lundi29 janvier 2007

L’Europe de mon enfance

J’étais encore un gamin. Et, lorsqu’il fallait jouer, lorsqu’il fallait courir à perdre haleine vers la Côte sauvage sous les regards ébahis des pêcheurs béninois, nous nous disions entre camarades :"On va aller en Europe !"... Et chaque navire qui jetait l’ancre au Congo, au port de Pointe-Noire, venait à coup sûr de ce continent lointain. L’Europe, nous la voyions dans la ville quand les matelots prenaient la cité d’assaut, traînaient dans les bars des quartiers populaires. Ils étaient là, les matelots, les bras estampillés de tatouages de dragons qui crachaient du feu ou de belles créatures avec une queue de poisson. Nous avions lu les épisodes extraordinaires des flibustiers et autres aventuriers. Etait-ce dans le but de leur ressembler que nous portions des boucles d’oreilles, imitions leurs tatouages sur nos avant-bras encore frêles ? Comment expliquer que, pour nous autres gamins de Pointe-Noire, les matelots étaient tous des gens d’Europe ? A cause de la mer, sans doute. A cause de l’Océan Atlantique. Tout ce qui « surgissait » de la mer ne pouvait que venir d’Europe. Que parmi ces matelots il y eut des Noirs, des Jaunes ou des Rouges, ils étaient tous des Européens ! Au fond, nous proposions déjà une définition ouverte de l’Européen de demain, une Europe des peuples, une Europe d’individus d’origine diverse...

Et notre professeur de géographie, un français, Monsieur Dupré, l’œil vif, nous ouvrait les portes de l’Univers. Sur une carte du monde, il pointait sa règle au cœur de l’Europe, descendait vers la France, désignait enfin le Poitou-Charentes, sa région natale ! Nous savions désormais que l’Europe n’était pas un seul pays, qu’elle n’avait pas une unité linguistique ou ethnique comme nous le croyions, qu’elle était dominée par le christianisme et les langues indo-européennes. Et, sur cette carte, l’Europe nous apparaissait comme une tache répandue sur toute la surface du mur. Nos yeux, avides, se posaient dessus, scrutaient le moindre trait, suivait les cours d’eau, les fleuves turbulents, mais moins impressionnants que les nôtres, disions-nous avec chauvinisme. Dans cet élan de comparaisons, nous avions la certitude que la carte d’Europe, bien différente de celle de l’Afrique, n’était qu’un entrelacement de contrées éclatées, avec des frontières confuses, hasardeuses. L’ensemble donnait le spectacle d’une pieuvre âgée, exténuée, et dont les tentacules bougeaient à peine. Nous remarquions d’un coup d’œil que l’Espagne lorgnait le Maroc vers la ville de Tanger ; la France arborait son nez pointu vers l’Océan Atlantique, elle suffoquait à cause de cette Angleterre presque assise sur sa tête ; l’Italie était une étroite chaussure « talon-aiguille » de nos filles de joie du quartier Rex ; la Norvège, la Suède et la Finlande dessinaient une scolopendre recroquevillée que chatouillait le Danemark ; l’Allemagne et la Pologne épiaient la mer baltique tandis que la Grèce, confinée entre la mer Égée et la mer ionienne, ne perdait pas de vue la méditerranée. Et sur cette carte toujours, la Russie se taillait la part du lion. Plusieurs noms de villes européennes allaient revenir pendant le cours d’histoire de Madame Paraiso, noms qui allaient être gravés dans nos mémoires : Berlin, Helsinki, Dantzig, Varsovie, Nuremberg, Sarajevo, Vienne etc.

Les choses bougeaient. Nous avions entre-temps perdu l’espoir de voir l’Europe apparaître au-delà de l’Océan Atlantique. Les heures que nous consacrions sur la grève nous paraissaient longues même si nous tuions le temps en édifiant des châteaux de sable. Des châteaux qui s’écroulaient avec nos désillusions. Il nous fallait désormais regarder vers le ciel. Par conséquent, l’avion qui perçait les nuages de Pointe-Noire s’orientait forcément vers l’Europe. Surtout pas vers Libreville, encore moins vers Bangui ou Douala ! Pour ces dernières destinations, il y avait la pirogue du grand-père, voire la natte magique d’un bluffeur du coin qui avait pour ouvrage de chevet Les Contes des Mille et une nuits...

Copyright A. Mabankou, Texte commandé par le quotidien français La Montagne et paru le week-end dernier.

Photo en haut, de gauche à droite : mes cousins "Magicien" et "Garin". Je suis à droite. Nous allions tous les trois au Port maritime de Pointe-noire pour "voir l’Europe"...

Commentaires

  1. Posté par jean-michel, le 29 janvier 2007 à 07:35

    Sacré coup de plume Alain !

  2. Posté par Claudines, le 29 janvier 2007 à 08:20

    C’est curieux, nous, à Brazzaville, on ne rêvait pas vraiment de l’Europe. Trop loin de la mer sans doute. On trouvait curieuses ,et même scandaleuses, les européennes qui allaient au supermarché Score en maillots de bain. Depuis, ça a été interdit, même dans les stations balnéaires françaises d’ailleurs. L’Europe, à cette époque, c’était le départ pour les hautes études et le retour presque systématique au pays, ou les séries télévisées comme "Jacquou le Crocquant" qui va être adapté bientôt au cinéma...

  3. Posté par Denis S-N., le 29 janvier 2007 à 09:37

    Bon je voudrais prendre à témoin le public pour dire ici et maintenant (urbi et orbi) que la photo est vraiment trop sérieuse, Monsieur Mabanckou ! Vous aviez tous les 3 peur du flash ou quoi ? On dirait des gens qui sont en rang devant la salle de classe et l’instituteur leur a dit de ne pas bouger ! Vos gueules montraient déjà que vous alliez devenir des aventuriers, des SAPEURS en Europe ! Vraiment je ne comprends plus les gens...

  4. Posté par mansoungarichard2002@yahoo.fr, le 29 janvier 2007 à 11:59

    Pendant que vous reviez d’Europe, moi, petit villageois d’un village à la lisiére de toute "civilisation" lorgnait plutot Brazzaville.Tous ceux qui y revenaient avaient des regards enflammés et on sentait encore vivace la profondeur de leur ébahissement.

    Brazzaville, on en parlait. Mais à voix basse comme de toute chose sacrée et fragile.Cette ville,dit-on, était née de la baguette magique d’une fée. Un jour cependant un enseignant nous disait préférer le village au détriment de Brazzaville car, disait-il, au village il avait de l’air pur et gratuit et ses yeux n’étaient vivtimes d’aucune nausée visuelle de ce que le village ne regorgeait pas d’énormes poubelles comme les villes.

    C’etait bien sur pour nous décourager car la ville...c’est la ville et elle continuait à hanter notre imagination.

  5. Posté par mansoungarichard2002@yahoo.fr, le 29 janvier 2007 à 12:02

    Je sens votre plume toujours en érection.

  6. Posté par Mame Diarra, le 29 janvier 2007 à 12:37

    Wouah, ces vieilles photos d’archives en noir et blanc sont magnifiques. Alain Mabanckou doit être ému en les regardant, jusqu’à ce que cela lui inspire un joli texte... belle journée à tous !

  7. Posté par Jo Ann v., le 29 janvier 2007 à 12:54

    L’enfance est faite de rêves et rien n’est impossible :)

  8. Posté par Mère Evé de Paris, le 29 janvier 2007 à 13:24

    Eh oui, c’est vrai Jo-Ann ! Pendant qu’Alain rêvait d’Europe, moi je rêvais d’Afrique ! J’avais fait un rêve qui m’a marquée jusqu’à aujourd’hui, où je me voyais dans un fauteuil à bascule dans la cour d’une maison en forme de U, il y avait plein d’enfants qui jouaient et couraient et venaient me demander : "Grand-Mère, donne-moi un bonbon !", "Grand-Mère, raconte-moi une histoire !" Je crois que j’avais entre 6 et 8 ans quand j’ai eu cette "vision"...

    A l’école, en CM2, j’étais fascinée par les coiffures d’une camarade dont je me souviens le nom de famille : Ngoma !!!

    Et le soir, dans mon lit, je passais mes doigts sur la mappemonde qui me servait de lampe de chevet, je voyais ces noms de villes aux consonnances si différentes qui semblaient offrir tant de promesses, et je jouais à la "maitresse" avec ma sœur en l’interrogeant pour savoir quelle était la capitale du Kenya, où se situait Kinshasa, Port-Gentil, Ouagadougou, prononçant ces noms avec délectation... et en y attribuant tout ce qu’ils pouvaient me suggérer... Port-Gentil avait sans doute des bateaux à coque rose et Ouagadougou des rues tortueuses en forme de spirales :)

    Oui, c’est drôle, l’ailleurs de notre enfance...

  9. Posté par Titophe, le 29 janvier 2007 à 15:52

    Quel talent ! Si j’avais ne serait-ce que 10% de votre don pour écrire, je serais le plus heureux des bloggeurs !

    Amicalement

    Titophe (Racisme et Histoire)

  10. Posté par mansounga, le 29 janvier 2007 à 16:32

    Qui sait rever sait faire.

  11. Posté par D.O.W., le 29 janvier 2007 à 19:49

    Salut au peuple d’ici ! ;-) Juste une précision pour Alain : il me semble que c’est le genre masculin pour "scolopendre" (un mot que j’ai appris justement à l’âge que tu nous contes dans ton texte, en cours de biologie je crois...). Et puis question à Mère Evé : ta "vision" se passait-elle en Afrique, ces enfants qui accouraient vers "leur" grand-mère étaient-ils Africains ? Parce que tu ne le précises pas, et alors je ne vois pas trop le lien avec le fait que tu rêvais d’Afrique ;-)

    Bien à vous tous.

  12. Posté par Mère Evé de Paris, le 29 janvier 2007 à 21:31

    Cher D.O.W., allais-je l’évoquer si cette "vision" ne se situait pas en Afrique ? ;-) L’Afrique que je projetais à cet âge-là, bien entendu...

  13. Posté par Bakima Baliele, le 29 janvier 2007 à 22:19

    Beau texte ! Souvenirs d’en France, Alain ! Natif de Mouleke, un quartier de Ouenze, le 5 eme arrondissement de Mfoa, Mavula, Brazzaville, pour ma part, j’avais mes yeux leves vers un ciel survole de creatures d’acier qui atterissaient et decolaient de Maya2 : KLM, Sabena, UTA, TAP, Aeroflot, Swiisair, Airfrance, etc. La toiture de la case de pere tromblait au passage de ces etres volant. Lorsque nous nous trompions la vigilence de nos parents, nous partions au fleuve Congo, pour admirer les gratte-ciels de Kinshasa, la soeur jumelle de Brazza. Kinshasa, c’etait aussi Mpoto moyindo, que chantait Antoine Mundanda... Merci Alain de nous avoir donner l’occasion de (re)rever de nos souvenirs d’enfance, meme si les miens sont loins de vos souvenirs d’En France toi et tes "freres"... cousins, dans la culture du mundele. Love and Peace upon you !

  14. Posté par Mayombe82, le 29 janvier 2007 à 23:25

    Bakima, as-tu eu la chance de voir le reportage consacré à Poto-Poto passé récemment sur une chaîne française, que Mère Evé nous annonçait il y a peu http://www.congopage.com/phpBB/viewtopic.php?t=8893&highlight=potopoto ? Je ne sais pas si tu étais en France à ce moment-là... On a le plaisir de revoir le doyen Mundanda que tu évoques.

    D.O.W., j’ai eu récemment une pensée pour toi, toi qui es à la recherche permanente de la qualité, de l’exigence. Je te conseille cette lecture dont tu seras difficilement déçu. A moins que tu ne connaisses déjà : http://www.congopage.com/phpBB/viewtopic.php?t=9027. La conférence de presse a été annulée, mais le livre et bel et bien en vente et vaut le détour. @+, M82

  15. Posté par Bakima, le 30 janvier 2007 à 03:06

    Merci ndeko Mayombe pour l’info. Papa Moundanda habite Mouleke comme moi. Je compte son fils aine, Mounde parmi mes amis...plus revu depuis les betises nationales de 1997. Il est avec vous la bas en France. Mayombe, en fait ton frere n’etait pas au courant de la disponibilte d’une telle video sur Poto2. Je suis alle sur le lien sans parvenir a la lancer. J’espere y parvenir demain. Merci encore.

  16. Posté par Mayombe82, le 30 janvier 2007 à 06:45

    Bakima, tu veux parler de la rue Mouleke, à Ouénzé ? @+, M82

  17. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 10:44

    Il est évident que ls gamins de POINTE-NOIRE et les gamins de BRAZZAVILLE ne rêvait pas de la même chose.

    POINTE-NOIRE est une ville maritime donc comme tous les enfants de la mer on rêve de partir. C’est ce que l’on retrouve chez nos frères BRETONS (et soeurs bretonnes aussi, soyons pas mysogine). Rappelez-vous aussi MARIUS dans le film de PAGNOL. Même la beauté et la tendresse de cette charmante fille à l’accent du Sud n’avait suffit à retenir MARIUS. Elle sanglotait, elle gémissait, ça n’avait rien changé. Il était venu lui dire que je m’en vais.

    Nous à BRAZZA, gamins on rêvait de KINSHASA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Hé oui, ça peut étonner beaucoup, mais nous sommes nombreux, TRES NOMBREUX, les gamins de BRAZZAVILLE dont le rêve c’était KINSHASA.

    On va encore dire que je fais l’apologie de MOBUTU. Mais c’est vrai, MOBUTU nous a fait rêver. Gamin, je partais régulièrement m’asseoir seul sur la pelouse derrière l’hôtel de ville de Brazzaville pour contempler les Buildings de KINSHASA qui surplombait le fleuve Congo. Ce sont les plus belles images de ma jeunesse et j’en ai pas vu de plus belles depuis.

    On rêvait pas d’EUROPE à Brazzaville. On rêvait de KINSHASA, la capitale du ZAÏRE de MOBUTU.

    C’est vrai, personne n’aurait imaginé que 30 ans après KINSHASA la belle deviendrait KINSHASA la Poubelle !

    Blaise

  18. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 10:48

    "J’en ai pas vues ....".

    La prochaine fois j’écris en lingala, ça sera plus simple.

    Le lingala appris grâce à ....MOBUTU. Je suis plus à l’aise en lingala, je l’avoue. Car pour aller à KINSHASA il fallait savoir parler le .....lingala.

    Blaise

  19. Posté par Mr hector, le 30 janvier 2007 à 11:22

    Pas du tout ! On peut parler d’autres langues : Tsiluba, kikongo etc. Et puis, entre nous, votre Général Mobutu que vous nous servez tous les jours en plat de résistance est indéfendable : c’était un dictateur point barre. Je ne polémique pas sur les sanguinaires, je m’excuse de ce que je vais dire : je les emmerde !!!

