PARIS (AFP) - Forts des garanties obtenues par le président Jacques Chirac, les militaires français s’apprêtent à renforcer la Finul au Liban, mais attendent de connaître les contributions des autres pays pour pouvoir s’y déployer.

La France va envoyer deux bataillons - soit 1.600 hommes - qui s’ajouteront aux 400 militaires déjà présents dans la zone du Sud Liban, mais « la mise en oeuvre de ce renfort "ne peut se faire de manière unilatérale », a expliqué vendredi un militaire français.

A cet égard, la réunion vendredi à Bruxelles du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan avec les 25 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne devrait permettre de clarifier les choses, explique-t-il.

Une fois que la contribution des différents pays sera connue, il faudra déterminer la nature et la répartition des contingents de chaque pays, le type de force utilisé, etc., fait-il valoir, précisant que le délai pour un déploiement effectif se « comptera alors en semaines ».

« Il faudra de toutes façons une force blindée, donc on pourrait imaginer que la contribution de la France soit un mixte d’infanterie et de blindés, outre les 400 militaires du génie déjà sur place », avance un autre militaire.

Quant au commandement de la Finul, il est dévolu jusqu’en février 2007 au général français Alain Pellegrini. Jacques Chirac a indiqué que la France était prête à continuer à assumer ce commandement, alors que l’Italie a également proposé ses services.

Le ministre de la Défense italien Arturo Parisi a déclaré vendredi que la Finul renforcée pourrait être dotée d’un double commandement, l’un assuré sur le terrain par la France et l’autre par l’Italie auprès de l’ONU.

La chaîne de commandement a précisément fait partie des « clarifications » demandées par la France à l’Onu avant de décider l’envoi de troupes supplémentaires au Liban.

« Il fallait qu’elle soit la plus courte possible pour permettre une grande réactivité sur le terrain, mais sans violer les habitudes de l’Onu », explique le deuxième militaire. Selon lui, deux schémas étaient envisageables, soit donner directement délégation au commandement sur le terrain, soit créer une structure ad hoc à l’Onu au sein du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP).

Une autre clarification a été obtenue en matière de « libre circulation » des soldats de la Finul notamment aux postes de contrôle. « Tout cela doit être concrétisé par l’ordre d’opération de l’Onu que Kofi Annan doit annoncer lors de la réunion avec les 25 », a précisé ce militaire.

La France avait été critiquée pour n’avoir envoyé, dans un premier temps, que 200 soldats supplémentaires au sein de la Finul, après avoir joué un rôle diplomatique capital pour obtenir la fin des combats au Liban le 14 août, entre Israël et le Hezbollah chiite, en vertu de la résolution 1701 de l’Onu.

« La position de la France a été mal comprise, c’est désolant », résume le premier militaire interrogé.