BRAZZAVILLE - Un collectif de partis de l’opposition mais également de la majorité présidentielle sortante a appelé samedi au boycottage des élections législatives des 24 juin et 22 juillet au Congo, faute d’avoir obtenu la création d’une commission électorale réellement indépendante.

"Nous sommes à quelques semaines du vote et nous risquons de ne pas avoir la commission électorale indépendante. Ce qui nous reste à faire, c’est de ne pas aller voter", a déclaré le président du Cercle des républicains pour un nouvel ordre nationale (CRNON - opposition), le général à la retraite Emmanuel Ngouélondélé-Mongo.

"Ne cherchez pas à contester ces élections par une marche, c’est trop risqué. Il faut simplement rester à la maison", a-t-il ajouté devant plusieurs milliers de sympathisants rassemblés pour une réunion publique à Makélékélé, dans le sud de Brazzaville.

L’Assemblée nationale a adopté en avril un projet de loi créant une commission électorale "indépendante", dont les pouvoirs demeurent beaucoup trop restreints aux yeux de l’opposition et d’une partie de la majorité qui soutient jusqu’ici le président Denis Sassou Nguesso.

Or, la nouvelle loi n’a même pas été promulguée par le chef de l’Etat, qui a convoqué le corps électoral sur la base de l’ancienne législation, déplorent les opposants.

"Il y a un vide juridique, donc la date du 24 juin pour le vote ne devrait pas exister", a estimé Jean-Michel Bokamba Yangouma du Mouvement général pour la construction du Congo (MGCC).

"Nous proposons au président de la République de retirer son décret convoquant le corps électoral qui est illégal, de reporter les élections et de dialoguer", a lancé pour sa part le président du collectif qui réunit une quarantaine de mouvements, Clément Miérassa.

Ces formations ne vont pas présenter de candidats aux élections.

Trois grands partis membres du collectif étaient toutefois absents du meeting de samedi. Il s’agit de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de l’ancien président Pascal Lissouba, du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD) de l’ex-Premier ministre Jacques Joachim Yhomby Opango et de l’Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda) de l’ancien chef de gouvernement André Milongo.

Ces partis d’opposition, qui se sont récemment alliés au sein d’une Alliance pour une nouvelle République (ANR) en vue du premier tour des élections, devraient y présenter des candidats.

(©AFP / 26 mai 2007 22h24)