Ancien directeur des Comités de soutien du Général Jean-Marie Michel Mokoko, incarcéré puis condamné à 30 mois de prison ferme au motif (farfelu) « d’atteinte à la Sûreté de l’État », Anatole Limbongo-Ngoka vient de rejoindre l’opposition du pouvoir, tout en continuant de se réclamer de la mouvance Mokoko.

Il vient de créer le Paradis (Parti Panafricain pour un Développement Intégral et Solidaire) - dans un pays où plusieurs partis de l’opposition réelle ont été éteints par le ministre de l’Intérieur - ; il a adhéré à l’opposition « du pouvoir » que dirige Pascal Tsaty-Mabiala et se dit toujours partisan du… Général Jean-Marie Mokoko.

Anatole Limbongo-Ngoka est-il sérieux ?

Pour ses ex-compagnons de l’ACB-J3M, Anatole Limbongo-Ngoka « a le droit de mener ses activités politiques en son propre nom, mais il ne doit plus se réclamer de la mouvance-Mokoko sans être qualifié d’escroc politique  » (Sic) Et de pointer du doigt son double jeu : «  Il se positionne comme étant le continuateur de l’œuvre de Mokoko, tout en torpillant ses valeurs. Il se comporte comme si le Général du peuple était politiquement fini.  »

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Pour l’ACB-J3M (Actions pour le Congo-Brazzaville avec Jean Marie Michel Mokoko), cette inconstance n’est plus démontrer. Suivez son regard ! Dans sa lettre du 14 juin adressée à Pascal Tsaty-Mabiala, Anatole Limbongo-Ngoka se rapproche un peu plus de «  l’opposition contrôlée par Sassou Nguesso », estime l’ACB-J3M. Cette démarche légitime le chef de l’opposition qu’il a pourtant contesté par le passé. Autre fait qui intrigue les militants et sympathisants de l’ACB-J3M : depuis sa sortie de prison, Anatole Limbongo-Ngoka, au contraire de ses ex-codétenus, jouit d’une totale liberté de circulation sur tout le territoire congolais, et ce pour la propagande de son Paradis, de son parti. Il déclare à qui veut l’entendre détenir 60% de l’électorat de Jean-Marie Michel Mokoko, alors qu’il peine à remplir l’équivalent d’une salle de classe, ironise l’ACB-J3M, dans son fief, à Dongou, dans le département de la Likouala.

A l’image de la diaspora opportuniste

En fait, le cas Limbongo-Ngoka n’est pas isolé. Il participe de cette effervescence du vide, de cette pléthore de candidats aussi farfelus que fous, qui précèdent chaque élection, au Congo. Car personne ne veut rater le train du gâteau empoisonné. Et on mord à l’hameçon. « Les impostures sont récurrentes chez les Congolais de la diaspora de France et des USA. Certains compatriotes, en effet, parmi lesquels quelques soutiens de Mokoko sur la place de Paris, se projettent déjà sur les élections présidentielles de 2021 en faisant fi du hold-up électoral de mars 2016 et des origines de la crise que traverse le pays. Ces derniers et leurs compères se présentent ostentatoirement à toutes les tribunes comme opposants politiques au régime de Sassou-Nguesso alors qu’ils ne seraient que des racoleurs de la diaspora au profit du régime actuel  », analyse le président de l’ACB-J3M, le docteur Thierry-Paul Ifoundza.

Il renvoie dos à dos Anatole Limbongo-Ngoka, lequel doit arrêter d’entretenir l’ambiguïté avec la mouvance Mokoko et la diaspora opportuniste. Pour l’ACB-J3M, la Constitution de 2015 est illégale, elle est à l’origine de la tragédie congolaise. Les autorités de fait de Brazzaville ne peuvent, en aucune façon, organiser des élections libres et démocratiques. «  La libération du Congo est un long processus ; et nécessite de la part de ses militants engagés, des convictions et de la persévérance  », conclue-t-il.

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