La scène se passe à Lille, pendant le festival Fest’Africa le 28 octobre dernier, festival consacré à la littérature africaine. Nous avions décidé, avec quelques auteurs, d’aller prendre un pot dans une discothèque de la ville, Le Macoumba.

Un ami tchadien qui connaît bien les lieux nous escorte dans sa voiture. Vêtu de boubous africains somptueux, nous lui enviions cette sape, cette allure princière, avec ses chaussures noires bien cirées.

Mais voilà, notre admiration fut de brève durée lorsque, devant la discothèque, un cerbère à la musculature de colosse d’Ousmane Sow nous arrêta tout net. Le Tchadien ne pouvait pas pénétrer dans la discothèque avec ces habits africains, fit-il. « Il faut vous habiller de manière convenable ! » Ces propos, venant de la part d’un vigile Africain, faillirent nous provoquer de fous rire. Fallait-il vraiment en rire ? Nos négociations furent vaines malgré le regard pourtant bienveillant d’un autre cerbère - de race blanche - et qui semblait être gêné par la situation.

Le pauvre se terrait presque derrière la musculature de ce policier de fringues que tout habit africain horripile. Finalement nous avions renoncé à cette virée nocturne. Et je ne pus m’empêcher de penser que Dany Glover, le grand acteur américain, débarqua au festival de Cannes avec... des boubous africains. De même, le président nigérian Obasanjo (photo) n’a qu’à bien se tenir, lui qui exhibe ces habits qui donnent des boutons à certains africains civilisés...