Entretien avec Mabio Mavoungou Zinga président de MKD

lundi 11 décembre 2006
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    L’honorable Mabio Mavoungou Zinga
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    Réunion préparatoire
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    Arrivée de la caravane des participants
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    Les_berges du lac Youbi à proximité du champ de Carnaval
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    Le feu, symbole du Carnaval
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    L’inévitable photo de famille
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    Un bain de foule pour MMZ
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    Frédéric Pambou, directeur du Carnaval
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    Banderole d’accueil à Bas-Kouilou

Q : D’où vous est venue l’idée de créer le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes ?

MMZ : Les membres sociétaires de Madingo-Kayes Développement recherchent sans lassitude les moyens de revitaliser le terroir de Madingo-Kayes dont la richesse culturelle reste indéniable. Dans cette optique, nous nous proposons de considérer toute la dimension humaine du développement, étendant nos actions vers des horizons supérieurs où règne la culture. Ainsi nous décidâmes en septembre 2002 d’organiser désormais tous les deux ans le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes. Et la première édition eu donc lieu en Juillet 2004 à Youbi. Elle eut pour thème : « La revitalisation des activités culturelles et des arts traditionnels locaux ».

Q : Quels buts assignez-vous à cet évènement culturel ?

MMZ : Le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes vise entre autres objectifs :
-  La revitalisation des activités culturelles et des arts traditionnels locaux ;
-  La création d’un espace de dialogue culturel ;
-  La mise en place d’un cadre festif et commercial ;
-  L’ouverture de Madingo-Kayes au reste du monde.

Q : Peut-on avoir une vue de la préparation et du fonctionnement de ce Carnaval ?

MMZ : Madingo-Kayes Développement est une association ouverte qui communique en permanence. Nous avons une commission qui se charge de gérer le transport des acteurs sur le site du Carnaval et de résoudre les questions vitales avant la cérémonie et pendant le Carnaval.
Cependant, cette fête se déroule selon un canevas historique. L’architecture se présente donc de la manière suivante : la période historique, l’école et le village.
C’est pourquoi la procession commence par la période précoloniale, en passant par l’ère coloniale et pour terminer par la période postcoloniale. Ainsi, l’école de la Tchikumbi de Tchisséka dont le N’limba est la danse de circonstance existe avant l’arrivée du colon ; l’école de la Tchikobi de Kanga et Yanga dont la danse est la Tchikobi, s’exhibant en toutes circonstances, se situe elle dans la période précoloniale.
Après ces deux écoles, les écoles des Bi’nuani de Kayes-Poste et Bas-Kouilou, des M’ sodadi et du Tchipoye de Youbi marquent toutes, la période coloniale.
Puis, la procession bien sûre, se termine avec les écoles de bayila (dérivé du mot lusophone « bailar » qui signifie danser), Mérengué (Lélikage) et bien d’autres écoles toutes aux allures modernes
.

Il y a aussi les écoles de Liboka d’Ikalou, des Bikisi de Youngou, de Mbembo ( Youbi), de Mi’ têt (Tchizalamou), de Chiponzi de Km4 et N’kola, de Nza’ lima et d’Etsaï (Mboukou-Massi) dont les artistes sont originaires du Nord du pays ; sans oublier le Tchin’kouara qui nous vient des pays du Niari, toutes ces école ont leur place dans la procession qui s’étend jusqu’aux comédiens et les spiritualistes avec lés écoles de Bivoundji du Congo (personnage loufoque du fou) et les écoles de Chi’nkochi de Koutou et Tchessa (la spiritualité de Madingo-Kayes).

Q : Pendant la deuxième édition du Carnaval Culturel de Madingo-Kayes, la procession s’est faite par des écoles et non des groupes. Pourquoi ce choix ? Et quelles sont les caractéristiques de chacune de ses écoles ?

MMZ : Nous sommes conscients que l’homme ne pouvait pas hasardeusement multiplier les pas pour trouver la danse, ni vouloir tout simplement crier pour avoir le langage et le chant. Nous sommes à cet effet, guidés par une volonté permanente de recherche culturelle dans l’immense champ des aspirations de nos concitoyens. C’est pourquoi nous ouvrons pleinement les portes de nos cœurs et esprit aux différents messages véhiculés par ces écoles, tout en nous laissant emporter par la transe de leur danse, la balade de leurs airs et le charme de leurs rimes.

Q : Pourquoi avez-vous choisi Youbi comme site du Carnaval Culturel de Madingo-Kayes ?

