Après l’appel de Guy Brice Parfait kolelas (Pako) à la diaspora, je ne voudrais pas dire que ce n’est pas le jour de la battue que l’on dresse son chien de chasse !

Guy Brice Parfait Kolelas, candidat de l’UDH-YUKI, à l’élection présidentielle qui a lieu au cours de ce mois, a lancé, mercredi 17 mars 2020, un appel de soutien à l’endroit de la diaspora.

C’est un acte qui est légitime puisque l’homme se veut rassembleur et entend gagner avec tous les Congolais pour que sa victoire soit effectivement celle de tous les Congolais.

Mais, dans son message, Guy Brice Parfait Kolelas pêche et montre, une fois de plus, le vide qu’il y a autour de lui.

L’ère des héritiers

Les bons analystes des discours politiques ont vite compris que l’homme n’a pas de conseillers. Il proclame sa parole comme un évangile.

Tenez ! Dans un tel message, il ne devrait plus se dire héritier de son père, et présenter Jacques Joachim Yhombi Opango, son allié dans la campagne, comme étant lui aussi le fils héritier de son père, Joachim Yhombi Opango.

Pour la simple raison que cela confirme la création de la caste politique formée par les enfants des présidents fondateurs des partis politiques et sur laquelle s’appuie Denis Sassou Nguesso pour régner ; mais il faut aussi dire que Bernard kolelas et Jacques Joachim Yhombi Opango n’étaient pas des saints dans la politique.

Guy Brice Parfait Kolelas et Jacques Yhombi Opango doivent s’affirmer et affirmer leurs propres personnalités. Ils doivent créer leurs propres discours politiques.

Aussi, faudra-t-il dire et redire que ce travail de rassemblement, Guy Brice Parfait Kolelas aurait dû l’amorcer juste après l’élection présidentielle de 2016.

Rassembler autour de lui tous les Congolais : partisans de Mokoko, d’Okombi, membres des diasporas congolaises… allait être son combat entre les deux élections.

Mais, l’homme a abandonné les brebis et est allé s’abriter au palais.

Il s’est retrouvé parmi les loups.

Malheureusement, c’est plusieurs années qu’il revient et tente de récupérer le troupeau et dire : je suis le bon berger. Combien de fois est-il venu en France pour rencontrer la diaspora ?

Devons-nous dire que ce n’est pas le jour de la battue qu’il faut dresser son chien de chasse ?

Sassou encore nécessaire pour la France

Aussi, voulons-nous profiter de cette brève pour apporter certaines informations aux Congolais.

En organisant cette élection présidentielle, le pouvoir de Brazzaville bien qu’étant sûr de tricher et de voler la victoire des Congolais, vit encore dans la peur des réactions des Congolais. Mais, c’est surtout la réaction des militaires qu’il craint.

Voilà pourquoi il a fait voter les militaires avant les civils pour prendre la température des Forces armées congolaises.

Ce n’est pas pour avoir toutes les voix des militaires que le vote des militaires a eu lieu avant celui des civils ; mais c’est pour prendre la température des Forces armées congolaises.

En plus, le soutien de la France à Sassou Nguesso, bien qu’il soit sous-jacent cette fois-ci, est bel et bien là.

La France a besoin de Sassou Nguesso et d’Idriss Deby pour déstabiliser le pouvoir centrafricain qui s’est rapproché de la Russie. Sassou Nguesso reste encore un allié de la France.

Cette situation nous pousse à dire que quand on veut être Président au Congo, on ne s’entoure pas seulement de ses militants ou partisans pour ne pas dire ses courtisans.

Il faut s’entourer et mettre dans son cabinet des cadres congolais et non congolais qui peuvent travailler avec les lobbies étrangers ou ceux des grandes puissances occidentales, et négocier certains contrats politiques avant même l’élection.

On ne gagne plus une élection présidentielle parce que l’on est populaire et aimé dans son pays ; mais aussi parce que l’on a été accepté par certains lobbies. C’est cela faire la politique au XXIe siècle.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain