jeudi20 avril 2006

Comment immigrer en France en 20 leçons

Le journaliste de Jeune Afrique Dominique Mataillet a annoncé la semaine dernière dans ses fameuses indiscrétions la parution d’un roman intitulé Comment immigrer en France en 20 leçons. Le journaliste pressent que le roman sera un succès pour la raison suivante : l’éditeur Max Milo - qui publie déjà un autre Camerounais, notre ami Gaston Kelman -, est un habitué des livres à succès avec fond de polémique. Et ce roman sur l’immigration paru il y a presque deux semaines ne pourrait déroger à la belle aventure de « Je suis noir et je n’aime pas le manioc »(photo de couverture du livre en haut, à gauche).

Résumons : notre "nouveau Gaston Kelman" s’appelle Luc BASSONG. Il est plus jeune, il a 35 ans et publie son premier roman chez Max Milo, le petit éditeur que Gaston Kelman a fait connaître à la France entière. Luc Bassang se présente comme un fils d’immigrés ayant vécu et travaillé quelques années en Afrique et vivant actuellement entre Paris et Londres...

Voici l’extrait choisi par l’éditeur pour la quatrième de couverture de Comment immigrer en France en 20 leçons :

" J’ai cru entendre qu’il faudra présenter une collection de diplômes pour être considéré comme un cerveau et avoir le droit d’immigrer en France. C’est oublier que tous nos chefs GIFd’Etat sont des analphabètes docteurs d’Etat. Si je me décide, chaque jour de la semaine, je peux moi aussi passer un doctorat avec mention " très honorable ", pour peu que je graisse la patte à l’imprimeur. Lundi, je serais docteur en physique nucléaire, mardi, docteur en littérature générale et comparée... Je connais même une femme illettrée qui a eu tous ses diplômes, de l’école élémentaire au troisième cycle, le même jour de la même année. L’imprimeur avait oublié de changer la date du tampon. "

Le jeune Isaac sait qu’on n’obtient pas son visa pour la France chez le marabout. A force d’astuce et au terme d’un périple rocambolesque, il accomplit tout de même son rêve, rejoindre Paris.

L’éditeur conclut : "Ce premier roman nous donne à voir le vrai visage de l’immigration, avec une liberté de ton surprenante et un humour salutaire".

Vraisemblablement on n’aura donc jamais tout appris sur l’immigration. La thématique a encore de beaux jours devant elle, quitte à nous revenir le plus souvent comme un boomerang de saturation...

Lisons ce jeune frère toutes affaires cessantes. Le jeu vaudrait peut-être la chandelle ! Après tout, apprendre comment immigrer en France en 20 leçons est une entreprise plus pratique et qui ne demande certainement pas autant de temps que l’accomplissement des fameuses 177 façons d’emmener sa femme au septième ciel...

Commentaires

  1. Posté par Timba Bema, le 20 avril 2006 à 08:09

    « Et avec ça on dit que les écrivains africains ne sont pas “banKable” ?... Pouah !!! Foutaises » Songea Porc-épic.

  2. Posté par monofila, le 20 avril 2006 à 11:22

    Cher Alain,
    Que l’on prenne garde que certains lecteurs tentés par ce rêve y trouvent, une fois le joyau en leur possession, de vraies astuces pour passer à l’acte ! Ce serait vraiment se tromper sur le fond de l’ouvrage, et prendre des vessies pour des lanternes ! Loin d’encourager l’immigration clandestine, ce livre en fait le procès. "Comment immigrer en France en 20 leçons", s’entendrait de ce qu’il ne faut surtout pas faire pour venir en France ; et s’il advenait qu’on y arrive malgré tout, reste qu’on ne devrait pas s’étonner de constater une nette distinction entre la réalité et la fiction des magazises pressés à vendre du papier et l’image de la France de l’extérieur.

    Avec cet epoustoufflant livre,Luc Bossang donne une belle giffle à la question de l’immigration que naguère Alain avait lui aussi traité dans BLEU BLANC ROUGE à travers le désenchantement vécu par Massalamassala.

    "KANQUABLE" ? J’y crois mon frère TIMBA BENA !

  3. Posté par Mayombe82, le 20 avril 2006 à 12:19

    J’avais aussi lu le papier de MATAILLET dans le JA mentionné, et il est vrai que ce que tu nous proposes Alain comme morceau choisi décape. Je crois en effet qu’on n’a pas tout appris sur l’immigration. Si Laurent GAUDE estime que les bouleversements qui ont eu lieu en URSS (puis en Russie) depuis 1990 est un excellent terreau pour un écrivain, je pense que l’immigration en est un aussi. Il est à exploiter, et à mes yeux plus exploitable encore que les puits de pétrole de mon très cher pays. Chaque jour qui passe j’en vois de toutes les couleurs (sans jeu de mots) et j’en entends des vertes et des trop mûres. Tiens, ce matin même j’ai eu un jeune frère qui me racontait ses déboires avec sa nana, Algéro-Française née en Gaulle.
    "- Tu vas chercher le pain à quelle heure ?
    -  Tu ne vois pas que je suis occupé à faire mes CV ?
    -  Tu m’avais dit oui hier la nuit.
    -  Certes. Mais je n’ai pas fini ce que je fais.
    -  Je vais au boulot, MOI ! J’ai un métier MOI ! J’ai faim.
    -  Je sais. Mais je n’ai pas fini. Tu as tes tickets resto, tu ne peux pas t’acheter un truc en chemin ?
    -  Non. De toutes les façons, il faut que j’éteigne mon ordi. Je ne peux pas te le laisser. Je n’ai pas confiance en toi.
    -  Ok ! Ce soir, je rentre dormir chez moi !
    -  Ah ! C’est ce que tu souhaitais ? Je savais bien que tu étais venu ici à contre-cœur."
    Le petit au téléphone me dit (je traduis directement) : « Aîné, tu avais vraiment raison, c’est vraiment une folle » ; « Je te l’avais dit ». Je vous le dis, avec ça, il y a du fumier, du bon terreau pour donner de beaux fruits et de beaux légumes sans OGM (Œuvres Géographiquement Modifiées). @+, M82

  4. Posté par monofila, le 20 avril 2006 à 12:38

    les nanas, c’est ce qui pîque aux yeux ici. Elles sont autoritaires et ne ménagent pas leur langue avant de parler. Je pense en effet qu’elles ont plus de droits que de devoir en France, raison pour laquelle elles ne respectent pas les mecs. J’ai très peur du phénomène d’acculturation qui commence à gagner du terrain en France. L’acculturation, voire l’aliénation culturelle mine les générations d’immigrés nés en France, les fils à Papa et filles à Maman. Voici une des conséquences de l’immigration à travers laquelle les jeunes filles montrent leurs nombrils à leurs tontons et couchent avec leurs copains dans le lit de Père !

    La question de l’immigration ne fait que nous dévoiler ses multiples facettes enfouies. S’immigrer, serait-il alors se dénigrer ou s’aliéner mon cher Alain ?

  5. Posté par Sami, le 20 avril 2006 à 14:36

    Alain, même si on ne doit pas confondre le narrateur avec l’auteur, franchement, ton auteur et son idée de chefs d’Etat analphabètes, hum ! S’il a ne serait-ce que le millième du niveau de Soglo ou de Gbagbo, ou d’Alfa Konaré, ou de Senghor, de Wade, d’A. Diouf, De Mandela, de Sankara, etc., c’est génial ! Le passage choisi par l’éditeur et que tu reprends ne lui fait pas une bonne pub, donne-nous envie de découvrir un jeune auteur en nous proposant un autre extrait.

  6. Posté par A. Mabanckou, le 20 avril 2006 à 15:11

    En effet, il y a des nuances a faire, et c’est un lieu commun que de traiter tous les dirigeants africains d’incultes, surtout avec cette belle liste que tu donnes... Tous les dirigeants africains ne sont pas des oies !!!

    Helas mon gars, ce que je reprends ici c’est le passage officiel de la feuille de presse, passage que reprend d’ailleurs Amazon.fr, moi j’attends l’exemplaire de presse qui peut-etre est arrive chez moi aux USA - je suis au Salon International du livre de Quebec actuellement... Je pourrai alors choisir un passage qui frapperait mieux, sans cette generalite qui dessert carrement le livre et que l’editeur a choisie sans doute dans la precipitation de vouloir faire "evenement" ou "polemique"...

    Bon, certains des Villageois ont probablement deja lu le livre - c’est le cas de Monofila qui a reagi ci-dessus (commentaire 2).

  7. Posté par Sami, le 20 avril 2006 à 15:41

    Bon, peut-être que c’est un personnage un peu rapide qui prononce ces lieux communs qui m’agacent depuis longtemps. Les écrivains semblent ignorer que nous comptons, nous autres écrivains, plus d’incultes que les hommes et femmes politiques sur qui n’importe quel dindon croit nécessaire de taper. Bon salon au Quebec !

  8. Posté par Jo Ann, le 20 avril 2006 à 17:29

    En parlant de l’immigration, il y a aussi "Le ventre de l’Atlantique" de Fatou Diome, Sénégalaise. Elle y parle des deux côtés du miroir de l’immigration en France. Un petit joyau.
    L’extrait transcrit me donne envie de m’y plonger. Je le note, même si ma liste de livres à lire avant la fin de mes jours est aussi longue que le Nil !

    Merci.

    Jo Ann (Angola)

  9. Posté par Jo Ann, le 20 avril 2006 à 17:35

    D’ailleurs, juste une correction à faire. C’est Luc BAssOng. :)
    En faisant une recherche, je me demandais pourquoi ça ne marchait pas... :|

  10. Posté par Zik, le 20 avril 2006 à 18:33

    Jo Ann,

    Je n’ai pas souvent l’occasion de discuter avec des Angolais, alors vous m’excuserez (j’espere) de me risquer. J’ai visite votre pays pour la premiere fois l’annee derniere (2005), tout a fait par accident. Je devais prendre un vol Johanesbourg-Libreville que j’ai rate, et ai du me rabattre sur un J0’bourg-Luanda sur la TAAG et une correspondance sur Libreville le lendemain avec Air-Gabon. Mon impression de Luanda a ete le fort metissage de la population et un corolaire de stratification sociale evident, lie a la pigmentation. Il faut dire que je n’y ai passe que 24 hrs et mes contacts avec les Angolais ont surtout concerne le personnel de l’aeroport et de l’hotel. Neanmoins, j’ai eu l’impression que les patrons avaient tendance a avoir un phenotype plutot metisse et les executants etaient toujours de bons negrillons. Mes impressions sont-elles en phase avec la realite ou alors suis-je tombe a Luanda un jour ou les patrons noirs etaient tous en vacances ?

  11. Posté par Timba Bema, le 20 avril 2006 à 19:38

    Ah ! SAMI bon retour sur le “Pinky” village.

  12. Posté par Jo Ann, le 20 avril 2006 à 20:04

    Zik, malheureusement vous avez décrit la réalité de mon pays. N’en déplaise à certains, la couleur de la peau est un détail important au recrutement... :(

  13. Posté par D.O.W., le 20 avril 2006 à 22:30

    "un jour ou les patrons noirs etaient tous en vacances", il est marrant notre Zik ;-) Je crois malheureusement qu’ils ont pris, partout dans le monde, de très longues vacances. Va falloir qu’ils pensent à les abréger quand même...

    Oui Timba, moi aussi j’ai noté, avec un plaisir non dissimulé, le retour parmi nous de notre Sami national, que dis-je, continental ;-) Et par ailleurs Jo Ann a probablement raison : si notre écrivain en herbe vient du Cameroun, ça devrait être Bassong son patronyme.

  14. Posté par D.O.W., le 20 avril 2006 à 22:38

    Chantal, peut-on taquiner ainsi la muse, faire joujou avec l’envoûtement des mots, et avoir envie de retourner à l’auto-cuiseur et aux lessives !? Grand Dieu non. La lessive et les factures attendront ! ;-)

  15. Posté par Boris, le 20 avril 2006 à 23:15

    Timba,

    Arrete ca ! le grand manitou Richard nous a bien "depinkiser". Maintenant on est dans une couleur que je ne saurai nommer, mais moins tendancieuse(si tu vois ce que je veux dire).Oh, mais attention, ce village est ouvert a tous, toutes tendances confondues ;des "straight" au "non straight".Du moment que comme le disait Diva tout se passe entre adultes consentants.
    Bref, oui, bon retour au village Saaaaaaaami !!!
    Je croyais que t’avait disparu parce que Faure t’avait fait rappatrier au Togo de "Faurce".

  16. Posté par Sami, le 20 avril 2006 à 23:40

    Merci Timba et DOW. Oh, non, Boris, le pays qui m’avait englouti n’aurait pas cédé à une pression venant du Togo. Trop minus pour lui qui fait plus de deux fois la France. Surtout que je ne renifle pas la poudre blanche.

  17. Posté par Boris, le 20 avril 2006 à 23:52

    Oh Sami, tu ne renifles certes pas la poudre blanche, mais as-tu pu fermer les yeux face aux sourires foudroyant des "mamasita" et a l’appel de... ce bonheur la ? dis moi, hein.

  18. Posté par Sami, le 21 avril 2006 à 00:21

    Les cordillères verdoyantes ou avec leurs neiges éternelles, les plaines, les vallées, les fleuves, les façades maritimes, en fait cette nature aux mille nuances qui sourit sans faire oublier ses menaces, on ne peut fermer les yeux là-dessus, Boris !

  19. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 21 avril 2006 à 00:46

    J’ai lu un post qui me permet de tirer sur son auteur. Cher Mr Sami,en tant que dindon, je ne crois pas, mais j’ai le devoir de taper, de cogner, et de pleurer sur la difference qui existe entre nos paroles et nos actions en Afrique. Je pleure également sur nos génies qui ne brillent que pour leur prestige. En tant qu’écrivain, donc homme public, tu me séduis et me réjouis. Mais, surtout, ne me fais pas pleurer car tu ne sécheras point mes larmes.

