu’une grande partie du bois congolais présent sur le marché international provient d’exportations illégales, tout au moins frauduleuses.

En effet, les coupes illégales dans les forêts congolaises et/ou plutôt les fausses déclarations des quantités de bois à l’exportation sont devenues légion.

A tel enseigne que la contrebande s’est presque érigée en système normatif. D’une part et ce depuis des années déjà, les populations du Niari forestier par exemple s’évertuent à crier au scandale, dénonçant des abus de la part des exploitants forestier. Notamment les chinois.

D’autre part, Henri Djombo le Ministre en charge des forêts déclare à chaque occasion que l’exploitation du bois congolais se passent selon les lois et règlement en vigueur. Et pourtant les chiffres sont révélateurs d’une fraude à grande échelle. Tenez ! en 1998 par exemple, les différents services compétents du Congo ont déclaré des exportations de 91.115 m3 à destination de l’Italie, alors que ce pays a déclaré des importations de 119.102 m3 en provenance du Congo Brazzaville. Ces chiffres sont un peu vieux certes. Mais des exemples récents sont disponibles. Des chiffres contradictoires d’importation/exportation peuvent être multipliés par X en regardant de plus près les importations de bois du Congo dans les statistiques des pays de l’union Européenne. Ces écarts de statistiques sont si élevés qu’ils ne peuvent pas être le fruit d’une erreur de comptabilité. Ce n’est simplement que la manifestation soit des pratiques illicites d’exploitation, soit d’exportation frauduleuses. Aux dépens du trésor public bien sûr ! Hors d’aussi grands volumes ne peuvent sortir du pays sont être déclarés qu’en complicité avec quelques fonctionnaires véreux du Ministère en charge de la forêt. Il y a certainement lieu de renforcer le contrôle quelque part...

La forêt congolaise couvre 20 millions d’hectares soit 10 % des forêts du bassin du Congo. 170 millions de m3 de grumes sont potentiellement mobilisables et 2 millions de m3 de grumes peuvent être extraites de la forêt du Congo Brazzaville chaque année sans aliéner les capacités de régénération de la forêt. Malgré ses avantages, il y a quand même lieu de veiller à une gestion durable de la forêt congolaise. J. Malonga