Nous ne saurons rien de la pollution à Djeno. La visite prévue ce dimanche est annulée. Par qui ? Total ou la cellule antipollution ? Il semble surtout qu’un mouvement revendicatif soit en cours chez TOTAL. L’annulation de la visite pourrait signifier que l’origine de la fuite n’est pas accidentelle et qu’il importe que la presse ne s’en fasse pas écho.

Les causes du malaise sont récurrentes. Le pétrolier répète l’erreur qu’il fit quelques années en arrière et retombe dans le piège où il était alors tombé en confiant l’exclusivité des travaux d’entretien du terminal à la société Dietsmann. L’impact de l’opération avait été catastrophique sur les autres entreprises parapétrolières de la place et par voie de conséquence pour l’emploi au Kouilou. TOTAL retente le coup et confie à SAIBOS les travaux d’entretien du terminal.

SAIBOS est une entreprise européenne (franco-italienne principalement) dont le BOS signifie Bouygues On Shore, division parapétrolière du géant français du BTP. Que prépare donc SAIBOS en sous-traitant son contrat à SOCOFRAN entreprise toujours entre les serres d’Hubert Pendino, bien connu pour son intimité avec le Président de la République ? SOCOFRAN est exclusivement une entreprise de travaux publics et de vente de matériaux de carrière. Elle sous-traite ses autres activités. Il est patent qu’elle ne possède pas la moindre compétence en travaux parapétroliers. SOCOFRAN va donc sous-traiter à son tour les contrats de Djeno aux entreprises qui auraient pu directement traiter des lots d’entretien en évitant deux intermédiaires inutiles SAIBOS et SOCOFRAN. Deux conséquences : beaucoup plus d’argent décaissé et des chiffres d’affaire bien inférieurs pour les exécutants entrainant réductions de personnel, diminutions de salaires et en corolaire inévitable : la baisse de la qualité du service.

L’argent attire l’argent, la sous-traitance génère la misère.

Les employés des entreprises travaillant sur Djeno se seraient donc mis en grève sur le tas et pourraient bien être à l’origine du déversement. Compte tenu des précautions quasiment paranoïaques prises par le pétrolier pour éviter tout reproche écologique, la thèse paraît vraisemblable. On craindrait qu’une inspection des lieux soit considérée comme une provocation et qu’elle soit dangereuse pour les visiteurs. Peut-être veut-on se prévenir d’une prise d’otages.

Il faut quand même savoir que les pétroliser et parapétroliers sont à même de proposer avant marchandage une rétroversion de 60% de leur chiffre d’affaire à leurs "facilitateurs", c’est dire que les sommes engagées sont bien loin d’être celles du prix du travail effectué et bien entendu ce sont une fois de plus les petits qui en font les frais.

Pour en revenir au sujet en objet, ça ne règle en rien la résolution du problème de la pollution. Sans réellement savoir ce qu’il en est nous osons espérer que des mesures de confinement de son étendue ont pu malgré tout être prises en attendant de pouvoir effectuer les opérations de nettoyage, que nous aimerions beaucoup nous voir expliquer.