Sur ce site, c’est une vraie guerre qui s’y déroule lorsque l’on lit les réactions des uns et des autres. Tout ce qui se passe au Congo n’invite personne à plus de lucidité. Au contraire, ici on a trouvé un terrain propice pour nous injurier. Je ne pense pas que cela fasse grandir le Congo ou les congolais. Certains pseudonymes en disent long.

Le discours de M. Kongo Laid est d’une laideur qui ne ressemble qu’au qualificatif qu’il s’est donné. C’est vrai que parfois, ou même souvent, l’homme ne parle que de ce qu’il fait ou de ce qu’il est.

L’art de montrer les autres du doigt en voulant prouver que ce sont toujours les autres qui sont mauvais, est maladroit.

Les kongos laris n’ont jamais dit qu’ils étaient supérieurs aux autres jamais, jamais, jamais !!!!!!!! C’est leur implication dans la vie de la nation qui pousse toujours les autres à penser cela. Quand on a un pays, il faut le construire, il faut lui donner toutes les chances de se développer. Aimer son pays, c’est le doter de structures pouvant l’aider à s’épanouir. Voilà l’aspiration des kongos laris pour leur pays.

Vous avez une façon simpliste de raisonner. Vous dites que les laris n’acceptent pas les autres ethnies chez eux. C’est archi-faux !!!! Cela relève de la malhonnêteté intellectuelle. Moi je dirai que les gens du Sud sont les seuls à vouloir se mettre avec les autres. Ils vont chez les autres sans à-priori et se fondent dans la masse. Vous n’avez qu’à voir la configuration de Brazzaville. Partout, on trouve des gens du Sud et particulièrement les kongo-laris. Que ce soit à Mikalou ou à Poto-Poto, ou encore à Talangai, on trouve des gens originaires du Sud Congo. A Bacongo, à Mfilou, à Moukounzi-Ngouaka les Bembes et ceux qu’on appelle aujourd’hui les Niboleks ont co-habités avec les laris pendant des décennies ; seul le pouvoir de Lissouba est venu tout remettre en question.

Mais l’inverse ne se vérifie difficilement. Combien d’hommes du Nord sont-ils installés dans les autres quartiers ? On peut les compter du bout des doigts. Vous allez prétendre que ce sont les autres qui leur sont hostiles, n’est ce pas ? Il faut, dans ce cas, donner des exemples mais des exemples d’avant guerres.

Parlons maintenant de ce complexe malaisé qui est né dans la société congolaise entre les kongos et les autres.

Les kongos aiment avoir une machine huilée et qui fonctionne à merveille. Quand ça ne va pas, ils le disent sans complexe. Lorsque le pouvoir du président Youlou a fait défection, les kongos étaient là pour dire que les choses n’allaient pas bien. Et pourtant Youlou était leur parent. Il ne s’agissait pas de le chasser du pouvoir mais de lui manifester le mécontentement de la population. Et pourtant, aujourd’hui, on sait que le président Youlou n’a pas fait les monstruosités que l’on connaît aujourd’hui.

Alphonse Massamba-Débat est arrivé au pouvoir et, lorsqu’il a commencé à terroriser les populations avec ses JMNR, ce sont encore les kongos dont il faisait partie qui ont dénoncé ces pratiques et surtout le système marxiste-léniniste et athée. Quand Marien Ngouabi arrive, au lieu de se démarquer de cette politique, il a continué. Comme les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, le mécontentement s’est encore installé. Mais là, la configuration était autre. Ce n’était plus un Kongo au pouvoir. Le problème était, par le fait, transposé : les kongos ne veulent pas du pouvoir des autres ethnies. Et la référence que l’on prend, c’est celle de la guerre de 1959. On ne tient plus compte de ce qui s’est passé, on dit simplement que les kongos n’aiment pas les autres. Je pense que c’est une manière fausse d’aborder le problème et comme un mauvais diagnostic ne peut pas donner une bonne thérapie, le Congo s’enlise jour après jour dans sa maladie du tribalisme.

Chaque fois que les kongos ont dénoncé quelque chose, les autres ont toujours crié mais à la fin, on les a vus rallier leur position. J’ai cité les exemples de nos deux premiers présidents.

Quand Marien Ngouabi arrive au pouvoir dans la continuité de ce que Alphonse avait commencé, le mécontentement continue. Les kongos continuent de dénoncer et il y a même des actions comme les coups d’état de Kolelas et Kinganga. Mais le mécontentement s’installe aussi dans la classe politique d’alors, d’où le fameux mouvement du 22 février dirigé par MM. Diawara et Ikoko. Aujourd’hui, Dieu merci, ce coup d’état n’est pas attribué aux seuls kongos. Ceux qui y ont participé l’ont fait par conviction et voulaient ramener Lissouba au pouvoir.

Donc, ce malaise perçu par les kongos était également perçu par la classe politique. Marien sort victorieux de ce coup d’état puis il est finalement assassiné quelques années plus tard par ceux qui prétendaient être ses amis. C’est le même malaise qui a continué et qui a abouti à la mort du Commandant Marien Ngouabi.