MMZ : Youbi est un promontoire au milieu de nos rêves, qui s’impose par son cadre naturel touristiquement paradisiaque, offrant d’énormes possibilités d’investissements. Et loin de succomber tout simplement au charme de cet espace où tous éléments de la vie cohabitent harmonieusement, nous lançons par la même occasion la promotion d’un site favorable à l’écotourisme.
Puis pour tous ceux qui ont eu la chance de fouler le sol de Youbi, combien forte était la tentation d’y rester plus longtemps, au cœur de cette nature où l’eau par le lac, la forêt, la plaine et le sol y sont comme si géométriquement placés et remplis d’âme. Youbi est en fait, un sanctuaire, un endroit mythique et propice pour toutes les communications. Vous comprenez que le thème de cette deuxième édition révèle une certaine pénétration dans l’âme de nos ancêtres pour la sauvegarde notre patrimoine.

Q : Une importante flamme a marqué l’ouverture du Carnaval Culturel, un bûcher en feu. Que signifie ce symbole ?

MMZ : Le feu, élément purificateur est le symbole de notre Carnaval ; il vivifie et donne corps à la solidarité, qui existe entre les différents membres du groupe. Il est avec la terre, l’air et l’eau, l’un des quatre éléments de la nature.

Q : Pourquoi attribuez-vous un thème à chaque édition ?

MMZ : La première édition du Carnaval Culturel de Madingo-Kayes avait pour thème : « La revitalisation des activités culturelles et des arts traditionnels locaux ». Il s’agissait pour un premier temps de pétrifier et redynamiser nos cultures. C’était le commencement d’un processus de revitalisation culturelle de notre terroir. Et de 2004 à ce jour, il s’est écoulé deux années, la motivation des organisateurs et des artistes ne fait que s’agrandir. On a donc pris l’envol.
Cette année, la deuxième édition a eu pour thème : "Conservation et épanouissement du patrimoine culturel". Nous avançons en fait vers des hauteurs morales inexplorées pour une nation solidaire et unie à travers la culture. Appréhendant l’art dans son sens profond et veillant à sa noblesse, nous n’accepterons de perdre les acquis, ni de laisser latentes les énergies suscitées, ou inertes la fraternité, la solidarité et la communion des générations Car l’action humaine quel que soit le secteur, est une ascension lorsqu’on voudrait atteindre le meilleur.
Ainsi, nous montons vers nos legs, vers nous-mêmes et vers notre devenir. Que cela n’étonne donc pas qu’apparaisse demain un autre thème.

Q : En choisissant un carnaval culturel, croyez-vous avoir trouvé le meilleur moyen d’atteindre les objectifs visés ?

MMZ : Le Carnaval doit être entendu comme un temps de réjouissances populaires se caractérisant par des bals, cortèges, mascarades et des mannequins grotesques comme je disais précédemment sans oublier le fait que c’est un immense théâtre qu’aucune salle ne peut contenir, et de toute évidence la fête de la sensualité, de la culture, de l’amour et de la beauté.
En outre, le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes profilé, permet à 40 villages et environ 11.000 habitants de communier dans un vaste espace physique et temporel, qui se prête à tous les rites, défilés et démonstrations. La procession seule s’occupe du décor à votre aise.
C’est pourquoi les grands carnavals du monde ont leur raison d’être. Tout comme les carnavals de Rio au Brésil, de la Martinique en Guadeloupe, de Marseille en France, de Londres en Angleterre, le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes est incontournable. Il est l’expression profonde des Madingo-kayesiennes et Madingo-kayesiens soucieux de conserver et d’épanouir leur patrimoine culturel, de célébrer le dialogue des cultures, la compréhension mutuelle, la tolérance et la paix.

Q : Avez-vous un regard particulier sur les écoles de danse des citoyens de la RD Congo qui participent à ces éditions ?

MMZ : Le District de Madingo-Kayes avec son allure arc-en-ciel, est habité non pas seulement par les vilis, loumbou et yombés, mais aussi par des Madingo-kayesiens venus de plusieurs contrées et qui ont appris à vivre harmonieusement sur le cette terre de nos ancêtres.
Et puisque nous célébrons le dialogue des cultures, la compréhension mutuelle, la tolérance, la paix et l’unité, nous ne trouvons rien d’extraordinaire en cela. Ceci n’ets peut-être pas exhaustif, mais au moins suffisant pour constater que nous ne regardons qu’à la beauté, palefroi du Carnaval Culturel de Madingo-Kayes et à notre profond désir de vivre ensemble.
Ce Carnaval permet de réaliser parfois, que l’homme est partout sur terre au meilleur endroit. Et il est certainement le paronyme de la vie quotidienne des habitants de Madingo-Kayes.

