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Bras cassés

L’envolée des prix n’épargne pas le Congo-Brazzaville

La faim justifie les moyens. Les populations du Congo-Brazzaville confrontées à la cherté des prix des produits alimentaires et des matériaux de construction attendent avec impatience depuis plusieurs semaines l’annonce par le gouvernement des mesures censées maintenir les prix à des niveaux acceptables.

Denis Sassou Nguesso, Anatole Collinet Makosso, Roger Rigobert Andely, Ghislaine Olga Ebouka Babackas et Claude Alphonse Nsilou tergiversent, se prélassent et traînent les pieds.

Ils se hâtent lentement. Alors qu’elles sont attendues pour annoncer des décisions urgentes et immédiates, par exemple la baisse de la fiscalité sur les importations des produits alimentaire de première nécessité, les éminences grises continuent de dormir sur leurs lauriers. La cellule de veille mise en place par le gouvernement en vue de contrer l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité s’est réunie le 30 mars, à la primature, sous la direction du Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, afin de trouver des moyens pour mettre la population à l’abri de cette inflation. Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ?

METS DE L’HUILE

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l’inflation est une perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une hausse généralisée et durable du niveau des prix.

Aucune mesure n’est venue soulager le panier de la ménagère du Congo-Brazzaville depuis l’éclatement de la crise sanitaire et le déclenchement de la guerre de la Russie contre l’Ukraine. L’Ukraine et la Russie occupaient, avant le conflit, une place majeure dans l’agriculture mondiale. Ces deux pays représentaient 30 % des exportations mondiales de blé, 20 % de celles du maïs et 75 % de celles d’huile de tournesol – dont l’Ukraine est d’ailleurs le premier exportateur mondial (Libération, 8 avril 2022). Et, depuis cette réunion du 30 mars 2022, plus rien.

Sous d’autres cieux, les rencontres entre le gouvernement, les importateurs, les fournisseurs et les centrales d’achat se multiplient et se succèdent, à Brazzaville, c’est le statu quo. Les réunions se font et se suivent et pour mettre en place des commissions qui choisissent les différents membres chargés de faire des propositions qui vont être soumises à l’arbitrage du gouvernement qui en discutera avec le collège des commerçants avant l’annonce officielle par le ministre Claude Alphonse Nsilou.

Ouf ! Des rendez-vous à n’en plus finir. Pendant que les populations du Congo-Brazzaville croulent sous les hausses des prix, Sassou, Makosso, Andely, Ebouka Babackas et Nsilou créent des comités Théodule. Cela signifie promettre de faire quelque chose ou faire semblant de faire quelque chose et en réalité ne rien faire du tout.

LES GRAINES DE L’UKRAINE

Grandes productrices de céréale, l’Ukraine et la Russie sont en guerre depuis le 24 février 2022. Une situation qui inquiète de plus en plus l’humanité exposée à une crise alimentaire importante. Petit pays pétrolier d’Afrique centrale, le Congo-Brazzaville qui importe les denrées alimentaires à plus de 650 milliards FCFA par an, ne pourrait pas y échapper. Sur les marchés du Congo-Brazzaville, les produits agro-alimentaires de la firme de Willy Etoka sont introuvables et aux abonnés absents. Les régions du Pool et de la Bouenza, véritables greniers, qui approvisionnaient en produits agro-alimentaires Brazzaville et Pointe-Noire, ont été déstabilisées par la guerre déclenchée par Denis Sassou Nguesso avec l’appui, ironie de l’histoire, des mercenaires venus de l’Ukraine. Il ne faut pas remonter bien haut dans l’arbre généalogique d’une famille du Pool et de la Bouenza pour y trouver un homme de la terre, au moins un ancêtre issu du monde rural. Il y a toujours un « paysan  » qui sommeille en chaque originaire du Pool et de la Bouenza.

LAMENTATIONS LARMOYANTES

En effet, les prix des aliments de base connaissent une véritable augmentation sur le marché. Par exemple, le bidon de 25 litres d’huile, jadis vendu à 13 000 FCFA, est passé à 45 000 FCFA à Brazzaville. Les produits congelés ne font pas exception. Le pain, même s’il n’a pas encore changé de prix, a perdu déjà quelques grammes. Tout ceci sous le regard impuissant des autorités (Les dépêches de Brazzaville, 30 mars 2022).

Au Congo-Brazzaville, pouvoir faire un ou deux repas quotidiens de sakasaka, de « maboké » ou de koko-manioc est, jour après jour un casse-tête. Pouvoir acquérir un terrain et bâtir une maison en matériaux durables pour les travailleurs qui émargent à la fonction publique, dans les PME/PMI et ceux du système informel, est une démarche qui rend morose étant donné que cet exercice délicat relève parfois de la science-fiction pour la grande majorité à cause de la cherté des produits alimentaires et des matériaux de construction. Sauf, bien sûr, pour les nouveaux riches de l’axe Ollombo-Boundji-Oyo-Makoua-Owando (OBOMO) qui tirent leur épingle du jeu et affichent un mode de vie flamboyant. La majorité de la population, quant à elle, tire le diable par la queue et se répand quotidiennement en lamentations larmoyantes.

ECHEC ET MAT

Les raisons de la hausse des prix des biens agricoles, des matériaux de construction et des biens d’équipement sont connues : insuffisance de l’offre intérieure et augmentation des importations en vue de répondre à la demande nationale. Sur le front de l’inflation comme sur celui de l’emploi, plus pessimistes qu’hier, plus sombres qu’avant-hier et plus qu’inquiétantes demain, les politiques économiques conduites par l’administration Sassou renforcent le constat que Sassou Nguesso, Collinet Makosso, Roger Rigobert Andely, Ghislaine Olga Ebouka Babackas et Claude Alphonse Nsilou ont clairement et lamentablement échoué.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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