Chapeau bas, nous n’y croyions pas, pourtant, ce jeudi 18 décembre, le Premier Ministre chargé de l’action gouvernementale, et de la privatisation, Isidore Mvouba, a inauguré le stade Municipal de Pointe-Noire, en présence de monsieur Issa Ayatou, président de la Confédération Africaine de Football, représentant monsieur Set Blater, président de la FIFA, les membres du gouvernement et les autorités de la ville.

Ouf ! Le dernier obstacle au déroulement de la CAN junior édition 2007 au Congo Brazzaville a été levé à l’occasion de l’inauguration du stade Municipal de la ville océane qui abritera les matchs de la poule B : Nigeria, Egypte, Cameroun et Zambie, dit "le groupe de la mort".

Il faut avouer qu’au regard de la date tardive du début des travaux de ce stade, des pluies incessantes, et des inquiétudes des officiels de la FIFA, on a redouté le pire jusqu’au dernier moment : le report de cette CAN junior 2007. Mais miraculeusement le gouvernement congolais, a pu lever l’obstacle ce jeudi 18 décembre, à 48 heures du coup d’envoi de la compétition.

Le ministre de sport et du redéploiement de la jeunesse, monsieur Marcel Mbani, a saisi l’occasion pour instruire les gestionnaires de ce "joyau" pour son entretien, tout en remerciant tour à tour le Président de la République, Denis Sassou Nguesso, le président de la CAF, Issa Ayatou, monsieur Blater président de la FIFA, et l’entreprise chinoise Seng Weig.

A son tour, monsieur Issa Ayatou, s’est exprimé en ces termes :
« Monsieur le premier ministre, chef de l’exécutif, monsieur Blater président de la Fédération Internationale de Football, retenu en Océanie pour d’autres missions m’a demandé de le représenter aujourd’hui, à la cérémonie de l’inauguration de ce stade.

Monsieur le premier ministre comme vous le savez, la FIFA dans le cadre de la coupe du monde qui sera organisée en Afrique en 2010, a initié un programme " gagner en Afrique avec l’Afrique" Ce programme réalisera cinquante trois terrains comme celui qu’on vient de faire au Congo, à travers le continent africain. Votre pays hors de l’engagement que vous avez pris vis-à-vis de la Confédération Africaine de Football, a eu à bénéficier pour la première fois de cette belle pelouse ici à Pointe-Noire, comme d’autres aujourd’hui en rapport avec la coupe d’Afrique des Nations junior qu’on va organiser à partir du 20 du mois courant.
Mais au delà de cette pelouse, le gouvernement congolais a eu l’initiative de nous offrir cette belle structure, monsieur le préfet vient de le signaler et nous en sommes très fier. La Confédération Africaine de Football, qui va réunir dans votre pays à partir du 20, et qui regroupera huit équipes nationales, c’est-à-dire les dernières en participation est très honorée et fier, et je tiens à remercier le gouvernement congolais et vous prie de bien vouloir transmettre à son excellence Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, toute notre gratitude pour le geste si noble qu’il a bien voulu faire à la jeunesse africaine en réalisant ce beau stade. La balle est dans notre camp, il revient à la jeunesse africaine de nous offrir un bon football, et le peuple congolais saura apprécier et je pense que nous n’allons pas faillir et nous allons y parvenir à la hauteur de votre espoir et de notre dynamisme.
Je ne saurais terminer cette impression comme on me l’a demandé sans remercier très sincèrement l’entreprise hollandaise qui a posé cette belle pelouse, évidemment au delà de cette entreprise je voudrais également remercier l’entreprise chinoise que le gouvernement congolais a choisi pour la réalisation de cet ouvrage, quand on sait les difficultés que l’on a eu ici par les tornades, mais le peuple congolais s’est mobilisé et les techniciens y compris pour arriver à ce résultat. Puisque c’est une impression, je ne peux pas aller au-delà, mais je garde le sentiment qu’elle est très bonne. En fin, nos remerciements vont à l’endroit du Président de la République, des membres du gouvernement, et des autorités de la ville, je vous remercie. »

En guise d’homologation du stade Municipal, et après un dernier constat par l’entreprise hollandaise, les officiels de la CAN et de la FIFA, un match aux allures de derby a opposé les deux clubs mythiques de la ville océane : V Club Mukanda et AS Cheminots. 0 à 0 au marquoir après une partie de trente minutes fois deux, reflète la physionomie de ce match qui a laissé nombre congolais sur leur faim.

Le décor planté, monsieur Isidore Mvouba, a donné le coup d’envoi de ce match amical aux fins de tester l’adhérence de la pelouse synthétique et les fonctionnalités du tableau électronique. C’est donc dans un stade comble et sur un tapis flambant neuf que les joueurs naguère habitués au champ de manioc qui faisait office de stade de football que les vingt deux joueurs se sont produits. On peut imaginer les patinages, l’imprécision des passes comme le passage d’une époque révolue. L’heure est donc à l’adaptabilité de la technologie de pointe dans le domaine à l’instar des arbitres de touche qui ne savent pas encore utiliser les tableaux électroniques pour remplacer les joueurs. Autre innovation, les civières se substituent désormais aux échines bénévoles pour évacuer les blessés.

On verra dans les immenses candélabres les bougies sur le gâteau qu’est le stade. Depuis des lustres les joueurs de Pointe-Noire, n’ont joué qu’à la lumière du jour.