  20. Posté par Sami, le 21 avril 2006 à 01:36

    J’ai commis une erreur de jugement ou de style qui pourrait te faire pleurer, NEZGROS ? Pardon ! Je voulais tout simplement dénoncer notre commune paresse à tous, celle qui nous amène à réduire l’inefficacité d’un système ou d’un homme à l’anaphabétisme. Il faudrait que nous renoncions à la critique facile pour entrer dans le plus diificile à faire pour nous tous : creuser dans les méandres de l’âme humaine. Les hommes les plus intelligents peuvent construire des enfers et ce sont eux qui souvent les ont construits. Ce n’est pas la critique qui m’agace, mais nos clichés à nous sur "nos hommes politiques". Allez, ne pleure pas, on se comprend, j’en suis presque persuadé. A un moment, dans les portraits négatifs que nous faisons, tentons de nous prendre aussi en compte, la critique pourrait être plus profonde, puisque nous nous connaissons mieux que nous ne pourrions connaître autrui.

  21. Posté par Boris, le 21 avril 2006 à 01:49

    Sami,
    comme dirait l’autre, je vous ai compris.

  22. Posté par Minga, le 21 avril 2006 à 02:40

    Bonsoir à tous,

    J’ai bien aimé vos propos sur le comportement des jeunes générations d’immigrés en Occident. Ma foi, il y en a des choses à dire devant certaines de ses attutudes complètement grotesques. S’intégrer, oui. Mais qu’on n’attende pas de moi que je me déshabille entièrement de ma culture originelle pour endosser, jusqu’à la moelle, des vêtements d’emprunt. Je n’ai ni l’âme cabotine ni un goût particulier du travestissement. A moins que l’on ne me propose une veste Zazou comme Méka, le vieux Nègre...

    Les attitudes bounty n’ont parfois plus rien de la simple acculturation. Mais du danger de la déculturation, besoin de reconnaissance ? Soudain une bouche qui a été nourrie au manioc depuis le berceau, une fois au pays de la baguette, déclarera la guerre à ce tubercule nourricier... Amen !

  23. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 21 avril 2006 à 06:26

    Merci Cher Mr Sami

  24. Posté par Timba Bema, le 21 avril 2006 à 21:24

    MInga, je pense qu’il faut que tu organises les victoires de l’africanité ; une sorte de manifestation au cours de laquelle on récompenserait les enfants d’immigrés qui ont su préserver leurs racines d’origine. Je te parie que ça fera un succès du tonnerre.

  25. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 02:32

    Bonne idée Timba !

    Mais il faudra alors s’organiser entre les mille petites occupations du moment.
    Ta collaboration sera vivement souhaitée...

    La liste est ouverte... (rires)

  26. Posté par Alain Serbin, le 22 avril 2006 à 10:02

    Je viens de lire cet échange entre Jo Ann et les bloggeurs. Mille fois hélas ! Il se trouve que mon lieu de naissance est Luanda et que le problème évoqué est bien réel. Il existe une telle classification raciale tacite(pour ne pas dire plus),en Angola. Je suis ce qu’on appelle là-bas un "mestiço". IL me faudra réellement tout un bouquin pour parler de ça ! Mais sur le plan littéraire, les Blancs Angolais se distinguent par leurs connaissances intimes de la culture noire...angolaise ! C’est étonnant, non, chère JO ANN ?

  27. Posté par Timba Bema, le 22 avril 2006 à 10:44

    Merci A.SERBIN de mettre le doigt dans des réalités africaines que notre CécITé se refuse à voir et à condamner. On dirait que notre mal historique est le “Blanc” et pourtant Nous marchons cOOmme des chEvAux avec de grOOsses Œillères cOOmme ça !!!
    P.S : Edifies nous cher A.SERBIN avec un Livre sur la chose. Mille prières s’élèvent vers toi. Ne les entends-tu donc pas ?

  28. Posté par A.Serbin, le 22 avril 2006 à 10:54

    Cher Timba Bema, tu ne seras pas déçu car j’y songe depuis fort longtemps. Merci pour cet intérêt...

  29. Posté par Timba Bema, le 22 avril 2006 à 11:24

    CHANTAL ; Etant trés curieux de l’innovation en matière de Cinéma, je suis agréablement surpris que tu classes “Les Saignantes” de J.P.BEKOLO dans l’Avant-garde. Pourrais-tu nous dire encore plus pour motiver cette classification ? Est ce à cause du traitement de l’image ?(DANI KOUYATE l’a déjà expérimenté dans OUAGA SAGA en 2004), de l’utilisation de la sorcellerie comme facteur d’émancipation ?(YELEN de SOULEYMANE CISSE en fait déjà la monstration) ou alors de sa censure par les autorités camerounaises ? ou alors de son discours ?(Lire l’article du MARDI, 13 JUILLET , 2004 par Claude Tadjon après le tournage au Cameroun sur www.quotidienmutations.net/
    “Culture : Rencontre : Les dérobades de Jean-Pierre Bekolo .Frilosité et esquive ont caractérisé la prestation du réalisateur, invité des derniers "Vendredis de Contact”).

    P.S : Il y a le dernier S.PIERRE YAMEOGO en Salle ; DELWENDE, qui reprend le thème de la sorcellerie mais traité sous son angle de facteur d’aliénation des peuples africains. J’ose vous le conseiller chers amis du Blog.

  30. Posté par Jo Ann, le 22 avril 2006 à 11:32

    Minga, vous avez bien raison. Je ne suis pas fille d’immigrés, je suis angolaise de parents angolais et je fais des allers-retours entre la France (ou le pays où je me trouve) et l’Angola. J’ai eu beau avoir une éducation à la française (depuis mes 3 ans), à la maison, on était tout ce qu’il y a de plus africain. Aujourd’hui, j’ai presque 24 ans, et viendra encore le jour (en rêve !) que je désobéirais à ma mère par pure provocation. Quand je vois ces enfants qui viennent à peine de quitter leurs couches manquer au respect à leurs parents ou à leurs aînés, je me dis qu’une bonne fessée n’aurait pas fait du mal le jour où il en fallait une... Suis-je extrémiste si j’ose encore penser de la sorte dans le monde où l’éducation moderne à l’occidentale est de mise ? :|

    Alain, je dirais aujourd’hui que la culture angolaise et toutes ses traditions appartiennent aux Blancs comme aux Noirs angolais qui la défendent. Il n’y a plus de place pour une "culture noire", "une culture blanche" ou dans notre cas "une culture métisse" (ou mixte, comme le dit si bien la carte d’identité - c’est de l’ironie). On est né, pour la plupart, dans le même endroit, on a mangé le même pain et souffert de la même pénurie de lait. Par exemple, l’écrivain Pepetela, aussi blanc soit-il, il a lutté pour l’Indépendance.
    Au fait, je pense que ces histoires de races, couleurs ne sont que prétextes. Je suis née au Sud de l’Angola. Commençant par le fait que je sois Métisse (donc Zèbre, donc jamais vraiment à ma place) et du sud, ça devient presque un péché.
    Même si en Angola, quelques chefs semblent tous être Métis, au gouvernement, les minorités n’y sont pas toujours. Ou je me trompe ? :S

    Bon week-end tout le monde !

  31. Posté par Timba Bema, le 22 avril 2006 à 11:39

    A.SERBIN suit donc ce conseil du patron du bar Le Crédit a voyagé, qui, répondant à des formules toutes faites du genre « en afrique quand un veillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » vociféra à Verre Cassé « ça dépend de quel vieillard, arrêtez donc ces conneries, je n’ai confiance qu’en ce qui est écrit »

  32. Posté par A.Serbin, le 22 avril 2006 à 11:56

    Timba Bema, je ris encore de ce passage dans le roman "Verre cassé". Tous les vieillards ne sont pas si "bibliothèques" que ça, n’est-ce pas ? -je ris encore- ! Et aussi, tous les jeunes ne sont pas non plus intelligents comme le croit ceux qui rejettent les "grabataires"...Conflit des générations ? Je ne suivrai pas toujours le conseil de ce patron de bar alcoolique.

    Chère Jo Ann, c’est très profond ce que vous venez de dire. Je suis dans le même cas, moi qui ai quitté très jeune cette ville pour suivre les pérégrinations de mes parents à travers le monde (Europe, Caraïbes, Amérique,Afrique du Nord,etc.)Je reste encore attaché à cette culture qui nous appartient tous. Et qui nous permet de s’ouvrir au monde !

  33. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 17:33

    Chantal, pas de souci et pour le foot et pour Les Saignantes que vous proposez. Mais comment procéder pour le film ? Où peut-on le regarder ? Je suis cinéphile, ça tombe bien !

    Jo Ann, A. Serbin, Zik et Timba vous m’en apprenez es choses avec cette classification raciale en Angola ; j’en ignorais l’envergure, pour être franche. Et c’est là que Timba dit une chose intéressante : inutile de rejeter tous les torts sur les Blancs quand nous-mêmes Noirs ne sommes pas irréprochables...

    Henri Lopès le disait déjà dans Le Pleurer-Rire : "Hier, nos misères provenaient du Blanc qu’il fallait chasser pour que le bonheur vienne. Aujourd’hui les Oncles sont partis et la misère toujours là".

  34. Posté par Timba Bema, le 22 avril 2006 à 18:45

    Chantal ; le travail de J.P.BEKOLO dans “Les Saignantes” est fort appréciable. Ce qui me surprenait juste c’est le fait que tu le considères de l’avant-garde. Ne trouves-tu pas que l’idée même d’un film d’anticipation sur une socièté sans avenir est creuse et inappropriée puisse qu’elle aboutit elle-même à l’impossibilité(impossibilité que O.Barlet esquive en mettant en avant le potentiel utopique de l’Art,on pourrait lui rétorquer que l’Art n’est pas la Réligion), au néant de l’absurde ; une sorte de logique circulaire sans fin puisque ce qui a lieu aujourd’hui c’est ce qui a eut lieu hier et qui aura lieu en 2025 et plus(cas du MEVUNGU) ? L’anticipation n’inclut-elle pas implicitement des avenirs possibles qu’elle se propose de fixer précisément ou d’explorer ? ou alors cette anticipation se résumerait-elle(Le comble) au concept nietzschéen de la fin de l’Histoire ?

  35. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 19:22

    J’ai eu beau avoir une éducation à la française (depuis mes 3 ans), à la maison, on était tout ce qu’il y a de plus africain C’est tout à ton honneur, Jo Ann, ainsi qu’à ta famille. Tiens, j’ai repensé à un prof de gym noir d’origine angolaise. Sa famille avait immigré au Portugal depuis que ce ce type avait 10 ans. Lui est arrivé en France à l’âge de 25 ans et y vit depuis 7 ans, fiancé et papa d’un craquant garçonnet café au lait.

    Pourquoi j’en parle ? Je l’évoque car des guignols comme lui, j’en ai rarement vus ! Déjà, j’avais du lui interdire de continuer à me désigner systématiquement comme l’Africaine la Black d’un air sarcastique. Ok, je suis Africaine, je suis Noire. Mais ce petit jeu venant d’un type pareil ne m’amusait pas du tout.

    Le Nègre bon teint qui raconte avec fierté à qui veut l’entendre qu’il n’a jamais eu de petite amie noire. Le type qui t’ignore quand tu as un souci avec une machine de cardio. Mais qui accourt, l’échine courbée, pour secourir une Blanche-Neige qui soupire sur son tapis d’abdos parce qu’elle a oublié sa bouteille d’eau dans les vestiaires. C’est aussi le type qui t’ignore quand il te croise avec un autre Noir. Et qui s’en vient (sans-gêne) saluer et engager familièrement la discussion quand un ami blanc vient te chercher à la gym. Et là, tu deviens sa "cousine" ! Quel plaisantin !

    J’ose imaginer dans quelques années, son fils métis en Angola...

  36. Posté par Jo Ann, le 22 avril 2006 à 22:03

    Minga, désolée, mais je dois rire. Si tu savais le nombre de ces énergumènes que j’ai croisés ! Et non seulement, au Portugal, il y a presque 10 ans, j’étais avec mes cousines portugaises. On est allé dans un café rejoindre des amis à elles. Et une des "amies", que je tâcherai de ne pas l’insulter, dit avec le plus grand naturel "je suis raciste, mais seulement des Noirs que je ne connais pas". Ex-cu-sez-moi. Mes cousines ont beau avoir des cheveux lisses et la peau claire (quoique), ça ne fait pas d’elles moins Métisses que moi. Et elles rient.

    Ou alors, une de mes cousines qui est hollandaise. Elle est partie faire un stage en Angola. Elle a fait la connaissance d’un Suédois qui lui a clairement dit "je t’aime bien parce que tu penses comme une Européenne et tu as les looks d’une Africaine".

    Ma mère l’a regardée, vexée. Moi, je ne fais que rire. Je ne vais pas perdre mon temps avec des gens qui n’en valent pas la peine. Qui a dit "nous n’avons pas les mêmes valeurs" ? :D J’ai pas envie d’avoir des cheveux blancs avant mes 25 ans avec des gens qui ne veulent pas comprendre.

    J’ai déjà eu mon lot de pétage de plombs (pardonnez l’expression) avec des Afro-Américains qui n’ont jamais mis les pieds en Afrique et se croient sauveurs de la Motherland, proclamant que l’Afrique doit être sauvée de la suprématie blanche, et que moi, Jo Ann, Angolaise pas de souche mais presque, suis le fruit d’un viol parce que je ne suis pas Noire dans leur conception de Négritude et je ne devrais pas être fière de mes origines.

    Nah... ils ne méritent pas mes rides et mes cheveux blancs précoces, ceux-là... ;D

    (Désolée, j’ai tendance à m’étaler quand ça me tient à coeur...)

