LE CONGO PROPOSE 10 MILLIONS D’HECTARES À DES FERMIERS SUD-AFRICAINS

15/04/09. L’accord pourrait être un des plus importants contrats fonciers d’Afrique à ce jour

Dix millions d’hectares de terres agricoles sont proposées par la République du Congo à des agriculteurs sud-africains pour y cultiver du maïs et du soja et y élever de la volaille et des vaches laitières, a annoncé hier Theo De Jager, vice-président d’Agriculture South Africa (AgriSA). L’accord pourrait être l’un des plus importants accords fonciers à ce jour en Afrique. Il entre dans le cadre d’un plan du gouvernement de Brazzaville visant à améliorer la sécurité alimentaire.

”Ils nous ont donné 10 millions d’hectares, et c’est beaucoup si vous considérez qu’en Afrique du Sud, nous disposons d’environ six millions d’hectares de terres arables”, a dit De Jager à Reuters en marge d’une conférence sur l’agriculture à Durban. La superficie proposée correspond à deux fois celle de la Suisse. L’Afrique du Sud, premier producteur africain de maïs et troisième de blé, dispose de l’une des agricultures les plus développées du continent.

A noter que le Congo compte quatre millions d’habitants environ, concentrés dans le Sud-Ouest.

L’accord, qui prévoit un bail de 99 ans gratuit et des avantages fiscaux supplémentaires, doit être finalisé le mois prochain en Afrique du Sud. Selon Theo De Jager, 1 300 agriculteurs sud-africains sont intéressés par le projet congolais.

Plusieurs entreprises à travers le monde, dont des entreprises chinoises, d’Arabie saoudite, de Corée du Sud et du Koweït, proposent des contrats similaires à des pays déshérités du tiers-monde pour assurer leur propre sécurité alimentaire. C’est notamment le cas du conglomérat sud-coréen Dawoe, qui s’est un moment intéressé à cultiver du riz à Madagascar

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Bulletin-Agriculture
Vendredi 17 Avril 2009 à 15:00:00
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Agriculture et Élevage : mise au point du ministère

À la suite de discussions au Congo avec une délégation des fermiers sud-africains, les parties congolaises et sud-africaines ont convenu d’une déclaration d’intention sur la mise à disposition de terres, la protection des agriculteurs et de leurs affaires, le bénéfice de l’exonération des droits et taxes de douane sur les intrants et les matériels agricoles.

Afin d’éclairer l’opinion sur l’information diffusée par une agence de presse internationale, portant état de l’offre gracieuse par le Congo aux Sud-Africains de 10 millions d’hectares de terres agricoles, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a fait une mise au point, dont voici le contenu :

« Du 9 au 13 mars 2009, une délégation de fermiers sud-africains, membres de l’association Agrisa, conduite par son vice-président, M. Théo De Jager, a séjourné au Congo pour explorer les possibilités d’une coopération agropastorale.

Cette délégation s’est rendue dans les départements des Plateaux et de la Cuvette centrale. Au terme de cette mission, une déclaration d’intention estampillée « document provisoire » a été signée entre le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage et la délégation de fermiers sud-africains. Cette déclaration d’intention s’appuie sur l’accord, sur la protection mutuelle des investissements et des actifs signés en 2005, entre le gouvernement de la République du Congo et celui de l’Afrique du Sud.

Cette déclaration d’intention porte sur la mise à disposition de terres, la protection des agriculteurs et de leurs affaires, le bénéfice de l’exonération des droits et taxes de douane sur les intrants et matériels agricoles. Par contre, jamais au cours des discussions qui ont précédé la signature de la déclaration d’intention elle-même n’a été évoquée l’idée de cession gracieuse au bénéfice de fermiers sud-africains de 10 millions d’hectares de terre. D’ailleurs, comment pourrait-il en être ainsi quand on sait que la superficie totale des terres arables au Congo est de 10 millions d’hectares ? Enfin, une déclaration d’intention n’est pas un acte juridique qui engage les parties signataires.

Quoi qu’il en soit, dans le cadre de la diversification du partenariat dans le domaine agropastoral, le gouvernement a le droit de s’ouvrir à tout opérateur économique, de quelque nationalité qu’il soit, pour le financement des investissements dans notre pays. »

Marie-France Loutoumba