Joachim Yhombi arrive au pouvoir en 1977 et bouscule les habitudes des congolais. Il veut que les congolais travaillent. Mais les moyens qu’il utilise pour amener les congolais au travail ne correspondent pas à leurs aspirations. Au lieu de les encourager, il les menace. Et c’est Florent Tsiba qui est chargé de parler pour terroriser, par sa voix, les congolais et ceux-ci ne peuvent accepter qu’on les réduise à des esclaves. En plus, les salaires ne suivent pas. Là ce ne sont pas les kongos qui sont mécontents. Mais ils ont dénoncé.

L’arrivée de Denis Sassou Nguesso est saluée par tous et on semble respirer. Sassou déçoit les espoirs des congolais à plusieurs points de vue. Dès le départ, on veut qu’il dénonce la manipulation de Yhombi au sujet du coup d’état préparé par Mfina-Matsiona, Miakassissa et autres Kolelas. Le malaise recommence et les kongos dénoncent encore. Quand arrive la conférence nationale, alors que le pouvoir prétendait à un bilan globalement positif, on se rend compte que le pays est au bord de la banqueroute. Et pourtant, on a parlé quelques années plus tôt, de boom pétrolier...

A l’arrivée de Lissouba, les kongos crient encore et disent que cet homme est un danger pour la république. Le résultat, on le connaît : des guerres à répétition.

Les kongos ne sont pas parfaits mais ils croient, comme ils le disent, qu’il seul doigt ne peut nettoyer le visage. Ils dénoncent les égarements du pouvoir parce que chaque fois que quelqu’un arrive au pouvoir, il oublie le milieu d’où il est venu et se comporte comme ceux qui étaient avec lui n’existaient plus.

Les kongos n’ont pas dénoncé que les défauts des autres. Ils le font pour toute personne qui abuse de son autorité et vous allez remarquer que chaque fois que les kongos ont dénoncé quelque chose, on leur a crie dessus, puis à la fin, les autres font le même constat. C’est donc loin d’être du tribalisme. Il faut aussi noter la non-violence dans ces dénonciations.

Depuis longtemps, ce sont toujours les kongos qui subissent les violences des autres et eux se défendent. En 1959, [et cela a été reconnu par ceux qui l’ont vécu ] ce ne sont pas les kongos qui ont attaqué les gens du nord. C’est le contraire. En 1993, ce ne sont pas non plus, les kongos qui ont attaqué le pouvoir ; c’est Lissouba qui a commencé à tirer sur les populations. En 1998, c’est pareil et tout cela sous le prétexte que les kongos sont têtus. Les kongos ne sont jamais allé en guerre contre une autre tribu. Et là, pour le cas présent de la guerre du Pool, on a envoyé des troupes étrangères pour mater et je pense que c’est très grave.

Pourquoi personne ne condamne toutes les exactions qui sont faites dans ce département ? pourquoi s’empresse-t-on de dire que les laris n’ont rien compris au lieu de voir de façon clairvoyante la situation qui pourrit jour après jour ?

Je constate finalement que personne n’aime ce pays ou plutôt, personne n’est assez intelligent pour faire la bonne analyse des choses. Comment voulez-vous diriger un pays sans savoir quelles sont les forces en présence et, surtout, comment on peut les mettre en relation pour provoquer une symbiose ?

Au lieu de canaliser toutes les énergies du Congo pour les rendre utiles à la nation, on ne compte que sur le pétrole parce qu’il génère de l’argent sans effort. Comment comprendre que le pétrole représente plus de 90% de nos exportations alors que nous avons d’autres richesses ? Toute la vallée du Niari est un trésor et personne ne s’en occupe. Tout le nord de notre pays regorge de richesse et personne n’y fait attention.
N’est ce pas une honte qu’en plein 21è siècle, à Brazzaville on puisse encore faire la cuisine au feu de bois ? Et d’où vient ce bois ? Du Pool, pour désertifier la région et l’appauvrir de plus belle. Pendant qu’on y est. Comment font les kinois pour faire la cuisine ? D’où vient le bois qu’ils utilisent ? De nulle part !!!!! Ils ont tout fait pour que les citoyens de cette ville utilisent des plaques chauffantes. Pourquoi n’y pense-t-on pas au Congo ? Et quand on dénonce des choses comme celles-là, on traite les gens de tribalistes !!!!!!

Le Congo n’est pas un pays voué à la pauvreté ; il est un pays qui manque simplement d’organisation. Comment comprendre qu’aucune société à Brazzaville ne puisse exploiter la pêche sur le fleuve Congo ? Et je peux citer des exemples en quantité. Rien que ces petites unités pourraient générer des emplois et améliorer le pouvoir d’achat des congolais.

