Situation des enfants au travail dans le monde : L’Afrique continent le plus touché

Lundi 14 juin 2004

par A. Niaou | lundi 14 juin 2004

Les enfants africains sont les plus nombreux à travailler de par le monde. On retrouve aussi le Continent en tête des lieux où les plus jeunes subissent les pires formes de travail. L’Organisation internationale du travail souhaite que des gouvernements prennent des mesures pour améliorer ces statistiques alarmantes.

Un enfant sur six est employé à des travaux nuisibles à sa santé mentale comme physique, et à son développement émotionnel. Sur trois enfants africains, deux travaillent. Ces éléments de statistiques ainsi que les chiffres que livre la spécialiste régionale sur le travail des enfants, Mme Vera Perdigao, pour camper la situation des enfants dans le monde sont tout aussi alarmants. Ils sont 246 millions enfants à être au travail en Afrique. Parmi eux, les 73 millions ont moins de 10 ans.

Et « aucun pays n’est à l’abri », lance-t-elle. Elle précise qu’il y a 2,5 millions d’enfants qui travaillent dans les économies développées, et encore 2,5 millions dans les économies en transition. Cinq millions dans des secteurs très actifs et porteurs de devises. Ils sont exposés et en permanence en danger. D’ailleurs, à en croire le document de l’Oit faisant le point sur le travail des enfants en Afrique, chaque année, 22 mille enfants meurent dans des accidents liés au travail.

Par ailleurs, « le plus grand nombre d’enfants qui travaillent (127 millions), âgés de 14 ans et moins sont dans la région Asie-Pacifique. (Mais) l’Afrique subsaharienne a la plus grosse proportion d’enfants qui travaillent : près d’un tiers des enfants âgés de 14 ans et moins (48 millions d’enfants) », souligne Mme Perdigao. Les enfants s’activent d’habitude dans « le secteur informel, sans protection légale ou réglementaire ». La grande majorité des enfants sont dans le secteur de l’agriculture, « où ils peuvent être exposés à des produits chimiques et à du matériel dangereux », spécifie l’experte. Les statistiques de l’Oit révèlent que 70% des enfants qui travaillent sont dans l’agriculture, la chasse et la pêche commerciale ou la foresterie. 8% dans le secteur manufacturier, 8% aussi dans le commerce de gros et de détail, la restauration et l’hôtellerie, 7% dans les services communautaires, sociaux et personnels, comme le travail domestique.

Il y a aussi ceux qui sont appelés des enfants des rues. Ils colportent des marchandises ou accomplissent de petites courses pour gagner leur vie. Dans presque tous les domaines d’activité de la vie, « certains sont des travailleurs domestiques, des prostitués, ou des travailleurs en usine ». Le tableau de la situation de ces enfants incite à une conclusion qui désole Mme Perdigao : « Tous sont des enfants qui n’ont pas la chance d’avoir une véritable enfance, une éducation, ou une vie meilleure. » Ils sont ainsi privés de leurs droits du fait de la pauvreté. Il leur faut donc travailler dur pour venir en aide à la famille. Les enfants se retrouvent ainsi très tôt soutiens de famille. Ils « travaillent parce que leur survie et celle de leur famille en dépendent », témoigne Mme Perdigao. Encore à ce jour, le travail des enfants persiste même si des lois et règlements ont été votés, des conventions signées pour y mettre fin.

Cependant « si l’élimination complète du travail des enfants est un objectif à long terme dans beaucoup de pays, il faut néanmoins s’attaquer immédiatement à certaines formes de travail des enfants », pense Mme Perdigao. D’ailleurs, une étude de l’Oit a montré pour la première fois que les avantages économiques de l’élimination du travail des enfants seraient près de sept fois plus importants que les coûts.

Aujourd’hui, le travail de l’Oit se fixe à plusieurs niveaux dans la prise en charge de ces enfants. Sur la base des principales conventions de l’Oit relatives au travail des enfants et de l’expérience pratique acquise en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et en Amérique centrale, l’Oit préconise une stratégie à deux volets, déployée par la spécialiste régionale sur le travail des enfants. Il s’agit de retirer tous les enfants âgés de moins de 18 ans des pires formes de travail domestique, surtout ceux qui n’ont pas atteint l’âge minimum pour travailler et s’assurer que les adolescents travaillent dans des conditions décentes. Le travail de l’Oit va ainsi se focaliser principalement dans la recherche et la sensibilisation, la prévention, le retrait des enfants et leur protection.

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