  20. Posté par Mayombe82, le 30 janvier 2007 à 11:37

    Mr hector, je vais mieux te faire rire (ou pleurer) et tu pourras mieux emmerder ces dictateurs :

    1- lors de son arrivée au Maroc, dans le 1er hôtel où il était logé, Mobutu exigeât que les napperons, les nappes, les serviette de table portent son effigie...

    2- lors de la veillée mortuaire de cet Ubu de Mobutu, à Rabat, sa femme donnait 200$ aux gens qui venaient ! Tu te rends compte jusqu’où on peut tomber ? On prive les gens de tout, mais on paie la peuplade qui vient faire sembler de compatir à son malheur... Pauvre Afrique !!! @+, M82

  21. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 12:16

    Mr Hector, la question n’est pas de polémiquer mais d’expliquer. Mais bien sûr qu’un belge qui arrive en FRANCE peut aussi parler à des français en alsacien, breton. Mais en général quand on arrive en FRANCE on s’adresse aux français en FRANCAIS. Et quand on va en ANGLETERRE on s’adresse aux anglais en ANGLAIS.

    MOBUTU (et ce mérite lui revient à lui) a fait en sorte que quand tu arrives en RDC tu t’adresses au congolais en .....LINGALA !

    C’est tout ce que je voulais dire cher frère sur ce dictateur.

    Le sujet c’était quoi déjà ?

    Je tiens aussi à préciser aussi qu’à l’époque de MOBUTU les zaïrois rêvaient peu d’EUROPE (trop petit à leurs yeux), ils rêvaient des ETATS UNIS. D’ailleurs à l’époque de KASAVUBU la RDC était un Etat Fédéral inspiré sur le modèle américain.

    Ets-vous congolais RDC mon frère Hector ? Si oui alors tu m’intereses. Ecris moi sur blaise.kibonzi@yahoo.fr

    Je suis entrain d’écrire sur l’expulsion de la RDC des congolais de Brazzaville par TSHOMBE. J’ai pas vécu cette époque mais je tente de recueillir des témoignages. Pour écrire NOTRE HISTOIRE.

    Je crois bien que Sony LABOU TANSI est revenu au Congo-Brazza dans cette vague. Quand j’ai connu Sony LABOU TANSI à ses débuts (illustre inconnu encore), je le prenais pour un Zaïrois. Mais en fait il a grandi là-bas je crois. De l’époque de la GRANDE RDC, de laquelle nous envions même le système scolaire.

    Des jeunes congolais de Brazzaville ne me croient pas quand je leur dis que jusqu’en 1972, l’immigration se faisait dans le sens BRAZZAVILLE vers KINSHASA.

    KINSHASA c’éatit le rêve des Brazzavillois. je voulais juste apporter ce témoignage pour confirmer ce que Claudines et Bakima avaient déjà dit.

    Blaise

  22. Posté par mansounga, le 30 janvier 2007 à 13:19

    Vous avez sans doute realisé votre réve.J’en vois qui trainent encore avec le leur.Un reve mal éteint et qu’on voudrait toujours vivace.Bien de reves rouillent quelque part faute de les avoir réalisés.

  23. Posté par Joey, le 30 janvier 2007 à 13:38

    C’est marrant, j’ai habité pendant 3 ans la rue mouléké. C’est une époque de Brazzaville qui me fait encore rêver... Les années 80 avec Défao, Zaïko Langa Langa, Langa Langa Star, le fameux tube "Mario" de Franco, Vidéo 45, Clip inter, il y avait encore Le Lisapo de Georges Embana, les émissions "révolutionnaires de l’UJSC, de L’URFC, les nganda qui battaient à fond les tympans jusqu’à 1h du matin, les « u-yeu, u-yeu mama ! » d’une bagarre où le plus faible allait être terrassé sans attendre l’assistance d’un public en quête de spectacle... Ouais la rue mouléké, ma rue sablonneuse. Je me souviens que les gamins de ma rue rêvaient de France... Ils étaient tellement absorbés par le "rodage" du véhicule artisanal qu’ils avaient confectionné de leurs propres mains. Quant à moi, je rêvais d’être astronaute, objectif Lune alors la France... mais, il est vrai que je l’avais déjà vue.

  24. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 14:07

    Cher Mr Hector, permettez-moi de repréciser ma pensée de peur d’être mal compris.

    La question qui fait l’objet de ce sujet a été posée à Alain MABANCKOU et il a exprimé son ressenti personnel qui peut être aussi celui d’autres congolais ou autres catégories de personnes à travers le monde.

    Je me suis pris simplement au jeu de ceux qui ont exprimé un ressenti différent et moi je me sens beaucoup plus proche de ce qu’à dit CLAUDINES.

    Gâmin au Congo, JE N’AI JAMAIS REVE DE L’EUROPE. JE REVAIS DE L’AFRIQUE !!!comme bon nombre d’autres enfants comme moi.Et cela se JUSTIFIE par le CONTEXTE de l’époque.

    NOUS SOMMES DES ENFANTS DES INDEPENDANCES AFRICAINES ! Personnellement je suis né en 1963. Soit 3 ans après l’indépendance du Congo. Comment veux-tu mon frère que gamin je puisse rêver de ceux qui nous ont soumis et humilié pendant plus d’un siècle ?

    Nous sommes en quête de la reconquête de l’identité africaine. J’ai haï le français quand j’étais enfant au Congo pour moi c’était la langue du colon.

    Nous avions par ailleurs un défi à relever celui la prise en main de l’africain par lui même car d’autres nous croient incapables. On doit montrer que nous ne sommes pas des sous hommes comme on nous a considéré pendant tant de siècles.

    Donc on rêve pas de l’occident ou de l’Europe, ON REVE DE L’AFRIQUE.

    C’est vrai que ce rêve a tourné en cauchemar. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que nous avons vécu une partie de ce rêve. Si mes fiches sont bonnes, je crois savoir que les français ont guillotiné LOUIS XVI et sa femme. Mais aujourd’hui quand ils ont envie de rêver ils vont visiter le château de VERSAILLES.

    Voilà la différence entre les blancs et nous. Le jour où nous comprendrons cela, c’est là qu’on commencera enfin à avancer.

    Blaise KIBONZI

  25. Posté par D.O.W., le 30 janvier 2007 à 14:08

    Alain, je suis vraiment navré de t’avoir fait corriger à tort, car apparemment, c’est bien toi qui avais raison ! Et me voici confus ;-) En fait quelqu’un m’a fait remarquer après mon post, que j’avais tort. Et vérification faite dans le Robert, c’est bien une scolopendre qu’on dit. J’étais tellement sûr de moi que je n’avais même pas pris la peine de vérifier avant mon post. Toutes mes excuses donc. Mais en fait, je suis sûr d’avoir souvent lu "un scolopendre". Mais les usages fautifs sont quelquefois habituels pour certains mots. I really apologize ;-)

    Mère Evé : j’ai noté ;-)

    Mon cher M82, j’ai noté également ta référence. Je manque de temps. Mais je t’en reparlerai, promis.

    @+.

  26. Posté par Joey, le 30 janvier 2007 à 14:41

    Petite rectification Je ne me souviens pas que les gamins de ma rue rêvaient de France... Ils étaient tellement absorbés.

    Il fo ke je prenne 1 pose kafé ...

  27. Posté par BRIMOSS, le 30 janvier 2007 à 14:42

    A mon grand frère Blaise KIBONZI

    Je crois savoir que Sony Labou tansi est issu d’une union d’un père zairois et d’une mère congolaise ( de Brazzaville).Il a e’te’ alphabetise’ au Zaire en Kikongo jusqu’à l’age de 12 ans avant de rejoindre sa parantèle maternelle de l’autre rive( de Brazzaville). Il a plusieurs fois avoue’ eu un complexe d’etre un enfant de second lit( d ou le "nstoni" qui signifie en kikongo la honte !).Je ne pense pas que Sony ait partie des congolais chasse’s de la RDC par Moise TSOMBE car je le repète encore qu’il etait zairois de par son père.Bien à vous , ne cherchez pas des accents ici car vous savez bien ou je suis.

  28. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 14:57

    C’est vraiment lassant à la fin. Dès qu’on parle de MOBUTU on s’entend rétorquer "dictateur". Alors si c’est tout ce que vous savez de MOBUTU, laissez qu’on vous parle de MOBUTU dans son intégralité.

    Ma fille de 8 ans est rentrée dernièrement de l’école et m’a parlé de LOUIS XVI. Et pourtant ce type a été livré à la vindicte populaire et guillotiné en FRANCE sous les acclamations du public venu nombreux. Mais à l’école on leur apprend les oeuvres de LOUIS XI.

    Dans un autre genre, François MITTERAND devenu Président de la République a fait fleurir la tombe du Maréchal PETIN. Celui qui a pourtant collaboré avec l’Allemagne nazie. Mais MITTERAND n’avait pas oublié le vainqueur de VERDUN ! On va quand même pas rayer le nom de PETAIN dans les pages historiques de VERDUN.

    Pourquoi voulez-vous tout le temps réduire MOBUTU à une effigie de lui qu’il aurait exigé qu’elle apparaisse sur une nappe de table ?

    J’ai rencontré le même problème avec les congolais de Brazzaville. Dès que je parlais de Marien NGOUABI, on me rétorquait que c’est lui qui a ruiné l’économie du Congo. Et pourtant, je leur ait démontré par A+B que Marien NGOUABI est le meilleur de tous les Présidents que le Congo ait eus jusqu’à présent. La première fois que je l’ai dit, j’ai failli me faire lyncher. Mais argument contre argument j’ai bien fini par les convaincre. Aujourd’hui on peut parler librement de Marien NGOUABI sur les forums congolais car j’ai expliqué aux jeunes congolais qui était réellement Marien NGOUABI, contrairement à ce que racontent les pseudo-intellectuels congolais. Ce n’était pas qu’un petit dictateur.

    Ils nous ont fait rêver ces gens. Et fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. C’est grâce au système éducatif mis en place au Congo-Brazzaville par Marien NGOUABI que même des congolais d’en bas comme moi avons pu faire des longues études qui nous ont emmené jusqu’en FRANCE. Et c’est SASSOU qui nous empêche d’y retourner pour "développer le Congo" (comme dirait un de mes pôtes).

    Je comprends que l’EUROPE ait pu faire rêver certains d’entre nous. Mais nous sommes également très nombreux à n’avoir point rêvé d’Europe quand nous étions momes en Afrique. On rêvait d’Afrique !

    J’en ai terminé. Merci de votre attention. Et au Maître des lieux de m’avoir permis cette brève intervention.

    Blaise

  29. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 15:15

    Merci petit frère Brimoss pour ces précisions. Tu m’en apprends des choses y compris sur l’origine du nom du grand Sony LABOU TANSI.

    Je viens par ailleurs de recevoir un mail privé de quelqu’un dont la famille a fait partie du contingent des congolais de Brazza expulsé par Moïse TSHOMBE. Il se dit prêt à apporter son témoignage. C’est quelqu’un que je connais bien en plus. Mais j’ignorais totalement qu’il etait né à KINSHASA. "Pourquoi crois-tu que je sois né à KINSHASA" m’a t’il dit. "Mes parents étaient installés là-bas".

    Je vous informerai des suites de cette affaire.

    A+

    Blaise

  30. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 15:39

    "Sony LABOU TANSI alphabétisé au ZAÏRE en kikongo, juqu’à l’âge de 12 ans ?",

    Petit frère Brimoss tu m’interesses ! car ce point m’interesse véritablement. Je ne le savais pas. C’est mon institutrice au CM1 qui va être contente. A l’époque j’avais 11 ans quand je lui disais qu’il fallait introduire l’enseignement du lingala au Congo. A égalité avec le français. C’était la condition sine qua none pour que je puisse apprendre le français.

    L’apprentissage du français et le banissement de langues locales à l’école au Congo-Brazzaville, relevait pour moi de la schizophrénie d’Etat. Voilà pourquoi, dès l’âge de 10 ans je voulait m’enfuir du Congo-Brazzaville pour KINSHASA car je savais que là-bas, on apprenait aussi les langues locales à l’école. Peut-être pas toutes mais dans certaines écoles. A ce que je vois, cela n’a pas empêché à Sony d’aimer ensuite la langue française, bien au contraire.

    Blaise

  31. Posté par BRIMOSS, le 30 janvier 2007 à 15:50

    A mon grand Blaise

    C’est ton cadet Brice MOSSI qui ecrit sous le pseudo Brimoss. Pourrait on reprendre en prive’ et approfondir la question ? Mille excuses pour cet echange sur le blog !!!

  32. Posté par BRIMOSS, le 30 janvier 2007 à 15:54

    Salut à tous

    Encore une fois , pourrais je avoir le mail prive’ de DOW ? Je voudrais discuter de quelque chose en prive’ ? Mille excuses pour le webmaster.

  33. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 16:01

    Mais bien sûr qu’on peut reprendre en privé cher cadet. Je t’apprécie tant !

    Mon email a changé c’est désormais : blaise.kibonzi@yahoo.fr

    Tu viens quand tu veux. Comme c’était avant quoi ! (pour parler comme Joey STARR).

    Il n’y a que Binetou FALL qui ne m’écrit pas. Celle-là vraiment ....

    Blaise

  34. Posté par BRIMOSS, le 30 janvier 2007 à 16:39

    Pour nous autres natifs de Pointe Noire , l’Europe de mon enfance tient surtout à la frequentation du CCF de Pointe Noire ou jeune collegien, je me sentais comme dans un autre monde dans cette bibliothèque qui m’a donne’ le gout de la lecture . On apercevait des rayons ,des livres de Voltaire, Rousseau, Molière ... le tout dans une salle à l’ai bien conditionne’.... On se sentait deja en Europe dans cette bibliotheque avec des nombreux ressortissants en presence .

  35. Posté par Minga, le 30 janvier 2007 à 17:42

    Bonjour les gens,
    - Beau texte, Alain. Sacrément bien tourné, métaphorique comme je les aime. Surtout cette description que tu fais des différents pays : humour, finesse et justesse. Bravo !

    - Les souvenirs d’enfance, ah, voici un sujet qui me laissera toujours toute chose ! ;) J’en ai tellement. Bons, moins bons et mauvais même. Pourtant cette période de ma vie reste la plus chère à mon coeur. Je me revois, au village avec mes grands-parents, courant pieds nus dans la concession familiale.

    - Oui de petits pieds nus impitoyablement meutris par les chiques ; quand ce n’était pas la teigne qui campait mon cuir chevelu. Un grand-père trop occupé à ses travaux, une grand-mère aimante mais pas du tout démonstrative. Heureusement, de petits oncles et tantes pour s’occuper de moi, la petite dernière... :)

    - Néanmoins, je me retrouvais souvent seule la journée quand ils allaient à l’école. Et moi, encore trop petite pour accompagner la grand-mère aux champs tous les jours. La solution fut alors de m’inscrire à l’école. Or, pour y être admis, il fallait avoir 6-7 ans et passer un test crucial. Réussi si le môme parvenait à passer son petit bras par-dessus sa tête de manière à toucher son autre oreille.