  37. Posté par Zik, le 22 avril 2006 à 22:59

    Timba Bemba,

    Je n’ai pas lu le bouquin auquel vous faites reference, mais il me semble que dans l’extrait que vous en presentez, "l’idiotie" se trouve plutot du cote du patron du bar. J’avoue n’avoir qu’une formation approximative en lettres (ma formation scholastique est plutot du cote de l’ingenierie), ce qui peut etre dangereux sur un forum truffe de "specialistes", mais l’expression dont il est question ici, n’a de sens que pour une societe traditionellement “orale”. Ici, le mot “bibliotheque” ne veut pas necessairement dire le “depositaire de l’erudition”, mais a mon sens, la seule categorie de personnes ayant un vecu suffisant et une experience de terrain susceptibles de fournir a la nouvelle generation les reperes necessaires a leur bon fonctionnement dans la societe. Sur ce point, dans la societe traditionnelle, tout vieillard qui meure, est “without a doubt” une bibliotheque. Meme si ce vieillard a ete plutot nuisible et minable, cette nuisance doit etre apprehendee par les nouvelles generations et servir de lecon. Si le vieillard a par contre ete cultivateur ou chasseur, sa maitrise de la lecture de la meteo en regardant le ciel, ou son sens du trappage des animaux, auront ete necessaires aux nouvelles generations. Dans une societe moderne, si vous voulez savoir le temps qu’il fera demain, vous consultez la meteo sur internet, dans votre journal etc...dans nos societes traditionelles, on s’adresse a un vieux qui a suffisament de vecu et d’experience pour savoir predire les elements. Mon verdic, quand un vieux meure dans la societe traditionelle Africaine, c’est bel et bien une bibliotheque qui brule (peut etre pas pour tout nos neo-Cartesiens qui n’aiment plus le manioc, mais certainement pour toute la jeunesse utilisant le vecu de ce vieillard pour leur enseignement). Je vous laisse avec une citation du tres pragmatique Bill Gates : “Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles.”

  38. Posté par Mawa na Bango, le 23 avril 2006 à 07:59

    Immigration avec ou sans intégration il y a et aura toujours discrimination.
    Pour paraphraser un fameux proverbe " Tu peut laisser un tronc d’arbre dans le fleuve les poissons ne le prendront jamais pour un crocodile "
    Keskon viens chercher ici ? Nous les indigènes , nous les étrangers, les black , les nègres , les singes...L’histoire coloniale et la francAfrique ( cas récent du Tchad ) nous oblige à chercher ailleurs ce qu’il ne veulent pas kon ai chez nous.
    Un jour je vous le predis ça va pêter.
    Peut on être noir et français ?
    Les regards , les reflexions tordus...
    Un jour ce sera ton tour mon cher Bwana ( Toubab ).

  39. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 23 avril 2006 à 09:01

    J’ai quelques questions simples adressées à tous, surtout à nos chers écrivains africains de l’occident et bien sûr principalement à notre chef de village. Merci d’avance pour vos réponses.

    1- Quelle a été le but principal de votre immigration ?
    2- Si votre but premier fût les études, pourquoi prolongez vous votre séjour en occident ?
    3-S’il faut choisir aujourd’hui entre l’aisance matérielle que vous procure l’occident et la liberté d’expression comme facteur de décision pour demeurer en occident, lequel preferiez vous ?
    4- Envisagez vous un retour éventuel dans vos pays d’origine ? Si oui y’ at-il une condition, laquelle et pourquoi ?
    Si non, pourquoi ?
    5- Etes vous des citoyens du monde,ou des africains de l’occident, ou des africains en occident, ou des citoyens de l’occident, ou des occidentaux de couleurs différentes ?

  40. Posté par Zik, le 23 avril 2006 à 15:27

    Nezgros (j’aime votre pseudo, c’est pas une chanson ca ?)

    Je me porte volontier au jeu "questions-reponses", mais je dois preciser ne pas etre ecrivains, ni meme immigre. Ma situation est la suivante :

    - Etudiant (en these, esperant soutenir avant la fin 2006).
    - Lieu d’etudes : USA
    - Type de Visa : Etudiant (F)

    Reponses a vos questions :

    1-Pourquoi n’etre pas reste en Afrique ?
    La verite est qu’apres mon Bac, j’aurais pu aller dans une tres bonne ecole polytechnique du terroir (USTM au Gabon) et faire une excellente carriere d’ingenieur. Mais j’ai toujours eu envie de me frotter a ce qui se fait de mieux dans mon domaine. Je voulais aller etudier la ou les technologies de pointe se developpaient.

    2-Si votre but premier fût les études, pourquoi prolongez vous votre séjour en occident ?
    Je n’ai pas encore fini, j’espere le faire avant la fin 2006 (touche du bois). Apres, je rentre travailler au Gabon, dans le domaine de l’energie (l’hydroelectricite).

    3-S’il faut choisir aujourd’hui entre l’aisance matérielle que vous procure l’occident et la liberté d’expression comme facteur de décision pour demeurer en occident, lequel preferiez vous ?
    Si une entreprise d’ici en occident, me faisait un pont en or, j’y reflechirais serieusement. Surtout que les entreprises installees au Gabon, avec lesquelles je suis en pourparler, sont deja des filliales de grandes multinationales. La politique ne jouera aucun role dans ma decision, a moins que le Gabon n’explose. Mais avec Bongo (dont nous sommes plus que fatigues) ou un autre, moi je vais faire ma carriere sur les chantiers et un peu en retrait de la "politique" (meme si la politique est presente partout).

    4-Envisagez vous un retour éventuel dans vos pays d’origine ? Si oui y’ at-il une condition, laquelle et pourquoi ? Si non, pourquoi ?
    Voir reponses qui precedent.

    5-Etes vous des citoyens du monde,ou des africains de l’occident, ou des africains en occident, ou des citoyens de l’occident, ou des occidentaux de couleurs différentes ?
    Pour etre citoyen du monde, il faut avoir un passeport qui vous donne ce privilege. Moi avec mon passeport Gabonais, les seuls pays qui ne me demandent pas de visa sont le Maroc et l’Afrique du Sud, ah et le Cameroun les Mercredi et Samedi pour aller faire les courses au marche mondial a la frontiere (accord reciproque Cameroun-Gabon). A quoi ce sert d’etre citoyen du monde dans son imagination et de se faire brutalement ramener a la realite dans les divers ambassades et consulats. Je me considere donc comme un etranger en occident, comme un Africain aux USA, sans plus.

    Questions interessantes, j’espere que mes reponses ont ete satisfaisantes. S’il ya des zones d’ombre, n’hesitez pas a demander des eclaicissements.

  41. Posté par Minga, le 23 avril 2006 à 17:49

    "Mon verdic, quand un vieux meure dans la societe traditionelle Africaine, c’est bel et bien une bibliotheque qui brule (peut etre pas pour tout nos neo-Cartesiens qui n’aiment plus le manioc" Tout à fait de cet avis, Zik. Et ton expression de neo-Cartesiens m’a bien fait rire. Elle vaut son pesant d’or...

    En effet, l’école des Blancs - selon l’expression consacrée -, la culture livresque ne remplaceront jamais l’école de la vie. On essaie, mais la connaissance du Bien et du Mal ne s’apprend pas sur les bancs de l’école. De même que le respect de soi et des autres. Sinon ce serait trop dommage de laisser l’entière responsabilité d’une éducation entre les "mains" de l’école. Même si la démission parentale gagne du terrain dans nos sociétés modernes. La rue nous en refoule les conséquences : des gamins (comme disait Jo Ann) à peine sevrés qui dévisagent les adultes avec effronterie...

    Je disais que l’école ne fait pas l’homme à 100%. Mon grand-père n’a été dans aucune faculuté de Droit pour être ce chef de village émerite et adulé. Ma grand-mère n’a pas lu Descartes pour nous apprendre que "les apparences sont trompeuses". Elle n’a pas étudié Freud pour nous initier à la complexité de la psychologie humaine...

    Bref, bien entendu les adeptes et défenseurs de leurs nouveaux acquis ont le droit de profaner l’assertion de Hampâté Ba, en disant qu’un vieillard qui décède n’est pas forcément une bibliothèque qui brûle. C’est d’ailleurs rationnel quand on vit désormais en Occident, porte des costumes, des souliers en cuir ciré, des tailleurs et des talons aiguilles. Quand on mange désormais à table avec mille couverts dont je ne saurais me servir...

    Alors, les frères et soeurs neo-cartésiens, en effet, n’aiment plus l’igname. Ils se veulent avant tout Bretons, Picards ou Alsaciens...

  42. Posté par Timba Bema, le 23 avril 2006 à 21:31

    ZIK ; je ne savais pas Bill Gates aussi érudit ; une raison de plus pour le lire. Peux-tu me communiquer les références de ce livre ?(Merci d’avance)

    Le découpage que tu fais entre la société “traditionnelle” africaine et la société “moderne” africaine est astucieux mais inopérant puisque les porteurs de ce discours ne font pas cette démarcation. Le problème, si problème il y a, c’est que les mécanismes de la transmission dans la société africaine “moderne” reposent encore en majeure partie sur les modalités d’une société “traditionnelle” qui n’existe presque plus. On a l’impression que nous avons du mal à tourner la page. D’où cette opposition, que tu as bien perçue, entre Empirisme et Rationnalisme. Je pense qu’il est facile de dépasser cette opposition si on se pose bien la question du comment faire de la connaissance ? l’une des pistes c’est le rapport critique. Dans cet Empirisme le vieillard sait et personne ne peut contester son savoir ; il y a donc une pratique politique de la connaissance qui ne grandit pas la connaissance. Et, puisse qu’il n’a besoin de rien prouver, il peut se contenter du verbe(L’Oral). Le Rationalisme lui accepte la critique et fait de la connaissance ce qui subisiste à la critique. Il a besoin de l’abstraction que seul l’Ecrit lui permet de fixer. Je pense donc que si cette phrase a du contenu ce n’est que dans la perspective où si la société africaine “moderne” se veut rationnelle, elle doit adopter les mécanismes rationnels de transmission de la connaissance.

    P.S : Je ne conçois pas la différence Empirisme - Rationnalisme comme une différence entre “valeurs africaines” et “valeurs occidentales”. La pratique du Rationnalisme n’est complètement étrangère à l’ Afrique comme on a tendance à la penser(La base de beaucoup de réligions africaines, de l’ethique, du commerce est rationnelle).

  43. Posté par Zik, le 23 avril 2006 à 23:37

    Timba Bema,

    Milles excuses pour avoir ecorche votre pseudo (j’avais cru lire Bemba au lieu de Bema). En effet, Bill Gates est un de ces personnages hors du commun. Comment expliquer qu’il abandonna Harvard a l’age de 20 ans, pour aller creer Microsoft qui allait devenir le mastodonte mondial de l’informatique. A 20 ans, il savait exactement ce qu’il voulait ; chapeau ! Pour la citation, je la tiens de sa biographie. Vous pouvez aussi la trouver ici : http://www.evene.fr/celebre/biograp...

    Pour le debat entre modernite et tradition, je tiens quand meme a rappeler que Hampate Ba a fait la celebre declaration dans un temps ou cette societe Africaine traditionnelle etait encore plus presente et robuste qu’elle ne l’est aujourd’hui, et etait menacee de disparition justement par cette attitude des jeunes qui ne voyaient plus en leurs anciens des etres capables de leur servir de guides dans le contexte moderne. A mon avis, nous Africains avons tendance a tout embrasser, trop vite, et les yeux fermes. A ce propos, si mon sejour en occident m’a permis de me rendre compte d’une chose, c’est qu’il fallait absolument preserver sa culture. Mes collegues Asiatiques (Chinois, Japonais et Indiens), venerent en general ouvertement leurs cultures et traditions. Ca ne les empeche pas de carburer, tout feu tout flamme, dans la societe moderne. Nous les Africains, en general, avons hontes des notres. Il n’y a que les Africains que vous trouverez en train de rigoler, toutes dents dehors, de leur traditions. Meme la societe occidentale est profondement traditionaliste. Regardez la jurisprudence, l’education, la politique, les symboles etatiques etc...Tout est tire d’une certaine tradition, tout est historique, tout est continuite. Mais l’Africain lui veut tout couper tout de suite. Hier il etait dans la moiteur equatoriale, aujourd’hui il se declare plus bourguignon que Mr Dupuis. Comme ca, par generation spontanee. Cette tendance a renier ce qui est notre socle historique (millenaire), est une des choses qui m’afflige le plus quand je rencontre l’intelligentsia Africaine.

  44. Posté par Minga, le 24 avril 2006 à 03:59

    Décidément Zik, je profite des vacances ici pour me délecter des interventions sur ce blog. Ta façon d’exprimer la chose m’arrache toujours des sourires complices. Et là ton piquant humoristique m’a tuER quand tu écris : "Hier il etait dans la moiteur equatoriale, aujourd’hui il se declare plus bourguignon que Mr Dupuis. Comme ca, par generation spontanee. Cette tendance a renier ce qui est notre socle historique (millenaire), est une des choses qui m’afflige le plus quand je rencontre l’intelligentsia Africaine."

    Bien vu. Juste que la nuance s’impose. D’autant plus que les attitudes dont nous parlons ne concernent pas (heureusement) toute l’intelligentsia africaine. Il y a des personnalités attachantes qui ont su allier le bois au bois, le fer au fer. J’entends par là : s’adapter à leur terre d’accueil mais pas au détriment de leur culture originelle. Je sais que tu n’aimes pas C. Beyala (moi, si. Solidarité féminine ?).

    Mais récemment sur France3, elle répondait à un confrère et compatriote en ces termes : " N’oublions pas que l’homme n’est pas seulement ce qu’il est. Mais surtout ce qu’il devient ". Un peu comme S. De Beauvoir qui rappelait qu’" on ne naît pas femme on le devient " ? J’ai acquiescé sur cette priorité accordée au devenir.

