L’espace politique Congolais est très malade. Tout simplement parce qu’il souffre de graves atteintes aux libertés publiques, privées, individuelles en un mot citoyennes. Les supposés politiques, qui devaient sécuriser l’espace national par un consensus entendu autour du pacte républicain incontournable, ont failli à leur mission en livrant le pays aux aléas de l’intolérance et de la violence, par les haines tribales, ethniques et régionalistes.

Ces comportements irresponsables ont contribué à renforcer la culture inhumaine au mépris du peuple souverain, érigée comme anti-valeur devenue un modèle de société. Les crises politico-militaires ou sociales qui ont toujours sévi au Congo, trouvent effectivement leur source dans la diversité des ethnies, que les stratèges malins utilisent malheureusement comme forces politiques, militaires, miliciennes, idéologiques, ..etc, pour satisfaire certaines aspirations cruelles, égoïstes, cyniques ; ne tendant qu’à flatter leur ego en mal de personnalité.

Certes, nul ne peut se réclamer sans origines. Mais que peut représenter la tribu, l’ethnie ou la région sans une référence forte à la nation ? Qui aurait la force et la folie de scier la branche sur laquelle nous sommes tous suspendues, par ces temps de dure compétition mondiale et s’en réjouir une fois au fond du ravin ? Les prédateurs de l’unité nationale et de l’épanouissement du Congo, usent des pratiques politiciennes du moyen âge pour faire fonctionner ce qu’il y a de plus originel et barbare, c’est à dire, la tripe des origines, surtout ethniques ou régionales en un dangereux système politico-économique opposant des communautés à la façon de l’ère primaire, comme si nous devions vivre en vase clos en marge du monde moderne. En nous dressant les uns contre les autres sans espoir de nous affranchir de l’animalité, qui nous habiterait pour ne donner à la face du monde, qu’un spectacle de désolation impuissante et incompréhensible, justifié par le seul prétexte honteux de la bêtise humaine, que d’autres qualifierais de l’arriération culturelle.

La configuration géographique du Congo et de Brazzaville, en termes de zone Nord et zone Sud, sert de plate-forme stratégique et de justificatif à ces prédateurs, qui font développer et renforcer au niveau des populations otages de ces comportements qui frisent que l’exclusion, l’intolérance et l’insécurité permanente. C’est dans ce sectarisme que les faiseurs de guerres fratricides croient localiser le « camp ennemi ». Les conflits de 1993 - 1994 entre les originaires du Pool et les pays du Niari ; du 5 Juin 1997 entre une partie des originaires du Nord et ceux du Sud, etc, en sont des illustrations. Dans ce cas de conflit, il a suffit qu’un individu soit impliqué dans une crise pour que ces compères de la région soient exposés à des sévères représailles.

A côté de ces crises ethniques, les diversités d’origines sont exploitées comme une raison d’exacerbation. Sans vouloir tomber dans un catastrophe absolu, on observe des inégalités par zone ou par quartier. Même la sécurité des biens et des personnes devient difficile à assurer de la même façon dans la ville, tant il est vrai que certains quartiers sont restés des zones de non droits. Ces maux et bien d’autres qui collent à la gestion de la cité, à la politique dite nationale, constituent une arête dans la gorge du pays, c’est à dire du peuple Congolais.

La tribu, l’ethnie et la région ont toujours été des critères déterminants d’être dans le sérail du régime au détriment de la compétence. N’en déplaisent à ceux qui veulent occulter la réalité politique. Ces critères ont joué un grand rôle dans les cabinets de l’abbé Fulbert Youlou, Massamba-Débat, Marien Ngouabi, Yhombi, Sassou et Lissouba ; et continuent à polluer le reste des institutions de la république de façon délibérée et sans gêne aucune.

Malgré la réconciliation des Pctistes et du renforcement de leur unité autour de M.Sassou-Nguesso, il est important de relever que cette crise au sein du PCT, se situait q’au niveau des clivages qui ne sont que le reflet des alliances ou des courants régionaux qui s’affrontent pour le leadership de ce parti à forte connotation tribale par son idéologie et le contenu historique de sa lutte, dans la préservation du pouvoir pour le pouvoir. La preuve c’est la manière dont ils ont sabordé notre jeune démocratie pour revenir au pouvoir sans état d’âme. Nous notons également l’atmosphère délétère au sein des autres partis qui ne sont que le reflet de la même idéologie.

« La fin justifie les moyens » est l’expression à la mode dans les partis comme PCT, L’UPADS, MCDDI, RDD. Cette disposition mentale justifie la pratique de la violence militaire dont ces partis ont fait preuve, nous ramenant les armes à la place du dialogue. Comme pour nous signifier que le pouvoir ne peut s’obtenir qu’au bout du fusil ! Ces partis ne contribueront jamais à l’éclosion d’une société démocratique au Congo. Leurs virulences, leurs arrogances, leurs intolérances, ruses, au détriment du brave peuple qui leur aura tout concédé en leur faisant confiance, participent de leur irresponsabilité et de leur inconscience de ne s’intéresser qu’à la « mangeocratie »ou « Boukoutage » au détriment de la recherche de l’équité pour tous. Malgré leur éducation et toutes leurs connaissances intellectuelles, ils ne peuvent faire preuve de bon sens ni de compréhension à l’égard d’autrui se sentant mal à l’intérieur d’eux-mêmes, habités par les haines et jalousies même à l’égard de ce peuple qui leur aura tout donné et auquel ils doivent des carrières individuelles réussies, mais avec un résultat d’ensemble combien médiocre. C’est ce qui peut justifier leur inaptitude aux réalités du monde moderne. Un tronc d’arbre quel que soit sa durée dans l’eau ne peut se transformer en caïman. Nous n’avons plus besoin que ces gens nous montrent la rivière, car de sagesse ils n’ont que la stupidité et la cupidité.

