LUSAKA (AFP) - Les premiers résultats de l’élection présidentielle en Zambie plaçaient vendredi en tête le leader populiste de l’opposition Michael Sata, devant le président sortant Levy Mwanawasa qui brigue un deuxième mandat de cinq ans.

Les responsables de l’organisation du scrutin présidentiel, qui s’est tenu jeudi en même temps que les législatives et les régionales, ont suspendu l’annonce des résultats à la fin du vote dans deux cisrconscriptions où les bulletins ne sont arrivés que vendredi.

Des agents électoraux ont rendu publics les premiers résultats des législatives qui avantagent le Front patriotique (PF) de Sata, qui remporte les sept sièges de la province du Copperbelt (Ceinture du cuivre, centre), fief jusqu’alors du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD, au pouvoir).

Un des vaincus du MMD dans cette région est le ministre de la Défense sortant, Wamundila Muliokela, considéré comme un proche du président Mwanawasa.

Ces premiers résultats montrent que le PF a également progressé dans la capitale Lusaka et est, selon des résultats encore partiels, en tête dans cinq des neuf provinces du pays.

Près de 4 millions de Zambiens étaient appelés aux urnes pour élire leur président mais également leurs conseillers locaux et leurs députés. Ils ont voté dans le calme à l’issue d’une campagne sans incidents.

Mwanawasa, 58 ans, dont l’état de santé a fait l’objet de nombreuses spéculations pendant la campagne, briguait un deuxième mandat de cinq ans en s’appuyant sur un timide renouveau économique - croissance de 4,9% en 2005, inflation maîtrisée - et des relations assainies avec les bailleurs de fonds internationaux.

Il a mené une campagne terne axée sur la nécessaire réduction de la pauvreté dans un pays qui figure au 166e rang (sur 177) du développement humain sur l’indice 2005 du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

Dans un style radicalement différent, Sata, 69 ans, qui a accusé le gouvernement d’avoir bradé les riches mines de cuivre du pays aux étrangers, en particulier aux Chinois, a promis aux Zambiens « moins d’impôts, plus d’emplois et plus d’argent dans vos poches ».

« S’ils ne trichent pas, je gagne », avait-t-il lancé, catégorique, après avoir voté jeudi dans le centre de Lusaka.

La présidente de la Commission électorale indépendante de Zambie (ECZ), Irene Mambilima, a assuré qu’il n’y avait aucune crainte à avoir concernant d’éventuelles fraudes.

Trois autres candidats d’opposition se présentaient à la présidentielle, mais ne semblaient pas devoir constituer une menace pour Levy Mwanawasa.

Lors des élections générales de 2001, le vote et le décompte des voix avaient été chaotiques, et l’opposition très dispersée avait dénoncé des fraudes massives après la victoire de Mwanawasa avec seulement 28% des voix.