Ce 8 octobre 2009, un étrange bras de fer a eu lieu entre la censure du pouvoir et un journal de l’Opposition au titre prédestiné d’Amicale* (du nom de l’association fondée par André Matsoua Grenard à Paris en juillet 1926). Intitulé "La cleptomanie", l’article incriminé dénonce pêle-mêle les dérives des membres du clan Sassou, notamment celles d’un certain Henri Nguesso dont la légitimité familiale vient d’être seulement reconnue ; pêle-même donc un portrait au vitriol du clan des libanais, des ouest-africains, du ministre de la forêt, d’un petit chef de guerre, multi-millionnaire.

La charge la plus virulente (ainsi qu’on verra) a été lancée contre le chef de clan, Sassou-Nguesso en personne.

Au sujet d’Henri (dernier arrivé) Nguesso, ce « bâtard » est, malgré tout, aussi goinfre que ses parents, sinon plus. C’est un peu normal quand on veut rattraper le temps perdu. Les chacals ne font que des chacals en d’autres termes « tel père, tel fils. » Combien d’enfants reconnus Sassou va-t-il nous sortir de son chapeau à malices ? Je vous le demande.

L’auteur du papier infâme n’y est pas vraiment allé de main morte. Le malfrat Henri Nguesso, y apprend-on, est d’une rapidité remarquable en matière de vol. Il est qualifié de « personnage bien trouble » qui n’a pas trainé les pas « a (…) peine récupéré son nom » le fils prodigue est « déjà un bandit de renom » Et le journaliste de lui adresser ironiquement de vives « congratulations monsieur le lieutenant fantoche !!! »

Vértitable chef de gang, le nouveau (on rit ou on ne rit pas) Nguesso règne « sur une armée de larbins attirés par l’odeur de l’argent facile et suppléé dans sa mission par un colonel autoproclamé, un dénommé Arsène qui n’est pas sans rappeler Polichinelle »

Où opère le fils à papa ? Son terrain de prédilection est la ville économique de Pointe-Noire où la douane est salement désorganisée et à la merci de gredins d’origine étrangère, précisément libanaise, malienne et, de toute façon, ouest-africaine. Comment procède ce réseau mafieux ? C’est aussi simple que bonjour. Nos étrangers « sortent chaque jour des containers pour des peccadilles au profit de leurs compatriotes ». Les conséquences sont graves. Figurez-vous que nos pauvres fonctionnaires des douanes, dépassés par cette criminalité, basculent dans la marginalité car « pour compenser ce manque à gagner et pour vivre le douanier Congolais (…) soit obligé de racketter son propre frère. » (Bizarre, pourquoi ne font-ils pas grève au lieu de virer dans la corruption !)

L’anarchie est tellement énorme dans cette douane (constate le journaliste de L’Amicale) que des pulsions refoulées reviennent à la surface et, écœurés par la criminalité kleptomane de leurs coreligionnaires des sassouistes se sont mis à détester d’autres sassouistes.
« De la bouche même des douaniers la situation n’a fait qu’empirer ces dernières décennies et même les douaniers "nordistes" en viennent à regretter l’ère LISSOUBA durant laquelle la douane recevait les compensations aux ristournes accordées et touchait réellement la montant des taxes imposées sur les importations. »

Prudent comme un sioux, le rédacteur se garde bien dans ses propos de « remettre à dos les nordistes et les sudistes » Pourtant, se demande-t-il, mine de rien «  pourquoi les gens du nord se sont accaparés tous les postes stratégiques dans la région du Kouilou et que presque toutes les populations locales peut-être trop arriérées à leurs yeux ont été tout simplement évincés ?? »

Toutefois, une grande magistrate, une certaine Ya Pauline, profite allègrement de cette délinquance. Quoiqu’à la retraite, la dame de justice roule dans une voiture rutilante grâce aux pots de vin que lui reverse la coalition libano-ouest-africaine du port de Pointe-Noire. La veinarde. Comme par hasard
« toutes les affaires jugées par Ya Pauline et qui ont opposées un étrangers à un Congolais, des dossiers ou la culpabilités de "l’étranger" en question ne faisait aucun doute pour tout homme "intègre", le Congolais a toujours perdu, a de très très rares exceptions, étrange coïncidence tout de même, non ??? »

Ya Pauline n’est pas un cas isolé. Sur le chapitre des voleurs « il n’y en a toute une kyrielle dont l’un des plus (…) illustre : le faussaire et génocidaire ILOBAKIMA que de monde, que du beau monde !!! »
Bigre !

Un autre kleptomane de haut vol est Henri Ndjombo qui fait feu de tout bois en matière de corruption. Il se fait mouiller la barbe par les Malaisiens qui, loin d’être idiots, se gardent d’exploiter leurs propres forêts puisque, ayant trouvé le ventre mou de l’Afrique au Congo-Brazzaville, ils y vont à fond en s’attaquant à notre deuxième richesse après le pétrole.

Henri Djombo forme une paire de canailles avec un certain Okombi Salissa, voleur doublé d’assassin.

Le journal de Matsoua parle tout de même d’un franc-tireur, un résistant, un caïd, un dur, un obsédé des causes perdues, le préfet de Mvouti qui a osé affronter la mafia malaisienne. En vain.

Cerise sur la gâteau, le journaliste tape sur les élections truquées de juillet dernier, puis last but not the least, il conclue sur le "cancer de la prostate" (sic), qui le « fait gonfler à vue d’œil » et bien que ne souhaitant la mort de personne finisse par emporter Sassou « comme M. MITTERAND et le plus tôt sera le mieux pour le bien de tous !!! » Une virulente charge, en effet. Je vous l’avais dit.

Coup de colère

La réaction de Mpila ne s’est pas fait attendre. Il faut avouer que le journaliste a poussé le bouchon très loin. Il a été convoqué à la succurssale de la Sérurité d’Etat, située au Palais du Parlement. Pourquoi ? Ben pardi ! Pour être soumis à la question.

Dans un pays où il ne fait pas bon d’être de l’opposition (voyez comme les candidats malheureux à l’élection présidentielle ont été arbitrairement embastillés) c’est tout de même téméraire, voire suicidaire de s’attaquer ainsi au lion de Mpila comme l’a fait, avec un culot monstre, le journaliste de L’Amicale.

S’agit-il d’un plastron ?

Le Plastron c’est celui qui joue le rôle de l’ennemi dans les entrainements militaires.

« Comme d’habitude, le responsable de ce journal n’est chaque fois convoqué que lorsqu’il est absent de Brazzaville, que lorsqu’il se trouve à l’étranger. Est-ce fortuit ? » lit-on dans le chapô qui présente l’article.

Le hasard fait bien les choses, n’est-ce pas ?

En tout cas s’il ne s’agit pas de "provoc", du fond de sa tombe inconnue de célèbre résistant, André Grenard doit être fier de ceux qui se définissent (...)"néo-matsouanistes".


* "LA CLEPTOMANIE", paru dans le Journal L’AMICALE n° 170 du 30 juin 2009.