De retour dans la capitale après quelques mois passés à l’intérieur du pays, je découvre avec horreur ce début de polémique entre Ange-Edouard Poungui et la représentation parisienne du RDD, parti du Président J.J. Yhombi Opango. Je me bornerai de soumettre à l’appréciation de tous les annotations que j’ai portées en marge.

"Intentions et attentions sur un retour des exilés au Congo : la controverse Poungui / Yhombi".

De retour dans la capitale après quelques mois passés à l’intérieur du pays, je découvre avec horreur ce début de polémique entre Ange-Edouard Poungui et la représentation parisienne du RDD, parti du Président J.J. Yhombi Opango. Je me bornerai de soumettre à l’appréciation de tous les annotations que j’ai portées en marge.

Du texte de Ange-Edouard Poungui :
Il me semble qu’il soit dans les devoirs du Président du CDUR d’exprimer sa préoccupation quant à la résolution d’une profonde crise de démocratie que les parisiens ne ressentent peut-être pas, mais qui nous étreint, ici au Congo, au point de nous priver de respiration.

Du droit de réponse de la représentation parisienne du RDD :
Il faut avoir une vision politique bien étroite sinon obtuse et même obstruée pour voir une séparation fondamentale et radicale entre la crise politique en 1997 au Congo et les évènements d’Owando et d’Oyo. On tue à Oyo, et ils proclament que ce n’est rien !

Les tombes des victimes d’Oyo ayant été érigées, le problème est-il pour autant réglé ?

Les auteurs de ce chiffon semblent s’adresser à des personnes complètement naïves qui n’auraient ni lu la lettre ouverte d’Ange-Edouard Poungui, ni aucune connaissance du Congo.

Concernant les prétendus accords entre l’UPADS et le PCT, il serait intéressant d’en avoir le texte et de discuter avec sérénité.

Du tribalisme : mais où donc Ange-Edouard Poungui dit, propose ou insinue une telle absurdité ? On parle de deux hommes dont l’inimitié n’est un secret pour personne, et messieurs Oboba, Ntsiété et Mafimba entendent "Koyo" et "Mbossi". Le positionnement tribal des auteurs de cette prose crève l’évidence, et quand ils demandent à Ange-Edouard Poungui de prouver ses affirmations sur l’inégalité de traitement entre J.J. Yhombi Opango et les autres (Pascal Lissouba et Bernard Kolélas), ils se lancent eux-mêmes dans une superbe démonstration de la véracité des propos de Ange-Edouard Poungui.

Cet infâme tissu de mensonges et de digressions prétend descendre Ange-Edouard Poungui et pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ses auteurs malgré les nombreux plagiats et un style à la mode des philosophes de rue congolais, usant quelquefois d’une vision parcellaire d’éléments de droit, dressent en ces onze pages un véritable réquisitoire à l’encontre de DSNG et J.J. Yhombi Opango, ce qui revient en final à faire un vibrant plaidoyer pour Ange-Edouard Poungui.

Au fil des paragraphes et des pages, chaque mensonge est révélateur d’une vérité, d’un crime, d’une exaction, d’une injustice, d’une trahison, d’une forfaiture commis par J.J. Yhombi Opango.

Il est des choses secrètes que ces trois "odzoba" nous ont révélées, ce en quoi nous devons les remercier.

Ils aiment bien le mot "argutie" qui décrit parfaitement leur mode de dissertation. Ils infantilisent les congolais, qu’ils jugent immatures et pas préparés pour la réconciliation. Sept années de confiscation du pouvoir et des morts par milliers n’auraient selon eux rien apporté à ces congolais qui sont parfaitement incapables de réaliser la nécessité d’une véritable réconciliation, celle où, en toute responsabilité, on se regarde droit dans les yeux pour dire ensemble "pardon" et reprendre le chemin d’un avenir où seront bannis les germes qui ont causé ce grand bain de sang que le Congo ne méritait pas.

Ces fins connaisseurs de la coutume congolaise ont compris que la famille passait avant la nation.

Du silence du Président J.J. Yhombi Opango :
Le Président J.J. Yhombi Opango ne s’étant pas exprimé lui-même, j’ose espérer qu’il ne soutient pas ces propos pour le moins calomnieux et diffamatoires. Sinon, où est passé l’homme pour lequel la rigueur et la fermeté étaient la règle ?

Du silence du Président Denis Sassou Nguesso :
Que Denis Sassou Nguesso ne se précipite pour donner la réplique au pamphlet du RDD ne surprendra personne : il prend son temps comme à son habitude quand il s’agit de démocratie. Dans certains milieux brazzavillois on nous dit qu’il aurait gagné en sagesse. Nous pouvons donc espérer une réponse sous forme d’un message fort lors d’une de ses multiples tournées en région ou à travers le monde.

Jacob NINGA.
Brazzaville, 9 avril 2005.


Par : jacob_ninga