Donald Trump a dit « pays de merde ». Nous disons « dirigeants de merde. » Qui dit mieux ?

Ces dernières semaines, l’actualité internationale reste dominée, entre autres évènements majeurs, par les réactions et les commentaires que suscite l’expression « pays de merde » qu’aurait utilisée le président américain, Donald Trump, au cours d’une réunion sur l’immigration avec des parlementaires. Le nouveau locataire de la Maison blanche faisait allusion à certains pays d’Amérique latine (Haïti, et Salvador) et d’Afrique.

Cette expression qui sent le racisme a fait le tour du monde et suscité des réactions très vives et controversées des chefs d’Etat et de gouvernements, des organisations de défense des droits de l’homme et de personnalités politiques, culturelles… alors que Donald Trump refuse d’en être l’auteur : « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur, mais ce ne sont pas les mots utilisés », a-t-il répliqué sur Twiter. Il aurait dit (shit hole) (trou de merde). Ce qui est plus exécrable.

Et, de repréciser sa pensée : «  je n’ai pas besoin de vous harceler comme les présidents français le font. Disant que la Françafrique est terminée, pourtant ils continuent à vous envoyer les faux touristes qui vous espionnent et reviennent leurs dire comment il faut vous recoloniser. »

Poursuivant sur la même gamme, Trump claironne :
« Si après 50 ans d’indépendance vous n’avez pas construit les infrastructures nécessaires pour votre peuple, êtes-vous des humains ? Si vous vous asseyez sur l’or, le diamant, le pétrole, le manganèse, l’uranium... et que vos populations n’ont pas à manger, êtes-vous des humains ? Si pour rester au pouvoir, vous n’hésitez pas à acheter des armes chez les étrangers pour tuer vos propres concitoyens, êtes-vous des humains ? Si votre seul projet social est de rester au pouvoir à vie, êtes-vous des humains ? Si vous méprisez et vous abattez vos propres citoyens comme des gibiers, qui va les respecter ? Je suis le premier des présidents occidentaux qui aime l’Afrique et ses enfants, voilà pourquoi je n’ai pas besoin de vous harceler comme les présidents français... » (source de cette information, Continent noir mon Afrique).

Cependant, si une certaine opinion qui est majoritaire pense que les propos du président américain puent le scandale, ont des relents racistes et des senteurs xénophobes, une autre s’en sert pour taper sur les dirigeants de leurs pays. Car, pour cette opinion, il n’y a pas de « pays de merde » ni en Amérique du sud ni en Afrique ; mais il y a plutôt des « dirigeants merdiques ».

Afrique : deux chefs d’Etat, deux mesures

En Afrique, deux chefs d’Etat ont pris la tête de ce débat au parfum douteux. Il s’agit des présidents sénégalais, Macky Sall, et ougandais, Yoweri Museveni. Pourtant, les deux personnalités ne ressentent pas la même chose.
Le premier, choqué par cette nauséeuse qualification, voit dans les propos de Donald Trump, un manque de respect à l’égard de l’Afrique et de l’homme noir : «  L’Afrique et la race noire méritent le respect ». Le second, Yoweri Museveni, salue la franchise du Président américain même si le langage du chef yankee est de caniveau : « J’aime Trump parce qu’il parle avec franchise. Je ne sais pas s’il a été cité de manière incorrecte ou pas, mais il parle des faiblesses de l’Afrique sans tabou . »

Mais pour beaucoup d’Africains, Donald Trump aurait mieux fait mieux de parler de « président de merde » au lieu de shit hole - (trou de merde)

Pas de péril fécal

Car, l’Afrique dont les forêts sont aujourd’hui les poumons du monde entier et dont les richesses de son sous-sol sont estimées à 7,6% des réserves mondiales de pétrole, 7,5% de celles de gaz naturel, 40% des réserves aurifères et entre 80% et 90% du chrome et du platine, 30 % de matières premières indispensables et stratégiques au monde, l’Afrique n’est pas un « continent de merde » et ne peut pas contenir non plus des « pays de merde ». Si l’Afrique est une mer de merde, c’est tout simplement parce que le continent et l’homme noir sont trahis par cette racaille de « dirigeants merdiques  » qui se « démerdent » bien pour ne pas mettre sur pied des bonnes politiques de développement et de bien gérer les ressources humaines et naturelles de leurs pays respectifs qu’ils ont transformés en... pays de la démerde.

