Brazzaville, 10 Juin 2005, Congopage. Sentant un vent hostile dans l’opinion, le gouvernement congolais, lors de la rencontre sportive Congo-Sénégal, a préféré judicieusement prendre toutes ses précautions en installant un cordon de sécurité autour du stade Alphonse Massamba-Débat (ex "Révolution"). Sait-on jamais, une défaite du Onze national, pouvait pousser le public à des actes de vandalisme. Or du pillage à la "révolution", il n’y a parfois qu’un pas, vite franchi par une populace en colère.

Révolution : stade Alphonse Massamba Débat

Que serait-il arrivé si l’équipe nationale de football du Congo, les Diables rouges perdait la confrontation qui les opposait aux Lions de la Terranga du Sénégal, lors de la septième journée des matchs éliminatoires conjoints de la coupe d’Afrique des nations et de la coupe du monde 2006 ?

La sécurité ou le qui-vive

De l’analyse des passionnés du ballon rond, aucun déploiement des forces publiques n’avait jamais été observé à Brazzaville pour une partie de football, si ce n’était lors de la rencontre qui avait opposé les Brésiliens du FC Santos conduits par Pélé aux Diables Rouges du Congo au stade Massamba-Débat en 1965. Cet antre du football, le 05 juin 2005, présentait une tribune occupée de fond en comble par des corps habillés. Cette disposition était-elle prise pour répondre aux normes de sécurité de la Fédération Internationale de Football Association ? Sportivement parlant, certainement et l’affirmative est même plausible. On venait tout justement de fêter Hezel(...). Cependant que faisaient les éléments des forces de l’ordre, armés jusqu’aux dents, le long des principales artères de Brazzaville et sur les ronds-points les plus stratégiques de la place ? Que justifiait cette alerte générale à Brazzaville ?

Le syndrome malien

De l’avis des populations, la défaite des Diables Rouges, prévisible, devrait donner suite à des actes de vandalisme et à une vendetta généralisée, aussi bien sur les biens de la communauté Ouest-Africaine que sur les richesses et l’opulence des hommes politiques. Quelle aurait pu être l’issue d’une telle situation ?

Les questions

Dans la population, le ras le bol est il sous-jacent ? La grogne sociale est-elle latente ? Dans la Gouvernement, la date du 05 juin est-elle une hantise ? Fort heureusement, le match s’est soldé sur un score nul. A Mpila on dû pousser un "ouf" de soulagement. Malheureusement les compétions sportives dans lesquelles est impliqué le Congo se suivent et, souvent, les résultats ne se ressemblent pas.

Keila Samuel

Brazzaville, ce 10 juin 2005