    - Sinon, on se voyait recalé. J’avais 5 ans ; le test, vous vous en doutez, je le ratai pitoyablement ! Que d’histoires je fis ! ;) Je refusai, mais alors spectaculairement, de quitter cette classe de CP1 "faible" - encore appelé CP1 "bâton-manioc" - et rentrer, comme si de rien n’était, à la maison avec Na’a (grand-mère).

  36. Posté par A. Mabanckou, le 30 janvier 2007 à 17:52

    Cher DOW, je fais tellement confiance aux amis Villageois que je me suis laisse embarque dans la faute "grace" a toi ! Tu ne m’auras plus ! ))) ::

    Bon, merci tout de meme, ce n’est pas grave si tu as eu tort a la fin. Alors, je remets ma bonne orthographe, et maintenant tu sauras qu’on dit bien UNE scolopendre !

    Mes amities

  37. Posté par Minga, le 30 janvier 2007 à 17:53

    - D’abord des cris à fendre l’âme, des supplications ; puis de gros mots et des coups à ma pauvre grand-mère, complètement interdite face à mon chagrin. Agacé ou attendri, le maître d’école accepta de me laisser dans sa classe.

    - Une bâtisse asymétrique en terre bâtue couverte de chaume. En guise de tables-bancs, de grossières planches. Mais l’enfant que j’étais s’en fichait royalement. Le véritable luxe, je crois, fut à cet instant d’avoir fait céder les réticences des adultes. Presqu’aussitôt, je séchai mes larmes avec un pan de ma robe de fortune.

    - Et sans attendre l’avis du maître, pris place, toute guillerette, aux côtés d’une cousine. A tous ces regards ahuris qui me dévisageaient sans mot dire, je répondis avec mon plus beau sourire ingénu en plus d’être édenté. :)

    - Bref, le texte d’Alain m’a replongée dans cette ambiance éternelle de mon enfance. Il paraît que je suis devenue une jeune femme "carrée". ;) Possible que je cache ainsi ma tendresse et protège ma vulnérabilité, mon hypersensibilité. Après tout, je confesse un bout d’âme nostalgique. Et ça n’a pas que des avantages...

  38. Posté par A. Mabanckou, le 30 janvier 2007 à 18:00

    Merci chere Minga, le rappel de tes pages d’enfance m’emeut aussi !

    Bien a toi

  39. Posté par Minga, le 30 janvier 2007 à 18:02

    - Errata : Une bâtisse asymétrique en terre battue ...

    Au temps pour moi. :)

  40. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 18:05

    Beau texte MINGA, voilà qui va me décomplexer dans l’écriture de mon livre autobiographique.

    Je ne sais pas quel âge tu as MINGA, mais je m’étais fais allumer sur un site congolais pour avoir écrit ce que tu viens d’écrire : "La solution fut alors de m’inscrire à l’école. Or, pour y être admis, il fallait avoir 6-7 ans et passer un test crucial".

    Nous au Congo, on avait pas de test, mais en 1968/1969 il fallait obligatoirement avoir 6 ans révolus pour être inscrit au CP1. je me suis fait huer quand j’ai écrit cela sur un site congolais. Et pourtant j’ai ce souvenir d’enfance. Ma mère voulait absolument m’inscrire au CP1 avant l’âge de 6 ans (elle trouvait que j’étais précoce). C’est tout un chapitre entier de mon livre car mon analphabète de mère a mené une bataille administrative presque avant gardiste pour m’inscrire avant l’âge de 6 ans. On avait fait le tour de tous les établissements scolaires de OUENZE dont l’école MOULEKE (cher BAKIMA)où étaient déjà inscrit mes frères aînés. Mais sans succès, on me rejeta pour cause de "trop jeune". Ma pauvre mère ne comprenait pas. "Mais il sait déjà lire et écrire" disait ma mère. Elle s’exprimait en lingala, car ma mère na savait pas parler le français. Mais les Directeurs d’établissements (des congolais) lui répondaient en français.

    C’est des moments de ma vie que je n’oublierais jamais. Je trouvais que ma mère était humiliée. J’avais vraiment pitié pour elle. Comment voulez vous aimer le français dans ces contextes là ?

    Pas étonnant que j’aie jamais posé les pieds dans un Centre Culturel Français quand j’étais gamin au Congo....à Brazzaville.

    Blaise

  41. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 18:24

    Je tiens aussi à préciser que parmi ceux qui m’avaient hué (ils se renconnaîtront puisqu’ils nous lisent ici), un avouera plus tard qu’il était fils d’instit. Et pourtant dans ma phrase je précisais bien qu’"il fallait avoir 6 ans révolus pour être inscrit à l’école à cette époque là,.... sauf à être fils ou fille d’instit".

    Moi je n’étais pas fils d’instit. J’étais fils de père et mère analphabètes. Loin de vanter ma précocité (comme certains l’ont cru à tort) C’est surtout l’obstination de cette mère analphabète à inscrire son fils à l’école que j’avais voulu montrer. Mais je ne fus pas compris. Heureusement que ce livre n’était pas sorti sinon je me serai fait KELMANISER par les noirs.

    Blaise

  42. Posté par Minga, le 30 janvier 2007 à 18:27

    - Bonjour Blaise, tes contradicteurs ne doivent sûrement pas avoir vécu dans l’Afrique profonde. Car c’est avéré qu’en deça de 6 ans, les enfants n’étaient, généralement pas admis en CP1. Et ceux qui ont connu le fameux test du bras par-dessus la tête pour se toucher l’oreille, confirmeront ; ce n’est pas une fable.

    - Ensuite, je comprends que tu aies pu te sentir humilié pour ta mère. A cet effet, me vient à l’esprit une dictée en 5ème. Le texte parlait d’un petit villageois (pas péjoratif) qui vit sa première journée à l’école des Blancs. La seule langue qu’il n’a jamais parlé est le Yoruba.

    - Mais les messieurs de l’administration font pareil : ils narguent les parents et le gamin en leur répondant en français. C’est alors que l’enfant, plein d’esprit, leur rétorque en Yoruba qu’ il est impoli de s’adresser à quelqu’un dans une langue que ce dernier ne comprend pas ! Très juste.

    - Enfin pour répondre à ta question, j’ai 29 ans depuis décembre dernier...

  43. Posté par Bakima, le 30 janvier 2007 à 18:58

    Mayombe, bien sur que je parle du quartier Mouleke. Ah Blaise, si ca se trouve, j’ai peut-etre eu a chauffer les bancs de l’ecole primaire de Mouleke avec tes freres aines, non ? J’ai eu de l’admiration pour le combat de ta mere, apres avoir lu ton histoire. La Bible nous enseigne que mieux vaut la fin d’une chose que son commencement. Ce que tu es aujourd’hui, des milliers ou de millions de Congolais de ta generation, qui ont eu des parents lettres, ne sont pas. Tu sais Blaise, nous partageons un peu la meme histoire. Mes deux parents ne savent lire et ecrire. Et pourtant, ils ont sorti des Bac++ ! Ma mere nous obligeait a ouvrir nos cahiers le soir. Quand je ne voulais pas, elle tirait de force un cahier du cartable et l’ouvrait... a l’envers(rire) !Quand mes deux freres et moi en parlant a nos enfants, ils/elles rigolent. Pour nous ce n’etait pas la rigolade que d’avoir des parents qui ne pouvaient pas vous aider a faire vos devoirs. J’aime dire a mes freres, sommes surs dans le contexte occidental, ou nous elevons nos enfants de pouvoir produire des docteurs, des ingenieurs... comme l’ont fait nos parents ? Je ne suis pas si optimiste. Enfin, Blaise, as tu les nouvelles d’un ami commun, MAPRO, le foot-musicien, la panthere humaine ? J’ai egare son contact. Si tu le peux, aides-moi.

  44. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 19:11

    Non chere MINGA, mes contradicteurs ont vécu exactement le même Congo que moi. Ce qui est fou c’est qu’on a pas vu les mêmes choses. Ou alors ils ont oublié (pour certains).

    Il y a des moments où ils m’ont semé le doute dans la tête. je commençais même à me demander si je n’étais pas devenu fou. Fort heureusement il y a toujours quelqu’un qui à la dernière minute vient me sauver tel un boxeur au bord du K.O sauvé par le gong.

    Le plus sensasionnel (et ça restera le moment le plus fort que j’aie vécu sur le net) c’est lorsque je relatais dans un sujet mes souvenirs de l’âge de 3 ans et demi dans un village du Congo. J’étais très précis dans ce que je disais. Les congolais me sont tombés dessus en disant que c’est impossible de se souvenir de ce que l’on avait vécu à l’âge de 3 ans et demi. Et que FREUD l’avait même démontré.

    J’ai jamais lu FREUD de ma vie. Mais j’avais confiance en ma mémoire. Sauf que les congolais avaient réussi à semer le doute dans ma tête. Je commençais à me dire "j’ai dû rêver". Et c’est au moment où je commencais à me retirer sur la pointe des pieds tout penaud, regrettant d’être venu raconter cette histoire sur le net (et que je n’avais jamais évoqué ni part, même pas avec mes parents) que JOEY ici présent sur ce blog d’Alain MABANCKOU, et qui me lisait sur ce forum congolais sans jamais intervenir, intervint pour la première fois pour me donner raison. Il confirma tout ce que je disais, en apportant un peu plus de précisions car il avait reconnu l’endroit que je décrivais qui n’était autre que son village (ou un village voisin).

    Il n’était pas encore né notre cher JOEY quand je vécus ce que je décrivais. Mais les vestiges de ce que je décrivais sont restés dans ce village et Joey les connaissait. Devant la meute qui s’était abattu sur moi, Joey confirma mes dires.

    Ouf ! qu’est ce que j’avais eu peur. Certains congolais me taxaient déjà de mythomanes.

    Blaise

  45. Posté par Blaise KIBONZI, le 30 janvier 2007 à 19:25

    Cher BAKIMA, tu auras les coordonnées de MAPRO bientôt. Sauf qu’ici nous ne sommes pas à MASSEMBO-LOUBAKI, nous sommes au pays des blancs. Donc je dois d’abord lui demander si je peux te communiquer ses cordonnées, toi aussi.

    MAPRO quelle mémoire !!! Mais il m’a étonné dernièrement et semé un doute dans ma tête. Lui ex gardien de buts de l’équipe nationale du Congo, m’a pas cru lorsque je lui ai dit que TONDOU avait remplacé MATSIMA aux buts lors du match CONGO-ZAIRE pendant YAOUNDE 72.

    Il m’a dit "Blaise je me souviens pas de ça". Mais comment on peut ne pas se souvenir de ça ?

    Je lui ai dit maintenant que MATSIMA est mort (2003). Courrons vite demander à vieux PAUL (TONDOU) avant qu’il ne soit trop tard. Et il m’a dit "Mais avant hier j’étais avec vieux Paul". Et je lui ai dit "Mais tu n’as jamais parlé de ça avec vieux Paul" ?

    Tiens BRIMOSS, Vieux PAUL a grandi à KINSHASA. C’est MAPRO qui me l’a appris. Mais bon, pour ça, il y a un blog tout indiqué.

    Merci Minga. 29 ans c’est le bel âge pour une femme. Binetou FALL, pas la peine de venir faire ta jalousie mal placée.

    Blaise

  46. Posté par Minga, le 30 janvier 2007 à 19:44

    Bakima wrote : Quand je ne voulais pas, elle tirait de force un cahier du cartable et l’ouvrait... a l’envers(rire)

    - A l’envers ?! :) C’est à la fois drôle et noble ! J’ai bien ri. Un peu comme ce vieil oncle fantaisiste qui se faisait appeler "Ntangan" (Le Blanc), se la racontait cultivé. Mais qui, en réalité, ne savait pas lire.

    - Le comble, quand nous venions jouer trop près, il brandissait son chasse-mouches d’un air outré. Car Monsieur faisait semblant de lire un journal qu’il tenait à l’envers. :) Ce qui redoublait nos rires sarcastiques.

  47. Posté par donatien, le 30 janvier 2007 à 19:44

    blaise est de retour... dommage qu’il n’ait pas la concision de l’autre blaise : pascal.

  48. Posté par Minga, le 30 janvier 2007 à 20:00

    Blaise wrote : Non chere MINGA, mes contradicteurs ont vécu exactement le même Congo que moi. (...) Ou alors ils ont oublié (pour certains).

    - Tu sais, Untelle a dit que c’est le soleil qui l’a brûlée. Et pour beaucoup d’entre nous, sous ce ciel bas, c’est bien souvent la neige qui nous blanchit...

    impossible de se souvenir de ce que l’on avait vécu à l’âge de 3 ans et demi. Et que FREUD l’avait même démontré.

    - Freud, c’est peut-être bien de la pratique, du vécu ; mais aussi beaucoup de théorie. Et en matière de théories sur la nature humaine, nul n’est infaillible. L’être humain étant l’épicentre même de la complexité. Pour dire que moi aussi j’ai des souvenirs précis de ma (très) prime enfance.

  49. Posté par D.O.W., le 30 janvier 2007 à 20:05

    Mea culpa Ya Alain ;-) Je te renouvelle mes excuses. Normalement sur ces choses-là, je suis d’ordinaire (de l’avis général autour de moi), totalement digne de confiance. Mais là, sur ce coup-là... ;-)) A ma décharge tout de même, si tu tapes par exemple "scolopendre" sur google, tu te rends compte que plusieurs sites (notamment de protection des animaux) le mettent au masculin. Et je suis à peu près sûr d’avoir, même dans des livres, lu "un scolopendre". Bah, ça m’apprendra à ne prendre comme référence que le dictionnaire (rires)...et à vérifier la prochaine fois avant de t’embêter ;-) Et à la fin, c’est moi qui te remercie car je saurai en effet maintenant, et grâce à toi, que c’est bien une scolopendre ;-)

    Amitiés réciproques.

    Mon cher Brimoss, je reviens vers toi plus tard...

  50. Posté par chantal, le 30 janvier 2007 à 20:48

    Bonjour les gens ( comme c’est bien dit Minga !)

    Blaise tu sais c’est un peu partout maintenant que l’on accepte plus les enfants précoces, c’est dommage car ils s’ennuient, mais il y a une raison car si toi manifestement tu étais génial et Minga aussi, il y a des parents qui croient sincèrement que leurs enfants sont des petits Mozart et leur causent du tort en les mettant dans des classes où ils peuvent à peine suivre, je crois que c’est pour çà qu’il y a une règle, mais espérons qu’il y a encore des exceptions.

