Le Général Henri Poncet a été suspendu au début de cette semaine et depuis mardi 18 octobre 2005, une information judiciaire a été ouverte à Paris pour homicide volontaire.

Depuis lundi 17 octobre, le très important Général Henri Poncet a été suspendu par une décision de la ministre de la Défence, Michèle Alliot-Marie. Ont été suspendu pour les mêmes faits, le Colonel Eric Burgaud ainsi que le sous-officier qui faisait partie du dispositif "Licorne".

"Les fait étaient suffisamment importants" comme l’a déclaré Madame la ministre (et même si cela apparaît sur Congopage un peu tardivement) que cela valait la peine d’en faire écho sur le site.

Il est reproché aux trois militaires "des manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres", lors de l’interpellation le 17 mai dernier d’un jeune ivoirien. Le dénommé Mahé était connu comme étant le chef d’une bande de coupeurs de route, était recherché pour avoir commis de nombreuses exactions auprès de la population. Les témoignages de l’époque avaient prétendu que : "Poursuivi et se voyant cerné, il a ouvert le feu en direction des éléments de la force Licorne", qui, "en état de légitime défence, ont riposté". "Blessé très grièvement, le suspect a été arrêté", et il "est mort des suites de ses blessures pendant son transfert au CHU de Man", dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire.

Michèle Alliot-Marie a affirmé n’avoir jamais été "informée au milieu de la semaine dernière d’un certain nombre d’événements qui n’avaient pas été portés à sa connaissance, concernant la période de mai 2005". C’est ainsi qu’elle a "immédiatement demandé une enquête de commendement".

En fait, tout a commencé quand le 11 octobre 2005, le chef d’état-major de l’armée de terre Bernard Thorette a reçu un appel d’un officier supérieur lui donnant une autre version des faits que celle relatée par les éléments de la force "Licorne".

L’enquête qui a été ouverte, devra éclaircir les circonstances du décès de Mahé. Selon une source judiciaire, la dénonciation impose de retenir la qualification la plus haute, c’est-à-dire "homicide volontaire".

L’enquête étant en cours, les personnes mises en cause sont suspendues de leurs fonctions, mais restent considérées comme innocentes jusqu’à preuve du contraire. L’article 44 du statut militaire, revu et corrigé, stipule que "la situation du militaire suspendu doit être définitivement réglée dans un délai de quatre mois à compter du jour où la décision de suspension a pris effet". Si au bout de ce délai, aucune sanction n’a été prononcée, "l’intéressé est rétabli dans un emploi de son grade, sauf s’il est l’objet de poursuites pénales".

Le Général Poncet est un officier d’une "grande valeur" comme l’a signifié la ministre de la Défence. Cependant,"ce qu’on sait des faits, s’ils sont avérés, est particulièrement intolérable pour un chef militaire". Cette décision exceptionnelle intervient alors qu’il venait d’être promu général de corps d’armée et décoré le 13 juillet dernier par le Président Jacques Chirac. Il a été, durant un an à la tête de 4000 soldats de la force Licorne déployée en Côte-d’Ivoire. En février 2001 il a été nommé à la tête des opérations spéciales françaises et a commandé la brigade multinationale au nord du Kosovo. Il a aussi dirigé les opérations d’évacuation des français du Rwanda en 1994.

Blanchard Alice