Amog Glad Lemra ; de la poésie au cinéma -

On le connaît beaucoup plus en tant que réalisateur congolais, auteur de quatre films déjà. Glad Amog Lemra a à son actif, deux longs-métrages et deux courts-métrages. Pourtant, l’homme est avant tout un passionné de poésie. Curieux assemblage mais c’est bien cet amour des mots qui l’a conduit à faire cinéma. « Un besoin de nommer les choses, de donner encore plus de vie à ses textes » dit-il.

Vous l’auriez compris, Glad réside en France où il a tourné son premier court-métrage « La tombe d’un rêve  » en 2007, puis tourne, « Qui perd gagne » en 2008 qui recevra le prix du meilleur film au festival de Ouidah au Bénin. En 2010 il réalise à Paris son premier long-métrage, « L’identité malsaine ». Il enchaîne avec « Entre le marteau et l’enclume  » réalisé au Congo-Brazzaville en 2012. On se souvient encore de sa nomination au Festival international du film panafricain de Cannes où il reçu une mention spéciale du jury. Récemment, ce film a fait partie de la sélection officielle du FESPACO au Burkina-Faso. Le jeune réalisateur raconte avec beaucoup d’émotion sa nomination à l’étalon de Yenenga, prix de distinction du plus prestigieux festival du cinéma en Afrique. Il en ressort distingué parmi les 20 meilleurs films.

Par ailleurs, il s’est investi dans un projet de collectif de réalisateurs et amateurs du cinéma au Congo. Dans un pays où le cinéma est presque inexistant, où aucune salle de cinéma n’est à la portée du public, cette initiative est à encourager. Mais on sait combien le manque de volonté politique empêche ce secteur de la culture de décoller. Ce genre d’initiatives devrait amener les pouvoirs publics à se réveiller de leur sommeil léthargique. « Grâce à ce projet, le cinéma congolais est en train de reprendre des couleurs  » affirme t-il. Le projet a pris forme sous le nom de « To zali  », un collectif qui vient de produire 10 courts-métrages. C’est dans ce cadre qu’Amog Lemra a produit son dernier court- métrage « Mensonge légal  ».

Lors du Festival du film panafricain de Cannes 2015 voici une semaine, il s’est vu confier la lourde tâche de faire partie du Jury de sélection des meilleurs films. « Porter son jugement sur des œuvres cinématographiques autres que les siennes, les évaluer selon certains critères est une tâche très difficile. J’essaie d’aller au-delà de ces critères parce que je sais le cœur qu’on met à réaliser un film  ». Ces en ces termes qu’il nous confiait son ressenti aux termes de cette nouvelle expérience.

Amog Lemra se prépare à faire une trêve cinématographique pour se consacrer à la sortie de son premier recueil de poèmes dont il garde le titre secret. Une façon pour lui de renouer avec les vers puisqu’il écrit des poèmes depuis son plus jeune âge. La sortie officielle est prévue le 5 juin prochain à Paris. Ensuite, il sera présent au Marché de la poésie à Paris du 10 au 14 juin prochain.

Lina Badila