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Pénurie d’antirétroviraux à Brazzaville

Depuis le milieu des années 90, avec le développement par l’industrie pharmaceutique de molécules anti-VIH (antirétrovirales) sont apparues les nouvelles stratégies de traitement de l’infection par le VIH (Virus d’Immunodéficience Humaine) connues sous de nom de trithérapies.
Il s’agit d’associations de trois médicaments inhibant la réplication du VIH. Elles permettent de diminuer la quantité de virus circulant dans l’organisme (charge virale en nombre de copies du génome viral/mL de plasma) et surtout de faire remonter le nombre de lymphocytes T auxilliaires (taux de lymphocytes T CD4+ en nombre de cellules/mL de plasma) dont la raréfaction traduit l’affaiblissement du système immunitaire par le virus (immunodépression).
Ces traitements sont d’une efficacité majeure et surtout durable, responsable de l’amélioration considérable de la survie des personnes infectées par le VIH. En rétablissant indirectement le fonctionnement immunitaire, ils préviennent l’apparition des maladies opportunistes (qui ne se développent que chez les immunodéprimés) caractéristiques du stade évolué de l’infection par le VIH et responsables de sa mortalité (stade SIDA ou Syndrome d’Immuno Déficience Acquise).
Cependant, les trithérapies qui sont des traitements à vie, ne guérissent pas de l’infection par le VIH. Tout arrêt du traitement est suivi à plus ou moins court terme d’une réaugmentation de la charge virale et d’une rediminution des taux de lymphocytes T auxiliaires. Autrement exprimé : Si on arrête le traitement il y a forcément rechute.

En conséquence on comprendra sans peine que la pénurie de médicaments antirétroviraux observée depuis quelque temps à Brazzaville ait entraîné la colère des personnes devant vivre sous traitement.
Face au manque de prévoyance des pouvoirs publics dans l’approvisionnement des médicaments, elles menacent aujourd’hui de manifester dans le plus simple appareil dans les rues de la capitale.

Les services de santé craindraient-ils l’offense aux bonnes mœurs ? L’arrivée d’un stock de médicaments est annoncée à Brazzaville, nous espérons avec les malades qu’il ne s’agit pas d’une simple annonce stratégique destinée à désamorcer la colère des intéressés.

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