En dépit des incongruités du gouvernement qui ne cesse de savonner sa planche par les coupes successives de financement :
- Un milliard trois cent millions fcfa en 2005, ramené à 1 milliard en 2006 ;
- Un milliard initialement budgété pour l’assainissement de la ville en 2006, compressé à six cent millions.
- En joint-venture avec le gouvernement à l’occasion du 44e anniversaire de l’Indépendance du Congo, le gouvernement ne rétrocède à la ville que cent cinquante sept millions fcfa au lieu de deux cent cinquante sept millions fcfa initialement prévus.
- Exonération des centimes additionnels des entreprises pétrolières et grandes industries pour cause de contrats de concession.

Le député-Maire, Roland Bouity Viaudo, défend bec et ongles son programme d’exécution auprès de ses mandants.

Investi le 06 février 2003, le bureau exécutif du conseil municipal part en croisade communicationnelle aux fins de rendre compte des activités du conseil, politique de proximité oblige, après trois années de mutisme pour des raisons qui, nous dit-on, étaient dues à la réorganisation et la gestion des quartiers, l’état des lieux, l’application de la loi 11/2006 du 06 février 2006 portant statut particulier de la ville de Pointe-Noire.

Le levé de rideau du débat citoyen a eu lieu au siège de l’arrondissement 1 Emery Patrice Lumumba le 12 avril 2006. Puis sur le même schéma de travail, la délégation s’est rendue au siège de l’arrondissement 3, Tié-tie. Le lendemain matin la tournée reprenait à Loandjili (Arr 4) pour se clôturer en fin d’après-midi à Mvoumvou (Arr 2).

Le Maire ouvre sur des points de civisme qui lui tiennent particulièrement à cœur :
-  Le comportement incivique de ses concitoyens ;
-  Le non respect des lois et règlement ;
-  Les réalisations et les engagements.

A l’opposée de son image bon enfant, c’est avec virulence que le premier édile de la ville, condamne :
-  La confusion des caniveaux et des rues avec des poubelles « Viaudo ké lukuta » (Viaudo va ramasser),
-  L’occupation anarchique des espaces publics,
-  La vente illicite des domaines de l’Etat avec le parrainage mafieux de certaines autorités,
-  Il met un accent particulier à l’endroit des chefs de quartiers et forces de l’ordre afin qu’ils veillent à l’observation des lois et règlements en ce qui concerne les nuisances sonores (bars dancings, cultes assourdissants des églises de réveil...), le paiement des patentes et taxes communales génératrices des ressources municipales.

En matière de volet social le maire a annoncé la création du SAMU-SOCIAL POINTE-NOIRE qui, en collaboration avec le SAMU-SOCIAL INTERNATIONAL, se voue à la prise en charge des enfants de la rue (soins, dotations vestimentaires, distribution de nourriture...). On pose enfin les jalons d’un programme de réinsertion de cette couche marginale et délaissée [1] . A cet effet, la mairie de Pointe-Noire a acheté vingt quatre hectares de terrains à Vindoulou, destinés à la riziculture. Additivement, un centre de formation aux petits métiers sera réalisé par la chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture,et de métier pour tendre aux mêmes objectifs.

Epine profondément enfoncée dans le talon du député maire, le budget de la ville limité à six milliards de Fcfa, répartis en quatre milliards pour le fonctionnement des institutions et seulement deux milliards pour l’investissement.