    Pour ce qui concerne la langue, je comprend bien ce principe de parler la langue de l’autre, au moins essayer, même si c’est du broubbelage. Par chez moi, on grandit avec deux langues dans le petit carnet mémoire-son niché dans les oreilles, deux grammaires à manipuler comme des légos en bouts de phrases, inversions et accollage de mots et parfois plusieurs alphabets dans certaines circonstances, enfin c’était mon cas, puisque j’ai appris le grec et le hongrois.

    Le problème qui n’en est pas un à mon sens, c’est quand on vient en France pays unilingue par tradition même si quand tu creuse un peu c’est raäârrrrisim un français pur jus,la plupart du temps en seconde couche on entend des parlers de provinces ou des langues comme le breton, le basque et l’accent paÿs, on les fait rire.

    Il faut verser un peu de grenadine dans leur eau pétillante, on a de quoi enrichir la partition, même si on n’a pas toujours la sûreté du diapason, alors on change d’octave, on joue, et ils finissent par réclamer nos mots si bizarres et intriguants.

    Dans mon enfance, il y a deux grands fleuves qui se poussent jusqu’à la mer froide du Nord, charriant les péniches plus industrielles que touristiques avec des berges bétonnées qui oublient de regarder les mouettes et les grues cendrées qui destinent leur vol aux les dunes de sable mouillé.

    l’Escaut, porté aux voûtes symbolistes par des poètes flamands, Maeterlinck, Verhaeren et puis grenaillé par Brel, agité d’avoir un pays si plat à partager. Ils exposaient les mouvements de leur âme, torchaient leurs paysages en français leur langue de communication artistique. Elle ouvre son estuaire sur un grand port international, Anvers qui voit débarquer de tout depuis des siècles et devrait s’en souvenir au lieu de mettre sa ceinture noire couper les ponts et regarder de biais les passants trop exotiques de ses rues pleines de vélos et de trams et de vent.

    Sur la petite carte, on trouve en contrebas, La Meuse qui flirte avec quatre frontières, plus germano/latine, boucleuse et fille de Charlemagne, écoulant les voyelles colorées des échanges pas toujours tendres de Verlaine et Rimbaud, comme plus tard elle suivrait la série d’un inspecteur de la pipe, fourrée au tabac de la Semois qui s’y glisse en aval en swingant sur les mots saxo du quartier Saint Pholien.

    Deux ambiances différentes, tout comme celles qui surgissent au hasard de ce blog et racontent des histoires d’ailleurs.

    Merci beaucoup, çà fait vagabonder sous les plafonds blancs, car il n’est pas toujours possible, ni déboursable d’aller jusqu’en Afrique en dehors des réseaux habituels : organisations humanitaires, pic-up de journaliste ou vacances programmées par une agence( çà non merci).

    Si çà intéresse kk’un j’ai une casette vidéo des interviews punchy de Koffi O. quand il passe sur Bxl. C’est gratiné et je n’en comprend que le tiers du quart !

    Parfois on fait des fautes parfois on n’en fait pas, le mot était bien beau, alors les garçons comme les filles ont envie de la scolopendreàleurcou, cette norvègesuèdefinlande ;)

    A+

  51. Posté par Mbembe Lukuku, le 30 janvier 2007 à 22:40

    Ah l’Europe, celle qui m’a fait rêver, je veux dire celle des années 80, de la même période en référence ici ; je la tiens des images du cinéma REX et ROY, à Pointe-Noire, bien évidemment. Souvenez-vous de "Peur sur la ville", "Borsalino etc...". Sans citer les grattes ciel qui faisaient l’essentiel du décor de ce film où on pouvait voir Jim Kelly, Fred Williamson et l’autre noir américain ; tous trois en héros principaux. Je ne parle pas de ce complexe que nous avions en voyant passer ces êtres différents de nous, lorsqu’ils venaient se saouler de bière et d’amour chez "Passi Flore". En effet, à cette époque, ce lieu de plaisirs était encore le seul qui pouvait attirer les Européens au delà du rond point Lumumba, ie à la cité. Nous faisions le mendiant en tendant la main. Je me souviens en effet, de ces gros bras gribouillés d’encres colorées qui suscitaient l’admiration et la peur. C’est ainsi que je ne ratais plus les projections au CCF, les bandes dessinées, contrairement à Alain M. qui lui était déjà plongé dans les Molière et autres. Moi, c’était les Picsou, Tintin et Milou qui me projetaient la tendresse et la propreté de l’Europe. En vérité, l’Europe m’a fait rêvé à cette époque, mais plutard, cette envie s’est peu à peu éteinte à cause des journaux, de la télé et aussi, de tout ce qui est arrivé avec les Dirigeants français, car pour nous l’Europe, c’est surtout la France « Mpoutou ». Pour anecdote, quand j’ai pour la première fois mis les pieds dans ce continent en 1990, ma première impression, je l’ai exprimée à mon frère aîné venu m’accueillir à Roissy, c’est de repartir aussitôt mes études supérieures terminées. La France m’avait été imposée, car étant majeur de ma promotion à l’ISG de Brazzaville, je n’avais de choix que de poursuivre à Paris-Dauphine. C’est ainsi que 4 ans plutard, je n’ai pas hésité de prendre le premier poste qui m’a été offert au Congo. Bref, l’Europe, de passage oui, mais plus pour longtemps, surement pas.

  52. Posté par Nietzsche_junior, le 31 janvier 2007 à 00:09

    c est l heure de la grande débauche Littéraire , a qui le tour ? , j ai un Pierre Loti et ses fantômes d orient en attente, une Brontë qui boue sur le feu !! allez tous sur le divan tel cette charogne infâmes au détoure d un post , les jambes écartées exaltant ce parfum âcre ! Allons faucher cette mémoire en chemin avec l’ avidité qui caractérise le manque d inspiration , les souvenir d enfance étalés avec éclat et manie de l écriture professionnel ! , inquisiteur de l innocence qui cherchez toujours a éblouir avec un style envoûtant en vous obstinant à transformer une émotions altérée en une lettre figée et jaunies par le temps , chacun son vieux grimoire couvert de gribouillage , de sanglot ,de rire , d espoir ! , a vrai dire tout l œuvre d un auteur ce n est rien d autre qu une autobiographie .... ca sent le Sapin !

  53. Posté par Nietzsche_junior, le 31 janvier 2007 à 00:26

    j en ai trop pris ! trop pris !!trop pris ! beaucoup trop pris !!! j ai la cervelle qui va explosée :( .....,donc c est l heure de sortir ses chaussure de Golf ! , comme tout est simple quand je tiens ce scolopendre entre mon pouce et mon index ! cet étrange mille patte au dard acéré qui vit dans l ombre et se nourrit d insecte ! il hante parfois les anciennes cuisines de l hôpital psychiatrique de Ville et Evrard , on y brûlait sans doute des hérétique quelque siècle avant, aujourd’hui on compte les jours et on construit en silence un point d équilibre sans rimes ni raison .. et on oublie !

  54. Posté par Claudines, le 31 janvier 2007 à 08:31

    Bonjour de Ponton,

    Soirée mémorable, les amis, hier à Ponton, lors de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations Junior. Les Diables rouges du Congo ont battu la Zambie 1-0, au cours d’un match digne d’une finale de coupe du monde. Le stade était plein comme un oeuf et les gendarmes ont eu toutes les peines du monde à disperser le reste de Pointe Noire qui n’a pas pu occuper les 13 000 places du stade flambant neuf, construit en 6 mois par les chinois. Même les étrangers (français, libanais, chinois, béninois, sénégalais etc...)hurlaient pour le Congo. C’était beau à voir. Le but de la victoire a été marqué par un gars du coin, à son entrée sur le terrain. Sa famille vit aux encâblures du stade, à Mvoumvou. Inoubliable. Comme disait César, "donnez au peuple du pain et des jeux..."

  55. Posté par Molékinzéla, le 31 janvier 2007 à 09:56

    Bonjour à tous, j’ai trouvé très pathétique l’histoire de l’inscription en classe de CP1 que raconte Blaise. J’ai été moi-même confronté à ça quand j’étais gosse. Seuls, quelques enfants d’instits avaient le privilège de transgresser cet interdit, ce qui leur donnait une avance sur nous et suscitait des jalousies. Je dois apporter une précision en ce qui concerne la classe de CP1. Du fait de l’inéxistence des classes maternelles, il y avait deux catégories d’élèves au sein de la même classe de CP1. Il y avait en effet les "débutants dzoba" qu’on pourrait traduire litéralement par "dédutants bètes" et les "débutants mayélé" (débutants intelligents). La catégorie des "débutants dzoba" était constituée d’élèves âgés de moins de 6 ans qui venaient à l’école, juste pour s’acclimater, afin de démarrer dans de bonnes conditions l’année suivante. Le maître ne s’en occupait pas. Il exigeait simplement qu’ils ne perturbent pas la classe. Quant aux "débutants mayélé", c’était des vrais débutants qui devant apprendre à lire dans le fameux "Mamadou et Binéta" de Monsieur Diallo. On appelait encore ce manuel scolaire conçu en Afrique de L’Ouest, "le syllabaire" du fait de la méthode syllabique qui y était utilisée. On y lisait des histoires drôles et captivantes de "Mariétou et Sabitou" qui se diputaient sur la place du marché et du chien qui, subrepticement, d’une seule bouchée "croc !" avalait la viande du premier panier et "crac !" dévorait la viande du deuxième paniers des deux ménagères. Les deux ménagères s’accusant alors mutuellement "tu veux me tromper Mariétou ?", "Tu veux me voler Sabitou ?" Ensuite, en classe de CP2, on avait encore le "mamadou et Binéta" du CP2 ou un autre ouvrage du titre de "Matin d’Afrique" qui a complêtement disparu de nos jours. Dans le "Matin d’Afrique", on avait des histoires fantastiques de "Takinga et Trimobé", de "Samba qui avait tué le Guinarou (un monstre)... du "Liévre a gagné" (grace à sa ruse), qui avait fini par épouser Massa Kokari, la plus belle fille du roi..., du fameux "Monsieur Ataklo", le maître... Tout celà finissait par nous donner le goût de lire et en classe de CE1 et CE2, nous paasions à la lecture des "Aventures" (bandes dessinnées) interminables dont il fallait toujours se procurer la suite, d’Akim et sa femme Rita dans la jungle, de Bleck le Rock, le redoutable trappeur, avec son ami le professeur Occultis, toujours opposés aux anglais, Les aventures de Zembla, de Buck John le chérif, de Rouletabil, de Tex Tone (un western en bandes dessinées) etc... Nous disposions de très peu de livres pour nous évader vers l’ailleur, mais lisions tout ce qui nous tombait dans les mains. On pouvait de temps en temps faucher quelques romans photo dont rafolaient nos grandes soeurs et lire en cachette des histoires d’amour à l’eau de rose, chez les blancs... Ma mère me racontait qu’avant la fameuse expulsion des congolais de Brazza par Tsombé au début des années 60, des enfants habitant Brazza, allaient chaque jour à l’école à Kinshasa encore apppelé à l’époque "Lipopo ville" ou Léo (Léopoldville)et rentraient le soir à Brazza. Il en est de même des adultes de Brazza qui travaillaient à Kinshasa et rentraient tous les soirs à Brazza. Pour y avoir séjourné quelques temps avec mes parents, je confirme que l’enseignement dans le primaire était dispensé en lingala et voire même en Ki-kongo dans le Bas Kongo, du côté de Matadi. Il s’agissait là seulement d’une forme d’exutoire chez les belges pour masquer les conflits tribalistes ou lingustiques entre les flamands et les Wallons. Sur la couverture des cahiers d’écoliers nous avions la photo de "Buana Kitoko" (Le beau Gosse). C’est ainsi qu’on appelait à Kinshasa, le roi Baudouin 1er qui venait d’accéder au trône et qui avait fait un voyage au "Congo Belge" quelques années plus tôt, avant l’indépendance. Chez nous, au Congo Brazza, les maîtres n’avaient pas un grand niveau scolaire. D’ailleurs, certains n’avaient jamais été en collège, et ceux qui y avaient étudié n’avaient pas atteint pour la plus part un niveau de 3ème. Il était exceptionel de trouver un "Breveté" (enseignant détenteur du Brevet (BEPC)). Le "Breveté" était une race à part qui suscitait de l’admiration et de la convoitise de la part de ses collègues. Il était d’office nommé "Directeur". La quasi totalité des maîtres que nous avions préparaient en permanence des examens ou concours pour avoir une promotion. Quelques années plus tard, je me suis trouvé en classe de 3ème et même en terminale en trains de passer le BEMG ou le Bac avec certains de mes anciens anseignants. Notre objectif à tous était de bucher dur pour obtenir une bouse d’étude afin de voyager et aller poursuivre ses études supérieures en France. A mon cher Bakima, qui adorait regarder les avions, je rappelle que la compagnie UTA s’appelait dans les années 60, "UAT". Je me rappelle de la forme très particulière d’un modèle de ses avions très brullant qu’on appelait "Constellation".

  56. Posté par Claudines, le 31 janvier 2007 à 10:22

    J’espère que vous allez excuser la digression du précédent post.

    Pour revenir au sujet qui nous intéresse ici. Je suis ravie par les témoignages que vous livrez. Je m’en vais moi aussi vous donner le mien sur cette période de notre enfance. Je peux vous dire que la frustration de la langue, je l’ai connue aussi. Fille de deux profs de collège, puis de lycée, je n’ai parlé que le français jusqu’à l’âge de 7 ans. Même au chien, on devait parler en français, c’est vous dire. Avec mes cousins de poto-poto, il y avait un réel blocage, ils parlaient lingala, je comprenais au fur et à mesure que je les fréquentais, mais je n’ai réussi à leur répondre que beaucoup plus tard et en cachette. La langue est si belle que vers 8 ans, je ne voulais plus parler que lingala. J’ai complètement perdu le français, qui dans ma bouche faisait la fierté de mon père. Inutile de vous dire qu’il a remédié à la situation. On a émigré en France, dès que j’ai atteint le collège.