    Ok, on est Africain, Gabonais, Myènè ou Kota. Puis, on devient Européen, Français, Bourguignon ou Picard. Mais le devient-on forcément au détriment de tout ce qui nous a soignés, nourris, hébergés, maternés jusque là ? Excusez mon inquisition, mais je m’interroge en toute honnêteté...(rires) Enfin pourquoi le tigre a-t-il besoin de crier sa tigritude sur toutes les tribunes ? Ne suffit-il pas qu’il saute sur sa proie et qu’il la dévore ? A croire que non.

    Dans la lignée, tous n’auraient pas les mêmes rayures... D’où le besoin de certains de toujours rauquer un cran au-dessus pour convaincre les gazelles, éléphants et pintandes qu’ils sont tout aussi tigre que les Tigres eux-mêmes ?

  45. Posté par Timba Bema, le 24 avril 2006 à 08:55

    ZIK ; je pense que idyllise un petit peu trop la Chine. Sais-tu qu’il y a des chinois qui se débrident les yeux ? Sais-tu qu’il y a des chinois qui se colorent les cheveux ? Sais-tu que des chinois apprenent en deuxième langue l’Anglais ? Sais-tu que des chinois se font rallonger les jambes ? Sais-tu que les chinois eux-aussi ont des complexes vis-à-vis des “occidentaux” ? Sais-tu que la Chine avec Mao a rompu avec la féodalité ? Les traditions malgré tout ont encore une place importante en Afrique et je pense que dans une société qui se dit libre et démocratique les citoyens ont le droit d’avoir le rapport qu’ils veulent avec leurs traditions. C’est ce que nous ne sommes pas encore, apparemment, prés à accepter d’où l’objet même de notre débat.

  46. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 09:00

    Zik, Minga, sur les déplacements translationnels des valeurs de la "moiteur équatoriale" vers celles de "Bourgogne" (directement et sans transition), nous en avions débattu ici, et évoqué aussi Beyala, et je faisais déjà les mêmes réflexions que vous deux, à une époque où je crois que vous n’étiez pas encore virtuellement des nôtres. Vous pourrez y jeter un oeil si le coeur vous en dit (Archives du mois de mars ; sujet : "Les pervers du village : sexualité, vénalité et déréliction en postcolonie" ; posts des 9 et 10 mars).

  47. le 24 avril 2006 à 09:25

    Bonjour Alain Mabanckou et chers blogueurs,

    C’est toujours un honneur pour moi d’observer que l’on s’intéresse à mon travail et en règle générale, je me contente d’écouter, pour comprendre et apprendre des autres.
    Cette fois, j’ai pris l’initiative de vous envoyer ce message pour apporter un certains nombre d’éclaircissement à vos propos Alain :
    1/ Au risque de vous décevoir, je ne suis pas "votre nouveau Gaston Kelman", mais Luc Bassong.
    2/ En l’occurence je n’appelle donc pas "Luc Bossang".
    3/ Je n’ai pas 35 ans, mais 34.
    4/ J’écris depuis 20 ans des fictions pas des essais sur l’intégration.
    5/ Vous reconnaissez ne pas avoir lu mon roman, et du coup vous "trébuchez" sur le titre que vous croyez être un moyen d’"apprendre comment immigrer en France en 20 leçons". Chose qui n’est pas le cas.
    Ce titre est le questionnement d’Isaac le narrateur. En l’occurrence, Alain, malgré le fait que vous teniez absolument à associer mon travail à celui de Gaston, que je connais, je vous rappelle que chaque auteur est unique et en ce qui me concerne, je ne ferais d’associations lapidaires sur un confrère.

    Néanmoins Alain, je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mon travail et je salue tous les blogueurs.
    Luc BASSONG.

  48. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 09:29

    Juste le lien vers l’archive indiquée précédemment : http://www.congopage.com/article.ph...

  49. Posté par Lalla Mimouna, le 24 avril 2006 à 14:22

    Une chronique d’un écrivain Marocain parlant de vous sur Medi 1 m’a vraiment beaucoup motivée d’où ma première intervention dans votre blogue..j’ai grande hâte de lire "verre cassé"..Enfin, super contente que vous passez présenter votre livre dans notre pays..

  50. Posté par Zik, le 24 avril 2006 à 14:51

    Bonjour la compagnie,

    Il est dommage que je n’ai pas beaucoup de temps ce matin, j’ai un rendez vous a 9hrs (heure US). Neanmoins, je tenais a preciser a Timba que je ne voulais pas idealiser les Asiatiques en general, mais plutot faire la distinction entre l’attitude que j’ai observe, de leurs elites (etudiants de niveau doctoral) envers leurs traditions, et celles de nos elites (etudiant Africains de niveau doctoral) face aux leurs. Encore ici, j’avoue etre coupable de generalisation.

    Je reviens tout a l’heure.

  51. Posté par Zik, le 24 avril 2006 à 19:28

    D.O.W.,

    Merci pour le lien sur le debat precedent. Il contient de veritables joyaux.

    Minga,

    Pour Beyala, mon impression est que le plummage est plus tonitruant que le rammage. Je trouve ses lauriers un peu surfaits, et sa personnalite trop “m’as tu vu” pour mon gout. A par ca, elle a le droit de publier ce qu’elle veut. Quand a ma propensite a l’humour, je la tiens de mon pere qui est quelqu’un que je n’ai vu de mauvaise humeur que le jour ou sa mere (ma grand mere) est morte. Je pense que dans la conversation, une injection d’humour peut servir a mettre tout le monde a l’aise, a detendre l’athmosphere. L’analogie qui me vient a l’esprit est celle des peintures en trompe l’oeil. L’humour est comme ces peintures, il vous detourne un instant pour mieux faire passer un message plus serieux (des fois) ; vous avez l’impression de voir ou d’entendre une chose, mais il y a quelque chose d’autre derriere.

    Timba,

    Pour revenir a ma comparaison entre les elites Africaines (vous et moi) et nos amis de l’orient, j’avoue encore que ma sentence porte a equivoque. J’ai remarque que nos amis de l’orient ont souvent des facons de vivre, de penser, de s’associer et d’elaborer des strategies dans leurs contacts avec l’occident, qui leur sont propres, specifiques et uniformes. Quand l’occident leur apporte le Christianisme, ils presentent le Boudhisme. Quand on leur parle des canons philosophiques occidentaux, ils parlent de confucianisme. Timba, je trouves qu’ils utilisent mieux que nous, ce reservoir de sagesse qu’est la culture, pour trouver un equilibre et leur place dans le monde moderne. Nous par contre, quand l’occident nous presente quelque chose, nous avons tendance a l’embrasser sans nous donner souvent la peine d’en examiner les contours. Historiquement, le jeu des occidentaux (surtout des intellectuels) a toujours ete de rabaisser les cultures “hors Europe” au rang d’enfantillages folkloriques (bon enfant) sans consistance cognitive majeure. C’est ainsi que notre art est, par exemple, qualifie abusivement de “naif”. Il revient donc aux intellectuels Africains que nous sommes tous (qu’on le veuille ou non), de retablir un certain nombre de verites, et d’evaluer notre etre, notre savoir, notre vecu et notre devenir, a leurs justes valeurs. Ce que j’ai voulu interpeler, etait la tendance que nous avons a saborder nos propres cultures. Si les cultures Africaines etaient mieux defendues, elles seraient mieux appreciees. Et si elles deviennent mieux appreciees, je pense que meme les ex-Africains de Bourgogne y gagneraient.

  52. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 19:46

    Ton post est exquis Zik (le paragraphe à Timba). Non seulement c’est bien dit, mais c’est profond. Si seulement tous ceux qui passaient par ici (au moins ceux-là) pouvaient s’en inspirer. Et naturellement je suis plutôt de ton avis (en rapport au point de vue de Timba) : Timba, il n’y a vraiment qu’en Afrique que le phénomène de déculturation est si ancré et si systématique. Il est à parier que le Chinois qui se colore les cheveux le matin, le soir vénère ses traditions ancestrales.

  53. Posté par Zik, le 24 avril 2006 à 20:50

    Merci D.O.W.

  54. Posté par Minga, le 24 avril 2006 à 22:11

    Bonsoir à tous,

    DOW, je viens de lire l’ensemble des interventions sur le lien que tu nous as proposé : passionnant ! L’émission sur la Francophonie, je l’avais également suivie. Ce fut par ailleurs ma première rencontre avec M. Mabanckou. Je connaissais bien sûr C. Beyala et le neo-Bourguignon, entre autres. Mais de suite, j’ai été interpellée par les répliques d’un grand jeune homme bon teint vêtu d’une veste blanche. J’ai augmenté le volume de la TV. Confortablement installée sur la moquette, j’ai écouté...

    Dans la foulée, l’ex-Camerounais avait récité un paragraphe de sa sempiternelle leçon : Gaulois avant tout, plus précisément de Bourgogne ! Non, mais quelle mémoire courte ce Kelman (eh oui quel man que celui-là !) Effectivement C. Beyala l’a rattrapé comme tu le soulignais dans l’autre débat. C’est sur ces entrefaites que M. Mabanckou a évoqué son expérience aux USA.

    Français lui aussi (non ?), en France personne ne l’avait jamais désigné comme écrivain français (à part entière). Ce n’est que sous la plume des Américains que la désignation lui est "accordée". Pourtant il aurait suffit d’imiter le Maître Corbeau sur son arbre perché, d’écrire un essai et de l’intituler : je suis Africain et je n’aime pas le soleil.

    Tiens, je n’ai jamais su comment Kelman est désigné dans la presse française. L’écrivain bourguignon, français ou ... d’origine camerounaise, pire africaine ? Sacrilège pour ce Gaulois authentique Ce Bourguignon comme on n’en fait plus. Même plus en sauce !

    Pour finir, en lisant l’article initial, j’avais également trouvé de mauvais goût/augure, presque réducteur de présenter un jeune écrivain prometteur comme "le nouveau Gaston Kelman"

  55. Posté par A. Mabanckou, le 24 avril 2006 à 23:35

    A Monsieur Luc BASSONG, auteur du livre ici evoque.

    Merci de me rectifier concernant votre nom, je l’ai change.
    Vous etes par ailleurs surpris du rapprochement fait entre vous et Kelman. Toutefois, relisez ce papier et vous constaterez bien que je mets le "nouveau Kelman" entre guillemets - et les gullements servent justement a nuancer les choses.
    Par ailleurs, ce rapprochement entre vous et Kelman est fait indirectement par le journaliste Dominique Mataillet dans Jeune Afrique - c’est la que j’ai pris la confidence que j’ai completee en lisant votre feuille de route. Je sais bien que "vous c’est vous et que lui c’est lui". Mais comme je l’ai honnetement ecrit ici, je n’ai pas encore lu votre livre.

    Quant a votre age, j’ai ecrit 35, vous dites 34 ! Bon, mea culpa la aussi. Mais rassurez-vous cher collegue, les lecteurs lisent aussi les livres de ceux qui ont 35 ans et plus. La jeunesse litteraire est une question de texte et non du nombre de balais. Avez-vous lu "Court-serpent" (ed.Gallimard) d’un jeune auteur de 70 ans paru chez Gallimard ? Si non, je vous le conseille. Vous verrez que l’age est un complexe inutile lorsqu’on est habite par l’art et la devotion pour la creation. Je vous jure qu’un jeune dindon est incapable d’ecrire Memoire de mes putains tristes (ed.Grasset) d’un vieillard tres jeune qui est ne en 1927 a Aracataca (en Colombie), et qu’on appelle, je crois bien, Gabriel Garcia Marquez...

    Bien a vous

  56. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 07:14

    Minga,

    "L’ensemble des interventions" ? Alors chapeau, parce que sur ce sujet-là, qu’est-ce que ça avait papoté ! ;-) Et au sujet de l’émission sur la francophonie, si tu as comme tu dis "augmenté le volume de la TV", il doit probablement être très flatté le "grand jeune homme bon teint vêtu d’une veste blanche" (rires). Et tu m’as mis de bonne humeur dès le matin, toi qui te demandes "quel man" ; et qui veux mettre le Bourguignon en sauce (rires).

  57. Posté par Timba Bema, le 25 avril 2006 à 08:03

    ZIK ; Est ce que tu as une étude culturelle comparative à fournir en la matière ? Tu parles de nos amis de l’“Orient” ; je te demande quels rapports culturels tu peux établir entre un perse et un mandchoue ? Tu avais promi d’éviter les généralisations mais là je me rend compte que ça te colle à la peau. Lorsque tu dis les occidentaux, il ne plairait pas plutòt de qualifier des personnes. Encore des généralisations, on dirait que tu te refuses à penser ou alors je crois avoir compris C’EST DE LA PENSEE RADICALE ET J’AJOUTERAIS NIHILISTE dans le sens Nietzchéen. Sais-tu que des intellectuels africains, comme tu dis, au sortir de l’indépendance n’ont pas arrêter de nous pondre des livres sur les cultures ancestrales et l’impératif de les préserver ? Certains qui perçoivent la Réligion comme une Philosophie, les contes et légendes comme de la matière à pensée, j’espère que tu connais le solde de ces courants ; Ils se révendiquent de la Science mais ne sont pas prés à accepter la critique ni à penser positivement leurs constructions. Je ne parlerais pas de la Littérature qui a généré notre débat. Et de la Politique avec les désastres qu’elle a engendrée. Alors, en terme d’actualité du débat, ne te rends-tu pas compte que ton “argument” est dépassé ? Que tu te ratâches à une Chimère ?

    Le Confucianisme est devenu une réligion ainsi que le Bouddhisme puisque, étant au départ des pensées pratiques, elles se sont dogmatisée afin de se séculariser. Va voir un Mouride du Sénégal s’il ne va pas ponctuer son discours de citations coraniques. Va voir un adepte du Voudou au Bénin s’il ne va pas faire pareil. Tu vois ce qu’un Africanisme aveugle a fait de toi ? Ne plus pouvoir voir ce qui est, le nier même...devenir Nihiliste.

