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Escrocs

Moshen Hojeij ne lâche pas prise face à Sassou

Photo: Moshen Hojeij et Sassou : deux figures de la flibusterie

MOSHEN HOJEIJ NE LÂCHE PAS PRISE FACE A SASSOU

Comme avec ses adversaires politiques au Congo-Brazzaville dont il a coupé les têtes les uns après les autres s’offrant un boulevard pour sa succession, le khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, a-t-il sous-estimé la capacité de nuisance du moyen-oriental Moshen Hojeij ? Denis Sassou Nguesso avait-il commis une grave erreur d’appréciation ? Ce n’est pas à un vieux singe qu’on va apprendre à faire la grimace gu à un Libanais qu’on va apprendre l’escroquerie financière.

Mpila rime avec mafia

Débarqué à Brazzaville sans un kopeck dans sa gibecière et avec pour seul bagage d’être rompu aux arcanes de la mafia, la magouille financière, les malversations et la corruption d’agents publics, Moshen Hojeuj s’est attiré les bonnes grâces du natif d’Edou-Penda. Le fils de « Mama Mouébara  » a fait du libanais Moshen Hojeij son missi dominici. Qui se ressemble s’assemble. « Lissanga ya ba ndoki  ».

Aucun marché public conclu de gré à gré ne pouvait être réalisé sans passer sous les fourches caudines de Moshen Hojeij, l’homme des coups tordus de Denis Sassou Nguesso des années 1980. Denis Sassou Nguesso et Moshen Hojeij filaient le grand amour. Les histoire d’amour se terminent souvent mal. Ainsi, pour savonner la planche du nouveau pouvoir de Pascal Lissouba, avant de céder le fauteuil présidentiel, Denis Sassou Nguesso, Justin Lekoundzou, Pierre Moussa, Henri Ngjombo, Marius Mouanbenga, Rodolphe Adada, Edouard Ngakosso ont monté de toute pièce l’histoire de cette dette odieuse.

Cerise sur le gâteau, sous la Primature de Bongho Nouarra, Antoine Dacosta, Jacques Joachim Yhombi Opango ; Clément Mouamba et Kombo Mougounga Nguila, ministres des finances de Pascal Lissouba ont reconnu cette dette pour des travaux publics qui n’ont jamais été effectués Et, ceci, pour mener à bon port des négociations d’aide financière avec le Fonds monétaire international (FMI). Ayant trouvé les caisses du Trésor public vides siphonnées par les hommes de Sassou Nguesso et pour honorer des obligations et ses engagements envers les agents de l’Etat, les nouvelles autorités du Congo-Brazzaville s’étaient tournées vers la société pétrolière française pour bénéficier d’une avance sur la redevance pétrolière. Le pouvoir de Pascal Lissouba avait essuyé un refus total de ELF Aquitaine devenue TOTAL.

Motif évoqué par le mastodonte pétrolier français : dossier mal ficelé. Rien que ça. Revenu aux affaires à la faveur du coup d’Etat du 5 juin 1997, Sassou II a remis en cause la reconnaissance de la dette à l’égard de Moshen Hojeij, une dette qu’ils avaient eux-mêmes charpentée pour déstabiliser le pouvoir de Pascal Lissouba. Tel est pris qui croyait prendre.

Corsair ne remplacera pas Ecair

Archipel, le cabinet d’avocats qui a vendu aux enchères l’avion présidentiel de Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, s’apprête à saisir les actions que ce pays va investir dans Corsair. Ce qui menace le plan de sauvetage, en partie financé par l’État français, de la compagnie aérienne.

Un beau cadeau : la France va permettre à la République du Congo de devenir, avec 40 % des parts, l’actionnaire principal de Corsair, la compagnie aérienne des Antilles, en difficulté financière chronique. Simultanément, les actionnaires privés apporteront 15 millions d’euros et l’État français fournira 150 millions d’euros d’aides publiques, sans pour autant détenir de siège à l’issue de l’opération. Comme prime de bienvenue à Denis Sassou Nguesso, le Président du Congo, qui pilote l’opération, la France vient d’autoriser Corsair à défiscaliser deux avions qui seront immatriculés en Guadeloupe. Ce qui représente un gain fiscal par appareil de 35 millions d’euros.

Mais la transaction pourrait bien capoter avec l’intention du cabinet d’avocats Archipel de saisir les actions investies par le Congo dans Corsair, à savoir quelques 15 millions d’euros.

En conflit avec l’homme d’affaires Libanais Moshen Hojeji dans l’affaire Commisimpex Denis Sassou Nguesso a vu comment le Falcon présidentiel a été adjugé aux enchères à Bordeaux le 3 octobre 2022 7,1 millions d’euros. Et le Libanais veut profiter de la participation du Congo au capital de Corsair pour se faire rembourser.

L’homme d’affaires anglo-libanais tente de récupérer son dû, une somme qui se rapproche (comme le dit le quotidien Le Monde) du milliard d’euros.

En décembre 2022, selon les informations du Monde « trois importantes décisions judiciaires en France et aux États-Unis ont soudain fait avancer le dossier. Un total de 6 millions d’euros venant de comptes français appartenant aux autorités congolaises a déjà été confisqué. D’autres saisies de biens, y compris diplomatiques, doivent avoir lieu » (Marianne, 19 janvier 2024).

Finie la lune de miel entre Moshen Hojeij et Denis Sassou Nguesso. Moshen Hojeij est une sangsue. Il est décidé à faire mordre la poussière à Denis Sassou Nguesso. L’homme d’affaires libanais Moshen Hojeij ne lâche pas d’une semelle Denis Sassou Nguesso. « Ba bunda bango na bango  ». Jusqu’où va s’étendre ce bras de fer ? Avec Moshen Hojeij, un escroc de haut vol, Denis Sassou Nguesso, qui traîne la réputation d’être un mauvais payeur, est tombé sur un os.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

« Sassou risque gros »

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