« Lions » du Sénégal et « Diables rouges » du Congo se sont quittés hier au stade Massamba Débat de Brazzaville sur un score nul et vierge. Mais à la lecture de ce match, on peut bien dire que Guy Stephan et ses poulains ont échappé à la correction.

(Brazzaville - Envoyé spécial) - El Hadji Diouf, Fadiga, Henri Camara, Pape Bouba Diop, bref toutes les plus grandes stars sénégalaises réunies hier au stade Massamba Débat de Brazzaville n’ont pas fait trembler les « Diables rouges » du Congo qu’ils affrontaient en éliminatoires combinées Can-Mondiale 2006 (7e journée). Fiers d’avoir assisté à la grosse performance de leur onze national, les Congolais avaient toutes les raisons de chambrer les supporters des « Lions » fondus dans les 40 000 spectateurs. « Dis toi-moi... », s’est exclamé l’un d’eux en interpellant le président de l’Association des Sénégalais du Congo, Omar Bassoum, visiblement déçu du résultat.
Avec ce nul vierge concédé, les « Lions » (2e, 14 pts, +9) ratent une belle occasion de disputer le fauteuil de leader du Groupe 1 au Togo (16 pts, +7). Tombeurs hier à Lomé de la Zambie (3e, 13 pts, +3) sur le score de 4 - 1, ce sont sans doute des Togolais qui viendront jouer le match de leur vie à Dakar dans douze jours (18 juin).

Logiquement, Guy Stephan et ses hommes auraient dû s’en mordre les doigts. Car le Congo était prenable et ils vont désormais vers des sorties plus risquées contre le Togo - qui sera mentalement renforcé par sa position de leader - et contre la Zambie qui va les recevoir le 3 septembre.

On peut s’en mordre les doigts de n’avoir pas fait plus que l’essentiel à Brazzaville, mais sans doute pas jusqu’au sang. Car, mathématiquement, les « Lions » ont réalisé une bonne opération. En pêchant un résultat nul à l’extérieur (sans la manière bien sûr), ils restent maitres de leur destin dans ces éliminatoires. Mais que ce fut dur ! En effet, les Congolais, avec une équipe qui ne compte que sept professionnels (contre 11 côté sénégalais) dont deux évoluant dans le championnat gabonais, ont paru un cran au-dessus. Sur l’ensemble du match, les « Lions » n’ont réussi aucun tir cadré, là où leurs adversaires en ont compté 4. Au plan de corners également, le Congo a battu le Sénégal par 7 à 2.

Les statistiques sont éloquentes. Elles traduisent le scénario d’une rencontre qui a obligé Guy Stephan à finalement miser sur des « ouvriers » pour sauver les meubles. Après avoir subi la domination des « Diables rouges » durant toute la première mi-temps, le Breton jouera sa dernière carte : le match nul. Pour ce faire, il opte pour son premier changement « à un poste pour poste » en faisant entrer Mamadou Niang à la place d’Henri Camara. Moussa Ndiaye qui est plus enclin à défendre a été ainsi préféré à l’« Anglais ». L’autre tort d’Henri ayant été de n’avoir pas réussi à synchroniser ses appels de balle avec les mouvements de El Hadji Diouf, son compère en attaque. Morceau choisi : les deux joueurs se gênent sur une belle ouverture du milieu de terrain sénégalais, dans le dos de la défense congolaise (55e).

Toujours tenaillé par son faible temps de jeu, Khalilou Fadiga dut céder sa place à la 72e minute à Aliou Cissé. Dans ce changement, Stéphan avait pour souci de pallier l’absence d’abattage du milieu de terrain, avec une paire Abdoulaye Diagne Faye-Pape Bouba Diop en proie à des difficultés de positionnement pour bloquer les rampes de lancement congolaises que sont Ewolo Oscar, Tsouma Denis ou encore Manouma Armel.

L’entrée en jeu de Issa Ba à la 84e minute ne changera rien à la donne. Si les « Lions » ont eu un barroud d’honneur en pressant les Congolais dans les dernières minutes, cela ne pouvait donner lieu qu’à un « hold-up ».

El Hadji Ibrahima FALL

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