L’Afrique lance donc l’offensive promotionnelle de son football à en croire monsieur Issa Ayatou, président de la Confédération Africaine de football, cet ouvrier qui a porté à six équipes le nombre de participations des équipes africaines à la phase finale de la coupe du monde. Aujourd’hui nul ne peut contester l’apport des joueurs africains dans les différents championnats du globe, reste à promouvoir le joint venture avec les centres de formation transatlantiques et techniciens de l’hexagone plus outillés afin de rehausser le niveau du football en Afrique.

Dans ce challenge le manque de sérieux des dirigeants de football africain est un nœud gordien à l’éclosion du foot dans le continent noir surtout au sud de l’hémisphère. Les techniciens étrangers font souvent leurs valises à la sauvette parce qu’ils ne sont pas payés des mois durant, les primes des joueurs non versées sont l’objet de bras de fer entre gouvernants et joueurs, les décaissements tardifs des budgets alloués à l’équipe nationale et les budgétivores à l’affût rimes avec improvisation. Nous avons encore en mémoire le ridicule de l’équipe togolaise à la dernière phase de la coupe du monde. Le sport roi, devenu une grosse machine à sous tente les esprits véreux au détriment des résultats de leurs équipes nationales respectives. N’ont-il pas compris que le foot à l’échelle internationale est un ticket de destination et de promotion de leurs pays ?

Sans ambages c’est un crime contre la nation que ce comportement irresponsable de certains dirigeants du foot africain. Nous souhaitons que la FIFA s’y intéresse davantage pour sauver le football en Afrique des malpropres.

DLD

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Inauguration très politique du stade municipal de Pointe-Noire

Pourtant, que l’occasion était belle pour se remémorer l’épopée de 1972 des Diables Rouges du Congo. Cette année là, ils ramenaient de Yaoundé à Brazzaville la 8ème Coupe d’Afrique des Nations. Malheureusement Nos "grands hommes" ont préféré transformer la fête sportive en meeting politique laissant dans l’oubli ces hommes qui ont porté bien haut l’étendard de la nation.

Si les Pélé, Didi, Vava, Tostao... au Brésil ; Raymond Kopa, Michel Platini en France ; Eusébio en Espagne sont devenues des icônes de leurs pays respectifs, les gloires du football international congolais sont envoyées aux oubliettes de l’histoire. Pour preuve, la cérémonie d’inauguration du stade municipal de Pointe-Noire, à l’occasion de la CAN junior, et bien qu’ils fussent présents, les a tout simplement ignoré. Les politiques ont trouvé un terrain favorable à ce jour de fête sportive pour, comme de coutume encenser le Président de la République.

Plus politisé que sportif l’évènement a pris des allures de campagne électorale. Que l’on s’attendait à ce que le mot de bienvenue soit prononcé par le premier citoyen de la ville ou par l’administrateur maire de l’arrondissement II Mvoumvou, la tribune a été accaparée par le Préfet du département/ville Alexandre Honoré Paka. Ce dernier a servi une sauce hors sujet, prétendant apporter réponse aux questions de la rue et aux rumeurs diverses.

L’allocution du ministre des sports et du redéploiement de la jeunesse, monsieur Marcel Mbani a fait le panégyrique de la personne du Président de la République et de son projet de société. On peut certes considérer qu’on lui doit reconnaissance pour son implication à l’accomplissement de l’ouvrage, mais le lieu et l’occasion n’étaient-ils pas idéaux pour parler sport et jeunesse. Nos hommes politiques ne se rendent-ils pas compte que leur rabachage de formules laudatives à l’égard du Président finissent par donner la nausée.

Ce bijou flambant neuf appartient aux citoyens ponténégrins ; pourquoi défier les congolais ? Pour quel intérêt ? Un stade, est-il affaire de partis ? La marginalisation et l’exclusion, au Congo touchent tous les secteurs d’activités occasionnant, méfiance et rejet vis-à-vis des gouvernants. Il est vraiment temps d’en finir avec les querelles d’influence pour passer enfin au développement du Congo Brazzaville.
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Parlant de la 15ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations Juniors « Congo 2007 », n’aurait pas été possible pour mémoire, de rendre un hommage mérité aux seniors détenteurs de la 8ème CAN Yaoundé 72 ? Dans la logique sportive, très fair-play, les anciens avaient droit à une déclaration afin de passer le témoin aux jeunes, et, pourquoi pas à un match de gala de quelques minutes ?

Un coup d’œil intérieur et extérieur au pavoisement du stade : Point d’effigies ni porters, ni banderoles plébiscitant les anciens joueurs " héros du football congolais", présents à la cérémonie, assis loin de la tribune officielle et la République tels des chiens qui ont fini de leurs ôter l’essentiel.
Tenez après le rituel traditionnel, peu avant la coupure du ruban symbolique, les « anciens » ont réagi au travers du maître de cérémonie qui a balbutié et tripoté leurs noms, les priant de rejoindre le premier ministre Isidore Mvouba et le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), monsieur Issa Ayatou. Le public étonné et surpris de la présence en ces lieux de l’équipe des " Diables Rouges" historiques : Tostato ; Ndomba "géomètre" ; Emmanuel Mboungou ; Poaty allias Hydalgo ; Nganga Mwivi ; Jean Luc Tsélantsélé ; Ndouli Ryno ; François Mpélé ; Mfoutou (frère aîné de l’international Gaspard Ngouété). Aucun n’a été associé à une quelconque commission, comme c’est le cas au Cameroun pour Roger Milla, Jean Manga Onguéné, Antoine Bell et les autres gloires de football national. Ils sont aujourd’hui consultants et conseillers. Ils demeurent actifs dans les commissions. C’est vrai que le Cameroun n’est pas le Congo et la différence est nette.

Le Congo Brazzaville n’a pas de politique de promotion de compétences et des élites. Le quotidien et l’oubli prédominent.

Roger Tello