On croyait que l’éléphant (Sassou Nguesso) allait succomber de ses blessures (mort politique), après son retour de Paris. C’était mal connaître la bête.

Atteint de deux balles : la demande des actes par Jean-Yves Le Drian, et l’interdiction qui lui aurait été faite par le président Emmanuel Macron de ne pas se présenter à la présidentielle de 2021, l’éléphant est rentré au pays en trainant une patte qui était complètement déchiquetée et qui saignait jusqu’à lui faire perdre une bonne partie de son sang.

Cependant, sans pourtant attendre que l’animal tombe et s’immobilise pour toujours, les Congolais se sont laissé emporter par des phantasmes, des rumeurs, des hallucinations, et des rêves puérils.

Jusqu’au point d’oublier la parabole du gibier qui est pris dans les mailles du filet et que l’on ne laisse pas échapper, par laquelle Denis Sassou Nguesso, le mwene mbochi, défini le pouvoir.

Reparti dans la brousse, l’éléphant a eu un traitement d’attaque de la part d’autres pachydermes : les éléphants, les hippopotames et les rhinocéros qui ont léché ses plaies pour vite les guérir et les cicatriser.

Puis, l’éléphant s’est relevé pour venger toute l’humiliation et toute la honte bues, en France. Au nom de la souveraineté du Congo, il refuse le diktat de la France.
Et, c’est en 2021, date de la prochaine élection présidentielle, selon son propre calendrier politique, qu’il prend rendez-vous avec les Congolais et toute la Communauté internationale. Qui vivra, verra !

La protection de Vladimir Poutine

Selon certaines indiscrétions, Sassou Nguesso va encore s’envoler pour la Russie où il a été, il y a quelques mois seulement. Le mobile de ce nouveau voyage serait d’aller chercher la protection de Vladimir Poutine, devant ce qu’il prend pour une menace de la France.

Sassou veut, lui aussi, faire comme le Président centrafricain, Faustin-Archange Touadera, qui a renforcé sa coopération militaire avec la Russie pour mettre en déroute les troupes de l’armée française qui combattaient son pouvoir par l’intermédiaire des bandes armées. Va-t-il réussir, lui, qui doit son pouvoir à la France ?

Rappelons que Sassou Nguesso est revenu au pouvoir à l’issue d’une guerre et dans laquelle il a bénéficié d’un soutien multiforme de la France.

Nous allons faire ressortir les risques que Sassou Nguesso prend en empruntant le chemin de la Russie.

Un petit rappel historique

Dans notre article, titré : Congo-Brazzaville « Sango ya liwa, sango ya passi » ou la triste nouvelle du décès du pouvoir de Brazzaville  », paru sur ce même site, nous ironisons en ces termes : « L’avis de décès de Denis Sassou Nguesso, sur le plan politique, a été fait sur les bords de La Seine où avant lui, Léon Mba du Gabon, Amadou Aïdjo du Cameroun, laissèrent littéralement leur vie après y avoir été convoqué par le patron de la succursale françafrique. »

Mais, Denis Sassou Nguesso a aussi les guerres ivoiriennes et libyennes pour tirer les leçons sur la manière dont les puissances occidentales se débarrassent d’un chef d’Etat qu’elles ne veulent plus voir à la tête de leurs Etats.

Pourtant, nous ne voulons pas être oiseau de mauvais augure. Néanmoins, nous craignons déjà que le choix de Sassou Nguesso et son opiniâtreté de se faire, à tout prix, succéder par son fils, conduisent le pays à une énième guerre.

Le Centrafrique n’est pas le Congo

« Le Centrafrique n’est pas le Congo !  », avons-nous appris dans les milieux politiques et diplomatiques, peu favorables au pouvoir de Brazzaville.

Or, Sassou Nguesso est sous la loupe de la Communauté internationale qui avait déjà pressenti son projet de la militarisation du Congo avec l’armée russe, lors de son dernier voyage en Russie.

La Communauté internationale craint qu’avec ce projet que Sassou Nguesso brûle de nouveau le Congo.

Pourtant, ce dernier sait très bien comment la France crée rapidement des rebellions armées et transporte nuitamment les troupes jusqu’aux portes des capitales des pays dont elle veut déstabiliser les régimes.

Le président tchadien Idriss Deby Itno en sait quelque chose. C’est par Rfi qu’il apprit, un matin, que les rebelles étaient aux portes de Ndjamena. Alors que le pays ne connaissait pas une crise politique. La France voulait juste l’obliger à changer la constitution et à se maintenir au pouvoir, afin de continuer à servir ses intérêts.