Que constate-t-on ? les responsables, non content de ramasser tout l’argent des recettes pétrolières, poussent le ridicule à fond. Un concitoyen élabore un projet de développement et demande une autorisation pour le mettre en chantier... On regarde son origine, l’emplacement de son chantier, puis pour tout couronner, on lui demande de verser des pots de vin à celui qui doit signer l’autorisation. Et qui est-il ? Un ministre, ou un directeur de cabinet etc. Ceux qui sont censés être à la tête du développement du pays font tout pour le maintenir sous l’eau. Et devant tant de choses néfastes, il faut se taire !!!!!!! Comment comprendre qu’en plein 21 è siècle, une grande capitale comme Brazzaville ne puisse pas donner de l’eau et de l’électricité à tous ses habitants ? Et comble de l’ironie, le fleuve le plus puissant d’Afrique coule tranquillement à nos pieds !!! Là aussi il faut se taire !!!!! Les routes sont lamentables et pleines de nid de poules, il faut accepter et ne rien dire alors qu’à coté, il y a plein de pierres dans le fleuve et tout le long qu’on peut utiliser comme macadam !!! Et on n’a pas le droit de dénoncer. On préfère chercher du goudron qui vient d’ailleurs et qu coûte cher, parfois il est le plus cher du monde.

Monsieur Mayima Mbemba vient de dénoncer des comportements et des choses. Au lieu de tirer des leçons de ces écrits, tout de suite, on part à l’attaque des kongos qui n’ont rien compris et qu’on doit traiter de tous les noms jusqu’à leur donner la mort. On n’oublie que chaque fois, on creuse le fossé d’une réconciliation ou même d’une remise en question des uns et des autres.

Est-il faux que depuis 1997 les écoles ne fonctionnent plus dans le Pool ? Est-il faux que M. Ntoumi est entretenu par M. Sassou Nguesso ? Est-il faux que le dialogue est toujours freiné pour trouver une solution dans le problème de la guerre du pool ? A qui profite-elle ? Pensez-vous qu’elle profite aux gens du Pool ? Et si le Pool voulait vraiment de la guerre, ce n’est pas de cette façon qu’elle allait s’y prendre ? On ne part pas en guerre quand on a pas d’armement.

Tant que les congolais ne se pencheront pas sérieusement sur les vrais problèmes du Congo, nous resterons toujours en queue de peloton en Afrique et dans le monde. Il ne faut pas provoquer l’irréparable ni attendre qu’il arrive. Aujourd’hui, au Congo, toutes les communautés s’efforcent de vivre ensemble sans trop de problème. Il faut s’en féliciter ! C’est l’œuvre des gens du peuple qui comprennent qu’ils ont besoin de tous pour avancer. Seuls les gens du pouvoir veulent dresser les congolais les uns contre les autres pour se maintenir au pouvoir. Mais rien ne garantit que cela va continuer, étant donné toute la haine que beaucoup de gens viennent jeter en face des autres. Les pseudonymes comme Kongo Laid, Molari Nyama, Moungala Zoba etc. ne sont pas faits pour rassurer.

Les congolais sont capables de soutenir n’importe qui comme chef dans la mesure où il se met au travail et le fait pour le bien de tous. Si Lissouba n’avait pris qu’un seul palmier représentant le Congo indivisible, il aurait peut-être réussi à faire du Congo la petite suisse dont il rêvait. Mais il en a choisi trois, correspondant, aux trois régions qui l’ont soutenu. Et là, personne ne semble voir le grand danger qui nous menace dans le pays. On accuse toujours les kongos du Pool et on oublie qu’il y a une bombe préparée par Lissouba qui risque de faire très mal au Congo un jour.

je n’ai vu personne se pencher sur nos communautés pour essayer de comprendre ce qu’elles ont comme atouts pour construire le pays. On voit toujours, ça et là, des pseudo intelligents qui torpillent les autres sans se rendre compte, qu’en fait, ils se vendent eux-mêmes. Chacun vient vanter ses mérites devant tout le monde en prenant les autres pour des idiots. Et malheureusement, pour eux, leur incapacité les poursuit dans leur travail. Et la cible est déjà toute trouvée, celle qui doit porter tous les péchés du Congo.

Je sais qu’il n’y a jamais d’impasse parce qu’à chaque problème correspond une solution. Pourquoi les solutions du Congo n’arrivent-ils jamais ? N’est ce pas de l’incompétence de tous ceux qui nous commandent ?

Rendons la dignité au Congo ; il est encore temps. Oublions ce qui peut nous diviser (d’ailleurs je ne vois même pas quoi) et soyons unis comme dit notre hymne. C’est en essayant de mieux comprendre les autres que nous pourrons en tirer des résultats. Que l’on soit laris, vili, mbochi ou encore téké etc..., il faut savoir que ce n’est pas en humiliant les autres que nous allons nous unir et construire ce pays qui est bien le nôtre. Un grand sociologue dont j’ignore le nom a dit : "ce n’est pas en montrant à quelqu’un qu’il a tort qu’on le convainc". C’est au contraire, en le faisant participer à l’effort collectif qu’il va se rendre compte de ses erreurs et qu’on peut tirer du positif de lui.

Je souhaite que cette réflexion édifie les uns et les autres en vue de la construction d’une nation congolaise.


Par : Ebalet Mbonget