Le président congolais, Denis Sassou N’Guesso, a dépêché "en urgence" à Paris son ministre de la Justice Martin M’Bemba et son conseiller spécial chargé des Affaires juridiques, Emmanuel Yoka, a appris jeudi la PANA de bonne source.

Au cours de leur séjour en France, les deux émissaires du chef de l’Etat congolais devraient discuter avec leurs interlocuteurs français des derniers développements de l’instruction judiciaire en cours à Meaux, près de Paris, sur la disparition de 353 personnes en Mai 1999 sur le Beach de Brazzaville (port fluvial), a ajouté la même source.

MM. M’Bemba et Yoka devraient précisément réaffirmer le mécontentement de Brazzaville au sujet de la mise en examen pour "crimes contre l’humanité" suivie d’une brève incarcération décidée par le juge d’instruction de Meaux contre Jean-François N’Denguet, directeur général de la police congolaise.

Après avoir obtenu la remise en liberté de M. N’Denguet au cours d’une audience de la chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Paris tenue à 2 heures du matin dans la nuit de vendredi 2 Avril au samedi 3 Avril, le parquet général demande à présent l’annulation de tous les actes de procédure décidés contre le patron de la police congolaise.

Considérant que la procédure a "fait l’objet d’intervention de nature à compromettre gravement le déroulement serein et indépendant de l’information en cours", le juge d`instruction de Meaux a, rappelle-t-on, demandé mardi à être entendu par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Trois ONG, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), avaient, pour leur part, dès la libération, dénoncé une "grave immixtion" du pouvoir politique français dans l’instruction en cours à Meaux au sujet de la disparition de 353 réfugiés congolais rentrés de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon l’hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné, la libération du patron de la police congolaise avait été obtenue par Dominique de Villepin alors ministre des Affaires étrangères sur ordre du président Chirac, lui-même sollicité par son homologue congolais.


Proposé par : niaou

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