Les Congolais ne doivent pas être choqués

Néanmoins, les Congolais ne devraient pas être choqués par les propos nauséabonds de Donald Trump. Bien avant lui, leurs frères ouest-africains avaient qualifié leur pays de « Congo zoba ». Expression qui, en français, peut être compris comme « pays de gogos ». Oui, « Congo gogo » parce que ce pays permet aux étrangers de l’Afrique de l’Ouest d’y faire facilement fortune quand les Congolais, eux-mêmes, végètent dans la misère en se tournant les pouces. Effectivement, le petit et le grand commerces, les transports sont entre les mains des étrangers. Alors que dans beaucoup de pays d’Afrique, et selon les rapports des institutions internationales, notamment la Banque Mondiale, le secteur informel occupe une place très importante dans les économies des Etats. Il peut générer jusqu’à 97 % d’emplois.

Mais, il faut aussi rappeler qu’une partie de l’opinion pense que Trump a de la merde à la place du cerveau. C’est ainsi qu’en octobre dernier, un an seulement après son élection, vingt-sept psychiatres s’étaient déjà intéressés à sa santé mentale, pour prévenir le public de sa dangerosité.

Donald Trump serait-il Blanc, Blanc/blanc ou Blanc/ blanc /blanc ?

Cependant, à côté des examens psychiatriques qu’on peut lui faire subir pour comprendre don état mental, on peut aussi se servir des critères qui permettent de distinguer les trois catégories de Blancs classés dans notre roman, « Les Blancs ne sont beaux que quand ils sourient », 133 pages, Paris, Éditions des Ecrivains, 2002.

Dans notre typologie, il y a trois sortes de blancs. « Il y a les Blancs instruits et civilisés. Ils ont dépassé le culturisme et participent à la construction du village planétaire. Ils acceptent l’autre dans sa différence. Il y a des Blancs qui sont blancs tout simplement parce qu’ils sont blancs. Ils s’attachent au délire suprématiste racial. Ce type de Blanc ne changera pas d’avis. Ces Blancs sont comme des morts puisque seuls les morts ne changent pas d’avis. Il y a enfin, le Blanc blanc blanc c’est‐à‐dire le type qui n’a jamais eu des contacts avec des Noirs. Il pèche par ignorance  » Donald Trump serait il un Blanc, un Blanc blanc ou un Blancs blanc blanc ?

A notre avis c’est un blanc-bec.

L’homme noir, jadis, symbole de la force et de la puissance

Mais, il faut aussi dire que l’homme noir relégué au bas de l’échelle, même dans la Bible où il serait le descendant de Cham, le maudit, n’a pas fait naitre le même complexe dans toutes les sociétés et dans toutes les cultures, mêmes occidentales. « Travailler comme un nègre » est l’expression (certes ambiguë) de la force, au même titre que « travailler comme un romain » ; ce qui signifie : se distinguer dans les travaux titanesques.

Par exemple dans l’Allemagne pré-nazie, l’homme noir fut l’objet d’une grande admiration. Il était le symbole de la force et la puissance. D’où les noms de Schwarz Muller (le cheval noir) et Schwarzenegger (le noir nègre) qui pérennisent cette image herculéenne de l’homme noir. Et il y a un thé qui est prisé par les allemands et les autrichiens dont le label est la tête d’un noir.

Alors quand Donald Trump dit « pays africains, trous de merde », il serait stupide, pour reprendre Alain Mabanckou, de déclencher le sanglot de l’homme noir. Au contraire il faut montrer qu’on est Schwarz Muller, un cheval gagnant.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain