Le 3 juin nous écrivions cet article à propos duquel nous recevions de copieuses critiques :

Reuters vers 21h30, heure de Brazza passait ce communiqué :

Les débris retrouvés proviennent de l’avion d’Air France

Les débris repérés dans l’océan Atlantique proviennent "sans aucun doute" de l’avion d’Air France qui a disparu lundi lors d’un vol entre Rio de Janeiro et Paris, avec 228 personnes à bord, a déclaré le ministre brésilien de la Défense.

Un avion Hercules brésilien en mission de recherche de l’appareil disparu a aperçu des débris sur une bande longue de cinq kilomètres, a dit Nelson Jobim lors d’une conférence de presse.

"Cela confirme que l’avion est tombé dans cette zone", a-t-il dit.


On a du mal à croire que les autorités tant brésiliennes que françaises sont claires sur cette catastrophe aérienne. Tout dans la phrase pasée en caractères gras dans le texte tend à démontrer que l’appareil a explosé à très haute altitude, sinon comment expliquer l’énorme dispersion des débris. De là à supposer qu’on nous tait l’éventualité d’un attentat, il n’y a qu’un pas.

A moins que la foudre, déjà coupable de tirs d’obus à Brazzaville, n’ait encore fait des siennes.

On nous prend une fois de plus pour des idiots.


Voici ce que "Le Figaro" à publié le 4 juin :

AF 447 : la piste d’une désintégration en vol

Delphine Chayet et Cyrille Louis

INFO LE FIGARO - Pour avancer cette hypothèse, les experts notent que les débris sont très dispersés, parfois distants de plus de 300 km.

Deux jours après la disparition de l’Airbus A 330 d’Air France au milieu de l’Atlantique, les experts disposent d’un premier indice matériel tendant à démontrer que l’appareil s’est désintégré en haute altitude. De premières observations ont en effet permis de constater que la zone de dispersion des débris en mer est très étendue. « On peut observer des fragments à plus de 300 km les uns des autres, confie ainsi une source proche de l’enquête technique. Sous réserve de plus amples informations, ce premier élément plaide en faveur d’une explosion qui aurait touché l’aéronef en plein vol. » Si elle devait être confirmée, une telle désintégration à une altitude d’environ 10 000 mètres pourrait s’expliquer aussi bien par l’action d’un phénomène météorologique exceptionnellement violent, plausible dans la zone de convergence intertropicale empruntée par le vol, que par une brusque dépressurisation ou par un attentat terroriste.

Quatre groupes de travail
Chargés d’enquêter sur cette catastrophe, les experts du Bureau d’enquête et d’analyse (BEA) affirment pour l’heure ne privilégier aucun scénario malgré les nombreux indices déjà recueillis. Mercredi, de nouveaux débris, dont une pièce métallique de 7 mètres de diamètre et une trace de kérosène de 20 km, qui s’ajoutent au siège et à une bouée orange déjà trouvés mardi, ont été détectés par la marine brésilienne.

Dès lundi soir, deux enquêteurs assistés de deux représentants d’Air France et d’Airbus se sont envolés pour le Brésil. Par ailleurs, quatre groupes de travail ont été constitués pour se concentrer respectivement sur les recherches en mer, la maintenance de l’appareil, son exploitation et ses équipements. « Nous avons déjà beaucoup d’informations et nous travaillons maintenant pour analyser leur pertinence dans la compréhension de l’événement », résume le directeur du BEA, Paul-Louis Arslanian, qui ajoute : « Mon objectif est de remettre un premier rapport d’ici la fin du mois de juin. » Refusant à ce stade d’interpréter la cascade de messages d’alerte Acars transmis par l’appareil peu avant le crash, M. Arslanian a simplement précisé mercredi que le pilote du vol AF 447 a évoqué « de fortes turbulences » lors de son ultime contact avec les contrôleurs du ciel brésiliens. Abordant l’historique de l’avion, il relève : « Rien ne permet de penser que l’avion a connu un problème avant le départ. »

Sans cacher qu’il sera sans doute très difficile de retrouver les deux boîtes noires de l’avion par les grands fonds qui s’étendent sous la zone du crash, M. Arslanian a enfin concédé : « L’enquête risque fort d’être longue et je ne peux exclure qu’on ne soit finalement pas en mesure d’aboutir à une certitude totale. » De son côté, le parquet de Paris s’est saisi hier de l’enquête avant d’annoncer l’ouverture prochaine d’une information judiciaire.