L’effort est mis sur l’assainissement de la ville, une grande campagne de remise en état des caniveaux existants et de construction de nouveaux démarre, le programme, certes insuffisant, utilise ainsi les fonds alloués :

TravauxIdentification des sitesLongueur à traiterCoût
CONSTRUCTION
Caniveaux en béton arméAv. Mar. Ngouabi800 ml60 000 000
Emissaire en béton arméAv. Massafi130 ml22 750 000
Caniveaux en béton arméAv. du Havre300 ml30 000 000
REHABILITATION
Caniveaux en béton arméBd. de Loango270 ml32 400 000
OUVRAGES A REPARER
Passage busé(ouvrage de traversée)Bd du 15 août 196312 ml1 200 000
Caniveau en bétonAv. Moe Pratt400 ml20 000 000
Av.Schoelcher400 ml20 000 000
Av. Ma Loango450 ml22 500 000
Av. Pemosso300 ml15 000 000
Av.Raymond Paillet800 ml40 000 000

La mise en concession du ramassages et du traitement des ordures [2] nous laisse plus perplexes, les précédentes annonces officielles sur ce type de prestations n’ont jamais fait qu’accoucher d’une souris. Il est aussi à craindre que seuls quelques quartiers privilégiés ne bénéficient, au moins dans un premier temps, de ces services alors qu’ils ne sont pas les plus désavantagés.

Monsieur Jean François Kando secrétaire du bureau exécutif, prend ensuite le relais pour présenter le compte rendu des travaux de la 9e session du conseil municipal.

Pourtant que penser du fallacieux prétexte invoqué pour justifier l’éradication des derniers arbres séculaires demeurant sur le domaine public. Alors qu’aucun cas de maladie n’a été signalé sur le territoire national, on les couperait par mesure préventive contre la gripe aviaire, en raison de leur utilisation comme perchoirs par les hérons pique-beufs. Etant donné que les hérons savent fort bien se percher sur les fils électriques et téléphoniques, la mairie à très certainement l’intention d’enterrer ceux-ci pour forcer les volatiles à aller voir ailleurs. Cependant tout est pour le mieux dans le meilleur du monde puisque Jean-François Kando a annoncé le reforcement du planting de cocotiers nains.

Point d’orgue et point final de cet échange interactif : le débat avec les concitoyens présents.

REALISATIONS ET ENGAGEMENTS.

L’arrondissement 1 (E. P. Lumumba), porte d’entée et de sortie (air, mer, sol), s’est vu doter d’un certain nombre d’infrastructures pendant les festivités marquant le 44e anniversaire de l’indépendance du Congo : l’aérogare Agostinho-Neto, entièrement remise à neuf fera la fierté de la ville dès sa mise en service (imminente avec la mise en place des derniers équipements).

En ce qui concerne le réaménagement des bâtiments administratifs, on a guère fait qu’un replâtrage cosmétique qui cache mal les multiples maux qui minent le développement de la ville.

Sur le plan de l’assainissement, les voies entourant le marché central, pôle économique majeur, ont été redimensionnées aux fins de renforcer la fluidité de la circulation et la sécurité. Son point de jonction avec la ville ¨le semainier¨ premier chantier de Roland Bouity Viaudo suivi de l’opération « libérez les trottoirs », lui ont valu le slogan « Viaudo Travail ».

Le bitumage des sept avenues, rayonnantes est promis du rond point Lumumba à l’avenue de l’indépendance.

On a pu noter tout l’intérêt que les arrondissements on pris à ces rencontres, les salles étaient combles et le maire a répondu en détail et avec spontanéité aux questions posées. Nous lui avions fait, il y a peu, reproche de sa carence communicationnelle. Nous voici bien forcés de reconnaître que nos vœux sont désormais exaucés. Désormais RBV parle à ses administrés et force est de reconnaître qu’il a su convaincre. Compte tenu de l’austérité financière qui frappe la ville, si RBV parvient à ses objectifs il méritera sans aucun doute le respect et l’admiration de tous.

[1Environ 40 enfants étaient recensés en 2003, 140 en 2004, on estime leur nombre à 650 aujourd’hui.

[2Un contrat vient d’être passé, dans le cadre de l’ AIMF, avec une société européenne, il implique d’un crédit fournisseur d’une valeur de quinze milliards fcfa sur lequel les trois premières ville du pays devraient se voir dotées d’usines de traitement. Brazzaville : dix milliards, Pointe-Noire : trois milliards et Dolisie : deux milliards.