Depuis quelques semaines, nous avons ouvert un grand chantier : celui de la rédaction d’un Projet de Société à la Création d’un Etat de Droit et au Développement du Congo-Brazzaville.

En effet, beaucoup de Congolais nous ont demandé de rédiger un document pouvant servir de gouvernail pour la navigation du Congo. Car, depuis bientôt quarante ans, le pays navigue à vue. Nous avons aussi ajouté l’Afrique, car on ne peut parler du développement du Congo sans intégrer le pays dans son continent. C’est ainsi que nous avons créé le grand concept « Le Congo dans l’Afrique et l’Afrique dans le Congo  »

Devant cette demande pressante, nous avons cédé et rédigé un ouvrage qui contient des concepts des maquettes ainsi que des plans de développement que les Congolais peuvent ajouter désormais dans l’élaboration de leurs discours politiques, et utiliser comme des pierres angulaires dans la construction d’un Congo Nouveau, dont l’expression traduite en lingala donne Kongo Ya Sika qui désigne, à la fois, un poisson et une plante aquatique.

Mais, Kongo Ya Sika est aussi devenu le titre de cet ouvrage qui va sortir très prochainement. Dans ce livre, nous écrivons Kongo avec K pour revenir à l’histoire commune des Congolais et prouver que nous avons plongé dans ce Kongo profond pour trouver la Doctrine politique, sociale et économique, le Communautarisme, à partir duquel nous avons élaboré quelques concepts, maquettes et plans de développement. Mais, à travers cette écriture, nous voulons aussi marquer la différence avec le Congo de Denis Sassou Nguesso qui est criblé de dettes et qui patauge dans le sang, la merde et la boue. Aussi, avons-nous osé à proposer un nouvel hymne national, des nouvelles armoiries et un nouveau drapeau pour ce Nouveau Kongo.

Le Congo, comme le « bateau ivre » d’Arthur Rimbaud

A la Conférence Nationale Souveraine qui a eu lieu en 1990, les participants à ce grand rendez-vous des Congolais avec eux-mêmes, avaient beaucoup fait et dit. Malheureusement, ils avaient oublié de rédiger ce que nous appelons dans notre livre Le Projet de société qui n’est pas à confondre avec la Constitution, le Programme de Gouvernement et le Calendrier de Gouvernement. Voici les définitions que nous donnons à ces trois nouveaux concepts :

Projet de Société : Pour le cas précis du Congo-Brazzaville, ne devrait être appelé Projet de Société que ce Document Final qui avait été élaboré à la Conférence Nationale Souveraine et qui résume toutes les décisions qui avaient été prises et oriente toutes les politiques sociales et économiques du Congo. Parce que c’est au cours de cette grande messe que les Congolais avaient choisi la démocratie comme leur Nouveau Système Politique et Nouvelle Forme de Gouvernement dans laquelle la Souveraineté émane du Peuple.

C’est aussi au cours de cette assemblée que le Peuple congolais avait, à travers ses délégués, opté pour le multipartisme comme système caractérisé par la présence de plusieurs partis dans la vie politique et parlementaire.

Dans le Nouveau Kongo que nous projetons, c’est ce Document Final ou Rapport Final qui mérite le nom de Projet de Société.

Et, un Projet de Société ne peut être élaboré, modifié ou changé que par la Conférence Nationale Souveraine qui ne doit être convoquée que tous les cinquante ans, pour garantir la paix dans le pays et la stabilité des institutions.

Le Projet de Société ne peut pas être un document vulgaire, privé, élaboré par un candidat à une élection présidentielle. Il appartient à tous les Congolais parce qu’il est le Document Final de la Conférence Nationale Souveraine. Et, il ne doit y avoir qu’un seul Projet de Société dans un pays. Un Projet de Société n’est pas un Programme de Gouvernement. Il est rédigé par une Conférence Nationale Souveraine.
Programmes de Gouvernement : Ce sont ces documents ou ouvrages que les candidats aux élections présidentielles présentent aux Congolais, avant ou pendant les campagnes. Ils contiennent les projets de développement que les candidats veulent réaliser sur l’ensemble du territoire national, durant leur mandat.

