Pour mettre un terme à la guerre permanente dans le Pool, demander l’arbitrage de Sassou comme le fait Bonaventure Mbaya serait comme une biche qui demande le soutien du lion le prenant pour un végétarien.

La région du Pool serait-elle devenue le lieu de prédilection des intrigues politiques du Congo-Brazzaville ? Serait-elle la thèmatique indiquée pour les hommes politiques en mal de célébrité et de popularité pour se refaire la cerise ? Le terrain de compétition des enfants du Pool pour le leadership ? Entre les fils originaires du Pool qui s’adonnent à une concurrence sans merci, c’est : « Ôte-toi de là que je m’y mette  ». Le poste de leader de la région du Pool laissé vacant par Bernard Kolelas reste à pourvoir et suscite des convoitises. Comme l’hirondelle annonce le printemps, l’échéance présidentielle de 2021 présage-t-elle la guerre dans la région du Pool ?

Prémisses

Les manœuvres politiques pointent à l’horizon dans un silence assourdissant. La région du Pool ne s’en laisse pas conter. Lire in congopage.com, 14 juin 2020 , « Déclaration des fils et filles du Pool sur le déploiement massif des troupes armées dans le département du Pool. »

Les expéditions militaires meurtrières à bas bruit de Denis Sassou Nguesso dans la région martyre du Pool ne suscitent aucune indignation de la classe politique du Congo-Brazzaville ni de la communauté internationale. Pourquoi ? Et, pourquoi redoute-t-on la perspective de voir la locomotive du Congo-Brazzaville (métaphore du développement ) se remettre sur les rails depuis l’accident politique de 1969 provoqué par le marxisme de Marien Ngauabi, la guerre de 1998 et les bombardements de 2016 ? Car il faut bien que cette région et partant ce pays émerge réellement un jour.

Devrait-on se rendre à l’évidence que les populations du Pool sont les « Bala ban sana » (orphelins) ? Ici, on peut parler de corruption et d’anathème. Pourquoi aucun Periclès du Pool à l’instar de Louis Bakabadio, Isidore Mvouba, Guy Brice Parfait Kolelas, Anatole Milandou, Bienvenu Manamika, Claude Alphonse Nsilou, Adelaïde Mouhani, Rosalie Matondo, Bernard Tchibambeléla, Landry Euloge Kolelas, Théodorine Kolelas, René Boukaka, Prosper Nkonta Mokono ne montent au créneau pour décrier ce qui se passe sous nos yeux ? Pascal Tsaty Mabiala, le chef de file de l’opposition officielle, et Aimé Emmanuel Yoka, le député de Vinza, sont aphones.

Même pas peur

La région du Pool a-t-elle retrouvé en la personne de Bonaventure Mbaya l’incarnation de André Grenard Matsoua, Bouéta Mbongo, Mabiala ma Nganga, Bernard Kolelas qui ont guerroyé contre l’occupation coloniale et croisé le fer avec le régime marxiste ?

Comme s’il avait mangé du lion, à visage découvert, Bonaventure Mbaya a accusé deux officiers militaires en particulier le général Jean Dominique Okemba, patron du Conseil national de sécurité (CNS) et le colonel Didace Bangui, (chef du commissariat de Makélékélé) d’avoir avoué les bombardements du Pool, le 20 mars dernier à Oyo, lors d’une réunion avec les sages. « Rongé par le virus du tribalisme et ivre de haine et de préjugés contre les bakongos, ces officiers militaires ont déclaré ce qui suit : Nous avons bombardé le Pool et le ciel n’est pas tombé  », a dit B. Mbaya dans sa déclaration (Les dépêches de Brazzaville, 10 juin 2020).

Naïveté

Bonaventure Mbaya n’est pas né de la dernière pluie. Il y a belle lurette qu’il navigue dans le marigot politique du Congo-Brazzaville. Bonaventure Mbaya appelle, alors, Denis Sassou Nguesso le chef de l’Etat et la justice à faire toute la lumière sur les bombardements supposés, entrepris dans le département du Pool afin que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis conformément à la loi.

« Nous nous en référons au chef de l’Etat et à la justice pour faire la lumière sur les bombardements du Pool signalés et reconnus par un amiral et un colonel, ainsi que sur les armes qui seraient détenues par les fils du Pool, notamment par Ntoumi, Pablo et Indien  » a poursuivi Bonaventure Mbaya. Comment Bonaventure Mbaya peut-il croire que la solution pourrait venir de Sassou Nguesso ? Denis Sassou Nguesso faiseur de guerre et faiseur de paix ? Au Congo-Brazzaville, il y a trois bandits : Denis Sassou Nguesso, Frédéric Bintsamou alias Pasteur Mtoumi et Annicet Pandzou alias Willy Mantsanga. Un bandit est décédé. Deux sont encore en vie.

« Mbaya » au Pool

Jean Dominique Okemba est d’autant plus craint que redouté. Bonaventure Mbaya n’a pas pris de gants pour fustiger et accuser nommément le conseiller occulte de Denis Sassou Nguesso tout en omettant volontairement le rôle de ce dernier. Qui est derrière le président de la « Convergence citoyenne  » ? Bonaventure Mbaya serait-il en service commandé ? Bénéficierait-il de la protection du khalife d’Oyo que Bonaventure Mbaya ménage allégrement ? Bonaventure Mbaya peut-il attaquer frontalement Jean Dominique Okemba sans craintes de représailles de ce dernier ? Que cache la sortie publique de Bonaventure Mbaya ?

Quid de la responsabilité de Denis Sassou Nguesso dans la tragédie de la région du Pool ? Bonaventure Mbaya n’en pipe mot. Pourquoi ? Qui tire les ficelles ? Pourquoi cette mansuétude de Bonaventure Mbaya à l’égard de Denis Sassou Nguesso ? Peut-on évoquer le drame du Pool sans pour autant pointer du doigt la responsabilité de Denis Sassou Nguesso ? Pourquoi Bonaventure Mbaya élude-t-il cette question ? Jean Dominique Okemba peut-il bombarder le Pool sans s’en référer à Sassou Nguesso ?

Au Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso seul est le chef, le gourou, le tout-puissant. Les bombardements dans le Pool que Jean Dominique Okemba a évoqués dans une vidéo devenue virale en mars 2020 , ne sont uniquement que l’expression de la volonté du fils de «  Mama Mouébara  ». Au Congo-Brazzaville, il n’y a que Bonaventure Mbaya pour ne pas le savoir. A dessein ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS