Lorsque le 12 février 2003, à l’issue de la session inaugurale du conseil municipal de Pointe-Noire, sorti des urnes, Roland Bouity Viaudo est élu à la présidence du bureau exécutif du conseil municipal, une ère nouvelle s’ouvre pour la ville océane. Succédant à des politiciens ou des gestionnaires de formation, c’est un homme foncièrement entrepreneur qui prend en mains la destinée de la ville.

En effet, depuis deux ans et demi qu’il assure la fonction de maire de Pointe-Noire, et donc à mi-mandat, Roland Bouity Viaudo se montre, de mémoire de ponténégrin, le meilleur administrateur que la ville ait connu. L’homme possède un charisme indiscutable et son allure jeune et dynamique inspire confiance dès le premier abord. A l’écoute de ses administrés il est facile de contact et n’hésite jamais à se rendre compte par lui même des problèmes municipaux et de l’avancement des chantiers sur lesquels il se rend souvent seul et incognito en des heures où tous les autres édiles vaquent à des occupations personnelles. En très peu de temps il a réussi l’exploit de réconcilier les ponténégrins avec leur mairie centrale.

Si Pointe-Noire est une ville potentiellement riche et prospère, il ne faut pas oublier que ses revenus profitent à l’ensemble du pays et en particulier à Brazzaville dont elle finance en grande partie les travaux de rénovation. La mairie n’a donc pas la maîtrise de ses revenus qui ne dépendent que du bon vouloir de l’administration centralisée dans la capitale politique. Pointe-Noire dispose cependant pour 2005 d’un budget de fonctionnement d’environ cinq milliards de francs CFA, sur lesquels les charges incompressibles (salaires des agents) représentent un milliard trois cent millions de francs CFA. Il est à noter que sur les six mairies du Congo, c’est la seule à régler ses frais de fonctionnement. La mairie dispose donc pour ses investissements et son fonctionnement hors charges d’un peu plus de trois milliards et demi.

A l’arrivée de la nouvelle équipe municipale, un plan, dit plan de campagne 2003, a été élaboré et mis en application. Cette période a vu la réhabilitation de plus de 60 kilomètres de voies urbaines, en particulier en centre ville où elles furent trouvées en piteux état. Une des toutes premières actions fut de libérer les voiries entourant le grand marché d’une foule d’étals sauvages les encombrant. Puis ce furent les trottoirs du centre ville et du Plateau en particulier qui furent rendus aux piétons en faisant décamper les boutiques qui les occupaient sans le moindre titre.

Un programme pluriannuel d’investissement a succédé au plan de campagne 2003, au cours duquel, le développement des quartiers est prioritaire, par des réalisations de désenclavement de nombreux quartiers populaires comme Mbota, Mpaka, Tchiali, le Plateau de Hinda ou encore Mvoungou. Un autre pôle du programme pluriannuel d’investissement vise à la densification et la modernisation du réseau d’adduction d’eau, dans lequel sont compris de nombreux forages.

Nous ne devons pas oublier que Pointe-Noire, dans le cadre des festivités du 44ème anniversaire de l’Indépendance du Congo, a reçu un sérieux coup de pouce de l’Etat, qui a permis entre autres la densification du réseau d’éclairage public.

Certes la tache est ardue et vaste, la ville est restées de nombreuses années sans voir les moindres travaux et pis encore sans le moindre entretien. Les réalisations à ce jour ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan, il n’en est pas moins vrai que l’on peut constater une très nette avancée de la ville vers un embellissement et une facilitation de la vie pour une population en croissance exponentielle. Les esprits chagrins trouveront que les priorités étaient ailleurs comme par exemple la réhabilitation de la route de Songolo, qui relie le centre ville au quartier de la raffinerie, elle est dans un état déplorable et coupée par un pont à voie unique, ou la liaison Mont-Kamba Tié-Tié via l’avenue Thystère Tchikaya et l’avenue de la Liberté embryon d’une rocade..., mais pour démêler la pelote il faut trouver une des extrémités du fil.