    Sais-tu qu’il y a un “Oriental” comme tu les appeles plus précisément Afghan qui a faillit subir la peine de mort parce qu’il s’est convertit au Christianisme ? Sais-tu le martyre que la Chine fait souffrir au peuple tibétain ? Sais-tu par exemple que la fille de GASTON KELMAN parle sa langue d’origine le Bassa’a ?

    Au sujet des comportements sociaux et des opinions je pense qu’il faut toujours avoir en vue l’idée de spectre ; Il n’y a pas de comportement type. Par ailleurs, au sujet de la Culture, je pense qu’il faut toujours avoir en vue Sa dynamique qui n’est que le produit de la volonté de ses parties prenantes. Culturellement les Africains ont toujours accepté des Occidentaux que ce qui leur convenait.

    P.S : Je pense qu’il est trés facile de juger ainsi le rapport des Africains à leurs valeurs traditionnelles en oubliant que dans 500 ans ce sont ces valeurs actuelles qui seront traditionnelles.

  58. le 25 avril 2006 à 13:54

    Petites informations, pour Zik et Tima Bemba.
    D’abord Tima, le mouridisme n’est pas une religion différente au sein de l’islam. C’est un courant de pensée à l’intérieur de la réligion. un peu comme l’opus déi ou le renouveau charismatiuque chez les catho.
    Zik, les occidentaux n’utilisent pas le mot naÏf pour qualifier l’art africain. L’art naif est aussi un courant de l’art universel. On dit art abstrait, art figuratif, art naif...l’un des âitres du naif fut Douanier Rousseau que quelqu’un, je ne sais plus qui , a cité ici il y a quelques jours.
    Edwige H.

  59. Posté par Timba Bema, le 25 avril 2006 à 16:01

    Qui a dit le contraire chère Edwige H ? Est ce parce que sa confession est un courant de l’Islam que le Mouride ne ponctuera pas son discours de citations coraniques ?

    Bien à toi

  60. Posté par Zik, le 25 avril 2006 à 16:18

    Non Timba, je n’ai pas fait une étude comparative documentée sur la question. A moins que vous n’ayiez lu mes posts précédents qu’en diagonale, je suis surpris que vous me posiez la question puisqu’il est clair que je ne parle là que d’observations personnelles, évidemment non scientifiques. Vérifiez mes posts sont encore là. Secundo, à propos du terme “orient”, si vous vous donnez la peine de relire mon propos, dans un post précédent je cite spécifiquement : la Chine, le Japon et l’Inde. Et dans le post qui suit, je résume le groupe à l’Orient, mais il est clair pour toute personne se donnant la peine de suivre le fil de mon propos, que je parle surtout des collègues que j’ai connu originaires de ces 3 pays. Je ne vois vraiment pas ou vous voyez de l’Africanisme béat dans mon propos, au point de “diagnostiquer à distance” en moi un cas de “deliquescence nihiliste”. Mon propos est pourtant très simple. Au risque de me repeter inutilement pour ceux qui avaient saisis la première fois, je déplore tout simplement notre tendance collective à nous couper trop facilement de tout le baggage socio-culturel qui nous a mené jusqu’ici (au sens temporel). C’est cette tendance à la rupture qui, à mon sens et à mes observations, fait la difference entre nous (qui avons des cultures millenaires) et d’autres (qui ont aussi des cultures millenaires). En un mot (ou une phrase), à mon sens : EUX ILS PRESERVENT, NOUS ON SABORDE. Vous nous apprenez que la fille de Kelman parle le Bassa’a. M’enfin, où est le rapport avec notre discussion ? C’est ce qu’on appelait au quartier, une information gratuite, en ce sens qu’elle n’étoffe en rien le propos. Tiens, mon petit frère parle couramment Espagnol, je devrais peut être saisir le moment pour lui annoncer qu’il pouvait désormais se considérer comme étant imprégné de la culture ibérique !!! Parler une langue c’est bien, mais se réclamer d’un espace culturel est une autre paire de manche.

    Désolé mais je ne puis être plus clair.

    Edwige H.,

    Merci pour les éclaircissements. Mais il me semble quand meme que l’art Africain est souvent caricaturé comme : art naif, art primitif, art tribal etc...Je me trompe ou suis-je victime d’un mélange de genre (ou encore souffrirais-je vraiment de cet Africanisme me conduisant inexorablement au nihilisme) ?

    Encore merci.

  61. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 16:30

    Timba, tu es un poil agressif mon cher. On t’a rarement connu comme ça. Le propos n’était pas de dire qu’il y a un lien culturel entre par exemple un perse et un mandchoue comme tu dis, mais plutôt que les deux (et d’autres) semblent avoir le même type de rapport avec leurs traditions. Il n’y a pas de comportement type certes, mais on peut trouver des manières communes par exemple à tous les Africains. Contestes-tu cela ? Les mourides et le Vaudou, très bien. Heureusement, ce sont des exceptions qui confirment la règle. Mais ces phénomènes de conservation culturelle ont une tout autre ampleur en Asie qu’en Afrique, c’est évident. Ensuite, tu parles des torts faits par la Chine au Tibétains, etc. Mais quel rapport ? On disait que les Asiatiques avaient un lien privilégié avec leurs traditions, on n’a pas dit que les Asiatiques étaient des saints.

    Elle n’a pas tort Edwige pour l’art naïf. Mais on l’a qualifié bien plus durement notre art, et c’est peut-être le terme que Zik aurait dû en effet utiliser : "primitif".

  62. Posté par Zik, le 25 avril 2006 à 16:38

    En relisant mon message précédent, je me suis apercu que j’ai écrit “Baggage” comme en Anglais avec 2g. Hmmmm..., peut être que Timba à finalement raison, je deviens Anglo-Saxon par osmose, sans même m’en rendre compte. Sur ce, à partir d’aujourd’hui, je suis Americain. Mon met preferé est désormais le hot-dog et je deteste le Nam-Ngon (met à base de concombres qu’affectionnent certains Africains d’une contrée appelée Woleu-Ntem).

  63. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 17:22

    "Sais-tu par exemple que la fille de GASTON KELMAN parle sa langue d’origine le Bassa’a" Merci Timba pour la précieuse info qu’est d’apprendre qu’une petite Africaine parle sa langue maternelle ! Quel exploit, Ô bondiou ! Ca mérite le reccord Guinness, ça ! (rires)

    Mais dites, la Kelman-daughter parle aussi le Bourguignon ? Oh, sûrement mieux que le Bassa’a qui, assûrément, ne lui ouvrira pas les mêmes sésames qu’une langue du terroir paternel, j’ai cité la Gaule !

  64. Posté par Timba Bema, le 25 avril 2006 à 18:21

    Désolé pour le ton chers amis ; il faut avouer que parfois les propos du style EUX ILS PRESERVENT, NOUS ON SABORDE me font monter la moutarde au nez ou peut-être au cerveau. Je constate également qu’il y a une radicalité telle dans certains propos qu’on ne peut y répondre que par une brutalité. Moi, je suis pour la liberté individuelle ; c’est la chose la plus importante à préserver. La culture n’a pas besoin d’être théorisée, chaque fois qu’on en a fait l’expérience ça c’est terminé par des désastres. Et, c’est peut-être l’horizon de ces désastres, que je perçois dans certaines prises de positions, qui me fait monter le ton.

    D.O.W ; L’exemple de la persécution des tibétains par la Chine vise tout simplement à montrer les excés de la culture officielle qui n’accepte plus les différences. C’est ça un idéal pour ceux qui brandissent l’“orient” en exemple ?

    MINGA ; G.KELMAN que tu considères comme un déraciné montre bien par l’éducation qu’il donne à sa fille qu’il a décidé de conserver de sa culture d’origine que ce qu’il veut et non ce qu’on lui impose. Il faut avoir du courage pour le faire

    P.S : Je pense que l’imaginaire de beaucoup de personnes sur la fracture culturelle entre générations en Afrique a été alimenté plus par la Littérature plus que par la Sociologie par exemple. Qu’est ce qui prouve qu’un jeune africain qui « saborde » sa culture ne la ré-incorporera pas lorsqu’il sera adulte ? N’est ce pas un mouvement normal de transition générationnelle ? En tous cas ,c’est ce qui s’est produit pour la génération post-indépendance malgré toutes les prévisions alarmistes qui étaient faites. Alors quand on parle de « sabordage », je n’y vois qu’une Chimère. Pardonnez-moi

  65. le 25 avril 2006 à 19:16

    Timba Bema, peut être pourrais tu m’expliquer ta comparaison entre le vaudou et le mouridisme ?
    Zik, comme l’a dit DOW, c’est le mot primitif ou quelque chose de plus dur que tu aurais dû utiliser. Relis moi, j’ai dit que l’art naif était un courant dans l’art universel. Il y a des nord américain, des sud américains, des européens ( j’ai cité Le Douanier Rousseau) et des africains dont le plus connu est sans conteste Cheri Samba.
    Edwige H.

  66. Posté par Zik, le 25 avril 2006 à 19:30

    Edwige H.,

    Encore merci, il aurait été plus juste pour moi d’utiliser "primitif" au lieu de "naif". La correction est faite dans mon esprit.

    Timba,

    Désolé de vous avoir fait monter la moutarde (de Dijon en Bourgogne ?) au nez. Veuillez croire que ce ne soit pas mon objectif. Si j’ai été très réducteur dans la phrase que vous citez, c’était pour résumer en gros ma ligne “éditoriale”. Vous savez que ces choses sont bien plus compliquées que ça. Mais j’ai voulu ramener le discours à sa plus simple expression, pour transmettre le fond du message (peut être maladroitement, j’avoue).

  67. le 25 avril 2006 à 19:37

    Zik, dire qu’on saborde notre culture alors qu’eux la préserve , est un peu radical comme propos.Je ne crois pas qu’on saborde notre culture, on la préserve au même titre que les orientaux, peut être un peu moins mais on la préserve. Et comme Timba l’a si bien dit, on a accepté des occidentaux que ce qui nous convenait.
    Minga, la fille de Gaston Kelman n’est pas une petite africaine ordinaire. C’est une africaine dont le père revendique haut, fort et sur tous les toits sa..." bourguignonité". Savoir que ce gars qui, aux yeux de tous a rejetté sa culture, a appris sa langue maternelle à sa fille est une information qui doit nous amener à nous interroger sur le propos de Kelman ?Ceci dit, je paratage le points de vue de Bema ( même si je ne comprends toujours pas le rapport mouride\vaudou)
    Edwige H.

  68. Posté par Timba Bema, le 25 avril 2006 à 21:23

    Edwige H ; je n’ai pas essayé d’établir une relation entre Mouride et Vaudou. Je voulais simplement répondre à notre ami ZIK (qui disait que les chinois qu’il connait citent Confucius) qu’en Afrique aussi, ceux qui ont des croyances “traditionnelles”(où sont adeptes de philosophies “traditionnelles”) ne se privent pas d’en référer.
    Bien à toi

  69. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 22:32

    Mon cher Zik : vraiment très bien balancé ton allusion au moutarde de Dijon (Bourgogne). Je me tape tropicalement sur la cuisse, écroulée de rire ! Ah, ça fait bigrement du bien, hein !

    Edwige, tu as raison, la Kelman-daughter n’est pas une petite Africaine ordinaire ; comment le serait-elle avec un pater pareil ! Assûrément que c’est une gamine extra. Du moins pour ceux qui la connaissent en réalité. Surtout que j’avais lu sur un site qu’elle exprime le malaise d’avoir une peau si sombre (confidences à ses profs, rapportées par le pater). Ben quoi, les lapins ne font pas les rats, non ?

    Eh oui Timba, apprendre que Ngo Kelman parle Bassa’a après la leçon que récite son père, est du moins intrigant ! Edwige a raison : ça porte à s’interroger sur le cirque de Kelman... A quoi joue-t-il ? On comprend qu’il cherche à gagner sa croûte comme il peut, mais faut non plus rendre les "liseurs" et les "voyeurs" pour des démeurés ! Après avoir paradé sous les projecteurs, qui sait si le plus camerounais des Bourguignons ne mange pas le manioc avec les doigts ? Eh oui, loin des strass et des, une fois débarrassé de ses vêtements d’emprunt.

  70. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 22:45

    Oui !! le manioc et le Nam Wondo, le plantain et le mbongo tchobi ! je suis sûr que les cameras éteintes, le gars se tape tout ça (mort de rire)

  71. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 23:17

    Waooooouh Dow, tu me plies de rire là... Oui, il se les tape sans états d’âme !

    Je l’imagine, dans la pénombre de sa cuisine, vêtu d’un simple pagne africain (damned !) ceint autour des reins. Assis, à même le sol, dos au mur (sans mauvais jeu de mots hi hi hi). Et l’assiette coupable tenue en respect par les pieds nus. Et notre ami Kelman qui s’empiffre de "Miondo", "Ndolè" et de "L’Ekoki" avec les doigts ! (rires)

  72. Posté par Jo Ann, le 26 avril 2006 à 00:10

    En parlant de Frida Kelman (la fille de monsieur), elle n’a déjà pas de chance avec son nom. Tout comme elle, j’ai un nom à consonnance allemande et quand on me voit, on s’attend à voir une petite Blonde alors que non, rien de tout ça. D’ailleurs, c’est ce que dit Kelman dans son livre quand il raconte que sa fille va prendre son stage (je crois que c’est stage) et on lui dit que le poste est pris sans savoir que c’est elle. De même pour un de mes frères, qui a la chance ou l’originalité de s’appeler Otto et d’être noir.

