Le ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération est privé d’internet depuis 2 jours. Cet endroit si stratégique est coupé du monde. La société Alink Télecom que dirige ( ça vous étonne ?) la fille de Jean-Dominique Okemba a décidé de rompre le contrat. Motif : 2 ans d’impayé parce que celui qui s’en charge, Rubain Adouki, a détourné l’argent.

Naviguant à fond dans le népotisme, Alink Télécom, filiale d’ Alink Afrique emploie 20 personnes au Congo, bel exemple d’une micro-entreprise qui sert de blanchiment d’argent au clan Nguesso.

Sapin de Noël

Cela dit, Son Excellence Basile Ikouébé n’est pas un enfant de chœur. Sur le chapitre du gaspillage, les « Affaires Etrangères » dont il est l’inamovible patron sont réputées être, selon une journaliste de Libération , des bâtiments « illuminés comme un sapin de Noël » la nuit.

On doute que Ikouébé s’acquitte de ses factures de la SNE (Société Nationale d’Electricité).

Okemba la cancre

On sait tous que Internet est un luxe au Congo de Sassou. Le haut débit est un dépit. Quant à la fibre optique promise par le ministre des Postes et Télécommunication, Thierry Moungalla, cette technologie reste encore du domaine de la science-fiction au pays du « bâtisseur infatigable ».

Même si le prix de la connexion est élevé, Internet est un outil tellement indispensable qu’il faut être un cancre cruel comme la fille Okemba pour en priver un organe aussi fondamental que les « Affaires Etrangères  ».

Ikouébé et le réseau des femmes

On peut cependant dire que l’héritière sauvageonne de Jean-Dominique Okemba a vengé Blandine Lumandé (rejeton d’Antoinette Sassou) sur qui Basile Ikouébé avait « foutu la honte  » à l’aéroport de Maya-Maya (voir notre article), formatant ainsi son voyage à Washington pour shopping. Arroseur arrosé, voilà que le ministre Ikouébé vient de subir un camouflet (qui plus est venant d’une petite morveuse) comme les tenants d’une dictature en déclin en ont le secret.

En tout cas Basile Ikouébé n’a pas de bol avec les dames de l’Oyocratie. Quand il ne se fait pas passer un savon en public par Blandine Lumandé pour une ridicule affaire de passeport il se fait taper sur les doigts par la demoiselle Okemba pour un « impayé » comme si ne pas honorer une facture constituait un crime dans ce pays de voyous et de hors la loi. Vous verrez, notamment, Rubain Adouki « le voleur », s’en sortir avec une promotion car ici, l’élévation en grade est le salaire des auteurs de biens mal acquis.

Une affaire politique

L’affaire de la déconnexion au réseau web sent le buz. On ne « décroche » pas comme ça de la toile un noyau dur du régime sans que ca ne cache un complot.

Que reproche-t-on à Basile Ikouébé depuis l’affaire des faux passeports distribués aux étrangers Libanais ? Serait-il perçu comme un virus qui menace le logiciel constitutionnel que Sassou est en train d’élaborer ?

Dans un système aussi sauvage que celui du Chemin d’avenir , rien n’est jamais neutre. L’affaire du passeport diplomatique de la fille adultérine d’Antoinette Sassou (ainsi que l’a écrit avant nous Congo-Liberty) n’était pas un « oubli » du ministre mais un « coup » de Claudia Coco.

Il se peut que la main de la demoiselle Okemba qui frappe Basile Ikouébé est tenue par Antoinette Sassou, afin de sauver l’honneur de sa fille Blandine. On a vu comment la « vieille dame qui marchait dans l’eau de St-Tropez » a mordu le journaliste Médard Milandou pour l’avoir traitée de filou.

Depuis que l’échéance improbable de 2016 approche, tout le monde est nerveux.

On se perd en conjectures. L’hypothèse d’un Sassou qui voudrait se débarrasser d’Ikouébé n’est pas non plus négligeable. « Ca commence comme ça, et ça finit par un limogeage – Ca commence à bien faire ! » diraient les Cassandres.

En d’autres termes, on vient de priver Basile Ikouébé de « moyen de communication ». C’est symbolique d’une coupure existentielle. Sans internet point de visibilité sur le plan international : le comble pour un ministère des affaires étrangères.

En tout cas, difficile de croire qu’une freluquet comme la fille d’Okemba ait pu sanctionner le ministre Ikouébé sans que Sassou ne soit au courant. Veut-il faire taire à jamais Ikouébé ?