BRAZZAVILLE, 15 sept (AFP) - 18h56 - Un homme d’affaires français a entamé depuis une dizaine de jours une grève de la faim à Pointe-Noire (sud) pour protester contre les machinations de ses "anciens associés" et de "l’administration judiciaire congolaise", a annoncé mercredi sa famille dans un communiqué remis à l’AFP.

Henri Bettini, 54 ans, père de quatre enfants dont deux mineurs, a décidé également d’observer une grève de la soif, ajoute son épouse, Martine Bettini, qui signe le communiqué.

Opérateur économique dans les secteurs de l’hôtellerie et de la distribution alimentaire, installé depuis plusieurs années à Pointe-Noire, M. Bettini a été jusqu’en 2003 président directeur général d’une société de distribution alimentaire, Codiprix.

Cet établissement a été placé sous liquidation judiciaire en 2003 pour faillite.

M. Bettini a été victime de "mesures illégales prises à son encontre" par ses anciens associés de Codiprix "avec la complicité de l’administration judiciaire", souligne le communiqué, précisant que ces anciens associés avaient accusé l’homme d’affaires français de "malversations financières" et contraint le conseil d’administration de Codiprix à le démettre de ses fonctions en 2003.

Un audit de la gestion financière de Codiprix réalisé à la demande du conseil d’administration n’a pas permis de confirmer ces malversations financières.

En juin 2003, le tribunal de travail de Pointe-Noire a rendu une décision obligeant la société Codiprix à verser à M. Bettini 100 millions de Fcfa de droits de licenciement (salaires et droits de rupture du contrat) et 20 millions de dommages et intérêts.

Cette décision de justice n’a jamais été appliquée puisque les anciens associés de M. Bettini ont multiplié les entraves à la procédure avec la complicité de l’administration judiciaire, selon sa famille.

Un membre du conseil d’administration de Codiprix et la Compagnie financière des participations (COFIPA), le partenaire financier de cet établissement ont porté plainte contre M. Bettini, le premier "pour abus de confiance", la seconde pour "banqueroute frauduleuse".

Selon le communiqué, le premier aurait agi pour ne pas "payer" à M. Bettini" une "soulte de 5 millions de Fcfa résultant d’une transaction de cession de fonds" tandis que la COFIPA a subi une pression organisée par certains partenaires de Codiprix.

D’après le texte, M. Bettini avait réussi à faire échec au projet de certains anciens partenaires de Codiprix de racheter à "vil prix" cet établissement commercial.