    Une autre chose j’ai remarqué, c’est les pays africains francophones et anglophones ont fait ce que nous, les lusophones avons perdu. Les langues nationales. Ma génération des villes est complètement coupée de ces langues, qui n’ont pas de support écrit. Nos grands-parents en parlent plusieurs, nos parents comprennent mais ne le parlent pas, et nous... hé bein... si nous avons grandi dans la capitale de l’Angola, on n’est pas assuré d’avoir la connaissance d’une seule langue nationale, à moins de vivre avec un grand-parent. Dans un forum que j’anime, on tente aussi bien que mal de mettre tout ça par écrit, mais c’est un travail qui aurait dû commencer depuis notre berceau.

    Le fait que Gaston Kelman enseigne à sa fille le Bassa’a, pourrait peut-être dire que si lui est Bourguignon, il n’a pas le droit de le choisir pour sa fille ? Une fois Nagui, qui est né en Egypte mais ne parle pas l’arabe, a dit que sa propre fille (née en France je crois) se sentait plus Égyptienne que lui. Ma langue maternelle est le portugais, et ne sera jamais ni l’umbundo du sud (ma mère étant du sud, et moi y étnt né) ou le kimbundo de Luanda (mon père étant de Luanda et moi y étant élevée). Enfant des villes, je mets le pagne mieux que ma mère et je savoure mes plats traditionels avec la main, chose qu’on n’a jamais fait à la maison. N’importe où dans la capitale, on s’étonne de me voir aussi à l’aise avec la main et sans honte de sortir avec mon pagne autour de la taille, car on n’a pas été éduqués à le faire. Auraient-ils eu peur que nous autres, enfants des villes, ne sachions pas nous comporter en civilisation ? Nous qui savons nous tenir dans un palace aussi bien que dans une hutte ?

    Peut-être que le sentiment d’Africanité chez quelques-uns se manifeste en sautant des générations, mais ne font pas de nous (qui parlons ne serait-ce qu’une langue nationale) moins africains que d’autres...

    Jo Ann

  73. Posté par Minga, le 26 avril 2006 à 02:53

    Ne t’inquiète pas Jo Ann, l’africanité ne se résume pas à une couleur de peau, une langue ou un pagne. Pour moi, c’est un état d’esprit. Bref, personne n’a désafricanisé ou sousafricanisé personne ici. Nous évoquions le Bourguignon et son discours racoleur-clinquant. Mais alors qui, un jour, a déclaré Gaston Kelman moins Camerounais que le mot ? Qui l’a fâché avec le manioc ? Personne !

    Car c’est le monsieur lui-même qui, un matin, a décidé qu’il cessait de se souvenir de ses baignades, enfant dans le marigot de son village natal. C’est lui-même qui s’est déclaré amnésique sur une large partie de son enfance, pour ne se souvenir que de ses cours de catéchisme en français, svp ! Tout ça, pour s’autoproclamer Bourguignon avant tout à la face du monde ! La faute à qui si, aujourd’hui, pareille esbroufe fait plus rire que pleurer ?

    Ensuite, M. Kelman éduque sa fille comme bon lui semble après tout. Même si ça ne m’empêchera pas de noter des paradoxes dans le parcours de l’intéressé. Rien de bien méchant, le paradoxe faisant partie de l’humain, et étant en passe de devenir une Tradition incontournable chez les personnalités publiques.

    Un grand classique : Senghor qui magnifie la beauté et le courage de la femme noire, mais en épouse durablement une Blanche. Et voici Kelman qui annonce, à qui ne lui a rien demandé, son très médiatique divorce d’avec le patrimoine camerounais mais apprend le Bassa à sa fille ! Comme quoi, entre dire et faire, il y a un univers...

  74. Posté par Zik, le 26 avril 2006 à 05:02

    Minga et Jo Ann posent un problème fort interessant sur la représentativité de nos langues “maternelles”. Si je me sers de mes voyages en Afrique, je doit dire que la RDC (ex Zaire) a une vraie langue nationale Africaine, le lingala qui se parle partout. C’est palpable quand tu es á Kinshasa (mais je n’ai visité que Kinshasa). Je dirais la même chose du Sénégal avec le Wolof. Presque tous les Sénégalais parlent le Wolof. Ma grande surprise fut l’Afrique du Sud ou les 2 principales langues Africaines sont parlées par un grand nombre de gens, y compris les blancs et les indiens. J’allais dans les banques et les agents s’adressaient á moi soit en Zulu ou Xhosa ; devant mon regard éberlué, ils se rendaient compte que j’était ignare en la matière, et ils revenaient á Anglais. Le Kenya aussi á un langua franca, le Swahili. Je suppose que le Lingala doit être aussi très parlé au Congo Brazza, mais je n’y ai jamais été

  75. Posté par A.Serbin, le 26 avril 2006 à 09:16

    Zik, ce fut un bonheur pour moi d’apprendre le lingala, à...Brazzaville ! J’écoutai déjà beaucoup de musique congolaise, et des chansons en lingala, que je confondais avec les "Zaïrois". Il m’a fallu voyager en Afrique centrale pour comprendre les nuances des langues. Le lingala est parlé aussi bien à Brazzaville qu’à Kinshasa. Je signale en passant qu’à Luanda, dans les quartiers populaires (tel que Viana,où vit une forte communauté des "Angolais du Congo qu’on appelait improprement "Zaïrens"), le lingala est bien présent et côtoie fièrement le portugais, le créole angolais et le kimbundu ! Qui a dit que la langue n’est pas colonisatrice ? Qui a dit que la puissance d’une langue est à sousestimer ?

  76. Posté par Jo Ann, le 26 avril 2006 à 10:35

    Minga, j’aime beaucoup ta manière d’écrire et de t’exprimer ! J’aimerais pouvoir te parler en privé, c’est possible ?

    Zik, j’ai vécu en Afrique du Sud, et j’adore l’idée d’avoir 11 langues officielles, comme ça, personne n’est lésée :) Mais à part l’anglais, je n’ai que quelques mots ici et là d’afrikaans, de zulu et de tswana....

    Alain... tu parlais de "créole angolais"... tu te réferrais à quoi ? Au calão ? :| C’est que je n’ai jamais entendu parler du calão (argot) en tant que "créole angolais" et dernièrement, il y a même des fois où on dit "angolais" tout court pour faire savoir que ce n’est pas de l’argot portugais parce que la moitié des mots utilisés viennent des langues nationales (ah tiens, ça veut dire que je parle au moins une langue faites de plusieurs, je suis pas si mal que ça :D).

    Jo Ann

  77. Posté par D.O.W., le 26 avril 2006 à 12:31

    Absolument Zik, les questions autour de nos langues nationales sont cruciales. J’en avais dit un mot lorsqu’on discutait ici autour de la francophonie. Et j’en dirai sûrement davantage une autre fois. Mais sache, puisque tu le demandais, qu’au Congo Brazza, le lingala est parlé dans la même forte proportion qu’en RDC, et il y est même langue offcielle (ce qui n’est pas le cas en RDC me semble-t-il). Jo Ann : on aimerait que ce soit le cas, mais malheureusement, la situation des langues nationales dans les pays francophones n’est pas si idyllique que ça. Certes, oui, elles sont massivement parlées, et on ne risque pas de si tôt de les oublier, mais elles sont négligées, rarement dotées d’une écriture, et dans tous les cas, peu formalisées. Mais c’est un vaste débat...

  78. Posté par Minga, le 26 avril 2006 à 16:53

    Bonjour à tous,

    Jo Ann, pas de souci pour le privé. Tu peux me joindre sur : ma_minga@yahoo.fr. See you soon ! C’est valable pour les autres. :))

    Les gars, la discussion sur les langues africaines est intéressante. Une langue unique dans chaque pays ? Une langue commune à tous les Africains ? Pourquoi pas. I have a dream. (rires)

    Je me souviens de cet idéal avancé par notre très loyal ex-Maire de Libreville (Gabon), le Père Paul Mba Abessole - pour ne pas le citer. Il avait émis, dans le cadre d’un renouveau culturel, le voeu d’introduire l’apprentissage des langues locales dans les programmes scolaires. Et à une échelle plus grande, réunir tous les Gabonais au sein d’une langue commune.

    Bien sûr, nous eûmes droit à une scène digne de la tour de Babel... La question initiale fut : parmi la kyrielle de langues dans le pays, laquelle allait être choisie, et sur quels critères ? Au final, entre rapports de force, jérémiades et coups de gueule homériques, la montagne avait accouché d’une souris...

  79. le 26 avril 2006 à 17:03

    Minga, il y a un papier sur l’apprentissage des langues Nationales dans les Ecoles au Gabon :

    www.bibliotheque.refer.org/l...

  80. Posté par Zik, le 26 avril 2006 à 17:03

    La note precedente est de moi.

  81. le 26 avril 2006 à 20:49

    Ah Minga, tu ne crois pas si bien dire en soulignant le paradoxe Senghor. Ce gars là, y a qu’à entendre des gens qui l’ont connu et bien connu pour être édifié sur sa vrai personalité...Et comme l’a dit quelqu’un, " c’est en France que Senghor a constaté qu’il était noir...et, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il a affirmé sa négritude" Une phrase qu’il repétait à l’envie lorsqu’il était Président : " les Africains ne savent pas..." Il ne se sentait pas du tout africain, ce mec là... Il s’est lui aussi reclamé Normand comme l’autre Bourguignon...
    Edwige H.

  82. Posté par Timba Bema, le 26 avril 2006 à 21:13

    Est ce que vous savez dans certaines ethnies en Afrique il est plus acceptable d’épouser une femme “blanche” que d’épouser une femme d’une ethnie voisine ? Alors, les spéculations sur le décifit d’africanité de ceux qui épousent des “blanches”...Bla Bla Bla

  83. le 26 avril 2006 à 21:18

    Laisser Kelman tranquille sinon pourquoi ne pas vous exprimer dans vos langues respectives.Nous sommes tous fouti dé

  84. Posté par Jo Ann, le 27 avril 2006 à 00:57

    Edwige, tu sais, ce que tu dis " c’est en France que Senghor a constaté qu’il était noir...et, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il a affirmé sa négritude" , me fait penser à mon arrivée en France.
    Lors d’un dîner entre cousins, un d’eux nous a dit "Ce n’est qu’en arrivant en France que je me suis rendu compte que j’étais panafricain". Et je suis tout à fait d’accord avec lui. Car, en vivant en Angola ou en Afrique, c’est notre quotidien. Ce n’est qu’en quittant le continent, qu’on se rend compte le combien on est attaché à la terre.

    Jo Ann

  85. Posté par Jo Ann, le 27 avril 2006 à 01:01

    Pas "en vivant en Angola et en Afrique", ça ne veut rien dire... :|
    "en vivant en Angola et en Afrique du Sud"... voilà... :S

  86. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 04:04

    Vous savez, le phénomène Senghor, je préfèrerai toujours en parler dans le strict domaine de la littérature. Car toutes les fois que j’ai essayé d’en sortir pour découvrir l’homme, l’humain, j’ai eu peur que le mythe s’effondre... Lui Normand ? Peut-être bien que toutes les couleuvres avalées, il est arvenu à s’en convaincre... A ce sujet, je ne sais plus de qui est cette phrase citée de mémoire : "Il (Senghor) ne nous pardonnera jamais de l’avoir fait Noir..." Intense !

    Timba, j’ignorais que les Africains se détestaient ou se méfiaient autant les uns des autres. (rires) Ok, je ne nie pas ces petites guéguerres "séculaires" entre ethnies, villes, régions. Ces tensions basées sur de sordides histoires de jalousie, de préjugés, d’egos boursoufflés qui parviennent habilement à maintenir un climat de suspicion. Mais ce n’est pas là qu’il faudrait chercher les raisons de cette tolérance (parfois obséquieuse) envers l’épouse blanche que le fils ramène comme un trophée...

    Ah, le mythe immortel de la peau blanche sous les Tropiques ! :)) Entre nous déjà, plus une femme a la peau claire plus on lui trouve du chien, plus elle éveille des fantasmes. Jusqu’à preuve du contraire, en Afrique noire, la femme métisse est très prisée par les mâles de la Haute. Au Gabon, on se les offre/paie (excusez du peu) à coups de villas, voitures de luxe, virements bancaires. Pareil chez nos voisins. Je ne citerai pas de noms, mais suivez mon regard. (rires)

    Du coup, la dépigmentation fait fureur. Même chez les hommes et les nourrissons. Car avoir un bébé métis serait le rêve. Affolant ! Et tout en haut de cette tour infernale, il y a forcément la peau blanche nature. Symbole (dans l’esprit banania) du prestige social, fric, amour, gloire, beauté etc. Alors, s’afficher avec une femme blanche pour certains de "nos" hommes c’est toucher le firmament, être dans l’antichambre du Paradis, devenir un surhomme et se garantir/forcer le respect/l’admiration des siens.

    Marié à une Blanche, celui qui rechignait à faire la vaiselle dans son Tchad, Congo, Gabon, Bénin natal devient incollable dans le choix des liquides vaisselle et des éponges à récurer ! Il manie à merveille l’aspirateur, la raclette. Et se souvient par miracle comment changer et langer un bébé... Fort à parier que marié à une compatriote, il aurait continué la sieste, télécommande à la main, devant la TV, les ordres au coin de la bouche, tous prêts à fuser...

  87. Posté par Timba Bema, le 27 avril 2006 à 08:26

    MINGA ;Dans l’inconscient collectif de beaucoup de peuples en Afrique, la couleur de peau blanche est associée aux pouvoirs surnaturels(Cas des albinos). Il en est ainsi de toute difformité physique comme la taille pour les pygmées. Aux premiers rapports avec les “blancs”, tu peux donc te représenter l’impact sur l’imaginaire des ces africains qui voient sous leurs yeux des blancs ; ils les prenaient tout simplement pour des sorciers, des gens aux pouvoirs surnaturels. Si par exemple, tu traduis en français les noms, en langues africaines, qui ont été attribués aux “blancs”(certains se sont dénaturés avec le temps) ils se rapportent toujours à l’univers de la sorcellerie.

