JPEGMais que se passe-t-il donc avec notre ami Dominique Mataillet, journaliste à Jeune Afrique-L’Intelligent ???
Vous êtes nombreux à m’avoir signalé son article paru le 9 octobre dans les colonnes de cet hebdomadaire respectable, article qui s’intitulait « Transferts d’écrivains ». Dominique Mataillet aurait repris presque à la lettre notre article du Blog intitulé « Quand les écrivains conjuguent le verbe quitter » mis en ligne le 7 septembre dernier. Cette reprise nous honore. Mais la déontologie aurait été respectée si Dominique Mataillet avait donné ses sources. Notre Blog n’est pas cité même si, disons-le, le journaliste me jette plus que des fleurs... sur tout autre chose que ce sujet du Blog !

Et puisque nous sommes presque persuadés que Dominique Mataillet lit ce Blog, il viendra sans doute nous donner plus d’éclaircissements car c’est un homme d’un professionnalisme indubitable, et je ne suis pas certain qu’un journaliste aussi futé que lui puisse se livrer à une telle faute déontologique, d’autant plus que Jeune Afrique-L’Intelligent a consacré un long article sur les Blogs, article qui mettait notre Blog bien en valeur avec les pseudonymes de certains d’entre vous qui animez avec enthousiasme notre petite messe d’idées...

Je vous rapporte ici l’intégralité de son article paru dans Jeune-Afrique l’Intelligent que vous pourrez alors comparer avecle nôtre.

Transferts d’écrivains
FRANCE - 9 octobre 2005- par DOMINIQUE MATAILLET

Auteur phare du Seuil, Tahar Ben Jelloun a annoncé au début de septembre
qu’il quittait la maison où il a publié vingt-deux livres depuis
vingt-huit ans. Ses deux prochains romans paraîtront chez Gallimard. « Je
ne me sentais plus chez moi », a commenté le romancier franco-marocain. On
sait que le Seuil a connu de nombreux bouleversements depuis son rachat par
le groupe La Martinière en janvier 2004.
Ce changement d’« écurie », qui semble fondé avant tout sur des questions
d’affinités personnelles, s’est fait dans la discrétion. Rien à voir avec
les mouvements qui ont défrayé la chronique de l’édition française ces
derniers mois. Le plus symbolique est celui du Brésilien Paulo Coelho,
arraché par Flammarion (propriété de Rizzoli) à Anne Carrière. Face aux
moyens déployés par le groupe italien pour séduire l’auteur de
L’Alchimiste (8 millions d’exemplaires vendus en France), l’amitié qui
liait ce dernier à son éditrice n’a pas pesé lourd.

La vénérable maison Gallimard, de son côté, a été délestée de deux auteurs
à succès. Alexandre Jardin, dont Le Roman des Jardin est l’un des
best-sellers de cette rentrée, a été recruté par Grasset, alors que le
sulfureux Maurice Dantec et son Cosmos Incorporated prenaient pied chez
Albin Michel.

On ne connaît pas le prix de ces transferts. Quoi qu’il en soit, tels les
footballeurs, ainsi que l’expliquait récemment l’hebdomadaire Marianne,
les écrivains ont des agents, des imprésarios, et les éditeurs sont prêts
à leur offrir des ponts d’or pour les faire écrire sous leurs couleurs.
Pour obtenir les droits du nouveau roman de Michel Houellebecq, La
Possibilité d’une île, et le faire quitter Flammarion, Fayard a dû ainsi
se fendre d’1 million d’euros et promettre une adaptation
cinématographique.

Ce turnover n’épargne pas les auteurs d’origine africaine. Après avoir
fait les beaux jours du Serpent à plumes et de la collection « Continents
noirs » de Gallimard, le Djiboutien Abdourahman Waberi fera paraître son
nouveau roman chez Jean-Claude Lattès en janvier prochain. De Grasset, le
Camerounais Gaston-Paul Effa est passé au Rocher, où vient de sortir son
dernier livre (voir J.A.I. n° 2334). Il y a été rejoint par le Haïtien
Louis-Philippe Dalembert (Rue du Faubourg Saint-Denis, paru en septembre).
Tandis que la Gabonaise Bessora a trouvé asile chez Denoël et qu’un autre
Haïtien, Dany Laferrière, s’est installé chez Grasset, le Congolais Alain
Mabanckou, après avoir publié à L’Harmattan, à Présence africaine et au
Serpent à plumes, a fait son apparition dans le catalogue du Seuil. Verre
cassé, le roman qu’il y a publié (voir J.A.I. n° 2312), est sur les listes
de plusieurs grands prix littéraires - notamment dans la deuxième sélection
du Femina.

Encore faudrait-il étudier un par un ces transferts - dont la liste ne
s’arrête pas là - pour en dégager la signification. Pour un Mabanckou,
dont le dernier roman, véritable chef-d’oeuvre, est promis à une très
belle réussite commerciale, combien d’auteurs africains naviguent-ils
d’éditeur en éditeur parce que leurs livres se vendent mal, très mal ?
Derrière le même phénomène se cache donc deux réalités bien différentes.