Lors de l’élection de demain, Idriss Deby Itno, sera le seul candidat de poids. Cela peut-être gênant devant l’opinion internationale, même pour le président africain le plus stupide. Alors il s’est trouvé un adveraire en la personne de Omar el-Béchir.

On pouvait lire sur les banderolles lors des meeting du président tchadien "El-Béchir déstabilisateur du Tchad", "El-Béchir sanguinaire", "Halte au traître Béchir". Ceci pourrait faire croire que le soudanais Omar el-Béchir est son concurrent à cette élection, boudée par l’opposition tchadienne.

Lui même n’a pas cessé de scander "Traître Béchir, traître ! C’est un traître, c’est un traître". Slogan repris en force par la foule partisane de Idriss Deby.

Pourtant, personne n’a oublié que le Mouvement patriotique du salut (MPS), l’ancienne rébellion menée par Idriss Deby et devenue le parti présidentiel, avait pris forme au Soudan avant de s’emparer de N’Djamena en 1990. Personne n’a oublié que le président Omar Hassan el-Béchir s’était déplacé en 2001 pour participer à la cérémonie d’investiture de son ami Idriss Deby qui venait d’être (ré)élu.

Mais les jours passant, la complicité entre les deux hommes a pris un sacré coup avec la guerre du Darfour dont les nombreux rebelles appartiennent à l’ethnie zaghawa dont fait partie le président Deby.

Depuis lors, N’Djamena et Khartoum s’accusent mutuellement d’entretenir et de protéger des rebellions afin de nuire à l’autre.

Malgré tout, ni la France, ni les Etats-Unis, ne croient pas aux allégations de Déby, bien que seule la France reste encore son alliée. Il lui faudra plus pour convaincre, car sa manoeuvre à présenter El-Béchir comme l’adversaire le plus redoutable du Tchad, ne convainc pas l’opinion internationale. La France, comme les Etats-Unis ne se soucient que de leurs intérêts.

La situation au Tchad est complexe, ni l’élection de Deby, ni son départ ne sont de vraies solutions.Comme le dit cet observateur : "Deby sait qu’une fois renversé, le pays risque d’éclater entre Sudistes contre Nordistes, chrétiens contre musulmans, Arabes contre Africains". "C’est pour ça qu’il joue sa dernière carte : moi ou le chaos".

Blanchard Alice