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C’était un vendredi 18 mars 1977

Quarante cinq ans. C’était un vendredi 18 mars, jour pour jour, en 1977. Marien Ngouabi était assassiné dans sa résidence de l’Etat-Major. A un jet de pierre de la Mairie Centrale de Brazzaville. Thèse officielle.

Hôtel Le Mistral, thèse officieuse.

Vendredi est un jour à haute charge symbolique. Dans le calendrier chrétien, le mois de mars est celui où en entre dans la Passion du Christ. C’est bientôt Pâques, dogmatique de la Crucifixion. Golgotha de l’achèvement. Calvaire des Congolais. Via Dolores.

Ce vendredi 18 mars 1977, les enfants des écoles partaient en vacances le lendemain selon le calendrier scolaire instauré par les marxistes au pouvoir. Laïcité.

La journée est belle. Vers 14 h le temps se gâte. Un vent impétueux souffle vers l’Est. Forte et courte pluie.

Soudain, vers 14 h 30, l’atmosphère change. L’atmosphère politique. Bruit des sirènes. Peur sur la ville. Coup d’éclats. Sauve qui peut. Sanglots de l’homme Noir. Un homme en uniforme, un militaire, court comme un fou. Il vocifère. Coup d’état. Le chef est mort. « Quel chef ? » demandent les badauds.

Alain Mabanckou parle d’un chien Batéké qui suspend ses aboiements dès que retentissent les sirènes d’alarme. Le temps s’arrête.

La Voix de la Révolution Congolaise change son programme. Marches militaires sur les ondes. Pleure ô Afrique, pays bien aimé.

Poto-Poto village. Un voisin, Olingou, flic de son état, confirme. Oui, ça y est. Il est mort. Venant d’un policier, de surcroit agent des renseignements, ça ne peut qu’être authentique. Vendredi soir, tard, la ville est toujours dans l’expectative.

« En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l’arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. » (Alain Mabanckou - « Les cigognes sont immortelles »)

Le lendemain, Samedi 19 mars, la thèse de l’assassinat est corroborée. Qui ? Un nom circule depuis la veille : Kikadidi. Aie !

« Bakongo ba bomi Marien ». Les salauds !

Commencement des douleurs, chemin de croix. Le drame n’était qu’a ses débuts. .

Thierry Oko

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