Pourquoi Sassou veut-il en découdre avec la France ?

Un Sassou Nguesso qui va chercher son soutien à Poutine, alors qu’il est l’homme des Français, par-ci ! Une France qui change brusquement ses relations avec Sassou, et qui dépoussière des dossiers judiciaires contre sa famille. Le divorce est consommé ?
Dans une de ses récentes éditions, La Lettre du Continent révèle que «  seules des tractations de dernière minute ont permis d’éviter que le déplacement du président congolais Denis Sassou Nguesso, à Paris, du 2 au 8 septembre, ne coïncide avec la convocation de sa fille devant la justice française »

La date de l’ouverture du procès avait, tout simplement, été repoussée pour ne pas créer un incident. Il s’agit de l’affaire dite des biens mal acquis dans laquelle sont mis en examen, sa fille, son gendre et son neveu qui sont soupçonnés de blanchiment et de détournement de fonds publics. Le procès s’ouvrira le mois prochain.

Refus de la succession de Sassou par son fils

Mais ce qui fâcherait plus Sassou Nguesso et qui le pousse à aller chercher la protection en Russie et à casser la baraque en 2021, s’il le faudra, ce serait le refus, par certains grands milieux de la politique internationale, de se faire succéder par son fils ou par un proche parent, à cause de leurs crimes économiques. Mais, il y a aussi la peur des poursuites judiciaires.

Car, en lâchant Sassou, la France a ouvert les vannes et lui a retiré la protection politique et diplomatique.

Mais, il faut aussi dire que la sortie du livre « L’autopsie d’un Etat totalitaire. Crimes d’un génocidaire. Sassou Nguesso Accusé répondez  » de Me Maurice Massengo Tiassé, réveille la Communauté internationale, et lui donne des preuves tangibles sur les crimes de Denis Sassou Nguesso.

Pourvu que les élections aient lieu

Cependant, Sassou Nguesso a une stratégie et une seule : Pourvu que les élections présidentielles de 2021 aient lieu. L’homme se prépare à réorganiser un holdup électoral comme en 2016. Parce qu’il sait très bien que ni lui ni son fils ne seront élus par les Congolais.

Voilà pourquoi il a juste besoin de quelques leaders politiques venant de divers départements et de la diaspora pour prouver que l’élection a été effective. Elle a eu lieu sur toute l’étendue du territoire, avec la participation de plusieurs partis et des associations politiques qui sont au pays et dans la diaspora. Voilà son argument !
C’est pourquoi il pousse plusieurs pions, à la fois, comme dans un jeu de dames. Il y a lui-même, le grand cheval qui, au même moment où il prépare son fils, Denis Christel Sassou Nguesso, sème le doute sur sa propre candidature.

Il veut créer une caste politique et mettre autour de lui ou de son fils tous les fils à papa qui ont hérité les partis politiques de leurs pères, pour réussir son holdup.
C’est pour cela il veut déstabiliser Pascal Tatsy Mabiala dans le Niari, la Bouenza et la Lekoumou qui forment le fief politique de Pascal Lissouba, pour le remplacer par Jeremy Lissouba.

Dans le Kouilou, il compte sur le fils de Jean-Pierre Thystere Tchicaya, Jean-Marc Thystere Tchicaya, pour empêcher Jean-Marie Michel Mokoko d’obtenir le nombre des voix qu’il avait eu dans ce département en 2016.

Dans la Cuvette, Jean Jacques Yhombi, le fils du président fondateur du Rdd, Jean Jacques Joachim Yhombi Opango, mordra ou ne mordra pas à l’appât ? Au Pool, Sassou Nguesso a déjà son fils adoptif, Guy Brice Parfait Kolelas, qui sans doute prendra acte comme en 2016. Malgré les pronostics qui lui sont encore favorables. Dans la diaspora, on parle du président de l’association Sassoufit, Andrea Gombet, qui serait déjà coopté. Est-ce pour faire partie de cette caste politique qu’un fils Mankassa veut exhumer l’Ucr, le parti créé par son père Come Mankassa ?

• Somme toute, la libération des prisonniers politiques ne suffit pas pour aller aux élections. Il faudra coûte que coûte organiser une Deuxième Edition de la Conférence Nationale Souveraine pour assainir la gouvernance électorale et rédiger un Projet de Société à la Création d’un Etat de Droit et au Développement du Congo.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain