
L’homme qui vient de nous quitter vivait depuis des années aupres de femme, en Guadeloupe. C’est dans cette contrée que j’ai eu la chance de le voir pour la première fois, en juin dernier - j’etais, avec Jamaica Kincaid, "auteur invité" au Prix des Amériques insulaires et de la Guyane créé en juin 2000, en Guadeloupe, à l’initiative de l’écrivain Maryse Condé et l’industriel Amédée Huyghues Despointes. Et je vis arriver cet homme discret, cet homme au pas feutre, sourire aux levres, avec sa femme Simone et Maryse Condé... L’admiration me saisit immediatement. Je lisais et relisait certes son roman-phare Le Dernier des justes au point d’avoir glissé ce titre - y compris Un plat de porc aux bananes vertes, le roman "a quatre mains" avec sa femme - dans Verre Cassé. Je le lui fis savoir. Il le savait deja, fit-il ! Nous trinquions du rhum. Daniel Picouly, "Don King" Dany Laferrière et Eduardo Manet étaient en grande discussion un peu plus loin. Et Gisèle Pineau affichait une grande complicité avec Simone Schwarz-Bart. De l’admiration indéniable de la part de Gisèle pour cette femme de lettres de son pays...
Auteur ayant publié son oeuvre aux Editions du Seuil - ainsi que sa femme -, André Schwarz-Bart "offrit" à son éditeur un prix Goncourt en 1959 avec Le Dernier des justes. Né à Metz le 28 mai 1928, il nous a donc quittés le 30 septembre 2006 dernier à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).
Et, au passage, je ne m’explique pas pourquoi Le Seuil a commis une grande erreur sur cette couverture du poche du Dernier des justes ! Le nom de l’auteur (Schwarz-Bart, et non Schwartz-Bart) a une lettre de trop ! Comparez d’aillurs avec la couverture du livre collectif de l’auteur avec sa femme, en haut). L’erreur sera sans doute corrigée, l’oeil va toujours plus vite, on le sait...
Juif d’origine polonaise, il aura connu la résistance et vécu le calvaire de fils de déporté. Ayant peu écrit, allant à la substance de la création avec une lucidité rare, il nous aura ainsi laissé plus qu’une parole ultime, un grand testament d’humanisme que nous retrouvons justement dans Le dernier des justes, itinéraire d’une famille juive depuis la première croisade jusqu’à Auschwitz. Au fond, puis que la question de la Shoah est au coeur de cette rentrée littéraire, j’aurais aimé savoir ce que l’auteur aurait pensé des Bienveillantes de Jonathan Little qui est attendu le 6 novembre prochain comme le lauréat du Prix Goncourt 2006...

En hommage, je vous fais partager une des dernières images de cet auteur. Elle a été prise par notre amie Tchisséka alors que nous contemplions la "pose" des quatre écrivains en pleine joie de vivre... Tchisséka avait fait parvenir l’image au romancier... Paix à son âme de juste et nos condoleances à Simone Schwarz-Bart et à sa famille !
MERCI
"" Nos yeux reçoivent la lumière d’étoiles mortes. "" A S-B
Que la terre lui soit légère...
Une étoile s’en est allée ! une étoile à rejoint le ciel ! Puisse cet empêcheur d’engourdissement des consciences reposer en paix !
Désolé pour l’accent sur le "à" il fallait lire "a rejoint" encore merci Alain pour cette information.
Bel hommage à un grand écrivain...
" Parfois, il est vrai, le coeur veut crever de chagrin. Mais souvent aussi, le soir de préférence, je ne puis m’empêcher de penser qu’Ernie Lévy, mort six millions de fois, est encore vivant, quelque part, je ne sais où... Hier, comme je tremblais de désespoir au milieu de la rue, cloué au sol, une goutte de pitié tomba d’en haut sur mon visage ; mais il n’y avait nul souffle dans l’air, aucun nuage dans le ciel... il n’y avait qu’une présence." A. S-B
Bon voyage André, et bonjour à la multitude de Justes qui, avant toi, s’en sont allés plaider contre la bêtise humaine... Une larme pour toi...
A son épouse,sa famille,
Nul ne peut partager votre douleur, mais un vie comme la sienne ne s’arrête pas avec sa présence sur terre, qu’on le voit étoile au ciel ou nuage en forme de ce qu’il aurait voulu, il faut regarder le ciel, il y a forcément une trace.
Bonjour Alain,
Heureuse de te retrouver à Paris à l’occasion du Prix RFO.
Amitié
Gisèle
Chère Gisèle,
Heureux de te lire dans notre Village ! C’était aussi un plaisir lors de la délibération du Prix RFO 2006. Il faut dire que nous avons couronné une bonne lauréate : Ananda Devi...
André Schwarz-Bart que nous venons tous de perdre va certes nous manquer, mais il a su imprimer une œuvre d’humaniste, et nous aurons pour héritage perpétuel ce chef d’œuvre qu’est Le Dernier des justes.
A très bientôt