Le 5 juin, "La Libre Belgique" remet une couche sur l’incohérence des communications officielles :

Vol AF 447 : mystère relancé en l’absence de débris

AFP

Mis en ligne le 05/06/2009

M. Kouchner, venu pour quelques heures à Rio exprimer sa solidarité aux familles endeuillées, a affirmé "qu’il faudra du temps" pour connaître les causes de la catastrophe en référence aux 3 à 4.000 mètres de profondeur de l’océan Atlantique dans la zone où les débris de l’Airbus A330 ont été repérés.
Ouverture d’une information judiciaire à Paris
L’hypothèse terroriste n’est toujours pas exclue
Les débris ne sont pas ceux de l’Airbus
Les funérailles en images
Le mystère de la disparition en plein océan Atlantique d’un Airbus d’Air France était relancé vendredi après que le Brésil a admis que les débris retrouvés par l’armée brésilienne ne sont pas ceux de l’appareil.

"C’est une mauvaise nouvelle évidemment, car on eut préféré que cela vienne de l’avion et qu’on ait des informations", a réagi le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau sur RTL. "Le temps joue contre nous (...), et il faut tout faire pour récupérer les enregistreurs de vol et donc certainement élargir la zone pour poursuivre les recherches", a-t-il ajouté.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a annoncé vendredi que l’enquête sur le vol Rio-Paris a permis d’établir "à partir de lexploitation des messages automatiques transmis par lavion, lincohérence des différentes vitesses mesurées".

L’avion possède différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et "il s’avère qu’il y avait une incohérence entre ces vitesses" mesurées, a expliqué une porte-parole du BEA. L’enquête a aussi permis de confirmer la présence à proximité de la route prévue de lavion au-dessus de lAtlantique des phénomènes orageux particuliers. Toutefois, le bureau précise qu’"il convient déviter toute interprétation hâtive ou spéculation" pour le moment.

Airbus a envoyé dans la nuit de jeudi à vendredi un rappel à toutes les compagnies utilisant ses avions sur les procédures à suivre en cas d’incohérence des vitesses mesurées. Ce rappel, appelé dans le jargon aérien "telex d’information sur l’accident" -Accident Information Telexes (AIT)-, a été validé par le BEA.

Louis Gallois, président exécutif d’EADS, la maison-mère de l’avionneur européen, a également assuré lors d’un déplacement à Hanoï qu’"Airbus apporte sa pleine assistance technique à l’enquête". Une partie des familles des victimes étaient de leur côté attendues près du lieu de la catastrophe de l’Airbus qui s’est abîmé avec 228 personnes à bord, dont 72 Français et 59 Brésiliens, dans la nuit de dimanche à lundi.

L’armée de l’air brésilienne a indiqué que les familles devaient se rendre à Recife, sur la côte nord-est, à quelque 1.000 km de la zone de recherche, mais un membre des familles a déclaré que celles-ci voulaient se rendre sur l’île de Fernando de Noronha, à 360 km de la côte, où est située la base avancée des opérations. Dans la matinée de jeudi, le général Ramon Cardoso, directeur du département de contrôle de l’espace aérien brésilien, avait annoncé que la Marine avait récupéré une première pièce provenant de la soute à bagages de l’Airbus.

Mais quelques heures plus tard, il a dû faire machine arrière assurant que "jusqu’à présent, aucune pièce de l’avion n’a été récupérée" et que le liquide découvert à la surface de l’océan provenait "d’un navire, pas d’un avion" puisqu’il s’agissait d’huile et non de kérosène. Cet élément pourrait relancer l’hypothèse d’une explosion.

Pour la cinquième journée consécutive, une flottille d’avions et de navires devait ainsi reprendre les recherches des débris de l’Airbus - et si possible localiser les boites noires - et lever le voile sur sa disparition inexpliquée. C’est aussi pour tenter de comprendre que les familles devaient se rendre dans la zone des recherches.

"Nous voulons aller voir comment avancent les opérations de recherches (...) c’est important pour nous de pouvoir voir", a expliqué un proche de disparus Nelson Farias Marinho à la presse, après avoir rencontré dans un hôtel de Rio le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

M. Kouchner, venu pour quelques heures à Rio exprimer sa solidarité aux familles endeuillées, a affirmé "qu’il faudra du temps" pour connaître les causes de la catastrophe en référence aux 3 à 4.000 mètres de profondeur de l’océan Atlantique dans la zone où les débris de l’Airbus A330 ont été repérés.