Malgré le retour de Bernard Kolélas et son pardon plus à son hôte M.Sassou-Nguesso qu’au peuple Congolais , cet ancien despote reconverti à la faveur d’un exil qu’il n’arrivait plus à supporter, va certainement nous donner la preuve de sa confession publique par un comportement que nous gagnerons à apprécier dans les jours à venir. Comme à l’accoutumer, le peuple l’aura entendu et le jugera à l’œuvre sans complaisance. Il devra faire preuve d’humilité et de sagesse désormais, en travaillant pour l’intérêt de la nation réconciliée avec lui-même.

Pour certaines personnes averties, ce pardon est une injure à la nation Congolaise compte tenu de nombreuses récidives dont sont coutumiers les responsables de ce pays. L’intérêt national n’a jamais été son leitmotiv de combat pour le Congo. Désormais, le Roi est nu, vive le roi ! Comme le ridicule ne tue pas auprès des partisans de Kolélas, attachés à la fibre ethnique, ils vont commencer la campagne d’explication et du sens à donner de ce pardon. Nous vous disons, peine perdue ! Car les jeux sont pipés d’avance par M.Sassou-Nguesso. Monsieur Kolélas devra rester dans le politiquement correct imposé par M.Sassou-Nguesso, sans quoi ce pardon ne sera tombé que dans les oreilles d’un sourd. Fort de ce pardon, monsieur Kolélas va-t-il penser à négocier le sort de ses compères en exil ou va-t- il se contenter de savourer son nouveau statut de façon individuelle ?
Comme c’est le pardon du vaincu au vainqueur, tel Ponce Pilate qui après s’être lavé les mains se dédouanait de la condamnation de Barabbas, M.Sassou-Nguesso confie la responsabilité des crimes de guerres seul à Monsieur Kolélas qui en accepte l’évidence, tel est le prix du pardon pour ce dernier.

Dans quelle caverne Bernard Kolélas se trouve-t-il aujourd’hui ? Une caverne de désespoir engendré par le chagrin ou la maladie ? Une caverne de difficultés engendrées par ses piètres décisions ? Est-il enfermé dans une caverne de questions ou de doutes qui dérobent sa joie et son assurance ? Aura-t-il suffisamment de marge de manœuvre pour exister politiquement ? Ou va-t-il se contenter de faire de la figuration dans une alliance MCDDI-PCT où il sera contraint et forcer d’applaudir ?

Par contre, les observateurs avertis de la politique Congolaise savent que Bernard Kolélas est entrain de s’aménager une retraite politique dorée. C’est bien pour son mérite, mais dommage pour le Congo et surtout pour ses militants. Car, les tergiversations que l’on observe actuellement sont de nature à ne pas lever les nombreux écueils ayant donné naissance aux crises politiques que le Congo a connu. Sur ce, il ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt.

Le constat d’échec est consommé pour la trinité. Si M.Sassou-Nguesso, M.Lissouba et M.Kolélas pensent prendre leur retraite en travaillant pour la relève, ils se trompent largement. Car, le train de la vraie relève venant du Congo profond est déjà en marche avec les forces de la nouvelle génération qui n’ont pas attendu leur bénédiction. Ceux qui suivent ces caciques comme des moutons de panurge, ne font que le jeu de ces politiciens démodés et sur qui on ne saurait compter. Plus que jamais l’heure de la relève s’impose aux Congolais. Car du jeu lamentable et mensonger de la vieille garde, rien de positif ne sortira. Pris dans l’engrenage du mensonge et des erreurs du passé, présent et aussi futur, le Congo a besoin des acteurs neufs et intègres pour incarner un changement fort basé sur les valeurs de la modernité et du partage ; afin de dépasser la solidarité « tribale » qui constitue un frein dramatique au développement. Car, la politique, elle-même, se détermine fondamentalement comme le lieu de dialogue permanent et d’échange, pour favoriser l’élargissement de l’espace des libertés, contenir les dysfonctionnements de l’Etat et de la société, définir les possibilités raisonnables du vivre ensemble et promouvoir l’alternance démocratique comme facteur dynamique de l’évolution et du progrès. Je le répète, ensemble, nous pouvons et devons, balayer purement et simplement toute velléité de division. Car, toutes nos ethnies et toutes nos régions confondues, représentent une richesse inépuisable qui sera à la base de l’émancipation culturelle et sociale de notre peuple. Sans cette symbiose, c’est tout l’esprit républicain qui est en danger. Tolérer les divisions ou une suprématie de telle ou telle autre ethnie, c’est encourager ceux qui veulent basculer le Congo dans le morcellement et le repli du régionalisme.

Voilà, chers compatriotes, l’appel des Congolaises et Congolais, de toutes celles et de tous ceux qui se reconnaissent des Forces nouvelles, afin de créer une société authentiquement démocratique. Surtout pas d’amalgame quant aux idées incarnées par les Forces nouvelles. Car, celles et ceux qui s’en reconnaissent, ne sont issus nullement de la vieille classe politique Congolaise constituée par les seuls intérêts et avantages exclusifs.

Paris, le 21 Décembre 2005
Joël MAFOUTA
Président du RLBC « Forces nouvelles »
E-mail : [email protected] ;TEL : 06.20.21.39.84
RLBC : Rassemblement des Libres Bâtisseurs Congolais


Par : joel