Q : Avez-vous le sentiment d’avoir atteint vos objectifs ?

MMZ : Nous ne parlerons certainement pas des sentiments tout courts. A Youbi, le Carnaval a présenté l’image d’une nation paisible comme l’est notre pays. Le Préfet du Département du Kouilou a été escorté par l’école des Bi’ nuani de Kayes-Poste, témoignant la symbiose entre l’État et ses administrés. Il n’y a eu ni place au « zidanisme » verbal ou politique, ni heurts. La liesse était totale et la foule festive avec une maturité de langage, une pensée noble. Il faut le dire qu’elle était immense et très réceptive.
Le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes rassemble. Il permet à chacun de partager, soit son talent, ou soit temps, et pousse à conclure que la vie vaut la peine d’être joyeusement vécue.
Par ailleurs, signalons que s’arracher de ses occupations pendant deux jours et se lever chaque matin avec sourire et bonheur ; tous ces actes traduisent la concorde, l’union et la croissante connaissance des uns et des autres.
La presse comme toujours, était au rendez-vous, amplifiant l’échos de nos aspirations et émanations.
Toutefois, laissez-moi vous rassurer que nous ne portons pas totale satisfaction, mais continuons chaque jour de manifester notre volonté d’avancer vers de plus grands horizons

Q : Comment entendez-vous pérenniser cette pratique de carnaval ?

MMZ : Les membres sociétaires de Madingo-Kayes Développement avaient décidé en septembre 2002, d’organiser un Carnaval Culturel tous les deux ans. Cela se fait depuis juillet 2004. Nous avons donc réalisé à ce jour deux éditions.
Mais, limiter une initiative dans la Sous-préfecture de Madingo-Kayes, ferait montre d’égoïsme et d’unilatéralisme impromptu. Nous pensons en effet à l’ouverture, et invitons d’ores et déjà tous les sachant en matière culturelle, touristique, et tous les bâtisseurs à se joindre à nous pour qu’ensemble nous conjuguions nos efforts afin de trouver des solutions pérennes à ces secteurs d’activités.
C’est pourquoi j’émets le vœu que nous arrivions un jour tous ensemble et dans le consensus, à moyen ou long terme, à organiser le Carnaval Culturel du Kouilou dont les modalités restent à définir.

Q : Face à tout ce qui passe dans le monde, le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes en est-il resté indifférent ?

MMZ : A L’occasion de la cérémonie officielle marquant l’ouverture du Carnaval Culturel de Madingo-Kayes, je déclarai dans mon discours :
« Pour terminer mesdames et messieurs, je voudrais vous faire constater qu’au moment où les élections s’approchent, chaque « zidane » politique y va de son verbe, et beaucoup verse dans l’invective ; c’est un problème d’éducation, de culture. Je vous demande de vous unir mentalement à ma modeste personne pour prier ceux qui président aux destinées de ce monde d’apaiser toutes les passions discordantes des hommes politiques de ce pays et de les rendre capables au-delà de leurs appartenances, de s’aimer les uns les autres pour un Congo plus fraternel où le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest ne font qu’un comme nous allons le voir tout à l’heure au cours de la procession... ».
J’exprimais par là mon angoisse face à la bêtise humaine et notre volonté de participer à l’édifice d’un monde meilleur et beau comme ce Carnaval.

Q : Au cours de cette édition, qu’est-ce que le temps ne vous a pas permis d’exprimer ?

MMZ : Le Carnaval Culturel de Madingo-Kayes n’est pas une simple tribune de Madingo-Kayes Développement. Souhaiter la bienvenue sur la terre sacrée de Madingo-Kayes à tous ceux qui ont accepté notre invitation, les remercier de nous avoir offert leur précieux temps et leur manifester notre gratitude, sont pour nous les seules expressions personnelles. Hormis ce qui précède, le reste devient une aspiration collective. Car nous ne cherchons pas tout simplement à donner, mais aussi à recevoir.
Ce Carnaval est le lieu où se brise l’égocentrisme. Nous y venons aussi pour fêter, communier et apprendre. Et tout comme le soulignait Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo en ouvrant la seconde édition du FESPAM le 1er août 1999 : « La musique n’a pas seulement le mérite de nous charmer, de nous faire passer de temps à autre une heure exquise ... Elle concourt à l’amélioration morale de la population, élève le niveau de ses pensées, ouvre aux âmes déshéritées des horizons artistiques »,

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Les écoles de danse

L’artisanat

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