Un fait, pourtant paru dans « La Semaine Africaine » N°2818 du 19 août 2008, nous avait échappé. Marie Magloire Dambenzet, préfet du Niari, et président de la fédération congolaise de boxe, s’est rendu coupable de voies de faits sur la personne de Jean Claude Mamégina, trésorier payeur départemental.

La victime aurait osé faire attendre le préfet, venu toucher son salaire, car il n’avait pas reçu les pièces comptables accompagnant les fonds. La sanction préfectorale pour ce crime de lèse majesté ne s’est pas faite attendre, le malheureux a eu droit a une bonne correction, des propos menaçants et a été contraint de s’agenouiller pour demander pardon à la haute autorité de la préfecture.
Dans la ville de Dolisie l’émotion est d’autant plus grande que Monsieur Dambenzet n’y bénéficie pas d’une popularité exagérée. Ses abus de pouvoir y font les gorges chaudes telle l’annulation de l’élection d’une jeune femme ayant été choisie pour devenir miss Niari car elle n’était pas sa candidate.

Voici une citation d’un article de notre confrère Paul Soni Benga [1] dans un article qu’il avait fait paraître dans brazza.info à l’occasion de la célébration de l’indépendance à Dolisie : « Nous n’avons pas [non plus] aimé (alors pas du tout apprécié) la frime encore moins, la légèreté et l’attitude de Marie Magloire Dambenzet, alias « MMD », Préfet du Niari qui nous semblait être indigne de la République avec sa prestance aux allures de « Tintin au Congo » qui donnait l’impression d’avoir à la tête d’institutions aussi respectables que la préfecture du Niari un Charlot, à défaut d’un clown au service d’un cirque familial. ».

Rappelé à Brazzaville avec sa famille, le préfet (nous osons espérer l’ex-préfet) à été mis en disponibilité pour deux mois. Monsieur Tchikaya Jean-Christophe assure l’intérim.


Département du Niari

Le préfet, Marie Magloire Dambenzet, mis en congé !

Le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Raymond Mboulou, a pris un arrêté mettant en congé le préfet du département du Niari, Marie Magloire Dambenzet. En réalité, cette décision n’est qu’une forme très diplomatique, de le retirer du Niari, après son agression sur la personne du trésorier payeur départemental, Jean Claude Mamegina, aujourd’hui affecté à Pointe-Noire. Comme on peut le constater, l’impunité n’est plus de mise sous le soleil de « La Nouvelle Espérance » dont le mandat touche à sa fin. dans quelques mois, pour ne pas entacher un bilan qu’on veut convaincant.

Est-ce l’épilogue de l’affaire qui a ému toute la ville de Dolisie, pour ne pas parler du Niari ? Le 13 août dernier, le préfet du Niari, Marie Magloire Dambenzet, fait venir le préposé du trésor, pour se faire payer ses indemnités, pour les festivités du 15 août. Le fonctionnaire du trésor a reçu les fonds, malheureusement, les pièces comptables manquaient. Donc, il ne pouvait pas, à l’instant, procéder aux opérations. Il fallait attendre ces pièces comptables devant venir de Brazzaville. Impatient, le préfet n’a l’a pas entendu de cette oreille. Séquestrant le haut fonctionnaire dans son bureau, il le roue de coups de poings, en lui proférant des paroles menaçantes. Il faut dire que Marie Magloire Dambenzet est aussi président de la fédération congolaise de boxe. Et comme tout le monde n’est pas boxeur, tout le monde ne peut, donc, pas supporter les coups d’un boxeur professionnel.

Lorsque l’affaire éclate à Dolisie, c’est l’indignation générale. Les ressortissants du Niari expriment, alors, au président de la République, leur souhait de ne plus voir le préfet boxeur dans leur département. L’administration publique ne fonctionnant pas, selon la volonté de l’opinion, le préfet Dambenzet, qui avait été appelé à Brazzaville, avait pu regagner son poste, pour les festivités du 15 août.

Mais, depuis trois jours, l’arrêté est sorti, le mettant en congé. L’intérim a été confié au secrétaire général de la préfecture. Ainsi, le ministre Raymond Mboulou n’a pas voulu laisser planer, pendant longtemps, l’ombre d’un doute, sur la volonté du président de la République, Denis Sassou Nguesso, de ne plus laisser impunis de tels comportements, de la part de ceux qui sont investis d’une parcelle de l’autorité de l’Etat, au nom du peuple souverain. Désormais, l’impunité, tout au moins pour des faits graves comme ceux-là, n’est plus de mise.

Malgré ses liens de parenté avec le chef de l’Etat, le préfet congédié, Marie Magloire Dambenzet, ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Après les efforts consentis par les autorités nationales, sous la direction du président Sassou Nguesso, de ramener la paix dans le pays, celui-ci a maintenant besoin de bons gestionnaires pour répondre aux attentes du peuple, et non de guerriers. Comme on ne peut en douter, la décision du ministre Raymond Mboulou a suscité un sentiment de soulagement dans le Niari.

Joël NSONI "La Semaine Africaine" N°2821 du 29 août 2008

[1Qu’on ne peut certes pas faire passer pour un chantre de l’opposition.