    Je pense ne pas t’apprendre la place prestigieuse qu’un sorcier pouvait avoir dans une société africaine ancestrale. Donc, il faut nuancer ton jugement sur l’origine de cette fascination des africains pour la peau blanche. Par ailleurs, ne sous-estime pas cette inimitié entre certaines ethnies. Au lieu de les condamner, tu les réduis juste à de « petites gueguerres séculaires ». Tu as vu ce que ces « petites gueguerres séculaires » peuvent engendrer ? Le génocide rwandais,tous massacrés à la machette comme dans le temps. Et bien sûr pleins d’autres conflits en Afrique comme l’Angola, la Côte d’ivoire, le Tchad qui s’embrase à nouveau, l’Ouganda, le Libéria, etc...

  88. Posté par Jo Ann, le 27 avril 2006 à 13:29

    En Angola, le plus hypocrite et étonnant c’est qu’on insulte les Métis. On nous lance des regards, des "vous les Métis, de toute façon"... Ou "vous avez une couleur de scarabée" . Mais, quand arrive l’enfant, peu importe si les parents sont noirs. "Mon enfant est métis, tu crois quoi ? Tu vois ? Regarde bien ses cheveux ?"

    Oui, bon. Les mêmes qui insultaient les Métis veulent à tout prix que leurs enfants soient Métis. Et plus étonnant, si jamais on leur dit que c’est normal chez un nouveau-né de paraître rosé, au fur et à mesure qu’il grandira, il prendra sa couleur naturelle. Non... ne le dites surtout pas, sinon on risque de vous accuser d’envie... :|

  89. Posté par lazizkrimo, le 27 avril 2006 à 16:01

    voila bonjours. je suis laziz abd elkarim. je sohaite pour continue mes études en france et j ai le niveau universitere filliere telecommunication 1 annee et jai le né en 06/04/1985

  90. Posté par Zik, le 27 avril 2006 à 19:39

    Ainsi parlait le Général Charles de Gaulle lors d’un entretien du 5 mars 1959, rapporté par Alain Peyrefite dans C’était de Gaulle, t.1, Paris, De Fallois, 1994.

    ”C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Il montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.”

  91. le 27 avril 2006 à 19:58

    Je ne sais pas si c’est au cours du même entretien qu’il a ajouté " il ne faudrait pas que mon village de Colombey-le-deux-églises deviendrait Colombay-les-deux-mosquées"
    Edwige H.

  92. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 20:38

    C’est bien beau l’humour grinçant de De Gaulle. Mais il ne la ramenait pas autant quand il appelait à la résistance : "Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle." Et une fois la France libérée, l’Autre est devenu un kleenex. Jetable !

    Jo Ann, cette attitude paradoxale, en Afrique, envers des métis est bien réelle. Mais tout dépend aussi de l’attitude du Métis en question. On se connaît, comme on dit en Afrique.(rires) Partant du mythe de la peau blanche sous les Tropiques, les métis font souvent office de "rois" au royaume des aveugles. Certains en viennent à mépriser (ouvertement ou non) les peaux plus foncées... Et le retour du bâton ne tarde pas.

    Timba, tu as raison de relever les guéguerres séculaires entre ethnies. J’ai effectivement sous-estimé l’affaire en omettant le génocide rwandais. Mais reconnaissant que de tels drames ne surviennent pas tous les jours...

  93. Posté par Timba Bema, le 28 avril 2006 à 10:06

    MINGA tu écris :« Et une fois la France libérée, l’Autre est devenu un kleenex. Jetable ! » Mais la réalité historique est que une fois la France libérée De Gaulle a créé en 1946 l’Union Française qui abolit l’empire et donc le régime des colonies. En 1946, les colonies deviennent les départements et territoires d’outre-mer et peuvent ainsi avoir des représentants à l’assemblée nationale française. Juste un petit extrait de la loi dite “Lamine Gueye” votée le 25 Avril de la même année :« tous les ressortissants des territoires d’outre-mer ont la qualité de citoyen au même titre que les nationaux français de la métropole ou des départements d’outre-mer »

    ZIK ; En 1946, la majorité des citoyens français sont noirs, jaunes, bruns et non blancs. C’est toujours utile de confronter les sources lorsqu’on veut se rapprocher de la vérité historique.

    Bien à vous

  94. le 28 avril 2006 à 15:01

    Timba, vous m’avez interpelle en disant : "ZIK ; En 1946, la majorité des citoyens français sont noirs, jaunes, bruns et non blancs. C’est toujours utile de confronter les sources lorsqu’on veut se rapprocher de la vérité historique."

    J’aimerai vous repondre, mais je ne vois pas trop bien a quoi vous faites allusion.

  95. Posté par Timba Bema, le 28 avril 2006 à 15:44

    ZIK ; je fais allusion à la citation de De Gaulle que vous avez reproduite au post 94. 1946 est la date de la création de l’Union Française(Cf. Post 97)

    Bien à vous

  96. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 16:13

    Timba,

    Cette declaration de DeGaulle a ete faite le 5 mars 1959. Il est evident qu’a ce moment la, l’emigration de l’Afrique vers la France n’est pas ce qu’elle est aujourd’hui. Mais ce petit passage, traduit quand meme la vision tres etriquee que les Franco-Francais ont de la notion de France. Il apparait que la France n’est pas seulement une idee, une facon de penser, une philosophie d’existence, mais que la France et le Francais ideal et souhaitable doit surtout repondre a un profil physique et un phenotype permanent immuable.

  97. Posté par Timba Bema, le 28 avril 2006 à 17:58

    Je souhaitais te rappeler qu’à un moment de l’histoire de France la majorité des citoyens n’étaient pas blancs. Qu’à ce que je sache l’Union Française s’est terminée en 1960 après qu’une majorité de nations africaines exceptée la Guinée aient votées par référendum en 1954 de rester dans l’union.

  98. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 19:46

    C’est entendu.

  99. Posté par Minga, le 28 avril 2006 à 21:49

    Timba, je maintiens ce que j’ai dit : "Et une fois la France libérée, l’Autre est devenu un kleenex. Jetable !" Un raccourci, certes. Car je pars de la fin de la guerre directement au présent avec cette chasse aux sorcières sarkozienne, sous prétexte de controler les flux migratoires.

    Tu parles des D.O.M, soit. Moi je parlais surtout des Africains. Il y en a parmi eux des descendants de Tirailleurs sénégalais et d’autres venus du Maghreb. Même eux sont déclarés indésirables dans la France du petit-fils d’Hongrois...

  100. Posté par Timba Bema, le 29 avril 2006 à 10:38

    Soit MINGA ; mais devrais-je te rappeler qu’au sortir de la seconde guerre mondiale, plus précisément en 1946 grace à la création de l’Union Française,les tirailleurs sénégalais comme les autres africains des anciennes colonies françaises sont devenus citoyens français ? C’est une vérité historique mais bon à toi de l’accepter ou pas. Je pense qu’il serait plus judicieux de dire qu’en France il y a une tentation trés inquiétante pour l’extrême droite. C’est une interprétation qui me semble qui plus conforme à l’image de ce pays.

    Bien à toi

  101. Posté par Zik, le 29 avril 2006 à 14:32

    Timba,

    Vous dites : "au sortir de la seconde guerre mondiale, plus précisément en 1946 grace à la création de l’Union Française,les tirailleurs sénégalais comme les autres africains des anciennes colonies françaises sont devenus citoyens français ? C’est une vérité historique mais bon à toi de l’accepter ou pas."

    Voici l’auteur d’un livre sur le sujet, qui vous contredit de plein fouet. Les tirailleurs n’ont, semble t-il, jamais ete considere comme Francais a part entiere, car lors des independances en 1960, la majorite d’entre eux ne sont plus reconnus comme Francais. Enfin, lisez vous meme l’interview.

    http://www.grioo.com/info1334.html

  102. Posté par Timba Bema, le 29 avril 2006 à 14:57

    MINGA ; En 1960 il a été demandé aux citoyens français d’Afrique de choisir par voie de référendum si ils voulaient intégrer la nation française ou leurs nations respectives. Ils ont fait le choix de leurs nations poussés par le vent des indépendances. Pourqoui veux-tu donc qu’on les considèrent comme citoyens français en 1960 alors que leurs nations sont devenues indépendantes.

    P.S : Les Harkis par exemple ont fait le choix d’intégrer la nation française.

  103. Posté par PASSI, le 29 avril 2006 à 18:57

    Chaque jour ,lorsqu’on prend le métro à paris,on peut toucher du doigt le racisme,la xénophobie,que sais-je encore ?
    Les français qui sont en france qui ne sont jamais sorti de la france et ceux qui sont en afrique ne raisonnent pas de la meme façon.
    le problème de l’immigration en france
    trouvera sa solution si l’état francais
    cesse de s’ingérer dans la vie politique des pays africains ; entre le blanc et le noir ,lequel qui était venu chez l’autre ? De brazza était-il
    congolais ? ELF congo est-elle une société congolaise ?
    Le flux migratoire que connait la france actuellement n’est que la conséquence de la politique étrangère
    française,j’allais dire que c’est le retour du colonisé vers le colonisateur...

  104. Posté par Minga, le 30 avril 2006 à 00:00

    Bonsoir les z’amis,

    Zik, instructif l’article que tu as indiqué sur Onana ! Au moins, on en sait un bout sur cette vérité que les bien-pensant refusent toujours de révéler au grand public, pour assurer leurs arrières...

    Timba, dans ton dernier message, tu écris : "Pourqoui veux-tu donc qu’on les considèrent comme citoyens français en 1960" Ai-je supposé celà ? Tu sembles me faire dire les choses que je n’ai pas dites ; c’est embêtant, vois-tu.

    Ben, le fameux reférendum en question, tu n’as pas l’impression - connaissant la mentalité ambiante - que c’était un traquenard, cadeau empoisonné ? Une sorte d’attrape-nigauds... Sachant très bien que les soleils de l’Indépendance n’éclaireront pas davantage les nuits des Africains, ON leur propose un reférendum dépuratif.

    Le but : donner l’impression aux indésirables qu’ils ont le choix, qu’ils décident de ce qui est mieux pour eux. Or, ON est en train de se débarasser habilement d’eux.

    Pareille entreprise machiavélique a permis (Cf le livre d’Onana) à la France de geler les pensions des tirailleurs et d’amoindrir leurs chances de revendication. Tant qu’ils ne pouvaient plus faire valoir leur nationalité française. Une arnaque organisée pour ne pas leur être redevables. Oui, on peut toujours parler de kleenex.

  105. Posté par Timba Bema, le 30 avril 2006 à 09:19

    Minga ; Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il y a toujours les intentions derrière les faits politiques. Par ailleurs, les faits politiques ne peuvent pas se résumer qu’aux intentions d’une des parties prenantes mais est le produit d’un rapport de force. Dès 1946, ce rapport de force entre la France et l’Afrique est basé sur la reconnaissance de la contribution des nations africaines à la libération de la France sous occupation nazie.

    Ce qui est limité dans ta démarche c’est que tu veux expliquer une situation présente à partir d’un évènement passé que tu enfermes dans une perspective d’interprétation unique et actuelle au point de détourner les faits politiques ; ça s’appelle l’extrapolation.

    Dommage qu’on ne puisse pas discuter des faits politiques ; qu’à toute chose concrète tu n’y vois que des intentions malfaisantes.

    Bien à toi

  106. Posté par Minga, le 1er mai 2006 à 00:31

    Bonsoir Timba,

    Tu l’as dit : oui je suis pessimiste sur le coup. Il faut dire qu’avec tout ce qui se passe actuellement au Pays des Droits de l’Homme, on a du mal à faire valoir son optimisme légendaire ! (rires)

    Je te cite : "ce rapport de force entre la France et l’Afrique est basé sur la reconnaissance de la contribution des nations africaines à la libération de la France sous occupation nazie." Je ne prétend pas le contraire. Dans l’immense débat autour de l’esclavage, la colonisation, les Tirailleurs, j’ai l’impression que les uns et les autres se renvoient la patate chaude. Personne ne veut se bruler les doigts et porter la responsabilité !

    Pour l’esclavage, le Sud accuse et crie au crime. Le Nord se rebiffe en désignant les Noirs qui vendaient leurs proches. Pour la colonisation, la France refuse de tout prendre sur sa fierté et devoir s’excuser (se rabaisser) face à des ... Alors ON s’agace à l’idée d’une repentance. Quant aux Tirailleurs, on tente d’occulter, de renier leurs apports du mieux qu’ON peut.

    Mais bon, on va m’accuser de me lamenter, je crois. De faire ma petite victime. Ou pire, penser que j’agis par jalousie ou frustration. Ce sont les termes à la mode dès qu’on n’ose pas flatter ! (rires)

  107. Posté par jamel, le 4 mai 2006 à 12:29

    je suisun homme tunisien et je veux immegrer en france je cherche coùmment bien que je suis un professeur de technologie bac + 4 ans

  108. Posté par A. Mabanckou, le 5 mai 2006 à 11:27

    Cher Timba Bema,

    Le texte d’un certain Galafron exposant sa haine raciale contre les Noirs a ete supprimee (mais reste en archive pour quiconque veut savoir comment la haine se marchande de nos jours). Dans la foulee, cher Timba, votre reponse tres justifiee a ete egalement supprimee et reste stockee chez le webmaster. La suppression de votre post s’imposait dans la mesure ou il aurait ete difficile de comprendre a qui vous vous adressiez. Nous sommes tenus, dans nos echanges, d’eviter une incitation a la haine raciale. Merci donc de nous avoir mis la puce a l’oreille au bon moment...

  109. Posté par taklidi, le 28 juin 2006 à 20:31

    je veut qeulq’un qui peut m’aider pour aller vers la france. merci.