Dans la liste des points noirs, difficiles à gérer, on doit constater l’expansion sauvage du périmètre urbain. Les lotissements se multiplient tant au nord de la ville où le quartier de Siafoumou explose ses limites, qu’au sud où Ngoyo atteindra bientôt Djeno à une quinzaine de kilomètres du centre ville. C’est que les congolais ne construisent guère qu’à l’horizontale, et que chacun doit pour assurer sa retraite se constituer un parc locatif à la rentabilité incertaine mais plus rassurante que les caisses de retraite. La ville dispose pourtant d’un outil qui permettrait une meilleure gestion des zones constructibles : le Registre Foncier Urbain, qui malheureusement, faute de fonds n’est pas actualisé depuis des lustres.

La ville aurait besoin d’outils plus puissants à commencer par des plans récents que la photo aérienne ou satellitaire pourrait lui procurer, afin de mieux cerner le problème, et à partir de ceux-ci l’établissement d’un plan d’occupation des sols fermement respecté et pourquoi pas un système d’information géographique (SIG) collectant l’ensemble des informations concernant la ville. Malheureusement, même si ces outils étaient mis à disposition, leur mise en application se heurterait à deux écueils de taille : Charybde, l’individualisme des congolais, Scylla, [1] l’intérêt des propriétaires fonciers .

Pointe-Noire est membre de l’AIMF (Association Internationale des Maires Francophones) avec laquelle elle entretient des relations cordiales et suivies. L’AIMF est de fait un espace d’échange et de coopération entre villes, tout ou partie, francophones. Si Roland Bouity Viaudo n’est pas l’initiateur de la participation de la ville à cette association, il n’en demeure pas moins que les relations amicales et cordiales qu’il entretient avec elle et l’ensemble de ses membres favorise la participation de l’AIMF au développement de la capitale économique. A ce titre la ville de Pointe-Noire bénéficie de subventions visant à la réalisation de projets à caractère collectif.

L’AIMF a ainsi permis de réaliser :
-  L’installation de bornes fontaines sur l’ensemble du périmètre urbain
-  L’informatisation de l’état civil et de la comptabilité municipale
-  Une formation à des cadres et agents municipaux aux fins de renforcer leurs capacités dans l’exercice de leurs fonctions,
-  En projet pour les prochains mois et dans le cadre de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, L’AIMF financera l’équipement du futur centre multimédia de Mpita.

Très attaché à sa ville, le maire se bat pour préserver le patrimoine architectural laissé par la colonie, s’opposant aux destructions à fins spéculatives. Dans un contexte où il semble que seuls les escrocs aient bonne presse, sur radio trottoirs, aucune rumeur de malversation ne macule l’image du maire.

A la lecture de ce bilan, on peut voir pourquoi les populations ponténégrines sont unanimes pour dire : «  Bouity Viaudo au moins il travaille ».

[1Charybde et Scylla : dans la mythologie grecque, monstres marins habitant de part et d’autre du détroit de Messine, entre l’Italie et la Sicile et noms donnés respectivement à un tourbillon et un rocher de ce détroit.
Charybde, qui vit du côté sicilien, est un monstre qui, trois fois par jour, aspire dans d’énormes tourbillons les eaux du détroit avec les bateaux qui y naviguent, puis les recrache. Sur la rive opposée, italienne, vit Scylla, une créature monstrueuse dotée de douze pattes et de six têtes de chien portées chacune par un cou démesuré et terminées par une gueule pourvue de trois rangées de dents ; son appétit est féroce et elle dévore toute créature, animale ou humaine, passant à sa portée. Les navires qui dévient leur route pour éviter Charybde tombent immanquablement entre les griffes de Scylla.
Leur légende a donné naissance à l’expression « tomber de Charybde en Scylla », qui signifie éviter un malheur pour en connaître un autre pire encore.