Les Programmes de Gouvernement doivent être élaborés par rapport à l’Esprit du Projet de Société, issu de la Conférence Nationale Souveraine, et qui, lui-même, est le document de référence de tous les candidats et de toutes les politiques.
Calendriers de Gouvernement : Ce sont ces documents qui programment, dans le temps, la réalisation des projets retenus et présentés dans les Programmes de Gouvernement.

Conférence Nationale Souveraine

Nous revenons à cette idée, lancée par le président de la CDI, Adrien Houabaloukou, dans laquelle il propose aux Congolais une Conférence Nationale Souveraine Bis. Nous avons été contre cette idée au début, mais le temps qui est passé et la crise qui ne fait que s’aggraver, et qui va s’empirer, dès l’année prochaine, à cause du calendrier politique de Sassou Nguesso qui prévoit une élection présidentielle en 2021, nous ont renvoyé à cette idée. Ce qui est normal, puisque nous ne sommes pas un mort pour ne pas changer d’idée.

Mais, nous avons préféré parler, dans notre livre, de la Deuxième Edition de la Conférence Nationale Souveraine. Car, la Conférence Nationale Souveraine doit être institutionnalisée, au Congo. « Elle est l’instance supérieure de la République, et est convoquée par le président de la République, tous les cinquante ans seulement, pour faire le bilan du Projet de Société et de la Constitution. Ce n’est qu’au cours de cette session de la Conférence Nationale Souveraine qui ne doit durer que quinze jours, que l’on peut envisager la révision ou le changement du Projet de Société ainsi que ceux de la Constitution. Cinquante ans, c’est la vie d’une génération. Cette tranche de temps permet le renouvellement naturel de la classe politique. Car, il vrai que ceux qui participeront à une Conférence Nationale Souveraine ne reviendront pas tous à la prochaine. Ce qui fait que chaque génération de politiciens congolais aura une Conférence Nationale Souveraine, au cours de laquelle elle fera la lecture du Projet de Société et celle de la Constitution. Cette façon de faire règle la question du rajeunissement de la classe politique.

Pas de monologue « « tatsouri - tatsouri » c’est-à-dire boiteux !

Néanmoins, il va y avoir une génération intermédiaire qui transmettra le témoin à la nouvelle génération politique. Ceci permettra au pays d’avoir la paix durable et la stabilité des institutions pendant cinquante ans, et de faire de sorte que les révisions ou les changements ou encore les évolutions que l’on veut opérer sur le Projet de Société ou dans la Constitution ne créent pas des tensions dans le pays et ne remettent pas les Congolais dans la psychose de la guerre.

Ce n’est donc pas le Conseil National du Dialogue créé par Denis Sassou Nguesso et qui propose un monologue « tatsouri-tatsouri  » ou « dengou-dengou » comme disent les Congolais pour qualifier quelque chose qui est boiteux, qui pourra remplacer la Conférence Nationale Souveraine.

Pas d’élection avant la Conférence Nationale Souveraine

Après la guerre de la reconquête du pouvoir qui a fait 400.000 morts et beaucoup de destructions matérielles, en 1997 ; celle de la conservation du pouvoir dont les pertes humaines et les dégâts matériels ne sont pas encore inventoriés (2015) ; l’Opération Mouébara destinée à dépeupler la partie australe du pays et qui fait toujours son cours, la banqueroute ainsi que la crise politique, sociale et économique que connait le Congo, seuls les animaux peuvent continuer à passer leur chemin sans regret, prendre le temps de s’asseoir, dénoncer leur folie, demander pardon ou sanctionner les auteurs des crimes, se réconcilier et envisager autrement leur avenir et celui de leur pays. Or, le Congo n’est pas seulement peuplé par les animaux. Prouvons donc aux yeux du monde que nous sommes encore des humains qui sont dotés d’une intelligence développée.

« Tout, sauf le sud ! »

Cette expression, qu’une certaine opinion nationale attribue à Mathias Ndzon ferait beaucoup d’adeptes. Des ténors de l’opposition sont, eux aussi, séduits par le langage de Mathias Ndzon qu’ils reprennent dans leurs discours.

C’est trop bas, nous ne voulons pas aller dans les détails ! Mais, nous voulons tous simplement leur dire : vous dites «  Tout sauf le sud !  », nous disons « La république du sud Congo ! » Continuez à jouer avec de l’essence… !

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain