RABAT (AFP) - Le ministre marocain de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a indiqué jeudi que les préparatifs d’un réseau terroriste démantelé en juillet, qui comptait 52 membres - dont des militaires -, étaient "très avancés".

« Les membres du réseau démantelé - baptisé Ansar El Mahdi - ont atteint un stade de préparation très avancé et étaient prêts à passer à l’exécution », a notamment déclaré M. Benmoussa qui s’exprimait devant une commission parlementaire à Rabat.

Le réseau terroriste comptait exécuter des actes terroristes d’envergure contre certains secteurs vitaux du royaume, a indiqué le ministre.

« Cette organisation, a-t-il ajouté, comptait annoncer le jihad dans les montagnes du nord marocain, attaquer des cibles sensibles, des intérêts étrangers et des personnalités marocaines, parce qu’elles symbolisent l’Etat ou pour des raisons d’ordre moral », a-t-il dit.

« Ce réseau s’appuie sur des techniques perfectionnées », a-t-il dit, ajoutant qu’il avait falsifié des billets de banque et établi une liste d’agences bancaires et postales à attaquer pour financer ses activités.

Le réseau est dirigé par Hassan Khattab (alias Abou Oussama), un ex-prisonnier marocain élargi en août 2005 après avoir purgé deux ans de prison dans le cadre des attentats terroristes de 2003 à Casablanca, a précisé le ministre.

« Les terroristes présumés arrêtés sont actuellement 52, dont cinq militaires, trois gendarmes et un officier de la Direction générale de la sûreté nationale », a dit le ministre, soulignant que « les forces du terrorisme constituent encore une menace au Maroc ».

« Cela ne veut toutefois pas dire que l’armée et les services sécuritaires ont été infiltrés par les terroristes, il ne s’agit ici que de cas marginaux et isolés », a-t-il estimé.

L’appellation « Ansar El Mahdi », à connotation chiite, avait intrigué la presse et les observateurs au Maroc, pays musulman sunnite. Pour le ministre, « ce réseau n’a rien à voir avec les courants chiites ».

Le ministère de l’Intérieur avait annoncé début août qu’une cellule terroriste « dangereuse » de 44 membres, dont cinq militaires, avait été démantelée par les services de sécurité. D’autres interpellations ont eu lieu depuis cette annonce.

Lors des perquisitions, la police a saisi des explosifs, du matériel de laboratoire et des produits de propagande, selon le ministère de l’Intérieur.

Le réseau Ansar El Mahdi disposait, a affirmé jeudi M. Benmoussa, de « quantités de matières servant à fabriquer des explosifs beaucoup plus importantes que celles saisies lors des attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca ». Ces attentats avaient fait 45 morts dont 12 kamikazes.

Depuis ces attentats, « l’Etat a mis en oeuvre une stratégie multidimensionnelle qui a permis de mettre en échec toutes les manoeuvres des ennemis de la nation », a ajouté le ministre, indiquant que 1.525 personnes ont été présentées à la justice, dont 1.413 ont été condamnées par les tribunaux pour avoir commis des actes terroristes.