    Blaise a raison de dire que pour entrer au CP1, il fallait avoir 6 ans révolus. Moi, j’ai bénéficié d’une dérogation parce qu’enfant de profs. Ils avaient déclaré à l’école qu’ils "m’encadreraient à la maison", le directeur a tout de suite accepté. Mais pas moi, je n’avais que 5 ans et 6 mois, et préférais la maternelle dont on m’avait tirée. C’était l’école maternelle Moungali 3, non loin du pont du centenaire, au Plateau des 15 ans. Pour ceux qui y étaient aussi, ils doivent se rappeler comment c’était magnifique, rien à envier aux écoles maternelles en Europe. La nourriture à midi était excellente, à 4 heures, on nous servait une crème avec des petits biscuits dont le goût m’est resté jusqu’aujourd’hui à la bouche, et je ne sais toujours pas où on la vendait ou si elle était faite maison. Nos salles de classe étaient en plein air, sous de jolies paillottes. J’y étais si bien que je me croyais à la maison, du coup j’étais souvent punie, avec ma soeur. On se retrouvait souvent ensemble, alors qu’on était dans des classes différentes, au "cachot". Un cagibi dans lequel on rangeait les jouets. On avait tôt fait de s’organiser dans ce réduit pour jouer tranquilles, sans être dérangées. Parfois même on m’y oubliait, tellement qu’on avait l’habitude de m’y envoyer pour que j’arrête de perdurer la classe. A l’époque, on ne badinait pas avec les agités du bocal. Un jour, on m’y a envoyée vraiment injustement. Parce que j’avais refusé de ramasser les criquets verts sur la pelouse avec les autres camarades pour la consommation personnelle de la maîtresse. Je lui avais dit que je trouvais ça dégoûtant et que je n’étais pas à l’école pour ça...Je suis allée au cachot en boudant grave. Et quelques minutes après, on m’en a sortie précipitamment, on m’a recoiffée, nettoyée le visage et on m’a emmenée vite dans la cour pleine de monde. Je me suis retrouvée à côté de ma soeur, recoiffée aussi (on ressemblait à deux jumelles) et on m’a tendu un bouquet de fleurs en me disant de l’offrir avec un grand sourire à notre hôte de marque, que je me souvenais de qui on recevait ce matin ? Ouais...Quand le président Marien N’Gouabi est arrivé, ma soeur et moi, on a été les premières à le recevoir avec le bouquet de fleurs. Il s’est penché sur moi pour m’embrasser sur la joue. Et comme il s’intéressait vraiment aux gens, il m’a demandé pourquoi je faisais cette tête-là. J’ai raconté tout ce qui m’était arrivé dans la matinée. Ma maîtresse a dû faire dans sa culotte, la directrice se demandait qui m’avait mise là, ne se rappelant plus que c’était toujours nous qui étions de service. Le président était très amusé. Il m’a encore demandé si je savais qui il était. J’ai dit : "bah ouais, tu passes tous les jours à la télé !". Là, il a éclaté de rire. J’aurais pu ajouter,"on ne peut pas te rater !". J’ai passé tout le reste de sa visite de l’école la main dans la sienne. Le lendemain, ma soeur et moi, accompagnée de notre mère, on était invitées à goûter chez le président. Deux heures inoubliables où il me poussait visiblement à me lâcher une nouvelle fois, mais j’avais reçu les consignes parentales de la boucler...Comme on ne se refait pas, j’ai lancé à un de ses fils qui frimait avec son vélo au lieu de me le prêter, "nous aussi, on a des vélos !". Confirmation prise auprès de ma mère, le président nous a fait livrer autre chose que des vélos. Il a régulièrement pris de nos nouvelles après. Si bien qu’à sa mort, trois ans après, j’étais aussi estomaquée que les voisins du quartier, des gens pleuraient dans la rue et le ciel, je me rappelle encore, s’était brusquement assombri.

  57. Posté par Blaise KIBONZI, le 31 janvier 2007 à 12:23

    ô que de bonnes choses Minga, Chantal, Molekinzela, Claudines !

    Claudines, les criquêt verts dont tu parles pour la consommation personnelle de ta maîtresse c’est le "migneignein" !!!!!

    Moi non plus je les mangeais pas, je les trouvais dégoutants, mais quand le VDA est arrivé, laisse tomber ma soeur !!! on s’y est tous mis, nous les congolais d’en bas pour survivre. Le VDA t’en souviens-tu ? "Vivre Durement Aujourd’hui pour vivre mieux demain". Le fameux mot d’ordre de YHOMBY qu’il nous imposa en 1978 sans se l’appliquer à lui-même.

    Mais bon, on est pas ici pour parler de politique. Ici on parle littérature et souvenir d’enfance.

    Je connais très bien le Jardin d’enfants (maternelle) dont tu parles. Je passais tous les jours devant car j’ai fait mon collège à GANGA Edouard. J’ai dû t’apercevoir en couche-culottes.

    J’ai bien aimé aussi le fait que tu dises que le Président NGOUABI était quelqu’un de très accessible. C’est ce que je ne cesse de dire aux jeunes congolais. Pour nous qui avions connu ce petit bonhomme pendant qu’il était Président du Congo (1969-1977) on ne pouvait que être séduit par la simplicité et l’accessibilité de cet homme, qui par ailleurs a beaucoup fait pour la scolarisation des enfants du Congo. Lui qui, lorsqu’il était gamin, traversait tous les jours le fleuve KOUYOU à la nâge pour se rendre à l’école.

    C’est vrai, une fois Président, les congolais lui reprochent de n’avoir construit aucun pont au Congo, mais force est de reconnaître qu’il a construit des écoles dans tous les villages du Congo. Ce qui a évité à d’autres enfants du Congo après lui, de traverser des fleuves à la nage pour se rendre à l’école au CP1.

    Blaise

  58. Posté par chantal, le 31 janvier 2007 à 19:52

    Cher N-J, cela dépend si l’on est plutôt botaniste ou entomologiste, soigne-toi bien à Ville -Evrard, çà t’évitera des reprises de post en post bien fatiguantes, des Pilotis et des Minibounty, on n’en réchappe pas toujours. La fougère c’est parfois mieux que les millepattes pour dormir :)

    La scolopendre : Hemionitis, langue de boeuf L’herbe qu’on appelle langue de serf, croist es lieux pierreux, ombrageux et montaignes : on le trouve quasi partout es jardins. On en trouve en grande abondance depuis l’esté jusque en automne. Dioscoride dit qu’elle est astrigente, icelle beue avec du vin aigre fait désenfler la ratelle. Pline dit ce mesme que Dioscoride. On dit que les pourceaux qui mangent les racines d’icelle n’ont point de ratelle.

    "Histoire des plantes de M. Leonhart Fuchsius, avec les noms grecs, latins et francoys, augmentees de plusieurs portraicts, avec ung extraict de leurs vertus... nouvellement traduict en Francoys, A Paris, par la Veusve Arnould Byrkman, 1549, avec privilege du Roy pour six ans". Bibliothèque Nationale M(8878)

    Aujourd’hui, cette fougère se nomme en Latin : Phillitis scolopendrium. Chaque trait sur la face inférieure représente des sporanges alignés sur 2 rangs.

  59. Posté par Nietzsche_junior, le 31 janvier 2007 à 21:09

    on peut en voir les ravages a lire tous ces post , c est très beau mais l enfance c est dépeuplé de son émotion propre , un éclat littéraire qui ne s’embrase jamais on est inondé de roman ou chacun pense que décrire avec talent sa petit histoire c est faire un Livre , tantôt historien de son ego tantôt géographe des limites de son individualité , rarement au cœur d une vie singulière et intime , .. On parle les langue d’ Afrique mais on présupposée déjà l Occident comme seul mode de langage possible dans la cervelle de ces pov gosse Africain ! .... chacun s évertue a reconstruire un fragment de son passé en étalant un émoi fabriqué dans et par une machine littéraire qui déploie les même structure et artifice narratif que ces lointain voisin .. voir ces proche maître ! , c est un peu comme l’instantané en noir blanc qui agrémente l article de l hôte de ces lieu , une coupe Afro en plus et c est 3 blackos qui vivent a HArlem , cen est ni le cœur ni les pensée qui s exprime juste l intellect d une écrivain publique qui manie les lettre comme d autre des fourches !

  60. Posté par Nietzsche_junior, le 31 janvier 2007 à 21:34

    merci Chantal pour cette info .. sans doute l auteur de ce livre a eu l’ ambition de mettre la science la plus pénible et la plus secondaire a portée de main d un public snob , curieux .. mais frivole , de cette littérature pour laboureurs dont raffoles les Marquise et les bourgeoise

  61. Posté par Flore, le 31 janvier 2007 à 22:02

    Brasser le vent ! Reflexions d’un sophiste frustre ou quoi ? Je suis outragee de lire chaque fois vos posts insultant les autres interveants. Donner votre avis, point barre. Un villageois vous a deja repondu qu’il laissait les viles choses mourir de leur propre poison. Je l’avais pris celui-la pour un hautain. Mais la vous revenez pour critiquer ceux qui, comme l’animateur de cet espace, ont parle de leurs experiences de jeunesse. Pour moi, cela a enrichi le debat sur le texte propose par monsieur Mabanckou. Je suis une lectrice assidue de ce blog, mais ne je participe pas. Je vous lis depuis un certains moment, mais je me suis demande si tout allait bien chez vous ?

  62. Posté par Ben, le 1er février 2007 à 00:08

    Plaidoyer pour les jeunes Africains inspiré du livre (« l’Afrique en Attente, chapitre sur la construction d’une élite africaine », Cheikh T DIOP, harmattan, 2006)

    « Voilà longtemps que nous avons perdu le paradis et celui dont nous rêvons, ne se trouve pas ailleurs, dans le Nord, au-delà des eaux chaudes de la Méditerranée. Le paradis nouveau que nous voulons retrouver, ou celui que nous voulons édifier se trouve en Nous et dans notre avenir d’Hommes des Tropiques, d’Afrique » (Cheikh T DIOP, article).

    L’Afrique agonise et sa jeunesse a choisi le suicide pour abréger la souffrance. Mourir loin des siens, de la terre qui les a vus naître. Mourir dans les abysses, emportés puis rejetés par les flots. Plages noires de cadavres. Quitter les eaux troubles de la misère, s’échouer sur les rifts et les récifs des continents au bon gré de la Mer houleuse. Où est le Bien-être ? Affronter les détroits, fuir la Terre Mère pour un périple au péril de leurs vies.

    Le rêve d’Europe est un cauchemar pour des millions de JEUNES AFRICAINS. Le spectacle est devenu banal. Il n y a pas une journée où l’Océan ne nous rend pas ces cadavres. Les hommes peuplent la Terre, ils n’habitent pas dans les Océans. L’Eau nourricière n’est pas une tombe pour les humains. Ces cadavres dont ne veulent pas les bêtes les plus féroces qui peuplent les Mers. Ces vies livrées aux flots.

    Nous sommes confrontés à notre propre inhumanité, celle qui accepte que des vies soient emportées de cette façon à partir d’un RÊVE. Combien sont-elles au juste ces vies qui chavirent ? Nous ne le savons même pas, nous ne le saurons sans doute jamais. Des cadavres ont été trouvés dans le désert, dans des massifs, dans des grottes, dans l’eau, au bord des grandes routes, sur des plages, dans des pirogues, dans des chalutiers... Partout, c’est la même désolation qui ne désole plus personne. Les médias ont rapporté les faits, nous avons écouté, nous avons regardé. Et après ?

    GOREE, SAINT DOMINGUE... HIER, LES CANARIES, LAMPEDOUSA... AUJOURD’HUI, Les jeunes africains continuent leur suicide collectif comme des bancs de sardines que rien n’arrête vers le macabre destin. Il paraît que c’est une nouvelle modalité des migrations internationales. Nous serions en face d’un phénomène normal, périodique, cyclique, évanescent. Non, il y a bien longtemps que des jeunes africains partent ainsi mourir ailleurs. La plupart des familles croient que leurs enfants sont arrivés en Europe ou ailleurs et qu’ils sont tout simplement restés sans donner de nouvelles. Sans nouvelles depuis dix ans pour certains. Je me souviens de toutes ces mamans qui disaient : « Ah ! Mon fils ne veut pas donner de nouvelles, cela fait des années maintenant ». Nous savons aujourd’hui pourquoi, chères mamans africaines. Ils sont dans l’Océan, ils sont dans le désert, ils sont sur les routes, ils sont sur les flancs de montagne, ils sont partout, ils sont perdus, ils sont morts. Comment vous le dire ? Ils n’ont pas atteint l’autre rive. Qui peut vous le dire ? Cela fait bien longtemps que vous êtes attachées à ce dernier espoir salvateur mais cruellement supportable. Les océans nous ont dévoilés au grand jour ce qu’on ne nous a jamais dits. Nous pouvons faire nos deuils mais comment ? Les corps sont détruits par l’Eau. Certains ne sont pas découverts. Il reste au mieux des squelettes éparpillés que les vagues apportent sur le sable blanc des plages désertes, quelque part.

    LA DIASPORA AFRICAINE PEUT DESORMAIS S’ACCOMODER DE SES FANTÔMES INCONNUS. Ces fantômes n’ont pas eu la chance de faire partie de ceux qui regardent toujours dans le passé et jamais l’avenir. Mes chers nostalgiques d’une enfance phagocytée par le rêve d’Europe, abstenez vous.

    Votre récit mon cher Alain n’est pas un hommage que vous rendez aux victimes de ce rêve d’Europe, c’est-à-dire toute une jeunesse. Combien de morts faudra-t-il énumérer ? Combien de temps faudra-t-il attendre ? Quelles solutions pour extirper de nos consciences ces cadavres que charrient les eaux cruelles des océans ? Comment en est-on arrivés à ce phénomène suicidaire marqué du sceau du désespoir de milliers de jeunes gerbés par leurs terres d’origine ?

    Tout commence par un rêve. Tout commence dans un village où la sécheresse a consumé les derniers espoirs. Tout commence dans une ville exigüe où la quête de l’argent occupe les cœurs et les esprits. Tout commence dans un pays où les inégalités sociales sont flagrantes dans un océan de misère. Tout commence lorsque des passeurs vous proposent un voyage pour l’ELDORADO.

    Tout commence par le REVE, ce REVE d’ENFANCE, ce REVE DE JEUNE, ce REVE d’un CONTINENT MEILLEUR. De plus en plus jeune mais déterminée à voir l’Europe, une génération sacrifie son présent et compromet son futur. L’Afrique saigne de son sang neuf après avoir vécu l’hémorragie de l’esclavage et d’autres blessures encore. NE NOUS PARLEZ PAS DE CE REVE LA, MAIS DE CELUI D’UNE GRANDE AFRIQUE POUR LAQUELLE NOTRE ATTACHEMENT N’AURA D’EGAL.

    BEN

  63. Posté par Minga, le 1er février 2007 à 01:56

    Flore wrote : Je suis outragee de lire chaque fois vos posts insultant les autres interveants. Donner votre avis, point barre.

    - Inutile de t’offusquer, chère Flore. N_J a pour fonds de commerce la critique légère et gratuite. Avec cette pointe de vulgarité dans ses envolées lyriques que je ne m’explique toujours pas.

    - A vrai dire, je ne lis plus ses pavés de texte. A la rigueur - vu que nos propres yeux, bien souvent, nous échappent - je parcours les premières lignes. Et dès que je bute contre quelque merde d’injures, je zappe.

    - C’est hallucinant comme ce jeune homme peut-être pessimiste. Toujours à penser à mal. A fureter pour dégoter la faille, le prétexte idéal qui lui permette de contredire, déconstruire, voire démolir , espère-t-il, bassement. Il en devient prévisible et de moins en moins crédible.

    - Dieu sait combien j’abhorre le conformisme et exècre l’uniformité. Mais n’ai, cependant, aucune sympathie pour les esprits chagrins inconditionnels de la critique gratuite. Celle qui fuse systématiquement, à tout-va, comme si la vie en dépendait. Critiquer tout et rien, pour se sentir exister, vivre !