  110. Posté par gbaguidi michel, le 7 août 2006 à 22:26

    Je souhaiterais obtenir un extrait ou un exemplaire complet de la loi gueye sur la nationalité des africains nés avant 1960. A défaut, pourriez vous svp m’indiquer des sites web qui présentent les droits à la nationalité des pupilles de la nation française dont les parents rivés sur la ligne maginot, blessés à seudan le 18 mai 1941, emputés du bras droit, ayant la médaille d’honneur de la légion française, médaille militaire avec palme, croix de guerre n’ont malheureusement pas bénéficié de la nationalité française .

  111. Posté par mohamed moussaaid, le 18 août 2006 à 14:19

    bonjour monsieur,
    je suis un jeune marocan agé de 25ans je travail dans un réstaurant ,jai 3 ans d"etudes en geografie,et je souhait trouver un travail en france pour aider ma famille dans n’inmport quelle travaille.merci beaucoup.
    s’il vous plais je vous attande.
    mohamed.

  112. Posté par said, le 26 août 2006 à 19:38

    je suis un jeune marocain je fais mon bac cette anée (2006),j’ai mal a mes yeux alor je veux l’examiner en france mais j’ai pas les adresses des medecins,et je veux les demande avec impascience ,vous pouvez les envoye a mon e-mail:love-marianne@hotmail.com

  113. Posté par clarisse, le 13 octobre 2006 à 12:51

    bonjour, je suis une jeune gabonaise de 30 ans et je désire venir poursuivre des etudes en france. je suis deja titulaire d’une maitrise en mark + management. je suis actuellement conseiller clientèle dans une grande e/se de telecom depuis trois ans. renseignez-moi sur des écoles d’assurances, banque... bisous à tous.

    c_laire2000@yahoo.fr

  114. Posté par khaled mouftah aldjahmi, le 30 octobre 2006 à 19:34

    je suis un homme libyen et je veux immegrer en france je cherche coùmment bien que souhait trouver un travail en france pour aider ma famille dans n’inmport quelle travaille.merci beaucoup ?

  115. Posté par domycia, le 18 novembre 2006 à 14:52

    Bonjour
    Je suis presidente d’une asso loi 1901 d’art et de culture et mes amis habitent Kinshasa.
    3 d’entre eux veulent immigrer en France et dur dur , parcours du combatant
    Le 1er a raté le bac et comment faire sans diplôme, à 22 ans pour venir faire des études en France ?
    le 2è avec bac +3 mais il a 30 ans etil veux faire une formation raiseau, des études de management et marketing ?
    Et le 3è attend de savoir si il a le bac pour étudier en France 20ans
    On veut créer un cyber café avec salle de spectacles mais vu l’immigration choisie quel parcours difficile !
    recherchons aide d’artistes benevoles en vu également de créer des spectacles africains : soirées conteurs, dédicaces d’écrivains, musiciens , danseurs ou danseuses en vu de projet humanitaire à Kinshasa pour aide à la scolarité et fournitures scolaires pour enfants des rues et étudiants sans moyen. Notre but c’est l’aide d’un peuple qui est oublié voir les évenements du 11 novembre 2006 à Kinshasa : guerre civile .
    pour ne plus jamais revoir ça.
    j’ai vu le reportage à la télé avec le livre dont les héros sont des animaux entre autre porc-épic . je suis désolée car je ne l’ai pas encore lu et je dois l’acheter.
    MAIS BRAVO L’ARTISTE

  116. Posté par morsli, le 22 novembre 2006 à 15:38

    va te faire c ’est ahmed de Maroc
    un diplomé chomeur
    ki cherche mé il ne trouve pa fuck you
    tu dans l’autre coté alors ke tu a oublié les gens ki son ds cette pauvre coté
    je désolé mé c la realité
    si tu veu me rejoinde voiloa mon msn
    "ahmedmorsli@hotmail.com"

  117. Posté par Michel, le 30 novembre 2006 à 23:07

    Bonsoir
    J’en suis au milieu du livre de Bassong et je jette un oeil sur la toile pour voir si ça vaut le coup de continuer ou si je perds mon temps.
    Un peu trop de clichés à mon goût et pas assez de vécu. Le tout fait construit et artificiel. Encore un coup éditorial ?
    Pas vraiment de posts dans ce domaine et de réponse à ma question. Peut-être @+ quand j’aurais fini. Ciao

  118. Posté par jamel, le 29 décembre 2006 à 16:23

    je suis un cadre tunisien et je cherche a vivre en france aidez moi

  119. Posté par l’Amiral, le 24 janvier 2007 à 02:19

    Ancien des Forces Armées Congolaises dans la Marine ayant été affecté sur la Vedette Reine Ngalifourou de 1962 à 1964, décoré par le Lieutenant Marien NGOUABI en début 1963 recherche médaille militaire Congolaise ayant perdu la mienne lors d’un incendie.Si vous pouvez me renseigner ou je peux m’en procurer une ; merci d’avance.

  120. le 26 janvier 2007 à 20:55

  121. Posté par nada, le 10 février 2007 à 01:31

    je suis une jeune marocainne agée de 26 ans ; et je veux immegrer en france pour travailler à n’importe quel travail pour aider ma famille .
    j’ai :
    Diplome du baccalauréat lettre moderne
    Diplome d’opératrice à l’informatique
    Attestation de setage à l’informatique
    Attestation à la medcine aleternative
    voila mon msn : nassima_0001@hotmail.com et merci d’avance.

  122. le 14 février 2007 à 14:46

    je suis une fille algérienne j’aimerai immigrer en france pour travailler pour aider ma famille merci

  123. Posté par haidarah, le 5 mars 2007 à 17:41

    bonjour.je suis un jeune marocain agé de 32 ans,ayant le niveau de baccalaureat,titulaire des diplomes de dessinateur de batimment et agents technique de bureau d’étude,aussi des diplomes de sport de taekwondo,moniteur et arbitre national,j’ai aussi un permis de conduire catégorie B.C.D.
    je suis marié et pére d’une ptite.
    je veus immigrer et travailler en france j’ai pas de chance ici au maroc j’ai jamais eu un travail,seulement les stages de dessins et parfois la conduite,saufle sport que je pratiquais comme éléve et maintenaint moniteur,mais y’a pas de bon salair entre 450et 800dh par moi.
    c’est pour ca que je veus immigrer en france aussi pour une raison que le seul pays que j’ador en europe c la france.
    dans l’attente d’une reponse favorable veuillez agreez mes sentiments les plus respectueux.

  124. Posté par fleur lili, le 19 mars 2007 à 09:59

    bonjour je suis une femme algérienne qui veut immigrer en france pour travailler et aider ça fammille je suis secrétaire de direction voici mon e.mail cher_lynda@yahoo.fr merci

  125. le 19 mars 2007 à 11:45

    Bonjour
    je suis un homme algerien 30 ans j’ai travaillais pandant 2 ans avec Schlumerger (Compagnie de services petroliers) comme technicien maintenance et Safety coordinator et actuellement je travail avec une compagnie sésmique Entreprise Nationale de Geophysique comme technincien hydraulicien mecanicien je veut immigrer pour vivre et travailler en france voici mon Email : bk_mk2002@yahoo.fr

  126. le 23 avril 2007 à 14:43

    je voudrais vous montrer un site sur le métissage
    http://melissa1981.skyblog.com

  127. Posté par jojo, le 4 mai 2007 à 10:43

    je suis un cadre tunisien et je cherche comment je peux vivre en france et si c’est possible de trouver des familles qui n’ont pas des enfances et qui peuvent me laisser vivre chez eux si c’est possible merci

  128. Posté par abdou, le 25 mai 2007 à 15:49

    Bonjour ;
    J’attend avec impatience la mise en oeuvre de la politique de sarko, concernant l’immigration choisie.

    Nous sommes des cadres de la profonde Algerie.

    Merci

  129. Posté par domba, le 27 juin 2007 à 19:08

    je voudrais aller en france continuer mes etudes.je ne sais pas comment faire et je n’ai personne là-bas que je connaisse.ça me fera vraiment palisir si vous trouvez une solution pour moi.merci

  130. Posté par dimi, le 27 juin 2007 à 19:25

    salut.je suis un jeune etudiant camerounais qui voudrait aller continuer ses etudes en france.je ne sais pas comment faire et je n’ai pas de famille là-bas.s’il vous plait,trouvez une solution pour moi pour la prochaine rentrée scolaire.merci

  131. Posté par laurent77, le 23 juillet 2007 à 17:35

    bonjour mon amie est camerounaise et aimerais vivre en france avec moi et se qu’on se marient comment et par quel biais peut-elle faire une demande d’emploi , elle est diplomée en secretariat et voudrais travailler dans les affaires sociales , pouvez-vous me donner des renseignements , merci d’avance .

  132. Posté par hamza-nadjib.talhi, le 25 juillet 2007 à 00:37

    NOM:TALHI HAMZA NADJIB
    ADRESSE :CITE BOUSSOUF BT 24 n° 74 CONSTANTINE 25000 ALGERIE
    DATE ET LIEU DE NAISSANCE:11JUILLET 1982 A CONSTANTINE
    NIVEAU:LISCENCE EN BIOLOGIE A L’UNIVERSITE DE MENTOURI CONSTANTINE
    SPECIALITE:BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALE
    JE CHERCHE UN TRAVAIL SUR MON SPECIALITE OU N’IMPORTE
    JE MAITRISE L’OUTILS INFORMATIQUE ET MA LANGUE N’EST PAS MAL SOI EN ENGLAIS OU FRANCAIS OU EN ARABE

  133. Posté par ania88dz, le 8 août 2007 à 16:43

    bonsoir, je suis sarah d’Alger je veux travailler en france pour ameliorer le cadre de vie de ma famille, j’ai un deua en informatique de gestion, je veux que vous me donnerier plus d’informations de les demarches que je vais suivre.merci.

  134. Posté par RAHMOUN, le 28 août 2007 à 12:14

    Comment immigrer en France je suis un jeune algerien j’habite a tlemcen g 29ans mariee pas d’enfant g un bac + ma femme a une liecence en science eco & gestion g travailler dans le secteur du batiment g une qualification dans ce domaine.g toujour voulus m’instalé en france car je connait un peut la langue et je veut investir la bas esqu’il ya un moyen ?

  135. Posté par sonia, le 20 septembre 2007 à 12:56

    bonjour, je suis une algérienne (annaba plus exactement)agée de 24 ans, je suis ingénieur d’état en électrotechnique,pourriez-vous m’indiquer comment partir vivre en france, sachant que je maitrise très bien le français ( g meme un diplome agréé par le cadre commun auropéen) ainsi que l’outil informatique, et plein d’autres choses

  136. Posté par sonia, le 20 septembre 2007 à 13:11

    et bien c’est tjrs sonia (ingénieur en électrotechnique 24 ans)(juste en dessu), je voulais vous précisez que mon but c’est ider ma famille, si il y a des familles qui peuvent m’héberger quelque temps,je serai vraiment reconnaissante et je pourrais vous donner tous les renseignement me concernant avant, c’est pour ça je vous laisse mes coordonnées dans l’attente d’une suite favorable "www.sonia_4_475@yahoo.fr" merci d’avance

  137. Posté par houda, le 1er novembre 2007 à 19:24

    houda c’est une docteuriste jolie est polie elle aide les pauvres hommes

  138. Posté par momo, le 13 novembre 2007 à 14:54

    bonjour !comme dit le proverbe il vaut mieux etre petit chez soit que rien chez les autres .croyez moi je suis algérien et je vous reponds parceque j’ai lu votre message comme par hasard je suis un cadre superieur en france bac +15 ans et j compte rentrer chez moi en algérie parceque c’est mon pays ma mere la france c’est pour les francais c’est pas pour nous il vaut mieux penser a travaillé son pays que les autres pays .

  139. Posté par lylia, le 6 décembre 2007 à 22:30

    salut je suis une algérienne qui aime bien partire vivre en france pour aides ma famille financairement j.ai comme déplome TS en comtabilité finance + attitation en unformatique bac + 1 année droit des affaires merçi a vous de pouvoire m.aides je serias trés ravis voila mon email lyia_wafia@yahoo.fr

  140. Posté par coco, le 11 janvier 2008 à 21:07

    bonnjour je suis un jeune algerien agé de 22ans j’ai un diplome de securité industriel et je travail dans le domaine des hydrocarbures et je veut immigrer en france pour pouvoir aider mon pere qui est atin d’une tumeur cerébral comment faire.
    mon @mail est : patchica@hotmail.com

  141. Posté par motrani, le 9 mars 2008 à 10:42

    je suis une jeune fille algériène,j’ai fini mes études(bac+4) la ou j’ai eu une licensence en anglais ainsi qu’une attestaion qualifiante en informatiqu,le problème que j’ai c’est que j’pas trouvé un travail,et comme j’appartient à une famille pauvre j’aimerai bien que vous m’aidez à immigrer en france pour ammèliorer ma situation.Merci

  142. Posté par BEN MAHMOUD MOKHLES, le 6 mai 2008 à 14:54

    JE SUIS CADRE TUNISIEN AYANT UN NIVAU DE BAC+3 JE VEUX TRAVAILLER en France car j’aime vivre en europpe ,je suis serieux et motivant.

    salutations.

  143. Posté par moussa, le 21 octobre 2008 à 16:26

    salut je cherche de l’aide pour contunier mes etudes en france. j’ai comme diplomes suivant:baccalauret,attestation de specialiste en informatique.

  144. Posté par doridant, le 3 juin 2009 à 03:15

    franchement...bravo,c’est le seul mot que je puisse dire en lisant chaque phrases que tu as ecrite.
    j’aime bocoup ce que tu fait et cela donne une bonne claque aux gens qui ne les accepte pas.tout ce caractére que tu mai dans ce livre pourait sans doute evoluer la mentaliter des gens !!
    encore bravo et bon courage pour la suite !!
    samantha 17ans

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