Depuis sa nomination au poste de « chef de l’opposition  » congolaise, Pascal Tsaty Mabiala se sent pousser des ailes. Rassuré, il semble faire abstraction des us démocratiques dont il était naguère le chantre face au pouvoir, surtout dans la direction de son parti l’UPADS, dont il est aux dires de certains, devenu un véritable potentat.

En l’absence du congrès devant renouveler les instances du parti et dont il devrait à l’évidence tirer toute sa légitimité, Pascal Tsaty Mabiala choisi plutôt le fait du prince, concentrant dans ses mains tous les pouvoirs surtout celui dont il est en passe de battre désormais tous les records au Congo, la révocation ou la radiation des cadres du parti dont les points de vue seraient contraires aux siens.

Entouré d’un quarteron d’affidés dont il partage les mêmes dérives autoritaires, Pascal Tsaty Mabiala vient de lancer les grandes purges, sur fond de purification tribale notamment dans l’entourage immédiat du fondateur du parti, Pascal Lissouba. En témoignent ces mobiles fantaisistes, de l’acte N° 001 -2018/ UPADS/ CN/BP/SN portant suspension des cadres du parti de Pascal Lissouba.

Le fait étonnant pour de nombreux observateurs est que 80% des suspendus sont non seulement cadres-dirigeants de ce parti, militants de la première heure, dépositaires de la pensée politique et proches parents de Pascal Lissouba, mais leur dénominateur commun est qu’ils se sont tous opposés aux cafouillages et « magouilles politiques  » auxquels Pascal Tsaty Mabiala et ses complices se livrent depuis plusieurs années au détriment des convictions politiques du père fondateur de ce parti.

Et de dire que Pascal Tsaty Mabiala et ses complices sont en mission commandée avec pour but la vente aux enchères voire la démolition du parti de Pascal Lissouba. Pour y parvenir il doit de toute évidence en éliminer les véritables gardiens du temple afin de faire main basse sur le parti.

En refusant d’organiser des primaires ou les investitures de bon nombre des candidatures des cadres du l’UPADS, Pascal Tsaty Mabiala se mettait en porte-à-faux avec de nombreux cadres dirigeants du parti attachés aux textes qui le régissent. Sans doute avait-il d’ores et déjà planifié sa purge afin de respecter sa feuille de route, « son agenda caché » disent certains.

Car, comment comprendre qu’au lieu de rassembler, le chef du parti divise. Au lieu de convoquer le congrès du parti et remettre son «  mandat » en jeu, le chef du parti fait un nettoyage en profondeur pour éloigner ses adversaires au sein du parti.
Si l’on n’y prend garde, le parti court à l’éclatement et ne resteront autour de Tsaty Mabiala qui en gardera le nom UPADS, qu’une poignée de complices qui lui obéissent, les doigts sur la couture du pantalon. Mais, à quelles fins ?

À moins qu’ils ne soient eux aussi complices de la dérive autocratique de Pascal Tsaty Mabiala, que pensent donc Pascal Gamassa, Alain Pascal Leyinda, Gabriel et Jérémie Lissouba ?

Djobi NGAMABIA