    - Bien souvent, N_J me donne cette triste impression. Hélas !

  64. Posté par Blaise KIBONZI, le 1er février 2007 à 12:03

    Chantal tu as parfaitement raison sur ce que tu dis au sujet des enfants précoces et des "supposés" enfants précoces car considérés comme tels par leurs parents.

    Personnellement je ne savais même pas ce que ça voulait dire "enfant précoce". Le terme n’existait même pas encore je crois. On disait (souvent à tort)enfant "surdoué" or je crois que c’est 2 choses différentes.

    Je te dois un mail Chantal. Pour les livres dont tu voulais faire don à la bibliothèque de OUENZE, emmène les quand tu peux. Selon ta convenance car de notre coté la logistique est désormais prête pour pouvoir les recevoir à n’importe quel moment et les expédier au Congo. Et ce, grâce à la collaboration avec l’association UN LIVRE UN ENFANT de ma petite soeur de coeur Marie-Françoise.

    Comme dirait l’autre : "On avance".

    Dommage que les amis de la bibliothèque de OUENZE au Congo-Brazzaville ne réagissent pas dans ce blog.

    Blaise

  65. Posté par Alain Serbin, le 1er février 2007 à 13:19

    En lisant "L’Europe de mon enfance", je me suis dis qu’Alain Mabanckou devrait écrire un roman autobiographique, rien qu’avec ce thème. Il relatera son enfance en Afrique, son amour pour l’Europe (la France) et ses rêves de gamin au Congo. Mais en plus romancé. Car ceci ne manque pas d’intérêt. Bravo à AM. Et...au boulot ! On a envie d’en apprendre plus.

  66. Posté par chantal, le 1er février 2007 à 15:10

    Merci Blaise pour ta réponse, je vais essayer d’y joindre des BD’s, j’ai un tuyau chez Dupuis ;), et puis je te fais signe.

  67. Posté par Mr hector, le 1er février 2007 à 15:24

    Oh, vous savez, si je vous parle de mes souvenirs d’enfance ! On passerait des heures et des heures, on lirait des pages et des pages... En gros, je suis Mr hector... Vous le savez, je n’en dis pas plus : il y a ici des écrivains qui nous lisent en cachette et qui peuvent me voler mon enfance pour enfin avoir du succès ! Ne comptez pas sur moi, finéants ! )) :: :

  68. Posté par Blaise KIBONZI, le 1er février 2007 à 16:11

    Les BD ça c’est une bonne chose Chantal. C’est par la BD que de nombreux enfants congolais sont venus à la lecture.

    Enfin, je parle de mon époque. Avec les KOUAKOU, LIKEMBE, BLEK Le roc, AKIM, ZEMBLA, TEX WILLER etc....

    La Maison de la presse de Brazzaville était littéralement pris d’assaut à chaque apparition d’un numéro de Blek le Roc. Et on les achetait s’il vous plaît. Non pas avec l’argent de poche, mais en faisant les poches du père (pardon). Excusez-moi ça m’a échappé.

    Ceci dit, que le gamin Brazzavillois qui n’a pas fait ça, me jete la première pierre.

    Tout ceci pour dire chère Chantal que les "TINTIN et MILOU" sont également les bienvenus.

    Blaise

  69. Posté par Claudines, le 1er février 2007 à 18:15

    Blaise, sais-tu où sont passés les KOUAKOU et autres ? Quand j’en parle, on ouvre les yeux, héberlués. Il y avait une jolie bibliothèque chez les soeurs de l’église Ste Anne, entre parenthèses 3ème arrondissement-poto-poto, et non moungali. J’y lisais aussi plein de BD à connotation religieuse. Je ne sais pas si vous en avez lues. Pour la dotation de bibliothèques en bouquins, je soutiens à fond l’idée...

  70. Posté par Blaise KIBONZI, le 1er février 2007 à 18:48

    Claudines, Non je ne sais pas ce que sont devenues les KOUAKOU. Quelle réussite c’était que ces KOUAKOU !!!! Il me semble qu’elles étaient éditées en Cote d’Ivoire. Il faudra demander à Edwige H.

    Tout dépend de son âge aussi. Si elle était encore dans le ventre de maman quand les KOUAKOU faisaient fureur en Afrique, ça m’étonnerait qu’elle puisse nous en dire quelque chose.

    Quand je vois aujourd’hui des gens s’extasier devant KIRIKOU, je me dis "Dieu pardonne leur, ils n’ont pas connu KOUAKOU". Ou alors, ils ont déjà ....oublié.

    Blaise

  71. Posté par Mayombe82, le 1er février 2007 à 20:32

    Il y a une BD qui, à coup sûr fera partie des souvenirs de nos enfants et/ou petits enfants, c’est Aya de Yopougon, ou de Yop, le très célèbre quartier d’Abidjan : http://www.bedetheque.com/serie-12737-BD-Aya-de-Yopougon.html

    J’ai lu les deux tomes, on se tord de rire. Marguerite Abouet (35 ans et Ivoirienne) a fait un travail magnifique. Quand je pense qu’elle a quitté son pays à 12 ans !!! Quelle mémoire ! Quel talent ! Quelle imagination ! @+, M82

  72. Posté par Nietzsche_junior, le 1er février 2007 à 21:00

    Minga quand tu comprendra que ton avis et ton analyse peuvent se réduire en trois mots " je m en fou" tu aura saisi la difference entre avoir Raison et etre intelligente :) ... ciao et que l affreuse cenure ne se gene surtout pas pour s acharner sur la douce colombe que je suis tout en laissant voler l hideux corbeau au regard plein de noirceur ! a bon entendeur ... et c est Mlle !!!

  73. Posté par A. Mabanckou, le 1er février 2007 à 22:23

    Nietzsche,

    Minga a eu raison. Il y a un moment pour tout : on vous laisse souvent vous exprimer, interrogez-vous alors pourquoi vos derniers posts on ete suppprimes. C’est de mon droit de supprimer les posts insultants, surtout lorsque l’insulte est gratuite. Vous etes libre de creer votre propre Blog et dispenser vos belles Lumieres qui nous font defaut ici, a nous les gens de ce village...

    Bien a vous.

  74. Posté par Joey, le 2 février 2007 à 09:54

    Pour Nietzsche_Junior : J’aimerai échanger sur quelques points en privé avec toi. Voici mon e-mail si tu le souhaites : thekong_joey@yahoo.fr

    @+

  75. Posté par Blaise KIBONZI, le 3 février 2007 à 11:00

    Chère Claudines En ce qui concerne la dotation en livres des bibliothèques du Congo, si tu soutiens l’idée (comme tu le dis) sache que j’y suis à fond. Et pas seulement pour les livres d’ailleurs. C’est ce qui justifie l’essentiel de ma présence sur le WEB et les livres sont entrain d’arriver au Congo. Je venais d’apprendre par ma petite soeur de coeur Marie-Françoise que le dernier lots de livres envoyés vient d’arriver à POINTE-NOIRE.

    Tu as mon mail si jamais tu veux nous rejoindre.

    blaise.kibonzi@yahoo.fr

    Blaise

  76. Posté par Denis S-N., le 3 février 2007 à 11:37

    Mais vraiment toi aussi ! ça fait mille fois que tu donnes ton email à la terre entière, et il n’y a même pas une fille même vilaine qui t’écrit ! Alors ne te fatigue pas tonton blaises, Claudines ne va pas mordre !

  77. le 3 février 2007 à 21:14

    Blaise, Je ne suis pas aussi jeune que tu le penses ! J’ai connu Kouakou, ce truc avec des photos de gars gaous du fin fond du Tchad ou du Burundi qui cherchent des correspondants ? Oui, il y avait la Bd aussi. Un jeune homme : c’est le seul souvenir qu’il me reste des aventures de Kouakou... Par contre, je pourrai t’écrire des pages et des pages sur Mickey, Dingo, Donald, Oncle Picsou, Fifi, Riri, Loulou etc. C’est ça mes souvenirs d’enfance...le journal de mickey jeudi midi(à la sortie du cathé)avec les gadgets et autres vignettes autocollantes, les rdv-corde à sauter ou élastique le jeudi après midi au ccf(le bibliothécaire nous avait confisqué une fois notre corde parce qu’il prétendait qu’on venait à la bibliothèque pour lire !), les spectacles de Chantal Goya ou les tours de magie de Merlin l’enchanteur, le village du père Noel avec des représentation de blanche neige, Cendrillon, la belle au bois dormant, les cours de natation du samedi, les séances patinages du dimanche...Eh oui, tout ça, c’était à Abidjan et nulle part ailleurs !!!

    Edwige H.

  78. le 3 février 2007 à 21:16

    Tiens j’ai même oublié de répondre à la question sur Kouakou. Kouakou, qui n’était pas édité en Côte d’Ivoire mais en France, a été remplacé par Planète Jeunes.

    Edwige H.

  79. Posté par clau, le 5 février 2007 à 03:54

    je reviens sur le sujet de Mr alain MABANKOU. car cela m’a fait revivre en quelques minutes une partie de mon enfance. en faite je suis moi aussi originaire du congo brazzaville, je suis née à pointe-noire et j’y ai passé toute mon enfance. j’avoue que comme Mr MABANKOU, j’ai souvent rêvé de l’Europe. à une certaine époque :" on ne pensait qu’à ça, mes copines et moi" je croyais que l’europe était perfection.je m’imaginais beaucoup de choses.je me souviens aussi qu’on chèchait le cour des maths, pour aller soit à la côte sauvage ( c’est comme ça que l’on appelait la plage à l’époque) soit à songolo soit on allait se baigner dans une rivière qui séparait le quartier mvoumvou au quartier loandjili. avant de commencer des dialogue en anglais "il fallait apprendre à parler l’anglais car notre rêve c’était : d’aller en europe. à cette époque , j’étais loin d’imaginer qu’un jour ce rêve deviendrait réalité mais que je regretterai toujours d’avoir fait ce choix. car malgrès leurs problèmes, leurs cris de douleurs, de colère, et leur misère notre afrique, nos pays resteront à jamais magnifiques, dans nos memoires. aujourd’hui je suis fier d’avoir eu la chance et l’occasion d’avoir fait certaines choses comme aller cueuillir les feuilles de foumbou, d’avoir vecu les fêtes nationales car à cette époque, on pouvais voir les folklor de toutes les region du congo, les groupes de danses tradditionnelles dans les communes de pointe-noire ; d’avoir pu souvent accompagné ma tante ou ma grand mère cueillir les feuilles qu’elle utilisait comme emballages pour les maniocs quelle fabriquait. je me revois encore marchant, à pas lents dans les rosées matinales puis les peid dans la boue, une cuvette sur la tête, derrière ma grand mère, traversant des marrais, dans la forêt brèf ! clau

  80. Posté par clau, le 5 février 2007 à 04:01

    à propos des kouakou je m’en souviens aussi c’était bien. c’est dommâge ! claudia

  81. Posté par clau, le 5 février 2007 à 04:08

    sacré blaise ! quelle mémoire. j’en ai lu des LIKEMBE, BLEK Le roc, AKIM, ZEMBLA, TEX ... j’adorais : zembla surtout le personnage qui l’accompagnait et qui avait un drole d’accent.( avec des zeu ... zé.. ) rires. te souviens tu de son nom ? claudia

  82. Posté par Blaise KIBONZI, le 5 février 2007 à 11:32

    Claudia, serait-ce "Yéyé" le personnage dont tu parles dans ZEMBLA ?

    Moi j’amais bien aussi SATANAS cette espèce de Léopard qui mordait dans les fesses des adversaires de ZEMBLA.

    En vérité SATANAS, était l’animal préféré de ma soeur avec qui je partageais la passion de la BD. Ce sont d’ailleurs les meilleurs moments que j’aie passés avec ma soeur. ça avait crée entre nous une complicité qui perdure jusqu’à présent.

    Qu’est ce qu’on rigolait et qu’est ce qu’on rigole encore à chaque fois qu’on évoque ses BD qu’on appellait "aventures" chez nous, à l’époque.

    Ceci dit, mon personnage de BD préféré fût TEX WILLER. Je me rappelle avoir fait le tour de Brazzaville à pied pour aller lire un épisode de TEX WILLER contre MEMPHISTOPHELES lors d’une nuit au clair de lune.

    La personne qui l’avait ne voulait pas le prêter. Quiconque voulait le lire devait se rendre chez lui pour le lire sur place !!!

    Pour ceux qui ne le sauraient pas (ou l’aurait déjà oublié), il y avait dans Brazzaville un réseau autogéré d’échanges de BD. Ce qui faisait qu’en achetant une BD, tu pouvais en lire des milliers d’autres par ce système d’échange ingénieux et adapté au pays pauvre.

    Et quand on apprend qu’aujourd’hui des intellectuels africains se cassent la tête pour trouver des solutions à la question du livre et de la lecture en Afrique ; je me dis qu’il n’ont pas connu ou n’ont rien compris de l’Afrique des années 70.

    Denis S_N, t’inquiètes. Claudines va mordre. BAKIMA BALIELE ici présent connait la puissance de mon mosselebende. Je suis de TALANGAÏ (à Brazzaville) au cas où tu ne le saurais pas encore.

    Blaise

  83. Posté par claudia, le 5 février 2007 à 16:38

    bonjour blaise, oui c’était yéyé !!! quelle mémoire. j’adorais ce personnage et santana aussi. en faite c’est mon frère qui en achètait ; moi, j’attendais qu’il sorte pour le piquer dans ses affaires. c’est mon grand frère ainé. il ne voulait pas me prèté au debut.mais après on se cachait tout les deux pour lire car notre mère était souvent après nous : il fallait faire la vaisselle etc. dès fois on faisait tout d’avance pour ne pas être dérranger pendant la lecture. que de beaux souvenirs ! comme c’était bien ! cette époque là . ah ! comme j’aimerai relire une zembla !!! claudia

  84. Posté par Blaise KIBONZI, le 5 février 2007 à 17:18

    Vois-tu Claudia, on a tous vécu les mêmes choses.

    J’en connais qui me reprochent de déballer ma vie de misérable (ça a été dit) sur le net. Et pourtant je sais que c’est la vie de la majorité de jeunes congolais et jeunes congolaises du Congo des années 70.

    "Se cacher pour lire" (comme tu le dis), avant d’affronter la tonne de vaisselle qui nous attendait. On est tous passé par là chère Claudia. D’autant plus que même pour mon analphabète de mère, la vaisselle ce n’était pas une tâche exlusivement féminine. Les garçons aussi devait assurer leur tour de vaisselle. Alors moi je lisais exclusivement la nuit car le jour il y avait le foot aussi.

    J’ai écrit ici une fois que lorsque j’étais gamin (11-13 ans), j’attendais parfois minuit que mon grand frère s’endorme avec le livre dans les bras, pour que je le lui enlève discrètement dans les mains pour commencer moi aussi à le lire. ça paraît incroyable. Et pourtant c’était notre quotidien à l’époque. Mon grand frère n’aimait pas que je touche ses livres.

