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Le nouveau livre de Kelman

Gaston Kelman est connu pour avoir écrit Je suis noir et je n’aime pas le manioc, un livre ( essai ou document, c’est selon ) qui a fait couler beaucoup d’encre... et de salive !

Sans avoir pris le temps de donner des intructions à son banquier afin de placer ses confortables droits d’auteur du précédent bouquin, le voici qui sera de retour en librairie le 15 septembre avec Bounty ( ed. Max Millo).

Toutefois, il semble que cet auteur subisse encore la foudre d’une bonne partie de "la communauté noire". Et lorsqu’ Internaute.com lui demandait l’année dernière, en novembre, comment son livre avait été reçu au Cameroun, son pays natal, notre best-seller répondait alors :

« Très fort, à ce qu’il paraît, comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique. Cela ne veut pas dire que tout le monde est d’accord sur tout. Mais les gens sont fiers de ce "frère" qui passe à la télé, pas seulement comme musicien, footballeur ou même comme intello coincé et dit des choses fortes. J’ai des invitations dans quelques pays et bientôt je vais faire une tournée en Afrique."

Mais voilà que dans le quotidien Mutations ( Cameroun ) de ce 25/08, on apprend que ce n’est plus le grand amour entre lui et le Cameroun ! Dieu merci, il y avait pénurie de tomates dans les marchés de Douala :

« A Douala, j’ai été traité de tous les noms et c’est à peine si on ne m’a pas jeté des tomates. Là-bas, ils sont enfermés dans une négrité que je déplore. Il y avait à peine cinquante personnes dans la salle de conférence qui se sont mises à me parler en Bassa et à me dire que je suis né à New-Bell et que, forcément, je devais aimer le manioc. Par contre, à Yaoundé, il y avait 400 personnes dans la salle, Noirs et Blancs, qui n’étaient pas là dans une logique de complaisance mais de débat intellectuel. C’est cela que je souhaite. Qu’on me dise en quoi j’ai raison et en quoi j’ai tort. »

Et puisque l’auteur semble trouver des titres "provocateurs" à ses livres ( Je suis noir et je n’aime pas le manioc , Bounty, Blanche est ma soeur ), c’est à juste titre que le quotidien Mutations lui demande, non sans malice :

Est-ce que le titre provocateur est un choix délibéré chez vous ?

Moi, je dirais plutôt le titre interpellateur. Je fais de l’interpellation. J’ai choisi de traiter des sujets qui peuvent choquer, c’est clair. A partir de là, je prends un ton qui ne va pas être celui du badinage ou de la ballade amoureuse. Là aussi, c’est clair. C’est un choix. J’aurais pu parler moi aussi de l’afrocentrisme pour faire plaisir à tout le monde ou de la fierté des Noirs. J’aurais pu faire de la poésie, mais je ne sais pas si j’aurais réussi. J’ai choisi plutôt de dire au Noir, regarde toi en face. Tu es médecin, tu es éboueur, tu es agriculteur, tu n’es pas noir, ça n’existe pas. Il y a des hommes à la peau noire, il n’y a pas de Noir.

Et, il a droit à une question de littérature - Dieu merci, une fois de plus, pas une question de football, surtout avec ces "Brésiliens africains" que sont les Camerounais :

De tous les auteurs négro-africains, du quel vous sentez-vous le plus proche ?

Je me sens proche de beaucoup d’auteurs africains. Je me sens proche de Francis Bebey. Tout ce que je dis aujourd’hui, il l’a dit dans Le fils d’Agatha Moudio. Il a un message d’un humanisme tonitruant... J’aime Senghor et Césaire. Dans mon dernier livre , j’ai abondamment cité Césaire.

A lire donc :

Gaston Kelman, Bounty, ed. Max Millo, en librairie le 15 septembre... et à la télé les jours et les mois qui suivront...