Nous prédisions, un peu plus bas, dans cet article, le destin que pourrait avoir le nouveau roman de notre consoeur, la Mauricienne Nathacha Appanah (photo), Le Dernier frère qui est en librairie actuellement et paru aux Editions de l’Olivier. C’est presque chose faite avec le Prix du Roman Fnac 2007 que les libraires et les adhérents de la Fnac viennent de lui décerner. Ce prix, connu pour son indépendance et ses repercussions en librairie est en quelque sorte le coup de sifflet qui lance la rentrée littéraire : « Créé en 2002, le prix du roman Fnac est le seul du genre à être décerné en toute indépendance, à la fois par les libraires et le grand public. Quatre cents adhérents et trois cents libraires de la Fnac sont donc appelés chaque année à faire partie du jury. Ces lecteurs ont quelques semaines pour lire les romans de la rentrée littéraire, en moyenne cinq, qui leur ont été attribués et rédiger une fiche de lecture pour chacun d’entre eux. L’analyse de ces fiches permet de dresser les quinze titres préférés des adhérents ainsi que ceux des libraires. En 2007, cinq d’entre eux appartiennent à ces deux sélections.
C’est parmi ces choix communs que s’est imposé le prix du Roman Fnac, indépendant et populaire.
 »
Le lauréat de l’année passée était Laurent Mauvignier pour son roman Dans la foule paru chez Minuit...

1.

Saint-Germain-des-Prés

Il faut croire que les livres que nous écrivons nous poursuivent. Et certains détails peuvent avoir leur importance, surtout lorsqu’ils nourrissent un moment de rigolade alors qu’on ne s’y attendait pas... Ainsi, il y a quelques jours, au cours d’une rencontre de promotion de ma Lettre à Jimmy au Cap-Ferret, alors que nous prenions une photo pour la presse, Frédéric Beigbeder me souffle à l’oreille :

« - J’ai lu ta ’’Lettre à Jimmy’’, et j’ai aussi lu ce que tu dis du milieu de Saint-Germain-des-Prés !

Et moi de lâcher :

« - Ce n’est pas moi qui le dis, c’est James Baldwin...

Et Beigbeder de rigoler :

« - Je t’ai eu, je sais !

2.

Eric Reinhardt surgit de la rentrée

Dans la même semaine, c’est l’ami Eric Reinhardt, auteur du majestueux roman Cendrillon (paru ces jours chez Stock) qui était en couverture des Inrockuptibles avec le titre : « Eric Reinhardt surgit de la rentrée » (littéraire). Et, à force de le répéter à table comme un refrain, je le fis presque passer pour le slogan de cette rentrée littéraire « dominée » par le livre de Yasmina Reza sur Sarkozy et maintenant par les démêlées de Camille Laurens et Marie Darrieusecq. Les deux femmes sont publiées depuis des années par les éditions P.O.L et se livrent aujourd’hui une guerre fratricide par journaux interposés...
Au sujet du livre de Yasmina Reza L’Aube le soir ou la nuit – que je n’ai pas encore lu, j’apprends dans Le Parisien du dimanche 26 que Bernard Pivot, membre du jury Goncourt – qui a certainement vu la photo de Sarkozy dansant avec l’auteure (ici en discussion avec Sarko) – se montre réticent en disant : « ...Quand je les vois danser ensemble, je m’interroge ».

3.

« Qui encule qui ? »

David Foenkinos, dont j’aime les livres, fait le point sur les journaux qui ont selectionné le nouveau roman qu’il vient de larguer en librairie et qui s’intitule Qui se souvient de David Foenkinos ?. Moi, voyons ! Pour la petite histoire, David est passé après nous au Cap-Ferret et, apparemment, les discussions proustiennes furent de rigueur. Il raconte sur son Blog hébergé par Livres Hebdo (www.livreshebdo) :
A un moment, nous avons parlé de Proust (l’air de la mer m’aurait-il rendu intelligent ?), et j’ai dit que Céline avait résumé ainsi "A la recherche du temps perdu" : « 3000 pages pour savoir que Totor encule Tatave ». A la fin du débat, une petite vieille a pris le micro pour me dire : « J’ai bien aimé tout ce que vous avez dit, mais je n’ai pas bien compris, à propos de la citation de Céline… qui encule qui ? »

4.

Rentrée littéraire africaine : le désert des Tartares ?

La rentrée littéraire 2007 est marquée par la quasi absence d’auteurs originaires d’Afrique noire. Nous nous réjouirons toutefois de lire les derniers ouvrages de nos amies Mauriciennes Ananda Devi (photo) auteur d’Indian Tango chez Gallimard. GIFCe roman qui a tellement enflammé Le Clézio que celui-ci l’a chroniqué en une pleine page élogieuse dans Le Nouvel Observateur de la semaine dernière. L’autre Mauricienne, Nathacha Appanah publie Le Dernier frère chez L’Olivier. Un livre dont le destin paraît bien tracé – il a été retenu dans la sélection des libraires parue dans le même Nouvel Observateur.

Après cela, il nous reste à lire ces livres. Je promets de m’y mettre après avoir fini la lecture des romans des 6 finalistes du Prix RFO que nous décernerons en octobre prochain à Paris. Les six finalistes sont – dans le désordre, bien sûr : Alain Foix (Venus et Adam, Gallade Editions), Sami Tchak (Le Paradis des chiots, Ed. Mercure de France), Fabienne Kanor (Humus, Ed. Gallimard), Wilfried N’Sondé (Le Cœur des enfants léopards, Ed.Actes Sud), Marcel Melthérorong (Tôghàn, Ed. Alliance Francaise de Vanuatu) et Appollo-Lewis Trondheim (Ile Bourbon, 1730 Ed. Shampooing)...