    Blaise

  85. Posté par Claudines, le 6 février 2007 à 10:34

    Blaise, je t’écris bientôt sur ton mail. Merci de l’avoir redonné, car je suis récente sur le blog. J’aimerais avoir plus d’infos sur les biliothèques de Ponton que vous fournissez en livres. C’est très important. On a vécu de très bons moments au cours de notre enfance, parce que c’était l’Etat-providence à fond. Maintenant qu’il est mort, on doit se prendre en charge, ne plus tout attendre de l’Etat et constituer une société civile très forte qui poussera l’Etat à prendre ses vraies responsabilités, à nous garantir un service public digne de ce nom.

  86. Posté par Blaise KIBONZI, le 6 février 2007 à 14:46

    Tu as tout compris Claudines !!!!!!

    Rien d’autres à ajouter de ce que tu as dit de façon si claire, précise et concise comme jamais je n’arrive à le faire. Tu seras désormais mon porte-parole.

    Denis S_N, tu vois bien. Je t’avais dit que Claudines allait mordre. Nous sommes du même cru. Vous ne pouvez pas comprendre petit frère. Il faut avoir vécu le Congo des années 70 pour comprendre.

    J’attends ton mail Claudines si ce n’est déjà fait. Je cours consulter ma boite.

    Blaise

  87. Posté par Denis S-N., le 6 février 2007 à 15:00

    Ne cours pas trop tonton Blaise ! Claudines comprendra vite que tu envoies souvent des mails de 15 pages deux ou trois fois pars jour ! Elle aura es vertiges ! ))) :

  88. Posté par Blaise KIBONZI, le 6 février 2007 à 15:28

    Qu’est ce que le monde a changé cher Denis S-N !!!

    Quand je pense à ma petite amie du Congo lorsque j’avais 13 ans, je lui envoyais toutes les semaines des lettres de 10 pages. Elle trouvait que ce n’était pas assez.

    j t konpron Denis S-N, tu et 2 la génération SMS.

    Blaise

  89. Posté par A. Mabanckou, le 8 février 2007 à 21:52

    Beaucoup d’entre vous ont du le constater, en se connectant sur le Blog ou le Site officiel, ils tombent automatiquement sur des sites a caractere pornographique.

    Nous sommes en train d’y travailler afin de repousser les pirates qui ont decide de nous attaquer de la sorte, conscients qu’ils sont de la frequence et de la croissance des visites ici.

    Nous installerons ainsi un systeme de securisation plus fiable qui demandera des changements majeurs.

    Bien a vous.

  90. Posté par Molékinzéla, le 10 février 2007 à 16:19

    Les images de l’Europe de notre enfance étaient surtout véhiculées par le cinéma au début des années 70. Pour nous, jeunes de Poto-Poto, la préoccupation première, le matin, était de savoir ce qui était affiché "au programme" des cinémas Lux et Star. Il y avait chaque jour la projection d’un long métrage (Western, Espionnage, pieplum ou comédie...) à la séance dite de "matinée" (entre 19h et 20h 30). A celà, se succédait la séance dite de "soirée" pour les adultes qui était composées de 2 longs métrages à partir de 20h30. On avait donc des images sur grands posters affichées devant le cinéma dès 9 heures du matin, avec des titres du genre : "Mon nom est Sartana", "Django tire le premier", "Texas, nous voilà", "Cache-cache au Cachemire", "Ca casse à Caracas", "OSS 117" "Coplan, l’agent FX18", "Eddy Constantine, les femmes s’en balancent", " 7 gars pour Marsa Matrou", "maciste dans la cour du cheik", "Fanfan, la Tulipe" etc...

    Pour se constituer un pécule afin d’acheter le billet de la séance de "matinée", nous récupérions les bouteilles en verre de boissons gazeuses vides que nous allions vendre à l’usine d’embouteillage des boissons "La Cascade", située en face du l’entrée du stade Eboué, sur la rue Paul Kamba. Le surplus de recettes nous permettait d’acheter des bégnets que nous dégustions pendant la séance. Lorsque nous n’avions pas dégagé une récette suffisante, alors nous nous cotisions pour payer le billet à un aîné qui allait voir le film et nous le raconter le lentdemain matin. Quelquefois, nous désouchions carrément les bordures des murs des maisons alors constituées de boutelles de boissons pour faire l’appoint d’argent qui nous manquait. Il fallait aussi s’assurer le concours d’un brave gaillard, très costaud dont nous retenions les babouches (mosunu ya Bata)en gage, pour nous acheter le billet dans la melée générale, sinon nous courrions le risque de rater le début du film. Ces braves malabars s’assuraient ainsi, grace aux pièces que nous leur donnions en contre partie, leur billet pour la séance de "matinée" et de "soirée" et même leur repas du soir constitué de bégnets "boules d’ambiance" et de "gamoutch" (brochettes de viande pimenté) vendus aux alentours des cinémas par les "N’Dingari" (marchands Ouest Africains). Avant la projection du film, certains habitués qui l’avaient déjà regardé plusieurs fois, jouaient les acteurs en reconstituant des séquences du film, notamment des scènes de bagarres qui remportaient un franc succès. Certains acteurs avaient un succès immence auprès du public comme Kaus Kinsky (surnommé "Dingous"), qui déclenchait des applaudissements et des cris lorsqu’il apparaîssait dans un western, en jouant systématiquement des rôles de méchant. Il y avait aussi Guilliano Gemma, Franco Néro qui jouaient des rôles de durs à cuir dans les westerns. Dan Vadis dans des rôles de "Maciste" etc... Nous étions tous amoureux de l’actrice Ginna Lolobrigida, aux formes plantureuses dans Fanfan la Tulipe avec Gérard Phillipe. Elle était, l’archétype même de la belle femme blanche (la "Madame"), telle que nous la retrouvions en feuilletant les catalogues de la Redoute, constitué uniquement de belles femmes européennes bien habillées. Quant à l’actrice Marie Laforêt, elle déclenchait carrémment des réactions d’hystérie collectives dans des scènes amoureuses, avec ses baisées interminables que nous appelions "baisée Colgate". Quelquefois, certaines scènes de ces acteurs européens, comme dans "cache cache au cachemire" ou "Ca casse à Caracas", se déroulaient dans des contrées lointaines que nous découvrions comme avec Belmondo dans "l’homme de Rio". Le cinéma nous offrait ainsi un patchwork d’images et de représentations de ce que nous imaginions être l’Europe. Quelques années plus tard, j’eu l’astuce de me lier d’amitié avec le projectionniste du Cinéma Lux, ce qui m’offrit un avantage incomparable d’assister tous les soirs gratuitement aux films dans la salle de projection où je lui servais d’assistant pour réembobiner les films et descendre confier les bobines à une camionnette qui faisait la navette entre plusieurs cinémas : un film projeté en pemière partie à Lux pouvait l’être en deuxième partie à Vox (Cinéma de moungali). Quelques années après, arrivèrent les films "chinois" de Karaté (Bruce Lee) et les films noirs américains d’action avec des acteurs comme Jim Brown et Fred Wlliamson etc... nous ouvrant encore des regards vers des contrées encore plus éloignées.

  91. Posté par Claudines, le 12 février 2007 à 18:21

    Molinkizéla,

    Formidable, votre témoignage. J’ai vécu, moi, entre la rue paul kamba et la rue mongo, c’est dire que j’ai vécu ce que vous relatez. Qui nous "pondra" un livre sur cette période ? Qui aurait assez de talent et de temps pour nous faire revivre ces moments-là ? N’était-ce pas le bonheur tout simplement ? Pourtant nous n’étions pas si riches, pourquoi tout est si nul maintenant ? Merci, pour ce récit, j’étais loin de me douter en allant sur le blog cet après-midi qu’on me reparlerait de La Cascade ( qui a fermé), des cinémas Lux, Vox, Vog, Ebina, qui ont tous fermé, à cause de la télé et au profit des églises de réveil, n’offrant plus de distraction à la jeunesse. Encore merci...

  92. Posté par Mayombe82, le 13 février 2007 à 09:41

    Claudines, ne réduisons pas les choses à ce niveau : tout n’est pas si nul que ça. Jai moi aussi vécu à Potal. Pas aussi longtemps que toi et Molékinzéla, mais la dernière fois que j’y ai remis les pieds, à côté de ce sentiment de désolation et de tristesse que l’on peut très bien partager, il y a néanmoins du bon. Même si c’est moins bon que ce qu’on peut et de ce que l’on est en droit d’espérer. Le reportage sur Poto-Poto qui est passé récemment sur centaines chaines françaises est à ce titre très intéressant. @+, M82

  93. Posté par Blaise KIBONZI, le 13 février 2007 à 14:32

    Moléki NZELA, tu es trop fort !!!!

    Moléki Nzela a écrit :" Lorsque nous n’avions pas dégagé une récette suffisante, alors nous nous cotisions pour payer le billet à un aîné qui allait voir le film et nous le raconter le lentdemain matin."

    Va donc expliquer cela à quelqu’un aujourd’hui qui donc te croira ?

    J’ai beaucoup ri en te lisant car je me suis retrouvé comme se retrouverait tout jeune congolais de l’époque.

    Moi j’habitais à TALAS (Talangaï), le ciné le plus près c’éatit VOX à Moungali ou ABC aux plateaux. A l’époque le Cinéma d’EBINA à OUNEZE n’existait pas encore.

    Comme ça toi aussi tu vidais les réserves des bouteilles de boissons vides de ton père pour aller les vendre et trouver l’argent pour aller au Ciné ?

    Moi mes films préférés c’était les WESTERN bien sûr. Tu as oublié de citer "Django prépare ton cercueil".

    Il y avait aussi les films "Hindous" qui marchaient pas mal.

    Que de bons souvenirs avec les "Na kutsubila billets". Ces costauds à qui on remettait la pièce pour qu’ils se lance tête basse dans la melée nous acheter un billet.

    Cher Moleki nzela, tu connais l’adresse de mon blog consacré aux Congo des années 70. Si tu as des articles à poster à ce sujet n’hésite pas.

    Mathieu, j’ai eu notre ami NKOUNKOU Mapro. Il m’a enguelé. Il m’a dit, je cite "Si c’est pour Mathieu tu n’as même pas à me demander pour lui recommuniquer mes coordonnées".

    Je ne savais pas que vous vous connaissiez de longue date depuis le pays. Mathieu était un fervent supporter de KOTOKO de Mfoa. C’est MAPRO qui me l’a appris (rires). je prépare une Interview de MAPRO, peut-être voudrais tu participer à sa préparation cher BAKIMA ?

    Je t’envoie un mail privé. Paroles d’hommes. C’est pas comme ces femmes qui promettentet ne font pas. Attention, je n’ai cité le nom de personne. J’espère au moins que la mère Ségolène n’est pas comme les femmes de ce blog, et que elle fera ce qu’elle promets.

    Blaise

  94. Posté par Molékinzéla, le 13 février 2007 à 22:27

    Ma chère Claudine, Je suis ravi que l’évocation des souvenirs de poto-poto t’aie fait plaisir. Comme toi, j’ai habité ce petit périmètre de poto-poto, entre la gare, l’avenue de la paix, Ste Anne, le rond point de poto-poto et l’avenue de France. Beaucoup de Brazzavillois ignorent toutes les "gueules du coin" comme le Célèbre reporter sportif Henri Pangui qui habitait bien caché au fond de la rue Paul Kamba ; "Mama Moundélé", une petite dame métisse toute frêle, venue d’on ne sait où, qui élevait toute sortes de bêtes sauvages (y compris des caïmans) chez elle et qui avait la capacité de pouvoir tenir en respect et "domestiquer" (pour ainsi dire) tous les malades mentaux en état de démence, qui tentaient de perturber la messe du dimanche matin à Ste Anne. Ce petit quartier a abrité également le grand couturier "Molinard" qui, parait-il, aurait fait ses classes chez Daniel Hechter en France. Lorsque nous étions devenus étudiants et disposions d’un pécule (la bourse), il nous confectionnait nos élégants costumes dont nous commandions les tissus "tergal" en France, dans le catalogue "Cierpa 1er, Paris" ou par les stewards d’Air Afrique. Sur la couverture de ce catalogue était en effet dessinée la Tour Eiffel. Les produits de Cierpa étaient considérés comme du haut de gamme, Ce qui nous distinguait du vulgaire tissus bas de gamme vendu chez "Béhar" en "Ville" (le Centre Ville ou quartier des affaires).

    Le soir, nous frimions avec nos nanas sur nos Peugeots BB ou nos motos, pour les plus fortunés, en faisant la tournée des buvettes (chez "Jeanne aux yeux doux" au Plateau des 15 ans) ou des "boîtes" et des bars ; ce qui déclenchait la jalousie légendaire anti étudiants, des flics et autres "miliciens" (dingues de la gachette). Ces derniers, trop ravis d’écourter notre soirée, confisquaient notre bécane au moindre prétexte (en général, l’absence de taxe de roulage) en nous laissant planté sur la chaussée avec notre nana... Avec les costards (les "réglages") que nous taillait Molinard, nous faisions déjà un grand pas en direction de Paris où nous aspirions nous rendre pour poursuivre nos études supérieures après avoir décroché la licence.

    Claudine, Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi, lorsque tu dis que la télé a tué les Cinémas du quartier. En effet, la télé cohabitait tout à fait pacifiquement avec le Cinéma. Beaucoup de gens n’avaient pas de télé, ni même simplement d’électricité dans le quartier au début des années 70. Nous allions regarder les grands matchs de foot, le feuilleton "Thierry La Fronde" et les émissions de variétés le samedi soir de télé Zaïre à la Maison Comune de Poto-poto ou à la "buvette" qui se trouvait sur l’Avenue de France. Quelquefois, simplement chez un voisin, heureux possesseur d’un poste de télé en noir et blanc, qui accueillait volontier les gens du quartier pour partager le plaisir de regarder ensemble et commenter une bonne emmission. Nous avions également droit aux grands combats de boxe en différé et les reportages chaque soir, des séances d’entraînements de Mohammad Ali et Georges Foreman en perspective du célèbre combat au Stade Tata Raphaël... Celà ne nous empêchait nullement de fréquenter le Cinéma en même temps. C’est le magnétoscope et le DVD qui ont tué les Cinémas du quartier.

    Le quartier me rappelle aussi, le Stade Eboué où s’entraînait l’équipe "Patronnage". Nous, "ba petits ya quartier" cotoyions de près toutes les célèbrités qui faisaient la fierté de notre équipe nationale comme "Lipopo", Foundoux "Moulélé", Balékita "Euzébio", Minga "Pépé" et les pitreries du Célèbre gardien de buts "Makoul". A l’occasion, nous faisions les entremetteurs efficaces de ces célébrités du foot auprès des jolies filles protégées farouchement par leurs parents. Nous avions la propriété, en tant que gamins, de passer inapperçus face à des parents teigneux et soupçonneux. Lorsque nous avions facilité leurs innombrables conquêtes féminines, nous recevions en contre partie une somme d’argent pour nous payer des friandises ou aller à la séance de cinéma de "matinée".

