Nous apprenons à l’instant le décès de Mgr Ernest Kombo, jésuite, évêque d’Owando qui était en soins à Paris depuis un an. Atteint de cancer pour lequel il a dû subir tous les traitements pénibles dévolus à ce genre d’affections (chimiothérapie, interventions chirugicales...). Mgr Ernest Kombo portait sa maladie avec courage et dignité, n’hésitant pas à faire le voyage de Brazzaville quand sa présence était nécessaire pour l’administration des affaires de son diocèse.

Prêtre, mais surtout homme propulsé au-devant de la scène publique par son élection à la présidence de la Conférence Nationale Souveraine de février 1991, puis de la période transitoire subconséquente (1991-1992). Mgr Ernest Kombo s’est acquitté de cette tâche avec un sens certain sens de l’équilibre et de l’équité. Il sut, en effet, faire tenir la distance entre les tenants du régime sortant de Sassou-Nguesso 1, et ceux impatients de prendre sa susccession dans les conditions d’éligibilité stipulées dans la

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Mgr Kombo, Denis Sassou Nguesso et André Milongo lors de la Conférence Nationale Souveraine

constitution de 1992. La tâche ne fut pas aisée, mais l’homme d’Eglise sut rendre ce "service temporaire à la nation" suivant l’expression du Vatican, se retirant à l’arrivée du régime démocratiquement élu de Pascal Lissouba. Ni les critiques, ni les attaques (et pas seulement verbales puisqu’il fut arrêté à l’aéroport de Pointe-Noire par le régime Lissouba et soumis à de longs interrogatoires) ne lui furent épargnées pendant et après cette période importante de l’Histoire de notre pays. Même les soupçons d’avoir pris au goût au pouvoir ou d’avoir favorisé "la reconstitution" de la puissance politique de Denis Sassou-Nguesso circulèrent dès lors qu’il rappelait que les règles de la transition avaient été bafouées, et que le régime de Pascal Lissouba prenait le fauteuil laissé par Denis Sassou-Nguesso sans s’être doté des instruments qui pouvaient assurer son bon fonctionnement, tel le Conseil constitutionnel et tous les autres conseils prévus par la Conférence nationale. "Les cimetières sont pavés de gens illustres", lui avait répondu un Pascal Lissouba autant empressé qu’agacé.
Aujourd’hui, c’est chose faite : Mgr Kombo est décédé.

GIFL’homme "dérangeait" y compris dans son milieu de l’Eglise catholique. On se souvient de l’altercation qui l’opposa à un Nonce apostolique qui l’accusa de porter ombrage au pouvoir de Denis Sassou-Nguesso (cette fois) quand il rappela, lors des obsèques de Mgr Batantu [1], que les problèmes de toujours continuaient d’affecter la jeunesse et la société congolaises dans son ensemble.
Nous vous en parlerons dans le détail au cours des prochaines heures.

Mgr Ernest Kombo avait 67 ans