Nous sommes conscients que l’homme ne pouvait pas hasardeusement multiplier les pas pour trouver la danse, ni vouloir tout simplement crier pour avoir le langage et le chant. Nous sommes à cet effet, guidés par une volonté permanente de recherche culturelle dans l’immense champ des aspirations de nos concitoyens. C’est pourquoi nous ouvrons pleinement les portes de nos cœur et esprits aux différents messages véhiculés par ces écoles, tout en nous laissant emporter par la transe de leur danse, la balade de leurs airs et le charme de leurs rimes.
Ce souci donc a entraîné la création d’écoles toutes distinctes de la forme au fond, je vais vous donner les caractéristiques de quelques unes d’entre elles

L’école de la Tchikumbi doit son nom au phénomène de la Tchikumbi, qui est un rite de passage pendant lequel la jeune fille parvenue à l’âge nubile, accède à la période d’initiation et de fécondité plus ou moins longue (deux mois à deux ans). L’une des occupations favorites des tchikumbi est la danse n’limba (ku pôk n’limb) . Son rythme émane de deux instruments appelés le ngoma et le pa : la . Sa cérémonie se danse sous les battements du ngoma suivi du pa:la, invitant même les voisins des villages voisins à se joindre à la danse qui généralement débute à la tombée de la nuit.

L’école de la Tchikobi (village de N’Lamba Bélolo)
Tchikobi veut dire talon. La Tchikobi trouve son essence dans une quête de synchronisation qui s’appuie sur l’accord du talon du batteur principal avec la peau tannée du tambour, et de deux batteurs Secondaires, l’un sur le Kouangue M’lende et l’autre sur le pétengas pour harmoniser le rythme. C’est le rôle dominant du talon qui a inspiré le nom de la musique et de la danse. Nul ne peut jouer de la Tchikobi s’il ne s’accommode pas à ce schéma.

L’école du Tchipoye (village de Tchizalamou)
Conçu au départ comme civière ou brancard pour le transport des malades auprès des guérisseurs, le tchipoye s’est du jour au lendemain transformé en moyen de transport privilégié pour les tenants du pouvoir.
Désormais donc, une chaise de fortune tient lieu d’objet de commodité dûment fixé sur deux barres transversales en bois de fer, elles mêmes assises sur deux sortes de chevrons de même nature dans le sens de la longueur ; le tout, porté par au moins quatre indigènes corvéables à souhait ; nous disons : plus jamais ça .

L’école des Bi’ nuani (village de Kayes-Poste) :
Bi’ nuani veut dire guerriers. C’est un rite pratiqué en temps de conflit ou d’affrontement : bras, épaules, jambes, ventres et visages sont passés au kaolin. Les guerriers se dénudent et se ceignent les reins du m’bati , symbole d’agressivité. Dans cet état de quasi nudité, ils sont prêts à repartir poussière pour la défense de leur terre ou patrimoine. Les Bi’ nuani sont scindés en deux groupes : les b’ ndung et les chi mpuni . Ils portent aussi des amulettes ou des cordons de couleurs multiples autour du coup ou des bras pour manifester leur invincibilité. Ils utilisent des sagaies comme armes.

L’école des M’ sodadi dont le nom dérive de la traduction vili du mot soldat, perpétue la mémoire des supplétifs des colons, véritable armée d’auxiliaires dont les interventions étaient plutôt brutales. Les M’ sodadi ont constitué le corps expéditionnaire de la période coloniale. On y trouvait généralement des bourreaux venus de contrées lointaines, pour éviter la familiarité avec les bêtes de somme qu’étaient leurs victimes. Ils étaient armés de gourdins ou de matraques.

L’école de la Mbembo
La mbembo veut dire voix. Elle est une danse de circonstance produite lors des veillées funèbres (masuku) précédant l’enterrement d’un chef.
Les danseurs, hommes et femmes ont la tête, la poitrine et les hanches ceintes de feuilles de palmier. Ils tiennent à la main des palmes et entonnent des mélodies en formant des figures en forme de cercle.
De nos jours, elle est aussi pratiquée pour souhaiter la bienvenue aux autorités.

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Interview de Mabio Mavoungou Zinga

L’artisanat