    Que de souvenirs sur ce petit périmètre de poto-poto où tous les larbins venaient mettre au point leurs plans, partager ou dépenser les produits de leurs larçins à la Buvette "Moliba" de la rue Paul Kamba". En effet, à "Moliba" les maris jaloux et les maîtresses de maison (Bassi ya N’dako) délaissées venaient "se mesurer" avec leurs rivaux ou rivales (les "mères Toungués" ou les "Bassi ya bars" (femmes de peu de moralité), lorsqu’un hasard malheureux les avait fait se rencontrer là. "Moliba" où des agents de renseignements (ou tout au moins, se prétendant tels....) venaient livrer au grés des conversations et sous les effets de la Primus,du Gin Tonic ou du Cola/rhum, des secrets d’Etat, en se targant ouvertement d’être "espions" pour donner plus de crédibilité à leurs récits. Comme tu le sais, ce petit quartier de poto-poto est désormais voué à l’expropriation prochaine de ses habitants et à la démolition pour le grand bonheur des spéculateurs immobiliers. Ce quartier populaire qui a tant souffert des derniers conflits armés et qui s’en relevait à peine a eu la malchance de se trouver trop près du Centre ville et de la Gare.

    Quant à mon cher Blaise, quand tu parles de "Talas (quartier Talangaï)", tu me fais penser à la mine massacrante de la plus part de ses habitants, un dimanche en fin d’après-midi, lorsqu’Etoile du Congo s’était fait étriller par les Diables Noires dans l’un de ces matchs toujours célèbres. En effet, les habitants de Talas, en grandes partie, supporters de l’Etoile du Congo, "transhumaient" du "Stade de la Révolution" par le Boulevard des Armées pour rejoindre à pieds, Ouenzé et Talagaï avec des mines d’enterrement, escortés des deux côtés par les supporters de Diable Noire qui fêtaient de façon ostentatoire, et par provocation, leur victoire. Il s’en fallait de peu pour que la moindre étincelle mit le feu aux poudres et déclencha un pugilat généralisé (toujours miraculeusement évité)... J’ai connu un tonton qui, à la suite d’une défaite de l’Etoile du Congo, avait viré manu militari son locataire en lui offrant gracieusement les arriérés de loyer. Tout celà, simplement parce que ce dernier avait eu le malheur de faire partie du comité de soutien des Diables Noires. Des recours de notre part n’ont rien pu y faire... Enfin, mon cher Blaise, je n’étais pas au courant de l’existence de ton blog, peux-tu m’en fournir les cordonnées ?, je brûle d’impatience de lire des histoires d’antan de notre jeunesse.

  95. Posté par claudia, le 14 février 2007 à 02:35

    les femmes de ce blog ? blaise, blaise !!! claudia

  96. Posté par Claudines, le 14 février 2007 à 09:59

    Cher Blaise,

    Apprends que la patience est l’une des plus grandes vertus au monde. Il faut donc la pratiquer avec plaisir. Je n’ai malheureusement pas le temps d’être sur le blog et de répondre à tous mes mails privés, des gens souvent qui ne partagent pas ma passion de l’écriture, du coup j’y vais de moins en moins et fatalement j’oublie d’écrire le mail privé que j’ai promis. Patience donc... Je sais que tu envisages d’écrire ton autobiographie, mais en vous lisant Molékinzéla et toi il me vient l’idée de raconter la vie passée de nos quartiers respectifs. Vous êtes des aînés, vous maîtrisez donc mieux les faits et les souvenirs que nous. Ecrire sur ce quartier de Poto-Poto, qu’on dénomme administrativement 123, je crois, entre la gare et l’Avenue de France, tomberait à point nommé, sans polémique, puisqu’il va être détruit. Il faut restituer l’âme de ce quartier avant les premiers coups de pêle. C’est urgent, on trouvera facilement un éditeur, l’hôte de ce blog ne pourra que nous y aider. Au Congo, il y a des spécialistes dans ce genre de domaine, mais qui ne publient pas malheureusement, or il faut rendre compte. Comment mes enfants connaitraient-ils ce quartier en l’absence d’un témoignage écrit ? Personne ne peut passer toute sa vie à raconter (la fameuse tradition orale), mais on peut passer toute sa vie à lire. Mayombe82 me signale qu’un reportage est passé en France sur Poto-poto. Je ne l’ai pas vu malheureusement à partir du satellite. Si je l’ai bien compris, le propos n’était pas triste, tant mieux, car il y a à dire sur ce quartier et sur ses habitants. Molékinzéla cite le vieux Molinard, le bar Molimba, il y avait aussi Brazzos, le coiffeur, Mpembellot, le couturier, le nôtre en l’occurence, mais aussi Louméto, mon grand-père, un grand commerçant, qui tenait aussi une boutique-bar qui faisait des bons-pours de boîtes de sardines et autres à des étudiants désargentés dont certains anciens ministres et autres grands cadres qui s’en souviennent jusqu’aujourd’hui. Lors de son enterrement en 1984, "c’était putulu emata makala matikala" dans le quartier. Bref, il y a tant à dire, surtout de la part des aînés qui nous permettent de nous remémorer mieux. La porte d’entrée de l’église Ste Anne était grande ouverte sur le quartier, aujourd’hui on la ferme après la messe, et on a barricadé le périmètre pour la sécuriser, ça lui donne un certain charme, il faut l’avouer, mais les passants ne peuvent plus longer son flanc pour se rendre vers le rond-point de la Coupole. En juin, avec la célébration des différents sacrements, c’était tout le quartier qui était en fête,le catéchisme était aussi un lieu de rencontres. Je pense que si nous accordons un peu de notre précieux temps à l’évocation de ce quartier, dans un ouvrage, on rendra un grand service aux générations futures. Je vous recommande un DVD réalisé en 2005 sur Brazzaville, vendu exclusivement chez L’Harmattan, à Paris, qui raconte l’âme des différents quartiers de la ville. Chaque quartier a en effet sa spécificité, on le sait par le ressenti, le vécu, maintenant il faut l’écrire, alors à nos plumes... ! Je vais réfléchir sérieusement dans mon petit coin à la réalisation de ce projet, mais je sais d’avance (sans vous forcer la main) que Blaise et Molékinzéla sont déjà partants, Mayombe82 aussi ?...Et les autres ?

  97. Posté par Blaise KIBONZI, le 14 février 2007 à 11:39

    Cher Molekinzela,

    J’aime pas répéter l’adresse de mon Blog ici car certaines mauvaises langues me reprochent de vouloir profiter de la notoriété d’Alain MABANCKOU pour faire ma pub. Et pourtant je suis sur Congopage sous mon vrai nom depuis sa création.

    Voilà pourquoi je suis un peu moins présent sur ce Blog, mais à chaque fois que j’y vois quelque qui m’interesse j’y viens.

    Voici l’adresse de mon blog si le maître des lieux (qui n’y est pour rien) me le permet :

    http://blaise.congoplus.com

    Je tiens aussi à préciser qu’il n’y a pas de concurrence entre Congopage et Congoplus. Nous sommes complémentaires.

    Claudines tu as un blog ?

    Claudia, oui les femmes de ce blog promettent et ne m’écrivent jamais en privé. Si, si ! Marie-françoise de l’Association "UN LIVRE UN ENFANT" l’a fait. Les livres déferlent actuellement au Congo.

    http://blaise.congoplus.com

    Blaise

  98. Posté par Blaise KIBONZI, le 14 février 2007 à 11:44

    "les livres déferlent actuellement au Congo"......

    Car Blaise adore associé la parole aux actes.

    Blaise

  99. Posté par Blaise KIBONZI, le 14 février 2007 à 11:52

    Molekinzela aurais-tu entretemps lu mon blog par hasard ?

    ça serait VRAIMENT ETONNANT car tu parles d’Henri PANGUI et hier justemnent j’ai consacré un article à Henri PANGUI sur mon blog. Ce matin une charmante intervenante congolaise me disait ne jamais avoir entendu parler de Henri PANGUI. Donc toi qui a habité dans le même quartier qu’Henri PANGUUI si tu pouvais compléter ce que je dis sur lui dans mon blog. Pardon NOTRE Blog sur ce formidable Congo des années 70.

    Blaise

  100. Posté par Malembé, le 14 février 2007 à 16:14

    Blaise, en général les femmes ne répondent pas aux hommes pressés... C’est connu. Claudines te demande la patience : tu vois ton problème ko ??? Et tu te plains que les femmes ne te répondent jamais !

  101. le 14 février 2007 à 17:31

    Cher Malembé, c’est vrai que je suis un homme très pressé en ce moment. J’ai 44 ans !!!!! (rires). A 45 ans, j’aimerais passer à autre chose.

    Ceux qui m’ont suivi sur les forums de congopage savent que j’avais pris l’engagement solennel il y a 4 ans de me consacrer pendant 5 années à la mise en place d’un petit quelque chose d’efficace et durable pour le Congo. ça sera ma contribution pour ce pays et j’irais ensuite m’occuper de mes filles !

    4 ans sont déjà passés. J’aborde donc la dernière.

    A ceux qui m’ont répondu vous avez bien vu que nous avons fait parvenir tous ensemble ici des livres à la bibliothèque de Ouenze ?

    Ils sont où ceux qui ont participé à cette opération ? les livres sont bel et bien arrivés. Qu’avons nous fait après ?

    A quoi à donc servi le sujet "Plaidoyer pour des bibliothèques en Afrique" ouvert par Alain MABANCKOU et sur lequel nous nous sommes tant épanchés ?

    je suis entrain de recommencer en ce moment là même chose avec Marie-Françoise rencontrée ici même et qui m’a répondu (6 mois après), on a en 1 mois fait parvenir des livres au congo.

    Pour moi envoyer des livres c’est pas une finalité. Il faut faire le suivi malheureusement je ne vois plus personne. Même les amis de la bibliothèque de OUENZE n’écrivent pas ici.

    On parle, on parle, on parle et quand il s’agit d’agir on ne va pas au bout.

    C’est pas grave, si Claudines ne me répond que dans 1 an. Elle verra la suite avec ma petite soeur (de coeur) Marie Françoise, qui c’est vrai avait mis aussi 6 mois avant de me répondre.

    Ceci dit tu as raison Malembé, j’ai constaté que les femmes qui mettent plus de temps à répondre sont les meilleurs coups. Binetou FALL j’attends toujours ton mail, pour connaître le montant de la dot.

    Blaise

  102. Posté par Blaise KIBONZI, le 14 février 2007 à 17:32

    Le message ci-dessus est de moi bien sûr. Même si pour une fois j’ai fait court !

    Blaise

  103. Posté par Molékinzéla, le 15 février 2007 à 22:05

    Blaise et Claudines

    Je vous présente mes excuses pour ce petit retard à vous repondre car j’ai quelques difficultés avec ma ligne internet qui ne marche pas très bien en ce moment. Concernant Claudine, je te confirme que je connais bien tes grands parents de la rue Mongo, qui habitent à moins de 100 mètres de notre domicile de la rue Paul Kamba. Il me semble que vous aviez également quelqu’un de votre famille qui était journaliste présentateur de journal télévisé et grands repporter à Télé ZaÏre (Louméto wa Louméto). Je le voyais quand il revenait de temps en temps rendre visite à la famille. Par contre je n’ai pas l’impression de me rappeler de tes parents. Il y avait également un autre présentateur célèbre du journal télévisé à télé Zaïre du nom de Béniamino Mbé Musuanga qui était natif du quartier. Ils habitaient à l’Avenue de France, là où il y avait la buvette où nous venions regarder la télé (en face de la famille Dékora). Bien entendu, je connais aussi le vieux Pem’s (Pembellot) qui était votre voisin immédiat. Pour ce qui concerne Blaise, c’est une simple coincidence. Je n’avais pas consulté ton blog dont j’ignorais l’existence, avant de parler du vieux Henri Pangui. On ne peux pas parler de la rue Paul Kamba sans parler d’Henri Pangui (qui tenait tout de même à se faire discret). Il y a également un autre personnage célèbre qui a habité la rue Paul Kamba, c’est Paul Kamba lui-même, unanimement considéré par nos grands parents comme l’ancêtre de la musique congolaise moderne des deux rives. S’agissant de la proposition de Claudines pour étudier la possibilité d’écrire un livre sur les quartiers de Brazza, pourquoi pas ? La seule différence est que je suis complêtement ignorant en ce qui concerne la redaction d’un livre et le monde de l’édition. Par ailleurs, j’aime raconter des histoires, mais, je ne suis pas certain d’être une "bonne plume", même si, dans le métier que je fais, je rédige pas mal, mais c’est dans un domaine tout à fait différent. Je compte donc beaucoup sur vous et d’autres qui pourraient bien se joindre à nous. Le fait d’habiter en France m’handicape beaucoup dans la possibilité de recueillir des témoignages. je n’ai pas encore consulté le bog de Blaise, faute de temps. je me reserve le week-end pour le faire à tête reposé car je veux avoir toute la disponibilité d’esprit.

    A très bientôt

  104. Posté par Blaise KIBONZI, le 16 février 2007 à 11:02

    Justement cher Moleki Nzela, l’intérêt d’un blog (et d’internet) c’est de permettre même à des gens conne nous qui n’avons pas la "plume" (comme tu dis),de publier en vrac nos mémoires. Quiite à ce quelqu’un qui a la "plume" récupère tout cela pour l’ordonner dans un style plus journalistique ou historique.

    Faire une sorte de Wikipédia à la congolaise.

    Merci d’avance pour ta visite sur le B.B (Blog de Blaise) et de tes apports éventuels sur le sujet "Papa Henri PANGUI" et aussi "PEINTEX BED’ART" que je viens de poster.

    Je vais m’arreter pour ce sujet. En espérant pouvoir intervenir plus tard ici sur d’autres sujets. Vous pouvez cependant être sûr d’une chose, je lis ce blog d’Alain MABANCKOU tous les jours.

    BAKIMA, je t’ai envoyé un mail privé avec les coordonnées de MAPRO. J’espère que ton email est toujours valide. J’ai utilisé celui de hotmail.

    Entre homme quand on promet on fait. C’est pas comme les femmes de ce blog.

    Ciao !

    Blaise

  105. Posté par Cindy BISKER, le 13 mars 2007 à 10:23

    Je suis professeur de FLE (français langue étrangère) au collège en Flandre (Belgique). Votre histoire m’a tellement touché. C’est vraiment très bien écrit. Je vais la lire en classe avec mes élèves qui viennent d’apprendre l’imparfait. Je suis sûr qu’ils vont aimer, eux-aussi. Merci !

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